vendredi 10 juillet 2026

 


La beauté est d'une hypocrisie sans nom.  Elle satisfait tout le monde et personne à la fois.  Elle suit des normes que la société invente, ou en fait fi parfois.  Elle change souvent d'idée.  Ce qui est considéré beau aujourd'hui ne le sera peut-être plus demain ou dans 2 ans.  La beauté est méchante, sans pitié, cruelle.  Elle n'invente pas grand-chose.  Elle suit, dicte, célèbre, paie, rejette, et recommence.  Ses amis la mode, la cosmétique, le maquillage, suivent à peu près le même pattern.  Mais c'est la beauté qui décide de tout.  Qui est l'instigateur du beau?  Le premier Sapiens à avoir «trouvé ça beau»?  Je ne vous ferai pas un cours sur l'esthétisme ou sur la mode, quoique ça peut être bien intéressant, tout ça.

C'est hypocrite, la beauté, disais-je donc.  Des multitudes de couches qu'on enlève, de couches qu'on ajoute.  On la préfère souvent fabriquée et non brute.  Ou brute un temps, puis on la poursuit à coups de maquillages extravagants et de chirurgies creepy.  En fait, l'hypocrisie vient de ceux qui manipulent la beauté et véhiculent ses standards.  La beauté est-elle toujours superficielle?  N'y a-t-il que du mauvais, du faux, en elle?

Et puis on dit que la beauté est subjective, relative.  Comment s'entend-on pour décréter que quelqu'un ou quelque chose est laid?  Ou beau?  Pourquoi, d'où proviennent ces consensus qui semblent pourtant arbitraires?  Pourquoi certaines personnes sont toujours disqualifiées, et d'autres toujours au sommet?


Je crois l'avoir déjà écrit : j'avais 18 ans quand je me suis trouvée belle pour la première fois.  Genre vraiment belle, plus que 5 minutes.  Par contre, j'ai appris que ce nouvel amour de mes traits ne durerait pas.  Se trouver belle n'est pas acquis.  On peut travailler là-dessus chaque jour, même si l'année d'avant tout allait (ou semblait aller).  Quelques années plus tard, je suis retombée dans la haine de mon visage, de mon corps.  Je me considère chanceuse d'avoir expérimenté la joie et la fierté de me trimballer dans mon enveloppe pendant tout ce temps, certains.es ne connaissent jamais ça.  Il faut dire aussi que ce n'est pas parce que je me trouvais belle que je n'ai pas développé de comportements autodestructeurs.  C'est à cette époque que j'ai commencé à m'arracher la peau et les poils.  À me trouver ok, présentable, jolie, je voulais être PARFAITE.  Pas un poil, pas un bourrelet, pas un cheveu de travers.

Je me suis toujours dit que je n'étais pas une belle enfant.  Je le pensais à l'époque et l'ai cru longtemps.  Aujourd'hui, je suis plus clémente envers la petite fille que j'étais et j'arrive à me trouver jolie sur certaines photos.  Quand je posais à côté de mes amies ou de mes cousines, je trouvais toujours que j'étais la plus laide.

J'aurais tellement voulu avoir les cheveux lisses et raides.  D'abord, j'avais l'impression que les noeuds pognaient beaucoup moins que dans ma chevelure.  Mes frisous ne correspondaient jamais à ce que je voyais en images, à la télé ou au cinéma ni à ce que j'aimais des boucles.  Fanny Lauzier, elle elle avait des beaux longs cheveux frisés.  Mon volume n'était jamais correct.  J'étais couettée.  Je trippais pas.

Dès la deuxième année, j'ai dû porter des lunettes pour la myopie.  Et c'était des grosses lunettes (ce n'était pas à la mode dans le temps et elles étaient sans doute trop grandes pour mon petit visage).  Impossible de ne pas les voir, même en ayant une mauvaise vision.

J'avais les oreilles décollées.  À dix ans, j'ai subi une otoplastie.  Il paraît que c'est moi qui l'ai demandé à ma mère.  À l'école, on riait de moi, on me traitait de singe.  Je ne lui en avais pas tant parlé à l'époque, mais elle avait accepté.  On a fait faire ça durant l'été.  Quand on a enlevé mes bandages et que j'ai vu le résultat, j'étais tellement contente.  Tout ce que je vois sur ma photo d'école de 5e année, c'est que j'ai les oreilles collées pour la première fois.  Sur les autres des années avant elles étaient super apparentes.  Aujourd'hui, je suis très mitigée vis-à-vis les chirurgies plastiques.  Je me pose beaucoup de questions à savoir comment aurait été le reste de ma scolarité, de ma vie, si je ne m'étais pas fait opérer.  Étais-je trop jeune?  En tout cas, j'essaie de ne pas juger celles et ceux qui ont recours à la médecine pour corriger des «défauts» ou autres.  Et pour ce qui est de l'exagération dans le nombre de procédures, ce n'est pas à moi de critiquer ça non plus (mais je le fais parfois dans le privé, je ne suis pas parfaite non plus!).

