lundi 12 décembre 2016





Mes jours sont d'une platitude sans nom.  Ils sont longs, ils sont froids, ils sont mornes, ils sont vides.  «Mais force-toi un peu, me direz-vous, lève-toi, bouge-toi le cul, essaie, trouve-toi pas d'excuses, va travailler - SURTOUT va travailler, bordel!».  Eh bien je ne peux pas.

Mes jours sont répétitifs.  L'absence d'activités, d'action, de vie est répétitive.  Parce que ce n'est pas la première fois que ça m'arrive.  Je me plains de ne rien faire parce que je VEUX rien faire.  Vouloir rien faire, puis vouloir se scier en huit.  Se scier parce que la honte, se scier parce que la culpabilité, se scier parce que mon pas-d'allure.

Mes jours sont solitaires.  Le nombre de personnes avec lesquelles j'aime(rais) passer du temps est assez minus.  Puis les occasions et les lieux où il y a trop de gens, trop de bruit, m'étourdissent un peu.  Me déplacer est un calvaire.  Je le fais le moins souvent possible, et quand et si c'est nécessaire.  Parce que ça ne me tente pas de marcher.  Ça ne me dit rien de prendre l'air.

Mes jours sont partagés avec mes trois chats.  Même les divertir eux, je trouve ça lourd.  Ils doivent me trouver dull à mort, surtout Ignacio, qui lui s'éclate et court partout depuis que la neige tombe.  J'emprunte les chiens d'amis quand je les vois pour leur soutirer un peu de chaleur et de caresses.  Ça fonctionne.

Mes jours sont de la marde.  Ce n'est pas qu'on me laisse seule ou qu'on ne m'offre pas de support ou qu'on ne me propose pas de sortir.  Je suis juste comme une fracturée clouée à son lit d'hôpital.  Sauf que moi je sais pas trop où elle est située, la cassure.  Mais bon, il y a des heures qui sont agrémentées de sourires.  De rires aussi.  Il y a des patients de divers degrés.  Parfois il me prend l'envie de faire quelque chose, puis le moment venu, je panique.  Certaines choses me font angoisser.  Le travail.  C'est trop compliqué, c'est trop difficile, je ne suis pas capable, je pense trop, il va arriver ça, il va arriver ci...  Alors je préfère rester en dedans.  C'est plus simple.  Moins demandant.  Et c'est là que je me dis que je suis vraiment nulle.










vendredi 2 décembre 2016






Dans ma tête, je bouge au ralenti.  Je marche sur un trottoir, dans la ville.  En noir et blanc.  Je lève la tête à l'occasion pour regarder le ciel et les toits des maisons.  Dans ma tête, je vois mes bras s'élever dans les airs puis doucement redescendre et frôler mes flancs.  Je vois mes paupières s'ouvrir et se refermer lentement et mes jambes, comme très lourdes, avancer.  Je tourne la tête pour voir derrière moi puis je la redresse vers l'avant, me pince les lèvres et marche.

Dans ma tête, je vois souvent les choses en noir et blanc.  J'adore les vidéos tournées au ralenti.  Les images qui prennent leur temps, qui rendent pleins de détails et révèlent étape par étape une simple esquisse de sourire.  Une tape sur une cuisse.  Un rire à gorge déployée.  Sans son.  Sans son qui correspond aux gestes.  Peut-être une musique comme trame, mais aucune chanson qui se synchronise aux mouvements.  Le ralenti, sans trame parfois.

Des fois je pense aussi au ralenti.  Je me parle.  Je parle à d'autres, ou à un seul autre.  J'ignore à qui.  Je monologue, je dialogue, je discute.  Je vois des phrases revenir à l'infini dans mon esprit.  Je ne parle pas bien, dans ma tête au ralenti.  J'entends un peu ma voix et les autres, ou bien je m'imagine nos tonalités.  Je m'entends hurler.  Après qui, je ne sais pas.  Ces jours-ci, je questionne le sens.  L'utilité.  Je prends mon temps.  Le temps me fait prendre mon temps.  Le temps me fait détester le temps.



Pourquoi tu nous l'as pas dit qu'on valait rien?

                Pourquoi tu nous l'as pas dit qu'on valait rien?

                                    Pourquoi tu nous l'as pas dit qu'on valait rien?









jeudi 1 décembre 2016






Samedi dernier, je suis allée chez Vaugeois, ma librairie préférée (!), et j'ai acheté une petite pile de livres pour essayer de réparer la panne littéraire dont je souffre depuis un mois ou deux.  Je me suis donc procuré, entre autres, le dernier de Sophie Bienvenu, Autour d'elle (Le Cheval d'août éditeur), et Déterrer les os de Fanie Demeule (Hamac), roman aussi dirigé par mon propre directeur littéraire, M. Éric Simard.  J'ai placé ma récolte dans mon sac de toile et suis repartie vers chez moi.  En rentrant, j'ai déposé ledit sac par terre contre une des pattes de ma table de cuisine.  J'en ai extirpé Déterrer les os en laissant le sac là et j'ai lu le livre au complet la journée même, en deux shots.  Les jours suivants, j'ai vaqué à mes (non) occupations, le sac au sol, encore rempli de livres.  Mardi soir, j'ai fouillé dedans pour prendre Autour d'elle et en débuter la lecture, sans déplacer le sac.  Aujourd'hui, c'est jeudi et je ne l'ai pas ramassé encore.  Il gît à moitié plein sur mon plancher.  Des fois, un de mes chats le réchauffe en se roulant en boule dessus, mais je ne pense pas que ça justifie que je le laisse là.

