vendredi 24 août 2007


Aujourd'hui, à la librairie, j'ai fait une découverte intéressante qui s'annonce révélatrice et assez à point pour satisfaire ma personnalité. Nous avons reçu en Livre de Poche Deux fois par semaine, de Christine Orban. Je ne connaissais pas cette auteure, maintenant j'en sais un peu plus sur elle, grâce à Internet (mais pas Wiki, il semble à peine savoir qui c'est, le coquin) : elle est née en 1954, a été notaire pour plaire à son père, a publié pour la première fois en 1986, est mariée et a deux fils, et elle adore courir les brocantes... Cette femme m'apparaît déjà sympathique, et elle est si belle en plus. Ce qui m'a poussée à me procurer ce livre maintenant, alors que j'en ai une pile d'autres qui m'attend chez moi, chez Pierre-Luc, chez Benoit et chez MHV, qui sont sensés me prêter certains titres? Le court extrait qui apparaît sur la quatrième de couverture:
«Pouvez-vous répondre à une seule question? Si je vous parle et que vous parveniez à me guérir, ce sera pour vivre quoi?»
Pour m'être demandé la même chose maintes fois, j'ai tout de suite adoré. J'en ai débuté la lecture dans l'autobus tantôt et je suis déjà très accrochée à la narratrice, une espèce de moi quand je ne vais pas (aménorrhée en moins). J'ignore encore si lire ce roman me fera m'enfoncer encore plus dans cette phase «Je ne maîtrise pas l'art de la conversation ni celui de faire connaissance et je suis très bien avec ma solitude, merci bonsoir» que je cultive ces temps-ci et revivre des tourments intérieurs dignes de mes mauves les plus mauves, ou si ça me fera comprendre et assumer davantage mes tendances trash. Ça reste à voir. Car mis à part Patrick Dempsey de Grey's Anatomy, il n'y a pas grand chose de nouveau qui me fasse vibrer dernièrement. Une chance qu'il y a encore de l'ancien qui me bouleverse, et je pense surtout à Damien Rice qui a failli me faire pleurer ce matin tandis que je réécoutais pour la cent millième fois ses Eskimo et I Remember.

Tiens, je vais le faire jouer à nouveau, cet homme. Et je vais aller voir si les fondations tiennent toujours.


lundi 20 août 2007

Ma cervelle jongle. Je me questionne quant à savoir si mon ventre se dégonflera de toute cette mono qui enfle la rate. Aussi à savoir s'il serait acceptable qu'une jeune fille comme moi abandonne tout, simplement pour demeurer là à écouter la voix et les mélodies hallucinantes de Jeff Buckley et les paroles et la musique parfaites de Modest Mouse. Je me pose une colle: devrais-je me remettre au violon? Je me demande ce que ce serait, de tomber amoureuse une nouvelle fois. Devrais-je ajouter plantes et tableaux à mon chez-moi, étaler davantage de parcelles de moi sur mes murs? Je cherche un nouveau sujet pour lequel je me passionnerais, après le tennis, les dieux égyptiens et l'existence de certains auteurs. Je fouille pour cerner les excentricités.

Tiens, où te caches-tu, petite merveille qui me fera chavirer?

Pas assez loin ni trop près. Et le choc entre ta taille et la forme de mes dangereuses idées promet d'être prenant!


dimanche 19 août 2007


Il n'était pas de fois, des hommes, des méchants, des voyous. Il y en avait trois. Pas plus que ça. Ou trop de trois. Ils ont tué, ils ont aimé. Ont traîné les corps, les ont malmenés, les ont jetés à la fosse.

Pourquoi, pour qui, comment ça? Pour oeuvrer. Des crapules. Ont assassiné pour s'occuper. Pour leurs bien-aimées. Croyaient qu'elles étaient en danger. Fous, mais des hommes, pourtant comme vous. Des méchants, seulement durant ce temps, seulement en tuant. Des voyous, certes, des voyous pour le crime.

J'ai dit qu'ils ont tué, oui, ils ont dépecé, ont martyrisé. Trois autres individus inoffensifs. Innocents. Qui avaient un peu trop souri aux dames des trois premiers. Qui avaient bu, avaient courtisé. Les trois brutes n'ont pas apprécié.

Mais ils ont aimé aussi, les trois infâmes, ils ont aimé leurs belles. Trop, et pas comme il faut. Donc ils ont tué parce qu'ils croyaient que c'était ce qu'il fallait faire.

Dans une forêt, barbouillés de feuilles et de terre, ils ont enterré leur tort. Caché leur furie. Ils ont tout dissimulé de leur jalousie. Les femmes, elles, ont pleuré. Elles avaient tout vu. N'avaient rien pu empêcher. Maintenant les hommes leur en veulent. D'être jolies, leur en veulent d'être craquantes et de les aimer. Et ils leur hurlent après. «Je t'en veux de t'aimer».