Ma face.  Ça m'a pris du temps à l'accepter.  À ne pas l'hair.  À l'endurer, à la laisser être.  À l'aimer.  On m'a souvent dit que j'étais laide.  Dans des contextes scolaires, des garçons surtout.  Tout le monde voyait mes taches de rousseur.  Certaines filles me renotaient mes boutons.  Dans mes amies proches, j'étais celle qui en avait le plus, ou celle pour qui c'était le plus apparent.  Je détestais ça.  J'ai esssayé 1000 produits.  Demandé des conseils aux pharmaciennes (qui trouvaient toujours que c'était vraiment pas si pire que ça!).  Suivi ceux de ma soeur.  Ça a juste passé à un moment donné.  L'attente a été longue, frustrante et pénible.

À la polyvalente, quand j'allais aux toilettes et que je me lavais les mains, j'avais peur de me regarder dans le miroir.  Mais vraiment peur.  Peur de voir ma peau luisante, mes boutons, mes cheveux pas à mon goût.  Je fixais mes mains, ou je me permettais un coup d'oeil rapide - deux secondes - juste pour m'assurer que je n'avais rien de vraiment tout croche ou déplacé.  J'osais plus s'il n'y avait personne d'autre.  Quand il y avait mes amies ou d'autres filles, c'est comme si je me disais que je n'avais pas le droit de regarder mais qu'elles oui, parce qu'elles étaient belles.  Je me disais qu'elles devaient se dire que ça ne valait même pas la peine que je me checke, c'était évident que je n'avais pas d'allure de toute façon.  J'étais une cause perdue.  Je ne méritais pas ce miroir, je prenais la place des autres, tasse-toi maudite laideronne!

Il m'est arrivé d'avoir des crises de larmes juste parce que je me trouvais fucking laide.  Dans une salle d'essayage au magasin.  Chez moi dans la salle de bain, avec mes parents déboussolés impuissants de l'autre côté de la porte.

Je ne m'aimais pas.  Je croyais que ce serait plus facile si on me trouvait belle, que le reste irait de soi.  Si on m'aimait, m'appréciait, j'aurais tendance à moi aussi m'aimer.  Je n'aimais pas la maxime «Aimes-toi toi-même!» et tous ses dérivés (je ne les aime toujours pas).  Je me comparais sans cesse.  Le fais encore.  Il y a plein de trucs que j'aurais voulu avoir ou dont j'aurais voulu me débarrasser.  Des dents plus blanches (encore), être plus mince (encore...  sauf qu'à l'époque j'avais rien à demander, là oui!), une belle peau, pas de poils, mes cheveux autrement (même si rendue adolescente j'acceptais mon frisé)...

Ces temps-ci, je me trouve pas pire.  Des jours mieux que d'autres.  Je me trouve grosse, gracieuseté médicaments.  Depuis des années, je garde mes poils.  Je ne trouve pas ça particulièrement beau, ni affreux non plus.  Ça me permet de ne pas gaspiller du temps comme avant à m'épiler et me massacrer l'épiderme.  Aucun jugement pour les imberbes, peu importe vos moyens.

Je ne sais trop où je m'en vais avec tout ça.  J'imagine que ce que je veux dire c'est que j'aimerais mieux que tout ce culte de la beauté ne soit pas aussi toxique.  Qu'on se lâche le pompon avec la beauté de l'un.e et la beauté de l'autre.  J'aimerais que la beauté soit saine, inclusive et communicative.





dimanche 28 juin 2026

 




Dans deux jours ce sera ton anniversaire, Ignacio.  Ta mort m'arrache tout, même après un an presque et demi.  Je te voudrais encore à mes trousses mais le fait est que tu n'étais plus toi-même dans les derniers mois et que ça aurait étiré la chose.  Tu fais bien de te reposer maintenant.  Tu sais que je n'ai pas rouvert l'armoire à minouches depuis?  Il y  a des choses sacrées comme ça qui ne se font pas sans toi.  

