vendredi 26 décembre 2014




Le palmarès louche - Deuxième édition


La citation : C'en est une de Geneviève Desrosiers, tirée du recueil Nombreux seront nos ennemis.   «Toute forme d'extrémisme n'est que faiblesse inassumée, convaincue de sa force.»


La chanson  : Standing In The Doorway de Bob Dylan.




Les bons moments : Les soirées du samedi et dimanche 20 et 21 décembre 2014, passées en excellente compagnie.  S'endormir à 5h du matin et jouer au karaoké, ça torche. 


Le clip : Lost Cause de Beck.  Réalisé par Garth Jennings.





Le photographe : Je découvre l'étendue de l'oeuvre du photographe Steve McCurry, celui-là même qui a pris le célèbre portrait de l'Afghan Girl, qui a fait la couverture du National Geographic en 1985.  Mais il n'a pas fait que ça, au contraire.  Il a beaucoup voyagé, pris des clichés de paysages méconnus, d'une multitude de peuples et d'animaux de partout dans le monde, sous différents thèmes.  Ses photos sont à voir!

© Steve McCurry


La lecture : Igor Grabonstine et le Shining, de Mathieu Handfield, paru aux éditions de Ta Mère.  M. Handfield est un de mes auteurs québécois préférés, mais je dois admettre que j'ai peu aimé son dernier roman.  Malgré le fait que l'histoire est très bien menée, je n'ai pas accroché.  Ses caractéristiques ont dépassé la sorte d'imaginaire que j'apprécie.  MAIS, je vous invite à lire Ceci n'est pas une histoire de dragons, une prodigieuse analogie entre le mauvais sort que font subir les personnes de grande taille à celles de petite taille et les Nazis qui envoyaient les Juifs à des camps de concentration durant l'Holocauste, et Vers l'est, que j'ai tous deux adorés.










mercredi 17 décembre 2014





Le palmarès louche - Première édition!


L'idée de faire une espèce de recensement de trucs m'ayant marquée, inspirée, outrée ou découragée durant la semaine me trotte dans la tête depuis un certain temps.  Je sais que le concept n'a rien d'original (Josée Blanchette, entre autres, le fait depuis longtemps), mais je me suis dit que l'exercice m'inciterait peut-être à écrire davantage et que ce partage pourrait être amusant/utile pour tout le monde.  Partageons donc, mes amis, partageons!


La lecture : Le siècle 2 - L'hiver du monde de Ken Follett (Robert Laffont).  Ce livre, malgré ses presque 1000 pages, je l'ai dévoré encore plus rapidement que je ne l'avais fait pour le premier volet de cette trilogie.  Bon, pour être bien honnête, il me reste une centaine de pages à lire, mais j'ai la ferme intention de le terminer ce soir.  Rassemblant l'Histoire et la fiction, l'auteur lie des véritables personnalités historiques avec des membres de familles qu'il tient de son imaginaire pour nous faire vivre la Seconde Guerre mondiale sous différents points de vue : celui des Allemands, celui des Britanniques, celui des Russes et celui des États-Uniens.




La chanson : I Know Places de Lykke Li.  Merci à Marie-Andrée de l'avoir partagée sur Facebook.





Le film : Driving Miss Daisy, du réalisateur Bruce Beresford, adapté de la pièce de théâtre du même titre d'Alfred Uhry par l'auteur lui-même, avec Morgan Freeman et Jessica Tandy.  Il y a plusieurs mois, j'ai découvert que ce film avait gagné l'Oscar du meilleur film en 1989.  Étant donné que je connaissais ou avais entendu parler d'à peu près tous les films gagnants dans cette catégorie durant les trois dernières décennies sauf celui-là, et qu'à priori il ne m'apparaissait pas comme un film digne de ce prix (l'illustration du boîtier, quand même...  ce que je suis superficielle), je fus intriguée.  Je suis tombée dessus un jour et l'ai acheté.  Eh bien ce film s'avère très bon.  J'ignore s'il méritait la distinction à l'époque, je n'ai pas regardé tous les autres films, mais les performances sont remarquables.  Juste de me rappeler les "Mornin' Miss Daisy!" de Hoke, le personnage de Morgan Freeman, me fait sourire.  Un film tendre qui nous montre bien le traitement réservé aux Noirs et aux Juifs durant les années 50 à 70 au Sud des États-Unis.

 
Morgan Freeman, cet homme.


L'artiste : Ben Skinner.  Son utilisation de multiples médiums me fascinent.  Son oeuvre est moderne et très éclectique.

A Heart Makes A Bad Hula Hoop, © Ben Skinner


Le pire : Je ne me souviens plus où j'ai vu ça passer, parce qu'il ne s'agit pas d'une nouvelle récente.  Les pratiques de Kerry Campbell, qui injectait du Botox à sa fille de huit ans, avaient plutôt créé un tollé en 2011.  Mon outrage (ça se dit?) s'étend aussi au phénomène des beauty pageants de petites filles de genre deux à sept ans et de toute la folie qui l'entoure.


La citation : "Perhaps this is what the stories meant when they called somebody heartsick.  Your heart and your stomach and your whole insides felt empty and hollow and aching."
- Gabriel García Márquez


La télésérie : The Office, basée sur la série britannique, avec, entre autres, Steve Carell, John Krasinski, Jenna Fischer et Rainn Wilson.  Mon ami Hugues me l'a fait découvrir il y a un bout de ça et mardi dernier, nous avons repris notre visionnement après des mois d'interruption inexpliquée.  Je suis donc rendue à la sixième saison.  C'est hilarant et ça ne s'essouffle pas.


La vidéo : Ok, j'ai vu cette vidéo pour la première fois il y a quelques semaines, mais j'en parle maintenant, parce que l'idée derrière est hallucinante.  Il s'agit de la vidéo pour le morceau Cymatics de Nigel Stanford, concoctée par Stanford lui-même et le réalisateur Shahir Daud.  Je vous suggère fortement de regarder les vidéos Behind the Scenes, les explications sont très claires et ne s'étirent pas.  Elles sont aussi très pertinentes pour quelqu'un qui, comme moi, ne connaissait rien du tout de la cymatique.












dimanche 14 décembre 2014






Encore.  J'ai ce mal au ventre.  Qui me tire vers le bas, qui rend difficile n'importe quel mouvement.  Le vide, qui s'étend, en moi.  Qui me fait paniquer, mais je ne peux plus bouger, alors ça grouille à l'intérieur et ça étouffe encore plus.  Une folie qui ne s'évacue pas.  Mon corps devient une cage.  Rien ne s'échappe.  On fait quoi quand c'est le néant qui se multiplie?  Parce que oui, ça s'épaissit.  Il n'y a pas de 0 x (Y) = 0.  Les mathématiques n'ont pas toujours raison.  Quand ma cage se balance, je n'ai aucune image de ce qui se trouve à l'extérieur.  Trop embrouillé.  Alors je ne peux pas m'imaginer que quelque chose - ou quelqu'un - puisse immobiliser le tout.  Moi et ma cage.  Calmer les tremblements.

Mais ça recommence.  Et je ne vois plus rien.  Alors j'attends de pouvoir raisonner.  J'attends qu'on me caresse le dos.  J'attends qu'on me laisse pleurer.  J'attends que la fois d'avant m'ait appris quoi que ce soit pour prévenir la suivante.  Ou au moins la raccourcir.









lundi 8 décembre 2014




Tout le monde se trompe (et/ou change d'idée et/ou de goût)...