Ça me prendrait deux secondes le ramasser.  Peut-être cinq pour le vider.  Une dizaine pour le replier et le ranger.  Je suis passée devant et à côté un nombre incalculable de fois depuis que je l'ai laissé choir là.  Je l'ai contourné, je l'ai évité, j'ai fait de grands pas pour ne pas le bousculer.  À la limite, il peut être potentiellement dangereux puisqu'il est à moitié dans le chemin.  Je pourrais m'enfarger dedans.  Un mauvais calcul, une mauvaise coordination dans les mouvements et paf, à terre.  Je sacrerais peut-être, me fouterais de ma gueule, ou un peu des deux.  Je me relèverais et même là, je ne suis pas certaine que je prendrais le fucking sac pour au moins le déposer sur la table.  

C'est à ce point que je me crisse de tout, ces temps-ci.

En même temps, je dis que je m'en crisse, mais dans le fond, je suis obnubilée par ce sac.  Il faudrait que je revienne aux vraies affaires, hen?










mercredi 30 novembre 2016





J'aime...
  • la chanson Ain't No Sunshine de Bill Withers.  J'apprécie aussi plusieurs covers qu'ont fait d'autres artistes.  En fait, la première fois que j'ai entendu cette pièce, c'est lorsqu'elle est jouée dans la dernière scène d'un épisode de la série Fortier;
  • District 31, la nouvelle série quotidienne de Radio-Canada écrite par Luc Dionne (on lui doit la série Omertà) et mettant en vedette Magalie Lépine-Blondeau (qui est trop talentueuse pour que je la déteste même si Louis-José Houde en est amoureux) et Vincent-Guillaume Otis (que franchement j'aime bien, surtout depuis Série Noire).  Je crie un peu après mon ordi à chaque soir à la fin de l'épisode parce que j'en reviens jamais que la demi-heure soit déjà passée et que j'en aurais voulu plus;
  • le Café Félin Ma Langue Aux Chats, sur la rue St-Paul à Québec.  La bouffe est bonne, c'est tout calme et douillet, rempli de coussins, de poutres et de petits lits perchés sur les murs pour les 7 chats résidents (je n'en ai vu que 6 lors de ma première visite...  Nala ne s'est pas montrée).  Mon amie Danielle et moi avons eu la chance de s'asseoir sur les fauteuils devant une des vitrines, en plein où Pantoufle et Mitaine, les 2 Exotic Short Hair (une race que j'adore), faisaient leur somme.  Malgré que je n'apprécie pas particulièrement le look des Rex et le fait qu'il se soit très peu montré, j'ai eu un petit faible pour RedmixX.  Il avait de la jasette.  J'ai flatté Fiby, sa compatriote Cornish, et c'est très doux, ce petit duvet-là!  Regardez donc leurs belles faces!




Je n'aime pas...
  • les (relativement) nouveaux décors des McDonald's.  Je sais que ça fait déjà quelques années qu'ils ont modernisé leur look, mais pour moi, un McDo, ça devrait demeurer un resto avec des banquettes dures et blanches un peu huileuses à cause des enfants qui s'y glissent avec leurs mains sales et des coussins rouges qui n'ont jamais été confortables de toute leur vie, un éclairage un peu exagéré et plus de jaune que de bleu et de gris.  Ça devrait plus sentir leur ketchup ultra vinaigré.  Je m'ennuie de Grosse Douceur.  Juste dire son nom, c'est douillet;
  • les raisins secs.  Ceux vraiment secs là, comme ceux dans les petites boîtes Sun-Maid Raisins, que certaines personnes jugeaient appropriés à donner à l'Halloween.  Est-ce qu'il y en a qui offrent encore ça aux enfants?
  • la nouvelle série d'annonces publicitaires de VIA Rail, celle qui propose aux gens de changer leurs habitudes.  C'est pas que je ne comprends pas, c'est qu'elles sont nulles, selon moi;
  • mes mains qui se sont remises à trembler.

Grosse Douceur Forever








mercredi 23 novembre 2016





Des baleines frétillent, rencontrent le vertige.
L'intérieur des agrumes, leurs quartiers parfaits, m'impressionnent.
Les baleines frétillent et prennent le vertige puis se rencontrent.

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Les filles tranquilles ne sortent pas mais hurlent très fort lorsqu'elles jouissent.
Les chairs concernées attendent, respirent.
Embrasse-moi, t'en as envie.

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Ma silhouette, je la trouve trompeuse.
Il y a des choses que je n'ai jamais redites.
Mon corps lentement se mousse et puis déborde.

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Ne se brisent qu'avec respect les choses longtemps voulues.
Ne se brisent qu'avec respect les liens volontaires.
Ne se brisent qu'avec fracas les passions craintes.

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mardi 15 novembre 2016



«Je me suis pratiquée à faire un panda», a-t-elle dit avec un petit sourire gêné, comme pour s'excuser, en me tendant le chocolat chaud.

Chère inconnue, merci de m'avoir fait sourire aujourd'hui.



Création d'une barista de Ma Station Café.






lundi 7 novembre 2016



Je ne suis plus très puissante.
Je ne suis plus tout.
Ce n'est pas une autre époque encore.
Plutôt un duplicata de mes faiblesses.


L'automne n'est plus de mon bord.
L'aversion des gens pour la suite, toutes leurs lamentations ont eu raison de moi.
Je vous blâme tous, haineux de l'hiver.
Je vous blâme aussi, compagnies et magasins qui débordent de Noël trop tôt.