vendredi 13 février 2015




Le palmarès louche - Neuvième édition


Le pire : Une vraie de vraie vidéo sensée sensibiliser les jeunes aux drogues et les encourager à dire non à la consommation.  Le concept de ce message d'intérêt public semble plutôt avoir l'effet contraire (Cette chorégraphie.  Ces pantalons de pyjama.  Cette moustache.  Ces paroles.  Ces bruits à la fin... CETTE MASCOTTE!).  Je suis certaine que si on faisait des recherches vraiment poussées, on découvrirait des témoignages de gens dont la dépendance a été provoquée par ce clip.  Come on, let's join The Chicken Club!




Les bons moments : La soirée chez Phil et Hélène en l'honneur des 30 ans de cette dernière.  J'ai rencontré Bali, leur nouvelle petite (déjà grande) chienne, ri avec des amis, bu et renversé du vin rouge et mangé les meilleurs burgers au monde, gracieuseté du Chef Phil.


Le webcomic : Hyperbole and a Half d'Allie Brosh.  Ses dessins sont parfaitement laids (elle consacre beaucoup d'heures à peaufiner son style Paintbrush-y).  Ses histoires sont hilarantes et sa façon de raconter et illustrer ses expériences est touchante et criante de vérité.  J'ai même acheté son livre et l'ai dévoré même s'il s'agit d'un recueil de ses comics parus sur son site.


La chanson : Le nouveau single de Taylor Swift, Blank Space.  J'aime le refrain (pas les paroles vraiment, plus l'air).  Et puis dans le vidéoclip, elle porte de si belles robes...  Par contre, ça se gâche quand elle se met à péter sa coche.  Je ne suis pas trop sûre de la performance...  Mais bon, la toune me plaît.




L'artiste : Nacho Diaz, aussi connu sous le nom de Naolito, mais particulièrement pour son oeuvre qu'il appelle I Miss You!, qui représente ce que Bert, le personnage de Sesame Street, aurait l'air s'il était humain.  C'est fait en silicone.  Creepy et drôle, selon moi.

I Miss You!, the real life Bert piece, © Nacho Diaz (aka Naolito)


La découverte : le travail du peintre Benjamin Anderson.  Il semble affectionner l'eau.  Ses différentes séries de toiles donnent envie de plonger dans chacune d'elles. 

liquidation, © Benjamin Anderson, 2007


jen in water, © Benjamin Anderson, 2009


La vedette féline du moment : Maru!  Ok, c'est un des chats les plus connus de la planète et un des premiers à avoir connu la gloire sur le web (à ma connaissance), alors il fait son bout de chemin depuis des années maintenant, mais il est irrésistible!  C'est un Scottish Fold qui vit au Japon avec son maître.  Ce dernier prend le temps de le filmer et de le photographier puis de partager le tout pour notre plus grand plaisir à tous.  Le meilleur, c'est de le voir jouer avec des boîtes en carton et tenter de s'y insérer peu importe la grosseur de la boîte.  Je dois aussi dire que je suis très impressionnée par la propreté des lieux, tout est squeaky-clean là-dedans!




La citation : Elle provient du roman Une fille, qui danse, de Julian Barnes, paru en français chez Mercure de France (p. 109) :

«Il me semble que cela peut être une des différences entre la jeunesse et la vieillesse : quand on est jeune, on invente différents avenirs pour soi-même; quand on est vieux, on invente différents passés pour les autres.»


Le film : The Perks of Being a Wallflower (2012), réalisé et écrit par Stephen Chbosky, basé sur son propre roman publié en 1999.  Il y a beaucoup d'adaptations tirées d'oeuvres littéraires au cinéma, n'est-ce pas?  On dirait que j'en visionne plein, ces derniers temps.  Dans ce cas-ci, je n'ai pas lu le livre alors ne peux comparer.  Par contre, je peux dire que c'est un très bon film.  Il paraît que John Hugues (The Breakfast Club, Sixteen Candles...) avait acheté les droits et comptait en faire un film, mais il est décédé avant de compléter un script.  Chbosky a donc pris le relais.  Je suis sûre que le produit achevé aurait été très différent, j'aurais aimé en voir le résultat.  D'un autre côté, le fait que le projet vienne d'une seule et même personne, soit l'auteur du roman, donne une continuité, une authenticité, une fidélité même, à l'histoire, au tout.  Je crois, du moins.