  • J'ai longtemps cru que Tatum O'Neal était un joueur de basketball Noir.  Je pense que je le mélangeais avec Shaquille, ou je me disais qu'ils étaient frères.  Ça ne fait pas si longtemps qu'Internet m'a appris que Tatum est en fait une actrice et qu'elle a remporté un Oscar à l'âge de 10 ans.
  • J'ai longtemps cru à la fidélité et à l'amour éternel.
  • Quand j'étais petite, je pensais que le coeur humain occupait toute la superficie qu'il y a derrière les côtes.  J'imaginais cet organe comme étant une grosse masse de chair rosée dénuée de peau.  Et qui avait la texture d'un morceau de viande pas cuit.  J'oubliais les poumons.
  • Avant, je voyais le «y» de Disney comme un «p».   
  • Il y a plusieurs années, j'étais contre l'avortement.  Je considérais le foetus comme un être vivant dès sa conception.  Maintenant, je crois plus au droit des femmes de traiter leur corps comme elles l'entendent et de choisir le moment pour devenir mère. 
  • Lors de son apparition dans le monde virtuel, j'adorais Madame Chose.  Je trippais vraiment.  Je la trouvais amusante, directe, drôle, intelligente, ouverte, et bien plus encore.  Elle était pratiquement devenue un modèle pour moi.  J'aimais beaucoup ses status Facebook du genre «Conseil du jour : la jeune femme moderne devrait porter des souliers à crampons et pouvoir tuer une mouche à fruit avec une sarbacane» (20 octobre 2014).  Mais elle en écrit moins, parce qu'elle a une chronique spéciale dans La Presse+ (Le courrier amoureux de Madame Chose) et qu'elle écrit des livres, maintenant (La déesse des mouches à feu, publié chez Le Quartanier et Madame Chose – Vie et mort du couple, du dating au divorce, chez La Presse.  Bon, j'ai très envie de lire le premier, il paraît que c'est très bon et il s'agit d'une fiction.  Mais je n'ai aucune envie de lire le deuxième).  Eh bien, je vous le dit : je déteste son courrier du coeur.  Je la trouve de plus en plus dure avec ses lectrices et moralisatrice.  C'est peut-être que je ne partage plus autant ses opinions, ou bien je juge mal celle que je considère mal juger les autres, mais bref, je sens une arrogance chez elle qui me déplaît.  Peut-être que je ne comprends plus son humour.  Qui sait.  Elle utilise des proverbes nuls et revient toujours avec ce que dirait sa mère.  Dans sa dernière chronique, elle termine même avec un «Pensez donc à ça, la prochaine fois, avant de vous envoyer en l’air sur la photocopieuse» (25 octobre 2014).  Non mais, hey!  C'est hautain.  Les mots choisis...  Ça rend vulgaire l'histoire de la correspondante.  Moi, je ne trouve plus ça drôle.  J'aurais pu trouver d'autres exemples pour appuyer mon point, mais celle-ci me touche particulièrement, il faut croire.
  • Enfant, quand je voyais le logo d'Ultramar, au lieu de voir l'aigle comme il se doit, je m'imaginais plutôt le visage vu de profil d'une créature à mi-chemin entre Admiral Ackbar dans Star Wars et le Cthulhu de H. P. Lovecraft.  La tête et les pattes de l'oiseau me paraissaient comme des yeux, un nez et une bouche, et les ailes représentaient des sortes d'oreilles.  Je ne sais pas si vous saisissez, mais vraiment, ça m'a pris un temps fou (des années) pour voir l'aigle!  
  • J'ai déjà été convaincue que la musique pop, c'était le top.  Avec les années, et grâce à MusiquePlus (du temps où la station présentait des vidéoclips), aux suggestions d'amis, à la radio, aux coups de coeur/souvenirs de mes parents et à mes découvertes sur le web, je suis beaucoup plus ouverte et mes goûts se sont élargis.
  • Je croyais que rien ne surpasserait MSN.  Puis Facebook est apparu.  
  • Les hommes blonds aux yeux bleus ont déjà été mon idéal masculin (ben oui, j'ai trippé sur Devon Sawa, Nick Carter et Leonardo DiCaprio...).  J'ai vaincu cette phase et maintenant, les hommes aux cheveux et aux foncés m'attirent mille fois plus.  S'ils sont plus grands et un peu plus larges des épaules que moi, ça me plaît beaucoup.  Cheveux longs, un point de plus.  Mais l'important, c'est la personnalité, les valeurs, les goûts communs...  T'sais, JAMAIS le physique a à voir là-dedans (Moi, je considère tout.  La personne doit provoquer un certain désir en moi ET faire en sorte que je la trouve extraordinaire).
  • J'ai déjà eu une sorte de foi. À un moment donné, je me suis mise à prier avant de m'endormir (même, je pensais qu'il fallait ab-so-lu-ment faire le signe de croix avant et après).  À la fin de cette tendance, il m'est arrivé deux fois d'oublier de prier.  Ces deux fois-là, quelque chose d'atroce est arrivé.  Comme si parce que j'avais négligé de le faire, on m'avait laissée tomber.  Coïncidence ou non, interprétez comme vous le voulez, mais peu après, j'ai cessé de croire en quelque chose qui fuyait aussitôt que l'on s'écartait du chemin.  Désormais, je crois au sucre.
  • Mon image naïve et sacrée du sexe a changé.
  • Je me suis toujours imaginé Gus Van Sant comme étant un jeune réalisateur de 26 ans qui continuait d'avoir cet âge malgré les années.  Peut-être à cause de ses sujets controversés.  Et j'étais sûre qu'il était blond.  Probablement parce que je me disais qu'il devait ressembler à l'un des acteurs principaux dans son film Elephant (j'ignore d'où cette idée m'est venue).  Le choc quand j'ai vu une de ses photos...
  • Ce n'est qu'il y a quelques années que j'ai compris que je prenais pour acquis qu'il se passait beaucoup plus temps entre les épisodes de téléromans ou de téléséries que ce qui est prévu dans leur scénario.  Je m'imaginais qu'entre chaque épisode, ou entre chaque intrigue/histoire résolue, des mois s'écoulaient puis les personnages passaient à autre chose.  On aurait dit qu'aucun référent au temps n'était clairement indiqué, sauf peut-être quand il y avait au bas de l'écran un «6 mois plus tard...».  Puis je me suis mise à reconnaître des indices de temps, énoncés par les protagonistes.  Et entre chaque épisode, il n'y a vraiment qu'une semaine qui est passée!  Comme dans le temps réel, puisqu'il s'agit d'une émission hebdomadaire.  Mais bien souvent, ça ne fait aucun sens, la succession de certains événements demanderaient plus de jours que ce qui est mentionné.  Il y a trop d'erreurs de continuité dans les séries télévisées, et moi je dis que c'est la faute du trop grand nombre d'auteurs pour les mêmes productions.  On dit qu'ils travaillent ensemble, mais se consultent-ils vraiment?
  • L'ibuprofène et l'acétaminophène n'existaient que pour soulager les maux de tête.  C'est ma mère qui m'a appris que l'Advil ou le Tylenol pouvaient aussi aider à faire passer de façon plus confortable d'autres douleurs (ventre, oreilles...).  Et j'ai moi-même pu constater cet effet bénéfique lorsque je suis «devenue une femme», même si ça ne chassait pas totalement le mal.
  • En commençant cette liste, je me disais qu'elle pouvait être divertissante.  Maintenant, je me rends compte que je la trouve nulle et sans intérêt.  Mais j'y ai quand même mis un certain temps, alors je préfère la publier pour que l'exercice n'ait pas été vain.  Par contre, je suis désolée de vous avoir fait perdre le vôtre.








mercredi 3 décembre 2014





Quand il neige les premières fois, moi je reste en dedans et je regarde par la fenêtre les toits des maisons d'en face devenir des édredons.  Je baisse les yeux et je vois sur les trottoirs des gens qui s'empressent d'enlever de leurs entrées les flocons échoués.  J'entends les pelles qui grattent l'asphalte.  Me dis qu'il soit fort possible que cette bordée ne soit pas la bonne.  Pas celle qui officialiserait l'hiver.  Je m'imagine les conversations à la pharmacie, dans les magasins, à l'épicerie, aux arrêts d'autobus.  Les conditions météorologiques doivent envahir toutes les discussions.  Moi, j'écris là-dessus.  Je reste en dedans et j'écris à propos de la neige, la laisse bouger à ma place.  Le ciel est gris blanc, tellement que je vois à peine la ligne d'horizon qui le sépare du toit d'en face.  J'aime quand au-dessus de ma tête il n'est pas noir la nuit.  Je porte une tuque depuis hier soir. 













dimanche 23 novembre 2014






Le vide, ça gronde.  À l'intérieur.  De l'intérieur.  Se déplace un peu, mais semble coincé.  Un vide qui se dépose dans le ventre, qui y reste et qui gonfle.  Qui creuse un gouffre et fabrique un malaise.  Tout est difficile.  Les mouvements.  Comment un vide peut-il devenir lourd?  Comment cet espace se change-t-il en une masse?

Le vide se repose, parfois.  Se remplit, se nourrit.  Mais il se remet à gruger presque aussitôt.  Il ne laisse pas beaucoup de chance.  Qu'est-ce qui l'amène?  Des pensées, des obsessions.  Un stress, une inquiétude.  Une personne, un souvenir.  Une peine, une douleur.

Le vide est une réaction à ce qui cogne.  On n'est jamais bien avec le vide en dedans.  Un vide qui éreinte.

Du vide, en moi, qui gronde.  Mon vide.  Mon manque.  Mon absence.







samedi 22 novembre 2014





Je croyais que ce serait hier.  Hier, un anniversaire.  Mais non, c'est aujourd'hui que je ne sais pas quoi faire de moi.  Les heures qui s'en viennent me font peur.  Me rebutent.

J'ai ramassé la poussière.  M'en suis débarrassée.  Mais il en reste toujours un peu, n'est-ce pas?  Je ne veux pas laver la vaisselle.  Peut-être plus tard.  Je ne veux voir personne, vraiment, parce que rien ne serait à la hauteur de ce que je souhaite.  Je ne veux pas sortir.  Je crains que l'air me fasse pleurer.  

J'aimerais regarder un film qui me captiverait, du début à la fin.  Un que je n'ai jamais vu encore, parce que j'ai trop tendance à me retaper un truc déjà visionné mille fois.  Ou une série télé.  J'aimerais m'auto-suffire côté divertissements.  Je pourrais faire du bricolage, et mettre des collants partout.  Sur mon nez, sur mes bras.

Maggie jappe.  Maggie, c'est la chienne de mes voisins d'en bas.  Je me demande comment le temps passe pour les animaux.  Est-ce qu'ils s'emmerdent, des fois?








dimanche 16 novembre 2014




L'automne n'est pas désolé.  Froid, certes, mais pas désolé.  Même quand toutes les feuilles ont quitté leurs branches.  Et que le ciel est gris.  L'automne n'est pas désolé.  Ses paysages non plus.  Une saison qui change autant de décor en si peu de jours ne peut l'être.  Elle ne peut qu'être fière.  De préparer le terrain, d'annoncer le blanc. 

L'automne n'est pas désolé.  Même s'il a deux faces.  La première toute colorée et la seconde plus terne.  L'automne ne s'excuse pas de sa métamorphose.  Il ne se justifie pas.  Même quand les gens oublient les rayons de soleil et l'air frais propres au début de cette saison.  Ou quand ils se plaignent de la pluie.  L'automne n'est pas désolé.