Je pense à toi, Gros-Plein-de-Poils.

Ta maîtresse.









vendredi 29 mai 2026

 


Parlons des miroirs.  Ne serait-ce possible de les avoir tous uniformes?  Des miroirs qui renverraient tous la même image?  Et non pas de multiples versions de ce que nous renvoie la réalité?  De l'un à l'autre, la réflexion modifie des détails.  De l'un à l'autre, ça jure.  Ça ne correspond pas.  C'est la lumière, les angles?  Et on ne sait même pas s'il y en a au moins un qui dit la vérité.  Parce qu'il y a aussi les interprétations.  On ne se voit pas comme les autres nous voient.  En vrai comme dans la glace.  

Les pires sont ceux des cabines d'essayage, c'est bien connu.  Selon moi, les magasins auraient avantage à régler cette insulte, les client.e.s achèteraient sûrement plus.  Je dis ça pour l'économie, pas nécessairement pour encourager le consumérisme.

Misère.

Distorsions, mensonges, manipulation, moqueries... les miroirs sont de vilaines créatures. 


Et par rapport aux tailles des vêtements.  Chaque compagnie ou presque a sa propre charte des grandeurs.  Il doit bien en exister 8 millions.  C'est un foutoir total.  On ne s'y retrouve plus, et on perd du temps à chaque séance de magasinage à consulter ladite charte en ligne ou à essayer plusieurs tailles sur place.  J'exige un consensus.  

Et je suggère fortement que tout le monde offre TOUTES les tailles.  XXS à 6XL.  Ou du sur mesure, comme Coeur de Loup.  Il doit y avoir des raisons ou des obstacles à tout ça; je ne veux rien entendre.  Trouvez une solution.  

Non mais.





mardi 19 mai 2026

 


Je n'aime pas ce qu'il y a devant moi.

La suite.  Le futur.

Et c'est là que quelqu'un dans la salle se lèvera et m'adressera un : «Oui mais ton avenir, c'est ce que TU en fais!»

Un autre suivra : «Ouais, regarde autre chose!»

À coup sûr, je me mettrai à pleurer.  Je n'ai plus d'énergie.

Je n'en ai jamais.  Rarement.

Et je me désespère.


Les personnes autour de moi avancent, ont des projets, franchissent des étapes.

Moi je fais du surplace.

Je ne crois pas atteindre grand-chose de plus, à mon âge, dans ma situation.  

C'est dull un brin.  

Parce que je n'ai pas d'argent, pas de but, pas de discipline pour écrire assez.

Alors je me plains, je m'apitoie sur mon sort.

Je vais me pratiquer à me faire des accroires.




lundi 27 avril 2026

 


j'aime

  • la limonade à la framboise/fraise, surtout la Simply;
  • les Squishmallows;
  • quand les autres font de l'art avec des jouets d'enfance, et/ou du miniature;
  • l'aquaforme;
  • les mochis, menoum menoum;
  • les sushis, mais je suis sélective;
  • MON NOUVEAU LAVE-VAISSELLE, don d'un ami de ma soeur.  Ne plus avoir à laver de la vaisselle crottée, c'est la vie!

je n'aime pas
  • the state of things dans le monde, on va dire ça comme ça;
  • le marchage sur les talons, surtout quand c'est le voisin d'en haut qui le fait;
  • les sauces piquantes;
  • certaines de mes odeurs corporelles occasionnelles, surtout durant les règles : IYKYK.  C'est pire en vieillissant, je trouve;
  • mon nez bouché tout le temps.  On dirait que je respire dans des pailles;
  • les dégâts d'eau.





lundi 13 avril 2026

 


Boire avec des amis toute la soirée pour finir la nuit toute seule et me retrouver encore seule le lendemain me rend triste.  L'alcool peut rendre triste, je sais.

J'en bois de moins en moins.  Et de moins en moins souvent.  Avec l'âge et mes meds, c'est pas top.  Alors je ne le fais que lors d'occasions spéciales, réelles ou nommées ainsi pour quelle que soit la raison.  Mais ce n'est vraiment plus fréquent.

Je ne prends pas de drogue, outre mes médicaments.  Mon psychiatre est content de ça.

J'ai l'impression d'avoir beaucoup chialé durant la soirée.  Juste pour dire quelque chose.  J'aurais pu me la fermer.