Il n'était pas de fois, trois hommes, trois femmes, et trois autres hommes en moins. Il n'était pas de fois, un carnage de la stupidité. Il n'était pas de fois, un trou rempli d'une bêtise, quelque part au fond d'un boisé.


mardi 14 août 2007


Il faut lâcher prise pour tout agripper? Laisse passer...


J'ai marché pieds nus sur de la mousse. Trois pas la minute, du vent dans mes cheveux. Même dans l'immobilité, l'air filtrait, se mouvait. Moment de nature de petit quartier, c'était doux.


Je n'ai pas envie de longueurs. Ne nous attardons pas. Savoir qu'on peut avoir très longtemps pour ensuite tout perdre me navre. Posséder quelque chose, puis s'en défaire, ou s'en arracher... Connaître et se le faire dérober? Je préfère pas.


Y goûter, tout simplement. Dénichons le juste milieu entre l'appropriation et le partage. Jeux dociles et inoffensifs, j'en inventerai. Pour nous entendre rire, pour me rappeler. Pour vous voir sourire.

Je me fais passive avec le temps et ma convalescence. Je m'entoure de livres et d'engourdissements. C'est long, mais pas irritant. C'est lent, mais pas désoeuvrant. Je réfléchis, je m'irrite avec les convenances, je respire, je m'enflamme, je prends de nouvelles bouffées d'air...

Tout est à recommencer? Laisse filer...

samedi 11 août 2007

Il y a longtemps que je n'ai pas regardé pousser les arbres. Dès que les forces me reprendront, j'irai refaire connaissance avec le gigantesque érable qui borde le terrain de la maison familiale. Celui-là même qui me faisait peur parfois lors de l'un ou l'autre de mes retours nocturnes, avec ses branches et ses feuilles qui se tortillaient d'ombres devant mes yeux. C'était en revenant de chez Marie-Claude et Jolène, après avoir joué à cache-cache, après avoir couru, après s'être baigné, après avoir parlé très longtemps, après avoir regardé un film, après avoir bu, après n'avoir rien fait vraiment...

Je l'apercevais, ce géant vert dans le noir, et je savais que derrière se tenait un des murs de briques soutenant ma demeure. Il m'arrivait d'être déçue de m'en approcher si tôt. Ces fois où j'aurais voulu étirer les nuits... Ne pas rentrer, ne pas être une fille, ne pas me coucher pour n'avoir qu'à me relever quelques heures plus tard.

Le temps me tracasse dans cette ville. Je ne me l'explique pas encore tout à fait, même après toutes les visites effectuées par ici depuis que je me suis sauvée et ai regagné mes sources. À croire que les souvenirs tuent tout ce qu'il peut rester de beau dans un endroit... Mais je me pile dessus, cette fois, et je profite des jours au Nouveau-Brunswick. Je veux. Qui suis-je pour griller ce que ce lieu et ses gens m'ont déjà offert?

Encore une chose, je dois observer les étoiles. Et l'énergie me reviendra, nom d'une tomate.


dimanche 5 août 2007

**** Ceci est une histoire vraie. Les noms des personnes impliquées ont été modifiés dans le but de rigoler, et non de garder l'anonymat.


Fin juin, Sylvette Blanchard s'est mise à ressentir des douleurs à la gorge et des frissons de fièvre. Le tout s'étant rétabli en deux jours, elle n'a pas jugé bon de consulter.

Un mois plus tard ou à peu près, Mlle Blanchard s'est mise à se moucher abondamment, à s'affaiblir et à faire un peu de fièvre. Considérant que son collègue de travail, Paul-Louis Lacroix, s'est mis à subir les inconvénients de l'influenza peu après, elle s'est dit qu'elle s'en tirait mieux que lui et qu'elle ne devait pas se plaindre.

Puis la semaine dernière, d'intenses maux de tête lui ont déchiré le crâne à tous les soirs. Les douleurs à la gorge ont repris. Ses amies Sophie Gingras-Long et Mélodie Caouette l'ont avertie qu'il devait s'agir d'une mononucléose lorsqu'elle leur décrivait ses symptômes.

L'amie Sophie a dû la traîner presque de force à l'urgence par un bon vendredi soir chaleureux et humide. Prise de sang, culture de gorge. C'est confirmé, c'est la mono. Samedi matin, Sylvette Blanchard se lève pour aller travailler, finit par pouvoir s'y rendre pour ensuite se faire renvoyer chez elle après une heure et demie. Elle n'a pas bonne mine.