L'automne n'a aucune raison d'être désolé.  Les feuilles doivent tomber pour qu'on puisse sauter dedans.  Qu'on puisse les piétiner, ententre le «crounch crounch» de leur agonie.  L'automne n'est pas monochrome, même rendu à sa fin.  Il étale ses nuances.  L'automne n'est pas triste, il est pensif.  Il ne s'étire pas, ne s'impose pas trop, pas comme l'hiver.

L'automne est fait de vents.  De noirceur précoce.  De nuits froides.  De rituels : cueillir des pommes, ramasser les feuilles, se réchauffer près du foyer, souffler en formant de la buée...  Mais l'automne n'est pas désolé.  Il ne s'excuse pas d'être l'automne, de faire l'automne.  Il se présente tel qu'il est, variant un peu d'une année à l'autre. 

Il me faut un automne.  À chaque cycle.  Un automne confiant.  Palpable.  Qui me fait sentir vivante.





samedi 8 novembre 2014






Même les souvenirs sont infidèles.  Surtout les souvenirs sont infidèles.  Par notre faute.  On les colore, on les grossit, on les partage, on les embellit, on les modifie...  Involontairement.  Inconsciemment.  Ou par besoin.  Parce qu'il y en a qui sont trop douloureux.  Ceux-là, on les efface, même.  Et il y en a d'autres si précieux qu'on se les répète à l'infini parce qu'on ne veut pas les oublier, mais chaque visionnement en rajoute ou en enlève.

Moi je revisite beaucoup mes souvenirs.  Je les chéris.  Je leur accorde sans doute trop d'importance.  Je ne vis pas dans le passé, je vis dans mes souvenirs.  À travers eux.  Ils me constituent.  Je m'endors en m'imaginant ou en me souvenant.  Dans ma tête, je crée du futur et de la fiction, ou je ressasse des instants.  Des épisodes.  Bien souvent, je préfère mes souvenirs au présent.  Je m'y accroche.  Parfois, ça m'empêche d'avancer.  J'oublie que si je vivais, là, dans le moment, j'aurais plein de nouvelles images à garder.  Mais les vieilles pensées doivent laisser leur place aux plus récentes.  Comment tout conserver?  Comment trier?  Entre ce qu'il y a à jeter et ce qu'il y a à tenir tout près.  Ce qui n'a plus d'importance et ce qui est primordial.

Il existe des souvenirs qui méritent d'être oubliés.  Et d'autres qui peuvent servir de leçon, si on se montre réceptif.  J'aime bien l'idée que toute notre vie défile devant nos yeux les minutes précédant notre mort.  Pas pour l'aspect d'un bilan ou d'un constat.  Plutôt comme la projection d'un film.  On en ressort déçu, amusé, triste, fasciné, amer, contemplatif, abasourdi, confus, interdit.  Ou un peu de tout ça.  Mais jamais indifférent, ça je ne crois pas.

Les souvenirs nous collent à la peau, comme les tatouages, et peuvent laisser des cicatrices.  Ils font partie de nos empreintes.  Ils nous suivent, car personne ne peut vraiment se promener sans son lot de flashbacks, sans son bagage.  C'est indissociable de nous.  Je compare ça à une carte géographique, à une chronologie que l'on traîne.  Il peut y avoir quelque chose de rassurant là-dedans, ou, à l'opposé, embêtant.  On peut se souvenir d'avoir posé tel geste, telle action.  On se souvient pourquoi on a ri, pourquoi on a pleuré, ou on se le demande encore.  Celui ou celle qu'on a incarné dans ces souvenirs peut nous déboussoler.

J'aime me souvenir.  Ça me prouve que j'ai vécu.  Et je suis chanceuse, j'ai de bons souvenirs.  Même s'ils évoquent des choses perdues ou des époques révolues.  Avec le recul, j'arrive à rire de presque tout.  Presque.








dimanche 2 novembre 2014





Les os de ma nuque ont 71 ans.  Mon oreille gauche est bouchée.  Ma gorge s'irrite et s'assèche très vite.  Quelle idée de dormir tout croche.  Je m'étais dit que ça passerait, pour l'ouïe.  L'oreille et le gosier sont reliés.

Ne pas bouger.  Craindre tous les bruits.  Écouter (comme on peut) de la musique.  Regarder le chat, mes ongles, les murs, la taie d'oreiller retrouvée, les colliers suspendus, la vaisselle propre, les petites graines et la poussière qui réapparaissent toujours sur le plancher, la porte, le contenant de jus, mes pantoufles-bottillons, le bambou, le coffre de mes grands-parents.  Se rappeler ce qu'il faut faire demain.  Se demander si on peut aller se coucher à cette heure.

Hier était pire.  Aujourd'hui c'est ok.  Il peut toujours y avoir pire.  Il peut toujours y avoir moins misérable.  Il peut toujours y avoir quelque chose.  Là, c'est correct.

Tirer les rideaux.
Se blottir sous une masse de couvertures.
S'endormir.
Rêver.
D'autres jours s'en viennent.






mercredi 29 octobre 2014





Vaine
Veine
Vin


Plaine
Pleine
Peine


Pleurs
Pleure
Peur


Tentant
Temps
Tant



Flamme
Phare
Femme


Vieille
Ville
Vil


Merde
Merde
Merde











dimanche 26 octobre 2014





L'automne sent quelque chose.  Le vent a une odeur.  J'aime j'aime j'aime.  Il fait froid dans mon appartement mais je ne peux me résigner à en chauffer les pièces.  Pas avant novembre, je me dis.  Je dors beaucoup ces temps-ci, bien emmitouflée, et je peine à sortir de mon coma.  Mes membres préfèrent ne plus bouger.  Mes yeux demeurent clos, bien après le retour de conscience.  Mais vraiment, qui veut se lever avec un mal de tête?  L'horizontal me permet parfois de croire qu'il n'est pas là.  Que je suis seule dans mon cerveau.  Qu'il n'y a que les rêves et moi.  Un peu de brouillard...  Je reste alors entre deux états et je tente de me raisonner : le sommeil, rendu à ce point-ci, est une perte de temps, et le réveil allonge les heures.  Il y a trop d'heures.  Et je les gaspille, encore.

Je n'ai pas d'aspiration.  Est-ce qu'on peut être une personne complète et intéressante même si on n'a pas beaucoup d'ambition?  Quand on me pose la question «Quoi de neuf?», je n'ai pas grand-chose à raconter (en fait, je ne trouve jamais quoi répondre sur le coup, convalescence ou non).  Est-ce que ça veut dire que je suis inutile, futile?  Ou bien c'est que je n'ai pas de conversation?  Je regarde mes amis carrièristes, maîtres et docteurs, puis je me traite de paresseuse.  Il faut que je retourne travailler, paraît-il.  Tout dépend à qui je parle.  Il faut que je m'active.  Il faut que je me trouve un but.  Il faut que j'arrête de me plaindre, de radoter.  Il faut que j'arrête de figer, de reculer.  Il faut que j'arrête d'arrêter.  Il faut que je recommence.  Il faut que je continue de recommencer. 




mercredi 22 octobre 2014




Dominic Sauvé, mon fidèle lecteur, m'a suggéré, après avoir lu ma liste de croyances, de faire une liste des choses auxquelles je ne crois pas.  N'oubliez pas qu'il ne s'agit que de mes idées et opinions à moi.  Voyons les résultats de cet exercice :


Je ne crois pas...

  • à la vérité absolue, ou à une solution universelle, si vous voulez.  Chacun a sa recette individuelle.  Plusieurs peuvent se rejoindre et se ressembler, oui.  Mais aucun traitement, thérapie, religion, éducation, pensée, expérience ou environnement n'agit de la même façon sur tout le monde.  Pour certains, un concept fonctionne et pour d'autres, ça ne marche pas.
  • qu'un seul facteur puisse expliquer les meurtres, les viols, les barbaries ou les guerres.  Les parents ne sont pas les seuls en cause.  Il ne faut pas blâmer uniquement la drogue.  C'est un tout qui fait que les gens commettent des actes terribles et cruels.  Je pense qu'on naît innocent, et qu'ensuite notre environnement - et tout ce qui le compose - forge ce que l'on devient, bon ou méchant, ou encore bon ET méchant.
  • que la nature humaine, en gros, soit un exemple à suivre.  On devrait se laisser davantage influencer par les animaux.
  • à l'exclusivité physique dans un couple ou en amour.  Je ne crois pas que les désirs de quelqu'un puissent toujours être dirigés vers une seule et même personne.  Bref, je ne crois pas à la fidélité comme la majorité de la société la conçoit.  L'idéal serait que sentiments et sexe aillent de pair, mais je pense que c'est utopique de l'espérer.
  • que chaque personne n'a qu'une seule âme soeur.  Je ne sais même pas si ça existe vraiment, les âmes soeurs.
  • qu'on puisse se débarrasser ou guérir d'une dépendance, comme à l'alcool, ou d'un trouble alimentaire comme l'anorexie.  Ce sont des maladies.  Qu'on ne peut que traiter ou calmer pour de courtes ou longues périodes de temps.  Le mal demeure, mais peut être dissimulé. 
  • au destin.
  • aux extrêmes.  Même si je peux parfois en incarner, je préfère de loin les zones grises, le juste milieu.
  • en Dieu.
  • les nutritionnistes.  Ils changent toujours d'idées.
  • qu'une seule personne puisse en sauver une autre.  Même malgré un dévouement inconditionnel.
  • des généralisations.  Elles sont toutes fausses (!). 
  • que tous les sans-abris et/ou les quêteux sont des lâches.  Il y a tellement de raisons pour lesquelles on peut se retrouver à la rue.  Même chose pour «les BS».  Maintenant, je suis beaucoup plus renseignée et ouverte à leur égard.  Surtout depuis que je bénéficie moi-même de l'aide sociale, c'est vrai.
  • que la vie est belle.
  • que l'on naît tous égaux, avec les mêmes chances et les mêmes opportunités.  Certaines personnes ne récoltent rien, ou pas grand-chose, malgré leurs efforts et leur bonté.
  • à la justice.  C'est indéniable qu'il y a des failles. 
  • à une vie sans sucre.  Pas pour moi en tout cas.
  • qu'on s'en remette, vraiment.  Comme Arcade Fire qui chante : "It seems so important now, but you will get over.  Seems so important now, but you will get over.  And when you get over, when you get older, then you will remember, why it was so important then.  Seems like a big deal now, but you will get over.  Seems like a big deal now, but you will get over.  When you get over, and when you get older, then you will discover - that it's never over." (It's Never Over (Hey Orpheus), Reflektor volume 2)
  • à l'astrologie.
  • qu'apprendre l'anglais ou n'importe quelle autre langue devrait être considéré comme une menace pour le français.  Je suis pour le rapprochement des gens par la communication.  Il faut essayer de rejoindre le plus de personnes possible; le bilinguisme ou trilinguisme, etc., permet ça.  Je ne vois pas pourquoi enseigner une nouvelle langue ne peut se faire qu'au détriment de la langue maternelle.
  • que l'on puisse tout prouver.  Il y a des vérités qui ne se déterrent pas.
  • que je pourrais vivre sans animaux.


