dimanche 27 décembre 2009





Noël + grand-mère à l'hôpital + pluie en hiver = pas bon pour mon moral

Niaiseries entre cousins et cousines + cupcakes + biscuits de Granny = good good good

Ne reste plus qu'à souhaiter bonne fête à la soeur, au père et à Pierre-Luc, voir le frère et son chien Max, trouver qu'un réveillon du jour de l'An, ça n'a vraiment rien d'extra (pour la, genre, dix-huitième fois de mon existence), dormir pendant mes cinq jours de congé ou à peu près, et je devrais atteindre un semblant d'équilibre entre ce qui me fait sourire et ce qui m'embête durant le temps des Fêtes.

Et pour rire de tout ça, il y aura toujours Sketchy Santas.





mercredi 23 décembre 2009





Moi Noël ça me fait pleurer. Et quand il neige, c'est pire. Pas que j'aie toujours détesté les Fêtes, non, et c'est pas que j'aime pas la neige. C'est juste comme ça depuis des années. Dans ma tête, je me fais un substitut pour ces célébrations et je me dis que c'est la fête de l'Hypocrisie. Et là je me trouve bien drôle d'être aussi grave. Alors je saute à mon prochain leurre, et je me dis que c'est la fête des toutous. Ou des chats. Il devait y en avoir dans la crèche, à côté de l'âne et du boeuf...






vendredi 18 décembre 2009





On aurait dit une transformation inadéquate. Une mutation inappropriée. Je ne connaissais rien du corps qui s'offrait à moi pour me servir d'enveloppe. J'allais à tâtons.

Ta tête, j'en ai fait mon naufrage. J'ai coulé, la bouche entrouverte; j'ai absorbé le sel, m'en suis gavée. J'ai laissé l'écume récupérer les débris, tes morceaux. Et je n'y ai plus jamais pensé.












jeudi 17 décembre 2009





«Je me suis dit : Tout ce qu'on a à faire, c'est de substituer une sensation à une autre. Le changement. La vie n'est que changement.»



- Rawi Hage, Le cafard, Alto, p. 351




Merci, M. Hage. Il s'agit d'un remerciement sincère, mais je tiens à dire que ce passage me ravit tout autant que je l'emmerde.





mercredi 16 décembre 2009




J'en ai marre que la majorité l'emporte. À travers l'Histoire, il y a pourtant bien eu des minorités qui ont vaincu. Eh bien c'est ça. Je veux être l'exception qui a raison. Je veux me croire supérieure au point de penser que ce qui est bon pour moi l'est pour les autres, et le leur imposer.

Non.

Pas vraiment.

J'aimerais seulement que l'on considère la marginalité avec autant de crédibilité que la norme. J'aimerais que tous ceux qui sortent du lot soient reconnus et compris. Je souhaite que les mots m'inspirent à nouveau, comme avant. Et que le reste ne me désespère pas trop.






mercredi 9 décembre 2009





Eh bien, la neige s'est pointée. En grandes pompes, ce qui fait que tout le monde s'emballe. Pourtant, il faisait si doux, ces dernières semaines. Je me plaisais bien dans ce que j'appelais un printemps automnal (ou un automne printanier, c'est selon). L'insouciance provoquée par l'absence de gel tangible me convenait. J'aimais m'envelopper sans avoir à craindre le ciel. Je m'y ferai, à autant de blanc. Comme à chaque fois.

Dans la cuisine, sur la table, il y a une citrouille qui refuse de mourir. Ou qui a oublié de se décomposer. Je la garde avec moi. Elle deviendra la première citrouille de Noël. Je la saupoudrai d'aiguilles de sapin et lui apprendrai des cantiques. Je ne risque pas de m'en lasser; elle ne peut pas chanter, de toute façon. Peut-être me redonnera-t-elle le goût des Fêtes.

Je fais à nouveau des rêves de grande teneur. Après lesquels je dois récapituler ma vie, départir les images des faits. La nuit on me veut toujours plus que durant le jour. J'aimerais bien qu'on me remarque. Plus. Comme ça.

Je passe beaucoup de temps là-bas. Là où il fait toujours un peu froid parce que souvent les fenêtres sont ouvertes pour laisser s'échapper la fumée de leur tabac. Là où il y a deux autres chats. Où on peut entendre de la musique environ 18 heures par jour, de la cuisine ou du salon, de l'ordi ou d'une guitare grattée par l'un des occupants. Cet endroit où souvent la télé présente l'insipide poste V aux émissions dont la médiocrité me fait bien me marrer. Où je peux rester à coucher, emprunter le divan. Où on peut profiter de l'immense cuisine pour danser sur du Ray Charles. La place où tout le monde se rassemble après un show des gars. La place où je peux seulement m'asseoir et ne pas être seule. Ils ne sauront probablement jamais à quel point cet appartement vaut tout pour moi en ce moment.