Dans la chaleur de sa petite chambre, elle peut presque sentir ses amygdales et ses ganglions gonfler. Elle est épuisée et sa gorge la fait SOUFFRIR. La mono semble être l'une de ces choses qui cultivent l'art de répéter les mêmes actions. Elle ne compte plus le nombre de tours que son corps a fait sur son matelas, le nombre de comprimés Tylenol avalés ou de pastilles et de barres Del Monte sucées, et encore moins le nombre de fois où elle aurait hurlé de douleur tandis qu'elle ne faisait qu'avaler sa propre salive. Déglutir est un geste bien banal et inconscient dans la vie quotidienne, mais gare à vous si vos amygdales et vos ganglions épaississent pour quintupler leur taille. Ça devient alors de la pure torture. Et il ne faut pas oublier, tout est à recommencer. Aux deux heures, aux quatre heures, aux trois minutes.

Sa soeur lui rend visite dimanche soir. Elle la traite de morte-vivante. Merci, soeurette... Le lendemain, c'est la mère qui débarque à l'appartement, ses instincts maternel et d'infirmière de profession l'ayant fait rouler jusqu'à sa fille malade. Deuxième visite à l'urgence, aux urgences maximales cette fois. Vite, soluté pour réhydrater cette pauvre jeune femme. Seulement, la pauvre jeune femme n'aime pas se faire piquer. Une autre prise de sang, ça va. Installer le soluté, ça passe encore. Un autre test quelconque à faire sur l'autre bras... Ça ne passe plus. Sylvette Blanchard se vomit dessus, une aiguille dans le bras et un soluté dans l'autre.

Après cette aventure, les choses se répètent à nouveau: prises de pression, de température, doses intraveineuses de morphine et d'antibiotiques, périples vers la salle de bains. On lui annonce qu'elle devra passer la nuit à l'urgence, en plein corridor, car elle devra voir l'ORL le lendemain. Ô, doux sommeil en perspective... Une dame confuse derrière elle l'a tenue éveillée avec ses mille questionnements et ses multiples demandes pour la bassine. Un patient furieux qui hurlait de douleur lors d'une quelconque intervention et qui sommait le personnel mais personne en particulier de lui apporter de l'eau car il avait soif a éloigné le sommeil également.

Plus tard, une infirmière l'a réveillée pour lui injecter une nouvelle dose de morphine. Consciente de son habitude à tomber dans les pommes ou à régurgiter après qu'on lui ait foutu un liquide dans les veines, elle demande à l'infirmière si elle ne serait pas mieux d'aller uriner avant. Cette dernière lui assure que ça ne prendra pas de temps, n'ayant pas compris le but de la question. Alors elle dilue le médicament dans le soluté, et Sylvette se rend aux toilettes. Sylvette se sent mal. Elle réussit à retourner à son lit, s'assoit, et se vomit dessus pour une deuxième fois.

Elle n'a plus dormi entre 1h et 8h du matin. La dernière dose de morphine demeure la plus efficace de toutes, elle a pu dormir un peu jusqu'à ce qu'on vienne la chercher pour aller voir le médecin de l'ORL. Consultation, verdict final: mononucléose arrosée d'une bonne infection des amygdales, infection qui a beaucoup impressionné le personnel de l'Hôpital Saint-Sacrement. Prescription: cortizone, et aussi un autre truc, un antibiotique très puissant, sûrement pas fait à la base pour une infection de gorge, avec la grosseur que ça a... Un arrêt de travail suggéré jusqu'au 20 août est aussi signé. 22 heures après son entrée aux urgences, Mlle Blanchard en ressort enfin.

Mme Blanchard lui propose de la ramener à la maison, plutôt que de la laisser seule à son appart. Sylvette accepte. Elle se laissera donc dorloter durant une période indéterminée de jours, au plus tard jusqu'au 19.


mercredi 1 août 2007

Tu sais, tu sais...


Mon crâne explose un peu à chaque soir.


J'ai un nouvel amour: les bleuets. Je les mange par poignées, sort que je réserve habituellement aux jujubes. Mais ce soir, mes bleuets sont plein de sable. J'aurais dû m'arrêter devant leur apparence, et me méfier de la teinte mauvâtre de certains. Je suis mauve moi aussi, quand je ne vais pas bien. Me dire que ça leur sied, à eux, ne leur redonne pas cette saveur que j'apprécie tant. Alors je peux juger les fruits mais pas les gens.


Eh bien, eh bien...


Mon crâne explose un peu plus à chaque fois.


Pour la première fois depuis des années, je ne participe pas au festival de mon ex-ville d'adoption. Je me détache tout à fait de cet endroit? Je ne crois pas. Mais c'est de plus en plus évident pour moi que je ne viens pas de là... Ingrate que je suis, j'y ai passé tant d'années... Seulement il semble que j'aie tout ramené de moi. Je pense tout de même à vous, Brayons en feu ;) Buvez et gavez-vous de ployes et de teriyakis à ma santé. Je repasserai...


Tu sais, tu sais...


Mon crâne explose et tu n'es pas là.