dimanche 19 octobre 2014




Je crois que plus je vieillis, de moins en moins de situations m'embêtent ou m'embarrassent.  Si je m'enfarge ou si je tombe, je ne regarde pas partout pour voir si quelqu'un a été témoin de ma fouille, en faisant comme si rien ne s'était passé.  J'ai plutôt le réflexe de rire.  Je ne me prends pas trop au sérieux à certains moments.  Et beaucoup trop à d'autres.  Ça ne veut pas dire que je n'ai jamais été gênée par un événement quelconque.  Ça peut même faire place à de bonnes histoires, parfois.


Les moments les plus embarrassants de ma vie :

  • J'étais en troisième année du primaire et je venais de me faire un petit ami (qui, je le dis pour la forme, me courais après depuis genre un an).  Quelques fois à la fin de la journée, juste avant de partir, je déchirais le coin d'une des pages de mon agenda et j'y écrivais «I love you!» et je lui remettais le petit mot (cucul et quétaine j'étais et je suis).  Allez savoir pourquoi, un jour, il avait décidé de garder le minuscule bout de papier dans sa main affublée d'une grande mitaine bleu marine.  Et, allez savoir pourquoi, notre enseignante a repéré ce mi-nus-cu-le, mi-cros-co-pi-que bout de papier, lui a subtilisé et a lu à haute voix le contenu (d'un ton un peu méprisant, ajouterais-je) devant toute la classe, qui a éclaté de rire.  Elle lui a demandé qui lui avait écrit ça et il lui a répondu, en toute honnêteté, que c'était moi.  Nos compagnons de classe ont rigolé encore plus fort. Mon visage devait être rouge cramoisi.  Je ne voulais pas me pointer à l'école le lendemain.  Plus tard, mes amies m'ont assuré qu'elles n'avaient pas ri, elles.  Il me semble ne pas avoir attendu bien longtemps avant de mettre un terme à cette relation.  Aujourd'hui, je trouve cette anecdote très drôle et j'en ris, mais je me souviens que sur le coup, c'était mon plus grand embarrassement à vie.
  • J'étais très embarrassée chaque fois que mon frère m'espionnait puis me faisait faire le saut tandis que je jouais dans ma chambre.  J'inventais des scénarios et les recréais avec des modèles découpés dans des catalogues et je parlais à haute voix.  La honte, chaque fois qu'il me surprenait.  Mais je ne lui ai jamais vraiment tenu rigueur pour ça et encore moins maintenant. C'était un garçon taquineur qui aimait tanner ses deux soeurs... et qui aime encore faire des jokes à l'occasion à ses amis et à sa famille
  • La fois où une de mes anciennes coiffeuses m'avait coupé les cheveux TRÈS court.  Je débutais le secondaire et je détestais déjà cette école de premier cycle.  Le lendemain de la coupe, je crois que j'ai pleuré parce que je ne voulais pas que personne ne me voit.  Mes amies ont été diplomates, mais c'est clair que c'était une horreur.  Si je me souviens bien, ma mère m'a déjà dit que cette coiffeuse avait des problèmes d'alcool.  Ça pourrait expliquer un peu.
  • Quand je croisais un autre élève de la polyvalente à l'extérieur de l'école, que je ne connaissais pas mais dont je savais l'existence, surtout s'il (ou elle) faisait partie des preps (les populaires).  Heureusement, plus j'avançais dans les grades, moins cela me préoccupait. 
  • J'ai déjà travaillé dans une boutique située dans le Vieux Québec.  Mes patrons avaient certaines règles assez ridicules, comme par exemple celle qui interdisaient aux employées de vendre quoi que ce soit qui figurait dans les vitrines.  Elles devaient demeurer intactes jusqu'au prochain relooking et ce, même si l'item en question était notre dernier exemplaire et qu'un client le voulait vraiment.  Plusieurs (des centaines) de ventes ont été perdues à cause de ça.  Et les clients s'en prenaient toujours à nous puisque c'était nous qui devions leur refuser de déplacer l'objet ou le vêtement et de leur vendre.  J'étais toujours gênée quand je devaix expliquer ça aux gens, surtout aux touristes qui venaient de loin et qui ne reverraient probablement jamais un article semblable de leurs vies (plusieurs produits étaient made in Québec).  Mes collègues et moi avons plusieurs fois tenté de négocier avec les boss, mais ils n'ont pas vraiment lâché.  Durant les derniers mois pendant lesquels j'y ai travaillé, ils faisaient une liste des items des vitrines que nous pouvions vendre, mais nous n'avions pas le droit de toucher aux autres.  Je me souviens d'une fois en particulier où une cliente a vraiment pété sa coche devant moi, et j'étais seule à ce moment-là dans la boutique, mis à part quelques autres clients.  Elle m'a obstinée, je lui ai expliqué, lui disant que je trouvais ça ridicule moi aussi, que ce n'était pas mon idée, mais elle est quand même partie en criant et, rendue sur le trottoir, elle a hurlé «Allez pas là, ils veulent pas vendre!».  Je me suis contentée de sourire aux autres personnes présentes dans le magasin, qui eux, ne parlaient pas français.  J'avais juste l'air de la méchante vendeuse.
  • Il y a environ cinq ans, j'avais développé un crush sur un des amis de mon ex.  C'était surtout une attirance physique.  Lors d'un petit party improvisé, l'alcool aidant, je me suis fabriqué une espèce de confiance en moi et j'ai décidé de faire mon move.  Je restais près de lui et je participais à ses discussions.  À un moment donné, j'ai eu l'audace de me mettre à lui passer une de mes mains dans le dos.  Il n'a rien fait sur le coup, mais il devait être mal à l'aise puisque oui, mon ex était présent à cette soirée (aucun tact, la fille, et pas brillante non plus).  Plus tard, j'ai suivi le dude en question à l'ordinateur et tandis quil cherchait la prochaine chanson à faire jouer, j'imagine, je me suis penchée vers lui, juste pour me rapprocher.  Il s'est alors tourné vers moi m'a dit, d'un ton ferme : «Ça arrivera pas».  C'était la première fois qu'on me revirait de bord de façon aussi solide (mais pas la première fois qu'on me revirait de bord, je vous rassure).  Une chicane a suivi entre mon ex, lui et moi.  J'ai quand même continué à lui faire quelques avances, mais lui ne voulait rien savoir de cette fille au comportement agaçant, et avec raison.  Cette nuit-là, je me suis humiliée moi-même et j'ai agi comme une merde.  Le lendemain matin, j'étais HORRIFIÉE.  Je le suis encore des fois, quand j'y repense.  Mais bon, cet épisode n'a pas trop affecté notre amitié par la suite.  J'étais pourtant convaincue qu'il ne me reparlerait plus jamais.
  • La soirée - celle d'hier - où j'ai renversé la moitié du contenu de mon verre de vin sur un livre qu'un auteur (que je rencontrais pour la première fois, Daniel Grenier pour ne pas le nommer) présentait car il l'avait beaucoup aimé, c'est-à-dire Pour sûr de France Daigle.  En m'excusant, j'ai accroché une seconde fois mon verre, donc le restant du vin a éclaboussé sa copie d'un livre de Don DeLillo et un peu son exemplaire emprunté à la bibliothèque de Le mur mitoyen de Catherine Leroux.  J'étais pétrifiée.  J'ai dû m'excuser 87 fois.
  • Toutes les fois où j'avoue ne jamais avoir pris l'avion.

Étrangement, je n'ai pas été gênée lorsque...

