mercredi 28 octobre 2015








Je n'aime pas vraiment les derniers jours.  Le plafond de ma cuisine a encore coulé.  J'ai mal à la tête.  Mes tremblements s'imposent un peu plus.  Ça s'annonce jamais quand ça visite, ces choses-là, et ça ne dit pas pour combien de temps.  Il fait très beau, il vente et j'aime ça, pourtant je n'en profite pas pour marcher davantage.  Je ne marche plus autant qu'avant.  C'est l'ironie du chou-fleur.




















mercredi 21 octobre 2015





Palmarès 40


La chanson : Five Years de David Bowie.  J'adore le bout du ice cream parlour.




Le meilleur : Ça fait 9 ans que j'entretiens ce blog.  9 ans, quand même.  Clap clap clap pour moi.


Le pire : Les résultats de l'élection fédérale canadienne 2015.  Ouch.


La découverte : David Goudreault, un auteur, poète, slameur et parolier de grand talent.  Il paraît que son premier roman, La bête à sa mer, est très bon.  C'est un génie : il a réussi à écrire en 3 semaines un texte qu'on lui avait commandé et qui devait contenir les titres de 57 émissions qui passent, ou sont déjà passées à Radio-Canada.  C'est tout simplement brillant.  Lorsqu'il l'a récité devant un petit public de 8 ou 9 personnes dans une minuscule chambre d'hôtel à l'occasion de la soirée Oeuvres de chair (dans le cadre du festival Québec en toutes lettres), j'ai été flabbergastée.




Le film : Paul à Québec (2015), de François Bouvier d'après la bande dessinée de Michel Rabagliati.  On y retrouve l'humour du dessinateur et de sa série Paul, ainsi que sa sensibilité.  Paul à Québec est sans doute le tome le plus touchant des BD de M. Rabagliati, le beau-père de Paul étant atteint d'un cancer en phase terminale.  Les scènes passées en famille, comme la soirée (assez avancée) où les adultes jouent à leur jeu de cartes préféré, «J'achète», font sourire et peuvent rappeler la parenté autour d'une table, riant fort, se taquinant, buvant leurs bières et fumant leurs cigarettes.

La famille Beaulieu au grand complet.


Les trois filles (Lapin 1, Lapin 2 et Lapin 3) de Lisette et Roland avec leurs conjoints respectifs.


La citation :

«Si tu [y] meurs, c'est sûr que tu meurs!» 
- Moi, en parlant de l'Alaska





vendredi 16 octobre 2015





Palmarès 39


La chanson : Molten Light, de Chad VanGaalen.  L'univers de cet homme est coloré, intrigant et un peu morbide.  J'aime.




L'oeuvre : Ces statues, une création de Tamara Kvesitadze, inspirées des personnages d'un roman paru en 1937, Ali and Nino, qui raconte la tragique histoire de deux amants, un musulman et une princesse Géorgienne, séparés après l'invasion de la Géorgie par la Russie Soviétique.  À chaque soir, les statues se mettent en mouvement, se rapprochent l'une de l'autre, s'étreignent puis s'éloignent.  Les voir en vrai doit être fort impressionnant.




Le pire : Un lavabo de cuisine.  Ça m'écoeure.  J'essaie de garder le mien propre, mais avec tout ce qui peut quand même s'y ramasser, ça me lève le coeur.  Je me lave rarement les mains dans cet évier-là, je préfère aller à la salle de bain...


Le meilleur : J'aime voir deux hommes se serrer la main.  J'aime l'espèce de fraternité, de solidarité, qui se dégage de ce geste.  Pas nécessairement une poignée de mains formelle, plus celle où ils se tapent les paumes ensemble.  Je trouve que ça fait relaxe et chaleureux.


La citation :

«Ils servent à quoi, les écrivains?  À ménager leur santé ou à écrire des grands livres?» 
- Bernard-Henri Lévy dans Conversations d'un enfant du siècle de Frédéric Beigbeder, Grasset, p. 292 (à propos de l'utilisation de substances illicites durant le processus de  création).


La lecture : Je suis en train de relire L'insoutenable légèreté de l'être, de Milan Kundera.  CE.  ROMAN.  Il est encore plus chavirant et retentissant pour moi qu'à ma première lecture.  Je pourrais le citer au complet tellement chaque phrase me révèle quelque chose sur moi-même, mes expériences, la vie, l'amour, la sexualité...  L'auteur y explore plusieurs thèmes et idées ainsi que certains contrastes dans les dichotomies tels que la légèreté et la pesanteur, le négatif et le positif...

Un jeune Milan Kundera.
(Photo de la Czech Cojeco encyclopedia)









dimanche 11 octobre 2015





Hier, ma grand-mère aurait eu 93 ans.  Ça me fait penser que l'année dernière, je n'avais pas assisté à son souper d'anniversaire.  J'ignore où j'étais à pareille date.  J'avais peut-être une autre activité?  Étais-je restée chez moi?  Je n'étais pas tout à fait guérie, je ne sortais pas encore beaucoup.  Peu importe, j'ai manqué cette soirée.  Je me souviens l'avoir appelée pour lui souhaiter bonne fête.  Je me souviens qu'elle m'avait entre autres demandé de combien de chats je m'occupais dans le moment au refuge.  Elle était très forte en actualité familiale, elle n'oubliait rien du quotidien de chacun.  J'avoue avoir pensé, le 10 octobre des dernières années, que c'était peut-être le dernier.  