Mais bon, un jour plus tard, tout va bien.  Ça passe.





mercredi 18 mars 2026

 


Il semblerait qu'il n'existe pas de top 2024, que je n'en aie pas fait.  Pas vraiment étonnant, je suis peu inspirée, peu motivée et peu ouverte depuis fin 2022.  J'ose par contre dire que ça s'améliore : la preuve, j'ai un top 2025.  L'énergie revient peu à peu.  Je fais des activités.  J'essaie des choses.  Je dois continuer sur cette lancée, maintenant.

Les coups de coeur se manifestent enfin.  Tout n'est plus sur la même marche, il y a du plus beau qui m'élève un peu, et aussi du moins bon qui m'horripile mais ce n'est pas au sujet du jour.  Je ne suis plus aussi indifférente, j'ai des variantes.  D'humeurs, de goûts, de pensées, de fatigues, d'énergies...  Ça fait du bien de ne pas être juste coincée dans le néant.  Il n'est jamais loin, par contre, l'enfoiré.

Je partage avec vous mes prefs de l'année dernière (oui, en mars).


Mon top 2025 de tout et de n'importe quoi :


  • aller mieux
  • la série britannique Sex Education
  • la série britannique Adolescence
  • le balado History of the 90's
  • la série britannique (décidément!) The Crown
  • la série québécoise Inspirez expirez
  • le film polonais-états-unien A Real Pain 
  • la série états-unienne Euphoria
  • le livre Y avait-il des limites si oui je les ai franchies mais c'était par amour ok, de Michelle Lapierre-Dallaire
  • Bijou de Banlieue, un livre-collage par Bijou de Banlieue
  • la chanson Last Forever de Bob Moses
  • Ce qu'on devient, chanson que j'affectionne particulièrement sur le dernier album de Feu! Chatterton, Labyrinthe
  • les repas cuisinés en collaboration avec mes parents
  • la fin de semaine annuelle au chalet de l'ami Pascal.  Que c'est plaisant et relaxant
  • l'aquaforme
  • mon lave-vaisselle mobile, don d'un ami de ma soeur.  Ma vie a changé depuis




mercredi 21 janvier 2026



Hier soir, tandis que je n'arrivais pas à dormir, je me suis mise à concocter une liste de noms de villes, de municipalités et d'îles québécoises qui font de bons (ou moins bons) jeux de mots relatifs au crime, à la mort, aux gangs, aux armes et autres objets ou concepts connexes.  Ça m'a amusée, même si c'est probablement de mauvais goût.  Reste à voir si vous aimez aussi.  Si vous pouvez en composer d'autres, j'aimerais les connaître!


Québec Bandit

  • Terregun
  • Rouyn-Mandat
  • Grand-Meurtre
  • Rimouskill
  • Shawinigang
  • Baie-Saint-Pow
  • La Malboom
  • Rawdone
  • Asbestos (des fois le nom n'a pas besoin de jeu de mots pour évoquer la mort...  Et oui je sais que ça s'appelle Val-des-Sources maintenant)
  • Kinnear's Killers
  • Victimeville
  • Trois-Repères
  • Montlégal
  • Quéprisedebec
  • Saint-Jean-Portdarmes-Joli
  • Percé (ici également pas de jeu de mots)
  • Saint-Louis-du-Aïe!-Aïe!
  • Grangster
  • Saint-Délit-de-Caxton
  • Cap-Chot
  • Île Mésaventure
  • Hitman
  • Arvidé(e)
  • Brossabre
  • Saint-Félinicide
  • Kamouraskatastrophe
  • Cacounapalm
  • Charlevoixdefait


mardi 16 décembre 2025

 

J'écoute des chansons qui parlent de gens qui partagent d'intenses connexions, de deux personnes qui comprennent tout l'une de l'autre et du monde qui les entoure et je pense à toi et moi.  Je me dis que c'est nous deux, qu'on est comme ça.  Que ça nous correspond.  Du moins je l'ai déjà pensé.  J'y ai déjà cru.

Puis le pathétisme m'a frappée.

Est-ce que c'est vrai si une seule des deux personnes le voit comme ça?  S'il y en a juste une qui ressent ça à ce point?  Est-ce que le lien est là?