  • une gastro-entérite m'a férocement arrachée à un souper familial se déroulant chez une de mes tantes.  Pendant que tout le monde s'empiffrait, moi je vidais ma vie.  Il faut croire que je pensais à autre chose et que je n'avais pas le temps d'être humiliée...
  • mes jeans se sont déchirées de la fourche au mollet en plein milieu d'une soirée de danse endiablée.  Je l'ai pris en riant.  Et une chance que mon amie Julie y était, et qu'elle avait une brocheuse dans son sac d'école!  Elle a temporairement réparé mon pantalon pour que je puisse terminer la soirée.  Je me suis moins donnée sur le dance floor après coup...
  • je n'ai jamais vraiment caché le fait que je souffre de troubles mentaux et de personnalité.  Peut-être qu'au début je ne l'annonçais pas d'emblée (remarquez que ça ne fera jamais une bonne introduction : «Bonjour, je suis dépressive chronique!  Comment allez-vous?»).  À ce propos, il m'est arrivé quelque chose d'assez comique.  Il y a quatre ou cinq ans, j'avais eu une date avec un jeune homme plutôt excentrique avec lequel je correspondais sur Facebook (oui, oui...  Il m'avait abordée d'une façon très originale alors j'avais décidé qu'il méritait que je lui réponde).  Nous nous étions donné rendez-vous au carré D'Youville.  Cinq minutes à peine après le début de notre promenade, il a lâché une joke inoffensive sur «les fous de Robert-Giffard», sans savoir que j'y avais effectué deux séjours.  C'est un hôpital psychiatrique assez connu, donc la farce était facile et j'en ai sûrement déjà raconté moi-même avant d'y aller (peut-être même après... faut en rire), mais je ne lui ai rien dit, je me suis contentée de lui sourire.  Dans ma tête, je riais un peu (pour ceux qui sont curieux, ça s'est pas mal arrêté là, lui et moi, mais ce n'est pas parce qu'il m'avait offusquée).  Mais là, je n'ai pas de malaise à en parler. 
  • un ancien amour et moi avons été applaudis en entrant dans le McDonald's pour FINALEMENT rejoindre notre gang d'amis.  Nous avions pris du retard sur le chemin entre le pub étudiant que nous quittions et le restaurant pour échanger quelques baisers (rien de plus, je vous jure)...  Lui a peut-être ressenti un certain malaise devant toute cette attention à notre arrivée, mais moi j'en étais presque fière.  C'était le début d'une histoire qui m'a habitée longtemps.
  • J'assume la quantité impressionnante de toutous qui occupent mon appartement (et mon ancienne chambre chez mes parents).  Des fois, j'avertis ceux et celles qui me visitent pour la première fois et ne sont pas au courant de mon penchant pour les peluches, mais je ne les cache pas, elles sont même bien en évidence.  Elles font partie de ma décoration.  Et je nous ai créé un univers, chacune porte un nom, la plupart ont une personnalité bien à elle...  À peu près tout le monde réagit très bien (en fait, j'ai pas d'exemple d'une personne m'ayant fuie pour cette raison...  À moins que ce soit demeuré secret!), et j'ai même réussi à embarquer les hommes que j'ai fréquentés et qui ont passé un nombre acceptable d'heures chez moi dans cette petite folie.  Certains se sont mis à les faire parler, à leur parler, à jouer avec elles...  C'est chou et craquant.


lundi 29 septembre 2014




Un de mes lecteurs, Dominic Sauvé, m'a suggéré de faire une liste de choses auxquelles je crois.  Je vous retransmets sa proposition exacte:

«Salut, j'pensais à ça l'autre fois... Je pense que ça serait intéressant que tu fasses une liste des choses auxquelles tu crois. Croire dans le sens de croyances. Dans le sens de quelque chose de pas prouvé ou prouvable, mais que tu crois quand même. Des croyances qui influencent certaines positions et décisions. En tous cas, moi ça m'intéresse.»

J'y ai pensé.  Et j'ai pu constater encore une fois qu'il est difficile pour moi de formuler des éléments de façon positive.  Tout ce qui me venait en tête était des «Je ne crois pas en...», «Je ne crois pas à...», «Je ne crois pas aux...».  Et j'ai eu beaucoup de misère à trouver des trucs auxquels je crois.  Je me suis trouvée vide et pessimiste.  Mais je me suis forcée.  Je ne sais pas si c'est vraiment ce qui t'intéressait à la base, M. Sauvé, mais j'en suis venue à ça :


Je crois...
  •  à la famille.  Sans la mienne, sans mes parents, je ne serais tout simplement plus là.  Ça sonne sans doute cliché, mais c'est la vérité.
  • à tout ce qu'écrit et dit Catherine Mavrikakis.  Ça me rejoint.  Cette femme, il faut la lire.  Ses souvenirs, son passé, et la façon qu'elle a de les raconter, sont secouantes.  Ses idées, grandioses, inspirantes et à point.  Son attitude est à envier.   Je l'adore.
  • au pouvoir des mots.  Ils peuvent flatter, énerver, blesser, détruire, intriguer, laisser indifférent, mentir, révéler, libérer, clarifier, embrouiller, confondre, amuser, embêter, faire rire, provoquer des éclats, déstabiliser...
  • aux bienfaits de la zoothérapie.  Bon, plusieurs études ont été faites à ce sujet et pas mal toutes s'entendent pour en vanter les bénéfices.  Et j'y crois très fort.
  • que notre époque n'est pas pire qu'une autre.  Chacune a connu ses succès et ses échecs.  Les inventions, le progrès, la bêtise humaine, la corruption, tout y a été et tout y est tout le temps.  Andrew W.K. l'a si bien écrit : «But the truth is, the world has always been and always will be on the brink of destruction».  Il me semble qu'on innove de moins en moins, on améliore plutôt.  Chaque objet, technologie ou phénomène est simplement remplacé par un autre, peut-être plus avancé ou «tendance».  Tout se répète, tout découle de quelque chose qui a déjà existé.  Mais d'un autre côté, je me dis qu'il reste des ajouts complètement nouveaux à appraître. 
  • à l'amour.  Oui oui.  J'en ai été témoin à plusieurs reprises et je l'ai moi-même vécu quelques fois.  Par contre, je ne crois pas à l'amour éternel.  Je sais que l'amour peut mal tourner, ou que l'amour se modifie parfois.  En bout de ligne, c'est Frédéric Beigbeder qui a raison : L'amour dure trois ans (roman paru chez Grasset en 1997; adaptation cinématographique sortie en 2012). 
  • que sexe et amour ne vont pas forcément ensemble.  Le désir exclusif porté vers une seule personne me semble utopique.  Il est possible, selon moi, d'être attiré par quelqu'un dont on n'est pas amoureux.  Je crois qu'il est aussi possible en couple de vouloir une tierce personne sans pour autant cesser d'aimer son/sa partenaire.
  • à l'art.  Sous toutes ses formes.
  • à l'amitié.  Ça supporte, ça fait rigoler.  C'est un partage, des expériences.  Et ça peut durer toute une vie.
  • que les religions devraient se vivre de façon individuelle.  Chacun devrait pouvoir croire en ce qu'il veut tout en respectant les autres.
  • que l'eau potable devrait être gratuite et accessible à tous.  Qu'elle ne devrait pas devenir un produit ou une marchandise.
  • aux avantages du transport en commun.  
  • au concept du covoiturage
  • à la participation des médicaments dans le traitement de la dépression, la bipolarité et bien d'autres troubles mentaux.  Attention, je n'insinue pas que ça règle tout.  Mais ça peut aider.
  • au sucre.  Naturel ou artificiel.  Il en faut dans la vie.









dimanche 7 septembre 2014



Dernièrement sur Facebook, il y a une espèce de chaîne qui circule, un peu comme les chaînes de lettres dans le temps sur Hotmail et tout, mais en plus pertinent et intéressant.  Il s'agit de dresser la liste des dix livres qu'on a le plus appréciés et/ou qui nous ont le plus marqué.  Ça amène des suggestions pour les autres, et ça nous rappelle de bons moments de lecture!  En fait, je ne sais pas pourquoi je ne l'ai pas fait avant.  Comme je suis incapable de trancher dans la vie, voici ma liste, sans aucun ordre précis, composée de vingt-quatre titres : 


Mon top de livres :


  • Un long dimanche de fiançailles, Sébastien Japrisot
  • Karoo, Steve Tesich
  • Nadja, André Breton
  • L'Amant de la Chine du Nord, Marguerite Duras
  • Kamouraska, Anne Hébert
  • Pomme S, Éric Plamondon
  • Et au pire, on se mariera, Sophie Bienvenu
  • La nuit sans fin, Thierry Horguelin
  • Anima, Wajdi Mouawad
  • Les sangs, Audrée Wilhelmy
  • L'éternité en accéléré, Catherine Mavrikakis
  • Ceci n'est pas une histoire de dragons, Mathieu Handfield
  • Keith me, Amanda Sthers
  • la série Scott Pilgrim, Bryan Lee O'Malley
  • Il faut qu'on parle de Kevin, Lionel Shriver
  • Le Cercle Violet, Daniel Sernine
  • Microfictions, Régis Jauffret
  • Le monde selon Garp, John Irving
  • J'écris parce que je chante mal, Daniel Rondeau
  • Millénium 1 - Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, Stieg Larsson
  • L'Île des gauchers/Autobiographie d'un amour/Mademoiselle Liberté, Alexandre Jardin 
  • Les Hauts de Hurlevent, Emily Brontë

Si l'envie vous prend, vous pouvez vous aussi partager vos livres fétiches dans les commentaires.  Même si ce n'est qu'un seul titre!





mardi 2 septembre 2014





Je me suis couchée par terre j'ai laissé le chat faire le tour de mon corps il est resté à ma tête j'ai mal à la tête.  
Puis il s'est installé sur mes cuisses je l'ai senti ronronner j'ai regardé le plafond avec mes yeux de myope j'ai à peine distingué les carrés.

J'ai fermé mes paupières.  Bougé mes orteils.  Palpé mes côtes.  Mes membres se sont raidis.  Et relâchés.  Raidis.  Et relâchés.

