mardi 27 décembre 2011

Ah oui :


«Elle roule toujours un long filtre entre ses doigts. Elle finira mal. Crèvera dans le ruisseau. En attendant elle est amusante.»

- Edouard Limonov, «La fille de Madame Angot» dans Journal d'un raté, Albin Michel, p. 28


Merci MHV de me faire lire cet homme.






lundi 26 décembre 2011







Oui Ignacio, si tu mets ta patte dans un bain rempli d'eau, tes coussinets, ils seront mouillés par après. Et si, quelques minutes plus tard, tu décides de refaire exactement la même chose, le résultat sera le même. Pas la peine de me regarder avec ces yeux-là, je te le dis : c'est comme ça.

Ce qu'il est craquant, ce chat.










jeudi 22 décembre 2011






J'ai tiré sur un fil qui se logeait dans mon ventre. Ça faisait longtemps. J'ai creusé pour l'extirper, le séparer de ma peau. Sous mes yeux il a disparu, sous mes yeux il s'est enlevé sans que je le voie sortir. Aucune victoire sur le trait. Mais le noir n'y est plus.

J'ai tiré sur un fil. J'ai écorché ma peau. J'ai laissé tomber quand il s'est évaporé. Le fil, le trait, le noir. À la place, il y a une tache rosâtre, un creux de honte, une preuve que mon outil de métal est passé par là. Ça brûle un peu. Mon ventre, il brûle un peu.






mercredi 21 décembre 2011

Le jeune homme est entré dans la librairie, s'est tout de suite dirigé vers le fond. Il regardait un peu partout, voyait sans doute tout et rien en même temps. Il s'est approché de moi et s'est empressé de s'excuser de sa question «idiote» (j'aime ça les questions idiotes moi) puis m'a demandé :

- Est-ce que [faovahughae]-Paul est à vendre?

Je n'avais pas tout saisi, alors je croyais qu'il voulait savoir si notre Paul en carton, à l'effigie du personnage du même nom de la série de bandes dessinées de Michel Rabagliati, était à vendre.

- Non, malheureusement. C'est un article promotionnel donné aux librairies et nous, notre Paul, on le garde précieusement.

Il m'a souri puis remerciée. Il est allé fouiner du côté des livres d'art et des essais pendant que je reformulais sa phrase dans ma tête. Puis j'ai allumé :

- Avez-vous dit l'écharpe de Paul?

- Oui, c'est ça, oui. Je la trouve magnifique.

L'écharpe en question, je l'avais mise autour du cou de Paul pour qu'il fasse un peu plus «hivernal», voire «temps des Fêtes», comme j'avais fait l'an dernier avec un autre de mes vieux foulards. Celui de cette année, je l'avais gagné durant une soirée au pub étudiant de mon ancienne université et je ne l'avais jamais porté. Trop «classique» pour moi.

- Oh, mais alors, vous pouvez la prendre!

Ses yeux se sont agrandis d'un coup. Je venais de faire sa journée (ou sa semaine, son mois peut-être).

- Je croyais que vous parliez de Paul. Paul, lui, on le garde, que je lui ai dit à la blague en me levant pour me diriger vers la vitrine.

Il a bafouillé un peu, semblait très reconnaissant. Quand je lui ai tendu l'écharpe, il l'a tout de suite mise à son cou en murmurant :

- Je la trouve superbe...

Il avait trois ou quatre sachets de thé dans les mains. Il m'a remerciée en m'en donnant un :

- Thé chaï?

J'ai éclaté de rire en lui disant que ce n'était pas nécessaire, il m'a fait signe de garder le petit paquet. On a échangé sourires et derniers mercis puis il est parti.

Je crois que je l'ai eu mon Noël, moi.












mardi 20 décembre 2011







Choses qui sont sûrement là pour faire chier, et rien d'autre :