Nous avons peut-être déjà été quelque chose.  Nous ne sommes plus rien maintenant.








lundi 24 novembre 2025

 

Bien que je n'aie jamais vraiment eu de parcours prédéfini, l'invalidité ne m'était jamais apparue comme un passage possible.  Vient avec ça un remaniement d'horaire.  Il faut remplir les heures.  Le problème est que je remets en question tous mes goûts, toutes mes passions, tous mes loisirs passés.  Je ne sais plus m'occuper.  Il existe des tas d'options, et je le sais.  Mais rien ne me titille.  Je ne suis attirée par à peu près rien.  Je néglige même ce que je pourrais faire : ménage, vaisselle, quelques heures à la librairie...  Ça c'est plus du côté obligations, parce que du côté passe-temps, il y a : lecture, écriture, le DIY...  Mais est-ce que j'aime encore ça tant que ça, lire?  Et écrire, est-ce que ça me fait vivre autant de choses et de vies différentes comme j'appréciais avant?  Le DIY, est-ce que c'était juste un trip de pandémie?  Qu'est-ce que je fais pour m'amuser?  Je scrolle bien trop sur mon téléphone, moi aussi.

Et puis je me sens terriblement seule.  Que ce soit vrai ou non importe peu, le feeling est là et me gruge à chaque jour.  Pour rendre les choses plus lourdes, il y a des périodes durant lesquelles je ne veux voir personne et je m'isole dans mon espace.  Mon moral descend alors au 8e sous-sol.  Je m'ennuie de mes chats morts.  Et j'ai l'impression de ne pas accorder assez d'attention à celle qui est encore là.

Quelles sont les solutions?  Est-ce que je prends bien soin de moi?  Comment on fait ça?

Qu'est-ce que je me sens seule.





mercredi 22 octobre 2025

 


Je n'ai plus de visage.  Je suis rendue avec une grosse face.  Gonflée.  Bouffie.  Je suis flanquée d'un deuxième menton depuis un certain temps déjà.  Je le dé.tes.te.  Qui a voulu d'autant de peau qui fait juste glisser, tomber?  Pas moi certain.  Et mon cou est énorme.  Il a gagné en diamètre.  Pour balancer tout le reste, je suppose.

Je me trouve dégoûtante.  Je ne suis que des contours flous.  Où  sont mes lignes, mes os?  On ne peut pas me dessiner, je n'ai plus de point de repère.  Pas de point, pas de trait.  Pas de trait, pas de visage.

Je me déteste.




jeudi 18 septembre 2025

 


Je suis invalide.  Mon psychiatre l'a déclaré officiellement dans un formulaire en janvier 2024.  Après, j'ai dû courir après les papiers et informations nécessaires pour prouver mon état à l'assistance sociale et au Régime des rentes du Québec, question de recevoir l'argent auquel j'ai droit pour survivre.  C'est complété maintenant.  Mais je devrai toujours démontrer que je ne reçois pas trop de cash d'ailleurs (j'ai le droit de travailler un certain nombre d'heures), sinon mes prestations vont baisser.  Je ne me considère pas chanceuse, mais je dois admettre que je le suis, de vivre dans un pays qui accorde des montants à des gens comme moi, qui ne peuvent pas travailler.  J'ai utilisé le terme «j'ai droit» plus haut et j'en suis consciente.  Est-ce qu'une personne qui n'a rien à fournir à la société en termes de travail et d'économie devrait en recevoir du gouvernement?  C'est débattable.  Quant à savoir qui peut et qui ne peut pas travailler, il y a des médecins dans toutes les instances par lesquelles je suis passée et ils ont tous approuvé les conclusions de mon psychiatre, que je consulte depuis 2008.

Il me connaît bien.  Il sait qu'un poids s'est enlevé de mes épaules lorsqu'il a rempli les documents stipulant mon invalidité.  Il trouve que je souris et ris davantage durant nos rendez-vous.  Il ne me voit pas au quotidien, il n'est donc pas témoin de toutes les shits que je passe au travers.  Mais globalement, depuis le début de l'été je dirais, je vais un peu mieux.  C'est un jour à la fois, comme aime le répéter ma mère.  Des fois c'est à la semaine, une semaine de marde au complet!  Ça arrive à tout le monde, ça c'est sûr.  Disons que moi mes réactions sont disproportionnées.  

Drama Queen?  Oui, on pourrait dire ça.  Malade?  Sans aucun doute.  J'ai toute ma vie à travailler avec ça.






samedi 6 septembre 2025

 



Je t'oublie-tu?




"But I'm in so deep
You know I'm such a fool for you
You got me wrapped around your finger
Do you have to let it linger?
Do you have to, do you have to, do you have to let it linger?"