Je n'ai jamais été certaine de l'efficacité du projet.  Ensuite je me suis rappelé que j'en avais rien à foutre, de l'efficacité de ce projet.

Je me suis levée le chat il m'a suivie s'est étendu quand je me suis assise.
Je n'ai pas pensé je n'ai pas pensé je n'ai pas pensé je n'ai pas voulu y penser.

Je n'ai même pas l'audace de sortir.  Essayer.  Respirer dehors.  J'ai tout annulé aujourd'hui.  J'ai prévu me reprendre demain.





dimanche 31 août 2014





Et si un jour ça ne m'arrive pas, je l'inventerai.  Je me le raconterai.  La fiction m'apaise, la fiction me vivifie.  La fiction me préfère, je préfère la fiction.

J'ai une boule au fond de moi.  Lourde, paralysante.  J'anticipe, je crains quelque chose mais je n'en connais pas la teneur.  Ça m'effraie.

Il pleut.  Avec un angle.  Je regarde par la fenêtre, observe la constance de l'intempérie.  À cet instant précis, j'envie cette régularité.  Je ne peux pas me prononcer sur d'autres heures.

Il ne pleut déjà plus à la diagonale.  Je ne distingue qu'une simple bruine, raide.  Je ne profite pas du temps.  Je ne le remplis pas assez.

J'ai des raisons d'être en colère.  Sans doute ne sont-elles pas «valables».








jeudi 28 août 2014




J'abuse du sucre.  Comme dans vraiment trop abuser.  Je ne fais rien de ce dont mon corps a besoin.  Tant pis pour lui.  Je ne veux pas me surveiller.  Compter.  Me restreindre ou me retenir.

Parfois, souvent, je ne sais pas quoi faire pour me divertir.  Rien ne me tente.  Je ne sors même pas de chez moi si je n'ai pas d'engagement ailleurs.  Je reprends beaucoup de choses, genre encore regarder un film déjà visionné, laver mes vêtements à l'infini, au lieu de me pencher vers de nouvelles expériences.  Cette semaine, ma créativité s'est à peu près limité à rafistoler des bijoux cassés.  Encore là, je n'ai rien fabriqué, j'ai simplement réparé des accessoires abîmés.  Même ce texte ne me semble qu'être une copie d'autres billets publiés ici.

Je me suis remise à creuser mes jambes.  Comme dans disséquer et arracher les poils.  Ça fait mal.  Ça saigne, ça change de couleur.  Je n'avais presque plus de cicatrices, avant l'été.  Belle obession.  Il n'y a pas vraiment de truc pour arrêter ce comportement, pas que je connaisse en tout cas.  À part peut-être le self-control.  Ce que je ne maîtrise pas très bien.  Ou les pilules contre l'angoisse.  Ça peut sûrement aider.

J'aimerais plus de tout.  




   

mardi 29 juillet 2014






Je ne comprends pas pourquoi, quand on nous apprend quoi faire avant de traverser la rue, on nous dit de regarder à gauche, puis à droite, une autre fois à gauche, et ensuite d'y aller.  Et si un véhicule arrivait de la droite tandis que nous regardions à nouveau à gauche?  Si on suit cette logique, par contre, s'ensuivrait alors une interminable série de coups d'oeil dans les deux directions.

Je ne saisis pas tout à fait comment on peut en être rendu là avec les ITS (infections transmises sexuellement).  C'est moi ou avant il y en avait moins de «sortes»?  Ou bien c'est simplement qu'on ne les avait pas encore «trouvées»?  Aussi, il me semble que ça devient de plus en plus compliqué de se protéger correctement.  Il n'y a pas que la pénétration qui peut être risquée; un seul contact des muqueuses peut causer une infection.  Mes profs ne nous ont jamais parlé de ça dans nos cours de sexualité et de FPS (formation personnelle et sociale).  De nos jours, on enlève ce genre d'éducation au cursus académique des jeunes.  Moi je dis qu'on devrait montrer des photos de lésions et de tout autre symptôme apparent des différentes maladies à tous ceux qui sont sur le point d'avoir une vie sexuelle, et même à ceux déjà actifs sexuellement (la syphilis et l'herpès suffiront, je crois), tout en leur rappelant que certains symptômes ne sont pas apparents, mais qu'un individu peut tout de même être contaminé et passer le tout à son ou ses partenaire(s).  Ça ferait peut-être baisser les statistiques.  Et je me dis que je ne dois pas être la seule qui aimerait bien s'amuser sans inquiétudes.

Je ne me rappelle jamais vraiment ce qui a provoqué le conflit qui déchire les Israéliens et les Palestiniens.  J'ai bien lu quelques résumés et tenté d'analyser certains arguments, je perds toute connaissance acquise sur le sujet à chaque fois qu'il en est question à nouveau.  Je ne pourrais pas détailler la chronologie des événements.  Une chose dont je suis certaine est que cette guerre a coûté la vie à trop d'innocents.

Je ne m'explique pas la politique, les élections, les lois, le fonctionnement de tout ça.  Je suis mieux renseignée qu'avant, remarquez.  Mais en gros, dans ces domaines, je suis ignorante.

Je ne tolère pas la violence, l'intimidation, la culture du viol, la cruauté envers les animaux, l'injustice, mais devant la plupart de ces situations, je ne sais pas comment agir concrètement pour contribuer à faire disparaître ces réalités.

Je me demande parfois ce qui serait différent si je n'étais pas malade.

J'ignore ce qui s'est passé entre le moment où tu m'as dit que tu m'adorais et ces heures-ci.

J'aimerais connaître le nombre de personnes qui se font arnaquer avec les concours bidons et les croisières dites gratuites dont on nous fait part par téléphone.

Qui a décidé que les bébés n'aimaient pas la couleur noir?  On leur en fait porter rarement.

J'apprendrai.  Je trouverai, je maîtriserai.  Pas tout, mais des bribes.  Ou j'arrêterai de me poser trop de questions.  Je ne sais pas.  Je verrai.  J'en reviendrai.






jeudi 24 juillet 2014





Un peu d'eau, beaucoup de sucre, des colorants artificiels et des produits chimiques pour ma survie.  Je n'ai le goût de rien sauf de ce qui n'est pas sain pour moi.  Ce qui n'est pas bon me tente, m'attire.  Et je ne résiste même pas.  Ne me pose pas de questions.

Les grands vides reprennent.  Bien-être, vide; extase, vide; joie, vide; hilarité, vide.  Ils reviennent toujours.  C'est ma stabilité, ce sur quoi je peux m'appuyer.  Je sais qu'ils vont se repointer.  Mais s'appuyer sur quelque chose qui ne nous élève pas, c'est moche et ça désespère.  Peu d'espoir pour la suite.  On en vient à se demander si les moments entre chaque désert en valent la peine.  Et on ne veut pas miser sur une seule source pour espacer les vides.

Je soupire, mes paupières se ferment, tardent à se rouvrir.  Je suis encore crevée.  La nuit toute à moi.  Je souris un peu.  J'ai quand même de belles images en tête.











dimanche 20 juillet 2014





Il y a des choses dans la vie qui ne devraient jamais se terminer.  Je l'ai peut-être (sûrement) déjà dit.  Des trucs qui ne devraient pas finir.  Comme un séjour à l'hôtel, certaines amitiés, certaines amours.  Des soirées en particulier.  Des nuits.  Des journées.  Un moment.

Par contre, ces temps-ci je me surprends souvent à vouloir accélérer le rythme, faire avancer le temps, pour me rendre directement à un instant ou un événement que je juge plus important, ou que j'anticipe tout simplement.  Entre deux de ces occasions privilégiées, un sentiment de vide m'accapare.  L'épuisement m'absorbe, l'ennui est total et je n'ai plus le goût de rien.  Je dors, parce que je m'imagine que ça fera passer le temps plus rapidement.  Seulement, je ne dors pas bien ces dernières semaines.  Les heures sont longues.  Je m'occupe, mais demeure en moi une insatisfaction chronique pour ce qui se présente devant moi dans l'attente, versus un désir disproportionné pour ce qui est inatteignable ou très lent à se concrétiser.

Je me retrouve alors prise, comme abasourdie, ne sachant que faire pour ne pas surestimer le futur prochain et ainsi négliger mes activités présentes, actuelles.  Mais dans l'entre-deux, je ne peux m'empêcher de me demander avec lassitude : «On repart vers quoi, là?».  Tout est à recommencer.  Ça m'embête, ça me décourage.  C'est la poussée qui me manque.  Toute mon énergie est déployée à me lever et après, il ne me reste plus rien pour agir.

C'est sous cette facette que je me considère paresseuse.  Et, comme ma psychothérapeute me le dit, passive.  J'ai déjà été plus fonceuse.  Je pense quand même qu'on a le droit de tomber et de prendre le temps qu'il faut pour se relever.  L'important est de raccourcir la chute, ce que n'ai pas su faire cette fois-ci.  Toutefois, s'il ne me reste que de l'assurance et de l'action à reprendre pour compléter ma guérison, je ne dois pas être si loin.  Mais, il faut se le dire : je n'ai jamais vraiment fait preuve d'assurance à tout casser.  Pas dans ma tête, en tout cas.  Personne ne peut voir à quel point j'hésite à propos de tout.  Alors je ne vois pas pourquoi je me mettrais à m'en tisser, là là, de la confiance en moi.  Oui, je suis pessimiste aussi.





vendredi 18 juillet 2014




Encore des vers d'oreille!  Mais cette fois-ci, je tiens à préciser que quelques titres ne sont pas si déplaisants à avoir en tête.  Pour connaître les autres morceaux qui font partie des trois précédentes listes, c'est ici, ici et .


