J'emmerde les
Christine Michaud et les
Pascale Piquet de ce monde avec leurs théories et leurs étapes et leurs démarches. Tous ceux et celles qui avancent que le bonheur est partout et facile et accessible. Que toutes les expériences nous rendent plus fort, meilleur, et qu'on en ressort grandi. Une dépression n'est pas une belle expérience. C'est pourquoi, Christine Dubois, quand je vois
votre livre La dépression, le plus beau cadeau de ma vie sur les rayons, je fulmine. J'ai envie de vous envoyer promener. Je trouve ça franchement insultant pour tous les gens qui ont passé des mois, voire des années, à souffrir. Je ne peux et ne serai reconnaissante pour la mienne. Je ne suis pas une personne différente depuis, ni une femme toute puissante simplement parce que j'ai surmonté une épreuve. Et encore là, je n'ai rien vaincu, je suis passée à travers, c'est tout. La menace est toujours là. Il n'y a pas qu'un seul moyen de s'en sortir. Je dois me botter le derrière régulièrement pour ne pas redevenir larve, et de multiples façons. Oui, j'ai appris. Je suis prête à dire que je peux en retirer. Mais c'est le genre de leçon dont on peut se passer et on n'en est pas plus mal.
On va mettre quelque chose au clair : la vie n'est pas belle. Elle peut l'être. Elle l'est des fois. La vie peut être belle ou laide, chiante ou jouissive. Elle peut être plein de trucs, mais pas que belle. Et je vais vous dire, je pense que ce sont des moments, des parcelles, qui peuvent être quelque chose. La vie, c'est le tout. Les gens qui veulent me faire comprendre (donc accepter et glorifier) la beauté d'un tout aussi complexe que l'existence m'horripilent profondément.
Vos réponses ne sont pas les miennes. Ce n'est pas parce que vous avez décidé de renier tout ce que vous avez vécu avant votre grand événement ou illumination quelconque, ou que avez relégué au rang de névroses ou d'erreurs tout ce que vous avez fait qu'il devrait en être de même pour moi. Je refuse d'attribuer des termes sensés expliquer ou analyser les problèmes à mes comportements et relations antérieurs sous prétexte que je détiendrais finalement la clé du bien-être ou la solution absolue. Tout ce qui est venu avant n'était pas nécessairement mauvais. Ce nouvel état que vous semblez vénérer pourrait n'être que temporaire également. On vise toujours mieux. Le progrès. Ça ne veut pas dire que l'on doit piétiner ce qui l'a précédé.
Vos théories peuvent rejoindre certaines personnes. Vous ne ferez pas de moi une adepte. Ce genre de trucs, je me dis qu'on devrait tous en prendre et en laisser. Mais il y a de ces coachs de vie, mentors ou motivateurs qui me donnent envie de tout foutre au bûcher. Alors ne me faites pas chier avec la vie qui est donc bien belle.