- Linger, The Cranberries, Everybody Is Doing It, So Why Can't We?, 1993.







vendredi 4 juillet 2025

 

JE NE COMPRENDS PAS que les gens au gouvernement disent travailler pour le peuple, et même s'en soucier.
 
Ils augmentent le coût de nos loyers.

Ils coupent dans notre éducation. 

Ils maltraitent notre santé.

En fait, je comprends, mais je suis outrée.  Que ces gens se sacrent à ce point de la population, ça me renverse.  Mais après tout, ce qu'ils voulaient, ils l'ont obtenu : le pouvoir.

Fuck the people, as long as there are people to screw over.





mardi 17 juin 2025

 



                        Les beaux jours 

je ne m'endure pas.





mardi 8 avril 2025

Juan Ignacio Gris,
30-06-2007 ~ 28-03-2025 


Ignacio, mon Ignacio, mon Chachou, mon Gros-Plein-de-Poils, mon bébé, on t'a laissé partir il y a deux semaines. Il était temps pour toi de te reposer de toutes tes douleurs de vieux chat. 17 ans et 3/4, c'est un âge respectable. C'est dur tout de même de n'avoir plus personne pour m'accueillir à la porte. Et puis je voudrais tellement t'entendre chialer à toute heure pour réclamer des minouches. Et avoir une douceur pour se coller à moi.

C'est correct, 'tit chat. Chille comme tu sais si bien le faire.




jeudi 20 février 2025

 

Capicolle et moi, 4 janvier 2023


Hey, Capicolle. Hier, le 19 février, ça a fait un an que tu es morte. Ça fait mal encore de penser à toi. Pour me consoler, on m'a dit que tu étais bien où tu étais. Que tu étais au Paradis des chats, que tu étais là-haut, que tu étais partout, que tu étais en moi, dans mon coeur. Moi je le sais pas, je te cherche encore souvent. Même qu'à quelques occasions, je te vois du coin de l'oeil, trotter vers le bol d'eau que je viens de remplir de glaces, avec ta petite panse qui dépasse et se balance de gauche à droite. Tu aimais ton eau fraîche, et ça t'amusait même d'observer les cubes bouger dans l'eau plusieurs minutes. Chacun ses divertissements, hen.
Où que tu sois, j'espère que tu puisses continuer à juger tout.e un.e chacun.e. Et que tu t'aies trouvé quelqu'un.e que tu aimes pas pire pour t'étendre dessus et ronronner à tue-tête, comme on faisait ensemble dans le temps.
Bye, ma Précieuse.
Ta maîtresse


Capicolle et moi, 4 janvier 2023




samedi 14 décembre 2024

 


Les jours sont longs.  Dans ma tête dans mon corps, un p'tit 15 heures ferait l'affaire.  Ce n'est pas que je ne sais pas quoi faire, c'est que rien ne me tente, ne m'active, ne me motive.  Mes loisirs d'avant?  Bof.  Entreprendre une nouvelle activité?  Eh la la...  Apprendre d'autres skills?  C'est bien trop forçant...

À quelques occasions, j'ai demandé à ma mère, les larmes aux yeux, si ça allait revenir.  Mes goûts, mes envies, mes plaisirs.  Parce que c'est frustrant.  De savoir qui on était et de voir ce qu'on est devenu.  Frustrant, honteux, désespérant.  Ma mère semble croire que ça va revenir, tout ça.  Que je vais revenir.

Je me suis remise à écouter de la musique plus souvent.  Faire des découvertes, remettre mes vieilles chansons préférées en boucle.  Ça j'aime.  Contempler, ne rien faire, je peux facilement, mais vient que même ça on s'en épuise.

Et il y a la fucking solitude.  Elle est à son peak ces semaines-ci.  Puis les Fêtes viendront, je serai bien entourée, je serai contente, mais je sentirai toujours un manque.  Ou un trop-plein.  En alternance.  Je me déteste quand je ne peux pas profiter de ce qui est devant moi.  Laisser aller, vivre le moment présent, JE NE MAÎTRISE PAS ÇA ENCORE TOUT À FAIT, MOI.


J'haïs Noël.











mardi 26 novembre 2024

 


Tu ne sais pas à quel point c'est difficile de te sortir de ma peau.  

Ma tête n'est pas plus sensée.  Elle rejoue des images, des scènes.  Me fait entendre tes mots.  Les plus chauds comme les plus décevants.  

Ce n'était pas tout le temps parfait.  Mais moi je veux te revoir déposer ton menton dans ta main comme tu le faisais.