**AVERTISSEMENT**
Durant l'élaboration de cette liste, bon nombre des chansons qui y figurent me sont restées en tête, certaines pour des durées de temps carrément pénibles.  Seule l'évocation du titre déclenchait le processus.  Il se peut qu'en lisant ce top, vous soyez vous aussi pris avec l'une ou l'autre de ces mélodies.  Je préférais vous en avertir.


Top (+ que) 10 des pires (ou pas si pires) tounes à avoir dans'tête vol. 4 
  • American Boy d'Estelle, avec la participation de Kanye West.
  •  Get Down (You're The One For Me) des Backstreet Boys et aussi I'll Never Break Your Heart.
  •  I Wanna B With U, Celebration et Do Wha Diddy de Fun Factory.  Je me rappelle d'un voyage fait à l'été 1997 avec mon amie Mélanie et ses parents.  Nous avons écouté la cassette en boucle aller-retour Edmundston-Moncton et durant tous nos déplacements dans la ville.  Respect à ses parents, sérieux.
  • Alors on danse de Stromae.
  • December, 1963 (Oh, What A Night) des Four Seasons (ou les versions françaises, si vous préférez : Cette année-là de Claude François ou Ces soirées-là de Yannick).
  • Soak Up The Sun de Sheryl Crow, ainsi que Every Day Is A Winding Road.  En fait, il y en a beaucoup de cette artiste qui me reste en tête, mais ce n'est pas forcément négatif dans son cas, comme All I Wanna Do, A Change Would Do You Good et If It Makes You Happy.  Je dois aussi souligner que My Favorite Mistake est une chanson que j'affectionne tout particulièrement.
  • N'importe quoi d'Éric Lapointe.
  • Sous une pluie d'étoiles de Cindy Daniel (durant l'été 2006, je l'entendais MINIMUM DEUX FOIS À TOUS LES JOURS à cause de fucking Rock Détente, station qui nous était imposée à l'endroit où je travaillais à l'époque).
  • I Think Of You de Gregory Charles (même chose que la chanson précédente.  T'sais la variété dans ta programmation de la journée...  Si l'animateur(trice) du matin a fait jouer un morceau, même s'il est bien populaire, l'animateur(trice) de l'après-midi n'est pas obligé(e) de la faire passer aussi...  Parce qu'il y en a qui sont pognés avec cette chaîne de radio toute la journée!).
  • Team de Lorde.
  • Une partie des chansons de Zachary Richard.
  • Pas mal toutes celles de Michael Bublé.
  • Rich Girl, ce duo avec Eve produit par Dr. Dre (qui est en fait une adaptation d'une chanson de Louchie Lou & Michie One, qui est déjà elle-même un cover de If I Were A Rich Man, de la comédie musicale Fiddler On The Roof) et Hollaback Girl de Gwen Stefani.
  • La chanson-thème de l'émission Les cités d'or.
  • Live Is Life d'Opus.
  • Africa de Toto.  Pour vous, à regarder : les gars qui jouent sur une pile de livres!
  • Hawaïenne des Trois Accords.
  • Mon voisin des Frères à ch'val.



jeudi 3 juillet 2014




D'autres vers d'oreille!


**AVERTISSEMENT**
Durant l'élaboration de cette liste, bon nombre des chansons qui y figurent me sont restées en tête, certaines pour des durées de temps carrément pénibles.  Seule l'évocation du titre déclenchait le processus.  Il se peut qu'en lisant ce top, vous soyez vous aussi pris avec l'une ou l'autre de ces mélodies.  Je préférais vous en avertir.
 
 
Top (+ que) 10 des pires tounes à avoir dans'tête vol. 3 

  • À ton départ de Nathalie Simard.
  • Tourne la page de René et Nathalie Simard.
  • La Tribu de Dana de Manau.
  • It's Not Right But It's Okay de Whitney Houston.
  • Dégénérations de Mes Aïeux .
  • la chanson-thème de Passe-Partout.
  • Lady Gaga et sa Poker Face.  Et à la limite, Bad Romance aussi.
  • I Kissed A Girl de Katy Perry.
  • la foutue chanson Paquetville d'Édith Butler (malgré le fait que la dame est fort joviale).
  • Coco Jamboo (ou Coco Jumbo, selon vos sources sur Internet) de Mr. President.
  • Sweat (A La La Long) d'Inner Circle.
  • de Culture Club, Karma Chameleon.
  • à peu près toutes les chansons de pas mal toutes les comédies musicales.
  • Red Red Wine de Neil Diamond, mais la version d'UB40.
  • The Final Countdown d'Europe.  Je me souviens que la première fois que je suis allée à Valcartier pour les sports d'hiver, c'est la première chanson qui a sorti des haut-parleurs.  La journée augurait bien, mais je l'ai eue dans'tête pendant une semaine après!
  • pas mal toutes les pièces de Kaïn.
  • Foule sentimentale d'Alain Souchon.
  • l'infâme toune des Club Med, Haut les mains, par Crazy Signs (quel plaisir que de voir cette pub avec Dominique Michel qui passait sur le défunt réseau TQS...).
  • You're Beautiful de James Blunt.
  • Hero et Be With You d'Enrique Iglesias.  Ah pis aussi Rhythm Divine et Don't Turn Off The Lights.  Bref...




mardi 17 juin 2014






On dit souvent que l'herbe est fraîche, que le gazon est doux, mais même tout juste tondue, une pelouse reste pour moi piquante.  Les brins séchés, les mauvaises herbes, ça pique, ça gratte, ça colle aux cuisses, aux mollets, à la plante des pieds.  Le parterre est inégal.  Les fourmis s'y promènent, s'invitent sur notre couverture, nos jambes, nos bras.  Il y a des petites plaques de terre à moitié humide ici et là.  Plusieurs aiguilles de conifères jonchent le sol, le rendant encore plus piquant.  Et l'ensemble n'est jamais tout à fait vert, hen.  Je veux dire, à part les terrains de golf et de baseball, avez-vous souvent vu des cours éclatantes et uniformes?  À moins d'y investir un sacré paquet d'argent ou de concourir pour le meilleur aménagement paysager (et ainsi vous assurer le jugement d'un certain nombre de vos voisins, dont moi), je ne vois pas.



«Est-ce que le skate c'est un sport?»
- Un enfant tout près de nous, Parc Saint-Rodrigue








lundi 9 juin 2014





Il y a des habitudes qui ne se perdent pas.  Ou moins rapidement.  Le lundi, encore des fois j'attends que tu m'appelles ou me textes pour me demander si tu peux venir me rejoindre après ton quiz.  Je pense encore à des films que nous pourrions regarder ensemble.  À la prochaine fois que nous irions aux crêpes.

Il y a des habitudes qu'on ne veut pas mettre de côté.  Pas tout de suite.  On y tient encore trop fort.  Nos matins.  Sur nos divans, je m'asseyais toujours à gauche et toi à droite.  La façon que tu avais de parler à mes chats.  Nos confidences.

Il y a des habitudes qui ne se perdent pas.  Ou pas assez vite.  Parce que j'espère les abollir sous peu, question de demeurer à peu près saine.  Tes pas dans l'escalier.  Nos mésententes.

Il y a des habitudes que je ne partageais qu'avec toi.  Que nous nous étions inventées, que nous avions créées.  Je fais comment maintenant, alors que ça brûle encore?

Il y a des habitudes qui ne se perdent pas.  Et moi je perds tout, toujours, tout le temps.

S'il y avait des nouvelles habitudes à instaurer, je te prendrais dans mes bras pour t'accueillir.  Presque à chaque fois.  Je sourirais plus souvent.  Je m'en ferais moins.  Je ne m'endormirais plus devant un film.  Je serais moins exigeante.  Je t'embrasserais plus souvent.  Je ne te laisserais pas prendre tout l'espace dans mon lit.  Je ne te ferais pas sentir obligé de quoi que ce soit envers moi.

S'il y avait des nouvelles habitudes, ce serait presque parfait.  Pas tout à fait, mais presque.










dimanche 8 juin 2014






J'ai finalement lu (en une seule soirée!) Les heures souterraines, roman de Delphine de Vigan qui  m'a été plusieurs fois chaudement recommandé par mes collègues et même par plusieurs clients.  Si je l'ai lu aussi rapidement, avec autant d'attention et de compassion pour les deux personnages principaux, c'est que c'est effectivement très bon.  Excellent, même.  L'écriture, l'histoire de Mathilde puis celle de Thibault, tout est touchant.  

Mathilde, elle, subit depuis plusieurs mois le comportement inacceptable de son patron envers elle.  Leur relation d'affaires a changé d'un coup et depuis il lui fait subir des misères (et je dis bien des misères)!  On parle de harcèlement moral et psychologique au travail ici, un thème très peu abordé.  Elle tient fort, elle tient longtemps, mais son patron la gruge petit à petit et rend son travail et sa vie insupportables.

Je me suis beaucoup reconnue en Thibault.  D'abord parce qu'il vit une liaison avec une femme qui ne l'aime pas, ou qui à tout le moins n'arrive pas à s'ouvrir à lui.  Chaque passage le concernant me ramenait à un souvenir précis de mon histoire à moi.  Les mots sont si bien choisis que j'aurais aimé y avoir pensé moi-même.  Je vous partage quelques extraits qui sont significatifs pour moi.