  • les rouleaux de papier d'aluminium;
  • le mauvais timing;
  • le gouvernement;
  • les sondages au téléphone;
  • le temps des Fêtes;
  • les factures;
  • les files d'attente;
  • les trous de mémoire;
  • la constipation (dans tous les sens du terme);
  • les produits périmés;
  • les hommes intéressants déjà pris;
  • les persuadés-d'être-plus-fins-que-les-autres;
  • la valeur nutritive de tous les trucs bons à manger mais mauvais pour la santé (et/ou la ligne);
  • les annonces (quand c'est pas la télé tout court);
  • un problème technique, ou n'importe quel bug d'ordi/appareil quelconque;
  • la pluie en hiver;
  • les points noirs;
  • la tapeuse à la librairie;
  • la musique de Noël;
  • mes poils;
  • les objets qui tombent (faut se pencher pour les ramasser, se relever... Arrgghh, quelle plaie);
  • les bris;
  • le vernis qui ne reste pas;
  • un bain pas assez chaud;
  • les gens qui parlent beaucoup trop fort au cellulaire lorsqu'ils sont dans un endroit public et/ou transport en commun;
  • se renverser un liquide dessus, ou de la nourriture, ou peu importe, et tacher ses vêtements;
  • rater l'autobus (surtout si c'est de, genre, 3 secondes, et qu'il vous passe dans la face);
  • les SPM, ou tout comportement passé sur le dos de ce phénomène (ça nous fait chier aussi, oui);
  • perdre ses affaires (ou juste ne pas se rappeler où elles sont);
  • manquer d'un ingrédient au moment d'entamer une recette;
  • finir le rouleau de scotch tape en commençant à emballer des cadeaux;
  • les hommes qui refusent de danser;
  • la non-réciprocité;
  • geler;
  • les maladies;
  • la musique imposée;
  • les best sellers qui ne le méritent pas;
  • les gens publiés uniquement parce qu'ils sont déjà connus (et si leur livre devient un best seller grâce à ça, je ne réponds plus de moi-même);
  • engraisser;
  • mon nez qui coule et/ou qui saigne à 83% du temps;
  • une invasion de fourmis, ou de coquerelles, ou de punaises de lit, tiens...




mercredi 14 décembre 2011

J'ai envie de faire plein de listes, ces temps-ci. Alors je me gâte. Par contre, je les sens incomplètes, inachevées. J'y reviendrai peut-être plus tard. En voici tout de même une autre, la deuxième du mois :


Expressions que j'aime
  • «À la revoyure!» - C'est l'ami Phil qui me l'a adressée pour la première fois, il y a quelques années, tandis qu'on jasait sur MSN (la belle époque). Bizarre que je ne l'aie pas entendue plus tôt, m'enfin...
  • «péter sa coche» - Me semble que ça exprime très bien ce que ça veut dire.
  • «Gousse d'ail!» - Empruntée de mon ami Pierre-Luc, c'est une exclamation, du genre «Mon doux!».
  • «sans crier gare» - Peut-être juste parce que j'aime le mot «gare».
  • «Plaît-il?» - Je l'ai déjà mentionnée, je crois.
  • «couler un bronze» - Merci Félix de m'avoir mise en contact avec cette expression qui donne un peu de classe à l'action de déféquer.
  • «Où il y a de la gêne, il n'y a pas de plaisir» - J'ai passé trop de périodes à être gênée dans'vie. Je sais donc que c'est pas mal vrai.
  • «Fouille pas.» - C'est mes grands-parents paternels qui me disaient ça quand j'étais petite et que je cherchais quelque chose ou que j'avais besoin d'aide pour assembler quoi que ce soit. C'était leur façon de me dire d'attendre un peu, qu'ils s'en venaient m'aider.
  • «que dalle» - Expression typiquement française qui me plaît bien.
  • «Bout de viarge!» - Je l'avais oubliée celle-là, merci à Stone de m'y avoir fait penser.
  • «Douche froide» - Celle-là aussi je l'avais oubliée. Pierre-Luc m'a rappelée à l'ordre. Ça vient de lui aussi.


Expressions que je n'aime pas

  • «Dieu sait que...» - Non. Dieu sait rien de nous autres, encore moins sur moi.
  • «Je veux pas être méchant/plate, mais...» - J'en ai déjà parlé. Si tu commences une phrase comme ça, c'est que ta remarque va forcément être méchante ou plate. Assume ou bien tais-toi.
  • «À la bonne heure!» - En fait, cette expression me laisse plutôt indifférente. Mais ça fait un peu pompeux, je trouve.
  • «Sans façon» - Un peu la même chose qu'avec l'expression précédente. Et on dirait que ça ne dit pas vraiment ce que ça veut dire.
  • «le b.a.-ba» - Ça m'a pris tellement d'années à comprendre ce que ça signifiait...






jeudi 8 décembre 2011






Des fois, c'est ce qu'on ne fait pas qui nous distingue. Je traîne depuis de nombreuses années certaines lacunes, c'est-à-dire qu'il me manque certaines habiletés qui semblent pourtant acquises par la grande majorité des êtres humains. J'avoue donc ici ces banalités que je n'ai jamais réussi à accomplir. Vous aurez compris que je ne parle pas de pirouettes, cascades ou prouesses (physiques ou intellectuelles) époustouflantes, mais bien de gestes ordinaires. Il doit y en avoir d'autres, mais pour le moment, je partage les plus évidentes.