Hier soir, une partie de la famille s'est tout de même réunie chez ma tante, comme nous en avions l'habitude durant la fin de semaine de l'Action de Grâce pour souligner sa journée à elle.  Mon père a porté un toast en son honneur.  Nous avons eu une pensée pour elle.  Je crois que chacun d'entre nous a plusieurs pensées pour elle à tous les jours.  

Bonne fête, Granny.







samedi 10 octobre 2015



Palmarès 38


Le meilleur : Avoir pu me rendre à Tracadie-Sheila pour assister au mariage de ma bonne amie Gabrielle et de son désormais mari Luc.  Ça n'a pas été facile, mais je n'aurais pas manqué ça pour rien au monde, comme on dit.  Une chance que j'ai des parents qui aiment faire du camping, que ce soit sur une piste cyclable ou dans le stationnement d'une marina.  J'étais si contente d'être là, j'en ai eu les larmes aux  yeux et la gorge serrée à quelques reprises durant la cérémonie, moi qui ne suis pourtant pas friande des mariages (mais j'adore les partys qui viennent après).  Je suis vraiment heureuse pour elle, pour eux.  Ça fait tout de même drôle de voir une vieille chume rendue là, à 30 ans, mariée et avec un p'tit bonhomme.  On n'y pense pas, à tout ça, quand on est assis à une table dans la cafétéria de la polyvalente...  On s'imagine bien devenir adulte et vivre ces étapes-là, mais ce n'est jamais très concret quand on ne sait pas avec qui, où, combien, comment...


Le constat : Je ne peux pas être plus transparente que je le suis pour le beau jeune homme qui prend le même autobus que moi le soir en rentrant du travail.  Je crois qu'il ne m'a même jamais regardée.  Oh well...


Le pire : M'empêcher de me lever parce que ma petite sauvageonne de Souris-Mini est venue se coucher tout près de moi sur le divan.  Ça n'arrive tellement pas souvent, je veux en profiter...  C'est quand même un peu con comme raison, je le sais.


La chanson : Celle que j'aurais voulu entendre lors de la soirée qui a suivi le mariage de mes amis : Jump Around de House of Pain.




La vidéo : Jean Leloup propose une chorégraphie pour sa chanson À Paradis City.  Ma foi, il maîtrise parfaitement les mouvements...




La citation :

«En me réveillant, je laissais ma conscience réintégrer mon corps.  Il y avait toujours les coups de sabre du chagrin, qui me clouaient au matelas, puis, tandis que ma lucidité s'affûtait, que je percevais la ligne de démarcation entre ma chair et la douceur des draps et des coussins, un frisson d'extase me parcourait, s'intensifiait et faiblissait à chaque respiration, jusqu'à ce que j'ouvre enfin les yeux.» 
- Louise Erdrich, «Un domaine» dans Feuilleton numéro 14, Éditions du sous-sol, p. 140


La photographe : Mary Ellen Mark, décédée en mai dernier.  On lui a décerné plusieurs prix, dont les très prestigieux World Press en 1987 et Lifetime Achievement in Photography en 2014.  Elle a publié de nombreux livres également.  Elle a mis de l'avant les humains, tous les humains, sans discrimination.

Robert Downey, Jr on the set of Fur,
Steiner Studios, Brooklyn, New York, 2005, © Mary Ellen Mark
La photographe a aussi travaillé sur plusieurs plateaux de tournage et fait des portraits de nombreuses célébrités.

Thom and Mom at home, New Orleans, Louisiana, 2015, © Mary Ellen Mark
La photographe s'est rendue à la Nouvelle Orléans dix ans après les ravages causés par l'ouragan Katrina et a partagé ce qu'elle y a vu.





mercredi 7 octobre 2015







I'm a perfect crane
He taught me everything he knew
Then sold my organs for cash










mardi 6 octobre 2015



Palmarès 37


Le meilleur : Cueillir des pommes.


Le pire : Les mouches à fruits.  Laissez mes bananes tranquille!


L'artiste : Derrière Icinori, il y a Mayumi Otero et Raphael Urwiller.  J'aime leur travail respectif, mais leur association créative est très intéressante aussi.  Les illustrations de ce duo ont été utilisées, entre autres, par Forbes, le New York Times, les éditions Actes Sud et ont été exposées dans différentes galeries.

© Icinori


Couverture pour le magazine Trois Couleurs n°118 (février 2014), © Icinori


La vidéo : Agrémentées d'un poème de Max Stossel, ces trois minutes d'images urbaines sont de toute beauté.  J'avoue que je regarde beaucoup les gens, que ce soit en attendant l'autobus ou en marchant.  J'observe tout le temps.  Mais je n'ai pas le guts, ou des fois même simplement l'envie, de leur adresser la parole.  Des fois juste un regard ou un sourire peuvent faire ma journée.



La citation :

«Le mot couple me fait irrésistiblement penser à deux canaris enfermés à vie dans une cage pendue dans un placard à balais.» 
- Régis Jauffret


La chanson : Partons vite, du défunt groupe français Kaolin.  Je viens de la réentendre et je me suis souvenu qu'elle m'avait beaucoup plu à sa sortie.




La lecture : Le Grand Cahier d'Agota Kristof.  C'est fort.  C'est très dur.  Pas mal comme on me l'avait décrit.  Les personnages principaux, des jumeaux, sont d'effroyables enfants.  Ils ne font qu'un dans la narration et pourtant, on ne peux pas oublier qu'ils sont deux.  J'ai beaucoup aimé le fait que l'auteure ne précise jamais de façon explicite le pays où se déroule l'action et ne nomme aucune nationalité (même s'il est facile de deviner où on est et de qui il s'agit).