«Il n'a pas cherché à lutter, même pas au début, il s'est laissé glisser.  Il se souvient de tout et tout concorde, va dans le même sens, s'il y réfléchit le comportement de Lila indique mieux que toutes les paroles son absence d'élan, sa manière d'être là sans y être, sa position de figurante, sauf peut-être une fois ou deux où il a cru, le temps d'une nuit, que quelque chose était possible, au-delà de ce besoin obscur qu'elle avait de lui.»

- Delphine de Vigan, Les heures souterraines, JC Lattès,  p. 21


«Il a suffisamment vécu pour savoir que cela ne se renverse pas.  Lila n'est pas programmée pour tomber amoureuse de lui.  Ces choses-là sont inscrites dans la mémoire morte d'un ordinateur.  Lila ne le reconnaît pas au sens informatique du terme, exactement comme certains ordinateurs ne peuvent lire un document ou ouvrir certains disques.  Il ne rentre pas dans ses paramètres.  Dans sa configuration.»

Delphine de Vigan, Les heures souterraines, JC Lattès, p. 22


«Il avait oublié à quel point il était vulnérable.  Est-ce que c'était ça, être amoureux, ce sentiment de fragilité?  Cette peur de tout perdre, à chaque instant, pour un faux pas, une mauvaise réplique, un mot malencontrueux?  Est-ce que c'était ça, cette incertitude de soi, à quarante ans comme à vingt?  Et dans ce cas, qu'existait-il de plus pitoyable, de plus vain?

Delphine de Vigan, Les heures souterraines, JC Lattès, p.60


«Il espère lui manquer, comme ça, d'un seul coup.  Un vide vertigineux qu'elle ne pourrait ignorer.  Il espère qu'au fil des heures elle soit gagnée par le doute, qu'elle prenne peu à peu la mesure de son absence.  Il voudrait qu'elle se rende compte que jamais personne ne l'aimera comme il l'aime, par-delà les limites qu'elle impose, cette solitude fondamentale qu'elle oppose à ceux qui l'entourent mais n'évoque qu'à demi-mot.»

Delphine de Vigan, Les heures souterraines, JC Lattès, p.63


«La relation amoureuse peut-être se réduisait à ce déséquilibre : dès lors qu'on voulait quelque chose, dès lors qu'on attendait, on avait perdu.»
 
Delphine de Vigan, Les heures souterraines, JC Lattès, p.  152


«L'échec amoureux n'est ni plus ni moins qu'un calcul coincé dans les reins.  De la taille d'un grain de sable, d'un petit pois, d'une bille ou d'une balle de golf, une cristallisation de substances chimiques susceptible de provoquer une douleur forte, voire insoutenable.  Qui fnit toujours par s'éteindre.»

Delphine de Vigan, Les heures souterraines, JC Lattès, p.153-154


 Merci, Madame de Vigan.





dimanche 1 juin 2014




À la fin de l'automne dernier, mon ergothérapeute d'alors tentait tant bien que mal de me trouver des activités qui me plairaient afin de me sortir de mon état comateux et de mes tendances de larve.  Elle m'a suggéré de me mettre au bénévolat.  L'idée ne me repoussait pas, mais étant libraire, ça ne me disait pas vraiment de subir encore les relations avec le public.  Elle a fait l'énumération de plusieurs organismes.  Rien ne m'attirait vraiment.  Puis elle a nommé la SPA et le refuge Adoption Chats Sans Abri.  Mes yeux se sont allumés d'un coup.  Et elle l'a tout de suite remarqué.  Je lui ai signifié mon intérêt pour le centre ACSA, que j'avais visité une fois et que je suivais depuis quelque temps sur leur page Facebook.  Je me suis dit que j'allais leur proposer mes services.  Je leur ai écrit et on m'a répondu qu'ils avaient toujours besoin de bénévoles...  Je suis donc allée remplir le formulaire et j'ai commencé la semaine suivante.

C'était un matin de début décembre, le 1er ou le 2, je ne me souviens plus.  D'un coup, en me levant, je n'avais plus envie d'y aller.  Je redoutais les rencontres avec les autres bénévoles, me disait que je serais nulle avec les chats et que tous me détesteraient, que je n'aurais pas le tour, que je n'apprendrais pas assez vite, que je ferais tout tout croche, que je n'aimerais pas ça finalement, que je ferais mieux de rester dans mon lit (il était si tôt!)...  Je me demandais vraiment pourquoi je m'efforçais à faire tout ça alors qu'il serait beaucoup plus facile de dormir.  Mais comme je m'étais engagée envers le centre à au moins essayer, j'y suis allée.  En marchant sur la 9e rue dans Limoilou, j'ai failli rebrousser chemin plusieurs fois.  J'aurais pu tout simplement ne pas me présenter, ne pas me manifester et ils n'auraient plus jamais entendu parler de moi.  Tout d'un coup, j'avais un but et je ne pouvais pas supporter la pression qu'il engendrait en moi.  Mais ce matin-là, je me suis montré la face et aujourd'hui, je suis très contente de l'avoir fait.

C'est Danielle, l'animalière du groupe, qui est venue m'ouvrir.  Elle m'a adressé un des sourires les plus chaleureux qu'on m'ait adressé de toute ma vie.  Sérieux.  Nous nous sommes présentées l'une à l'autre, puis elle m'a montré les chats et m'a fait rencontrer Mélia, la bénévole qui m'indiquerait quoi faire et comment le faire.  Dans le fond, le matin on ne fait que torcher des cages, s'amuser avec les chats, les nourrir, laver les doudous, faire la vaisselle, prendre une pause devant un café ou un lait au chocolat (que j'ai introduit au refuge, et je n'en suis pas peu fière!), on rit, on déconne, on flatte les mascottes, Séréna et Daniel, on passe la balayeuse et la moppe et J'AIME ÇA.  J'ai aimé ça dès le premier matin.  C'est le seul endroit où je me sens bien en tout temps, peu importe ce qui me tourmente avant d'y pénétrer ou après en être sortie.

J'y vais une ou deux fois par semaine, quand je ne suis pas trop malade ou que je n'ai pas trop mal à la tête ou que je ne suis pas prise dans une tempête au Nouveau-Brunswick.  J'ai eu des préférés dans le groupe.  D'abord Danielle, la dynamique qui me dit souvent que je travaille bien et qu'elle aime ça travailler avec moi et qui sait comment agir devant n'importe quelle situation.  Ça me donne le goût de continuer.  Elle me fait rire quand elle fait parler les chats et leur donne un air faussement fru en les faisant sacrer.  Et j'aime quand Joël me dit qu'il me fait confiance, lui qui est si professionnel.  Mais je me suis aussi attachée à tous nos petits pensionnaires, certains plus qu'à d'autres.  Surtout à Roméo, un persan noir.  C'est le premier chat à la coupe lion que j'ai trouvé cute.  Avant, j'exécrais cette coupe.  Maintenant, je trouve qu'elle va bien à plusieurs chats.  Roméo n'aime pas ses compatriotes, il a dès le départ eu de la difficulté à s'intégrer au groupe et s'est mis à en attaquer quelques-uns.  Danielle venait de terminer de rénover une pièce à l'arrière de la salle d'adoption et l'a installé là.  J'allais le voir presque tous les jours après avoir complété mes tâches, et souvent Danielle me «l'assignait» parce qu'elle savait que je l'aimais bien.  Je n'avais qu'à m'asseoir en indien par terre, taper sur mes genoux en disant son nom et il venait tout de suite me rejoindre pour des caresses.  Il avait beau haïr les autres chats, les humains, eux, il les adorait.  Je crois que j'aurais pu rester des heures à le flatter et il ne se serait pas tanné.  Il était assez joueur aussi à ses heures.  Je l'aurais adopté sur-le-champ si je n'avais pas déjà deux chats chez moi, avec lesquels je savais très bien qu'il ne se serait pas bien entendu.  Quand il a fini par être adopté, j'ai pleuré.  Pour vrai.  Je suis restée avec lui longtemps, j'ai pris des photos de nous deux et je lui ai dit au revoir.  Puis je me suis dit que je ne m'attacherais plus autant à aucun autre chat qui serait de passage à l'ACSA.

On en voit de toutes les sortes, au refuge.  Comme la petite sauvageonne, Souris-Mini, avec laquelle il fallait d'abord mettre des gants pour laver sa cage.  Maintenant, elle se laisse approcher et sort même parmi les autres chats.  Elle est toute petite et très mignonne.  La belle Aline, qui semble toujours nous regarder en disant «Ne me fais pas mal!».  Elle se laisse flatter sur le dessus de la tête, en ce qui me concerne.  Ralph, le porteur du VIH si doux.  Les deux plus farouches, Picotine et Agathe, qui se sauvent aussitôt que tu les regardes.  Grissom, le tannant trop gourmand.  Greg, l'imprévisible.  Pouchkine, l'Himalayen cardiaque aux si beaux yeux bleus (et j'adore les chats et les chiens à la face écrasée, oui).  Louise, la Louise, la fatigante qui miaulait jusqu'à ce qu'on la sorte de sa cage et qui après foutait la marde dans l'adoption.  Ma'am Reno, qui est malheureusement décédée des suites de son diabète avant d'avoir eu la chance d'être adoptée.  Et M. Poupouces, dont la troisième paupière était déchirée et qui ne pouvait ouvrir les yeux quand il est arrivé au centre.  Il a subi une opération et nous avons pu voir ses beaux yeux verts avant qu'il ne soit adopté.  Il roucoulait toujours quand on s'approchait de lui.  Et plein d'autres comme ça, qui sont tous arrivés avec une histoire et sont repartis en en débutant une autre.

Ces chats, ces gens et ce centre sont une de mes rares raisons de vivre, par les temps qui courent.  Merci.


Roméo et moi