Choses que je suis incapable de faire :

  • Souffler des ballons. Genre des ballounes de fête, là. Jamais été capable d'en souffler ne serait-ce qu'une seule de toute ma vie.
  • Déchirer un emballage de plastique avec mes dents. Je ne déchire rien avec mes dents, en fait, sauf la nourriture (et encore).
  • Descendre d'un vélo en posant le pied droit par terre en premier, mais du côté gauche. Comment vous faites?!
  • Freiner avec des patins. Je me suis d'ailleurs déjà cassé une dent en essayant, il y a sept ou huit ans. Le plus étrange, c'est que c'était la dernière du fond de la rangée d'en haut, à droite. Même mon amie qui m'a vue tomber - et qui en braillait de rire, malgré que je saignais et tout - n'a jamais compris comment j'avais réussi à atterrir de sorte que c'est cette dent-là qui a cassé en deux. J'ai le souvenir encore de sentir ma mâchoire sur la glace et je me dis que ça devait être de toute beauté, cette chute. Les Ice Capades en délire.





mercredi 7 décembre 2011






Splendide Feist. Merveilleuse, merveilleuse Feist. Et un petit brin espiègle, en plus! Sublime Feist, vraiment. Sa créativité m'épate. Hier soir, au Grand Théâtre, elle a livré presque l'entièreté de son nouvel album, Metals (que j'apprécie mille fois plus maintenant, d'ailleurs), et a su réinventer plusieurs de ses succès, dont Mushaboom, Honey Honey, et I Feel it All (ma préférée). Enfin une artiste dont je pourrais écouter et regarder les performances live sans me lasser (je suis du genre à préférer les enregistrements studio). Et elle n'oublie rien hen, elle nous gave autant les yeux que les oreilles, s'entourant de gens tout aussi talentueux qu'elle dans leur domaine. Les images, l'éclairage... Toute la mise en scène est bien pensée. Et pouce en l'air à ses «Mountain Men», ses choristes, qui jouent de leur voix de façon remarquable, tout comme la grande dame à l'avant de la scène. Des arrangements impeccables, une superbe utilisation de cet instrument naturel comme on en entend si peu souvent de nos jours, il me semble. C'était déjà la deuxième fois que je la voyais en concert et, si sa tournée ne venait pas de se terminer avec le show d'hier, j'y retournerais ce soir, dret-là!

Pour vous donner une idée, voici :




dimanche 4 décembre 2011

Je ne lis pas assez vite
Je n'écris pas assez
Je ne le vois pas
Je ne sais
Je n'
Je
Je oui
Je sens sous
Je suis de près
Je rédige le fond
J'y reste, j'accumule tout

jeudi 1 décembre 2011





Ce matin, alors que j'étais dans un Tim Hortons afin de m'acheter de quoi bouffer, je me suis mise à réfléchir (c'est dans ces endroits que toutes les grandes idées naissent, croyez-moi). Je pensais à des traductions de films (de l'anglais au français) et j'ai rapidement ciblé la phrase «Leave me alone!», habituellement traduite par : «Laisse-moi tranquille!». Je me suis rappelé d'une scène en particulier dans le film Kindergarten Cop (oui oui, ce film avec Arnold Schwarzenegger), où la demoiselle en détresse repousse Arnold du coude en lui lançant cette réplique. J'ai eu la «chance» de voir la version française peu de temps après, j'ai donc pu faire le rapprochement entre les deux phrases et les associer (c'est un peu comme ça que j'ai appris à parler anglais, moi), ce passage m'étant vraiment resté en tête. Je ne comprenais pas trop pourquoi elle refusait qu'il l'aide. Je la trouvais forte (culottée? épaisse?) de vouloir se sauver de son ex-mari cinglé sans accepter la collaboration de la police et, par extension, de celui dont elle tombait amoureuse (un grand film, vraiment). Pour en revenir à ce matin, j'ai voulu comparer, sans aucune notion de traduction et/ou linguistique quelconque, et j'en suis venue à ce constat : les francophones préfèrent qu'on leur foute la sainte paix, tandis que les anglophones, eux, veulent qu'on les laisse seuls.

... Tirez-en vos propres conclusions.