mercredi 2 décembre 2009



Hier soir, je me suis payé le luxe de retourner voir Matthew Good, mon idole, en spectacle. Cette fois-ci, il était accompagné de musiciens alors que la première fois, il était seul sur scène. C'était à l'occasion de sa tournée acoustique, à l'automne 2007. Cette fois-ci, c'était... c'était bon. Presque comme retrouver quelqu'un qu'on avait pas vu depuis longtemps. Je dis ça, et je nous prête des affinités et une relation qui n'existent pas, à «Mathieu» et moi. Oui, «Mathieu», comme l'a appelé la fan finie d'environ 45 ans qui s'était toute pomponnée pour aller fantasmer sur son chanteur préféré. D'autres ont aussi scandé son nom en français durant le show. Au début, je trouvais ça de très mauvais goût et j'ai eu envie de leur gueuler quelque chose, puis je me suis rappelé que le prénom peut se traduire, comme le faisait ma prof d'espagnol au secondaire pour s'adresser à nous durant la classe, contrairement au nom de famille qui, lui, ne se traduit pas. Mais bref.

Pour revenir à MATTHEW Good, j'ai trouvé qu'il avait vieilli. Et qu'il avait des mimiques de débile en jouant de la guitare électrique. Mais pas trop, et pas souvent, hen. Ça ne lui enlève pas son talent. Je ne peux pas dire qu'il ait beaucoup de charme. Je n'ai pas tout compris ce qu'il disait durant ses interventions, il marmonnait un peu, et n'a pas pu s'empêcher d'émettre des commentaires politiques. Il n'a pas perdu son humour. Il m'a fait rire. M'a encore touchée. On dirait que j'avais envie de le protéger, et de tout lui répéter ce que les gens lui criaient depuis la foule tassée, au cas où il n'aurait pas saisi le propos. J'avais envie de lui pointer la petite dame, encore plus fan finie que l'autre, juste en avant à sa droite, et le pépé qui semblait l'accompagner. J'aurais voulu savoir s'il était aussi surpris par leur présence que moi.

Il portait une petite casquette style vieillot comme l'ami porte souvent. Je m'imaginais le croiser après sa prestation et entamer une conversation digne des meilleurs dialogues des plus beaux romans, un peu à la Marguerite Duras. J'aurais pu lui confier que moi aussi, je m'étais déjà produite sur cette scène, du temps où l'endroit était une galerie d'art. Lui dire que le décor n'était vraiment pas le même. Que la première fois, mon complice et moi avions assassiné deux poissons rouges et avions laissé trois kilos de poudre à bébé sur la rue St-Joseph en nous secouant après coup pour essayer d'enlever le plus gros qui restait collé dans nos cheveux, sur nos vêtements, notre peau. Et j'aurais pu lui dire que j'étais consciente que personne n'avait compris grand-chose à notre performance. Et j'aurais parlé de la deuxième fois, où j'accompagnais le gars que je trouvais le plus drôle au monde et comment j'avais peur de ne pas être à la hauteur. J'aurais pu lui avouer que cette fois-là était la dernière où j'avais fait du semblant de théâtre, et que ça me manque.

Il a joué quelques-unes de mes chansons favorites. Il ne m'a pas regardé, nos regards ne se sont pas croisés, malgré que j'aurais pu lui agripper le genou en tendant la main. Non. M. Good chante les yeux fermés. Ou bien il fixe droit devant. Un point, ou une image dans sa tête. C'est pas grave. Je voulais juste le voir, moi. Et l'entendre. Sa voix, ses mots. Qui me sont si précieux. Je le marierais, cet homme. Même s'il a 38 ans, qu'il est bipolaire (c'est peut-être un plus, dans mon cas...), que je devrai le défendre devant mon père parce qu'il dit «fuck» aux 2 phrases et que je ne comprends pas tout des enjeux dont il parle. Je le marierais, j'irais le rejoindre à Vancouver, m'occuperais de ses chiens, serais gentille avec sa famille.

Je vous laisse avec les paroles de ma chanson préférée sur son dernier cd, Vancouver.


Us Remains Impossible

Come on over, you'll regret it
Drive you nuts if you let it
Breathe in only 'til you get it
The waves go on and on

There's a light up there tonight
That shines a lady all year bright
It's all the same, the you and I
It's over now, I know it's sorry

I know you so you know me
But us remains impossible

Come on over, you'll regret it
Crack you up if you let it
Hang on only 'til you get it
The weight goes on and on

There's a light up there tonight
That shines a lady golden bright
I long to wait for you and I
It's over now, I know it's always

And I know you so you know me
But us remains impossible
And I know you know that I ain't me
So us remains impossible