Logan Lerman, Ezra Miller et Emma Watson dans une scène de The Perks of Being a Wallflower


La lecture : J'ai commencé Avant, de Carmen Boullosa (Les Allusifs).  Je ne sais pas trop dans quoi je me suis embarquée, mais ça risque d'être intéressant.




vendredi 6 février 2015




Le palmarès louche - Huitième édition


Le film : The Imitation Game (2014), réalisé par Morten Tyldum et écrit par Graham Moore et Andrew Hodges.  Le scénario est basé sur le livre de ce dernier, qui raconte comment Alan Turing a décrypté le code Enigma durant la Seconde Guerre mondiale, ce qui a aidé les Alliés à gagner la guerre et de l'écourter d'environ deux ans, selon des experts.  Benedict Cumberbatch, qui tient le rôle principal, donne une très bonne performance.  L'histoire et le personnage m'intéressaient déjà, et j'étais curieuse d'en savoir plus sur cette mission top secrète.  Quand je reviens du cinéma ou quand je termine de visionner un film, si je me garroche sur IMDb et Wikipedia pour tout savoir sur les faits réels (s'il y a lieu), les dessous du film, les protagonistes et les acteurs, c'est signe que j'ai aimé.  Et qu'ai-je fait en rentrant chez moi vendredi soir?  Je me suis pitchée sur mon ordi pour relire des trucs sur Turing et m'informer du film.  Merci à mon gentil Père Noël à moi de m'avoir encore offert des billets et permis de voir The Imitation Game.



La vedette féline du moment : My Cat Kyle.  Le pauvre Kyle a vécu des atrocités par le passé : il vient d'une maisonnée partagée avec plus de 30 autres chats et a été témoin de violence conjugale qui s'est avéré fatale.  Heureusement, il a été adopté et vit maintenant dans le bonheur et le confort.  Il a une moustache, un nez écrapou, des yeux immenses, plusieurs problèmes de santé, MAIS il ronchonne, il a donc tout pour me plaire!  Pour sensibiliser les gens aux mauvais traitements que reçoivent souvent les animaux comme une conséquence directe de la violence conjugale et amasser de l'argent pour contrer cette horrible réalité, Kyle a lancé une campaigne qui se termine le 18 février prochain, Charitable Ca$h 4 Kyle's Stache.  Jetez-y un coup d'oeil (Si, comme moi, vous êtes paumé, ou si vous préférez garder votre argent pour une autre cause, ou tout simplement ne pas en donner jamais à qui que ce soit, c'est bien correct aussi.  Regardez juste les photos de Kyle) !

© Instagram @mycatkyle


La télésérie : Mad Men.  Je viens de débuter la 4e saison.  Ces gens, cette époque, ce monde de l'advertising...                                                       


Le pire : Se réveiller 8 matins sur 7 avec un mal de bloc.  Foutus effets secondaires (ou abus d'alcool, mais surtout effets secondaires de la prise de certains médicaments).


La vidéo : J'adore ze frank.  Je le connais en tant que vlogger, mais il fait aussi dans l'humour, la performance et le public speaking.  Sa série de vidéos True Facts est hilarante.  Les quelques pubs intitulées Dear Kitten qu'il a faites pour Purina Friskies sont aussi très fortes.  Sa voix et son ton font de lui un narrateur unique.  Je crois que ma préférée de tous les temps est celle sur les mantes religieuses, True Facts About The Mantis.  Voici :



(Avez-vous regardé jusqu'à la toute toute fin?)


Les artistes : Le duo Expanded Eye, formé de Jade Tomlinson et Kev James, qui crée de sublimes tatouages d'inspiration cubiste en se basant sur les expériences de vie de leurs modèles.  Chacune de leurs oeuvres est une interprétation visuelle des histoires racontées par leurs clients.

Slovenian illustrator and puppet maker Zala’s tattoo is concerned with intuition and the power of the beautiful mind. Exploring the positive and negative aspects of the notion that, whilst we have the power to unconsciously dream things into life, at the same time we are able to paralyze ourselves with fear” (Bored Panda, Artist Duo Creates Surreal Cubism Tattoos Based On Clients' Stories)


This piece depicts Judith’s unconditional love for her identical twin sister and the complexities and importance of discovering ones own identity as a twin. Judith learned to separate from the person she loves most in the world and affirm herself as a single being” (Bored Panda, Artist Duo Creates Surreal Cubism Tattoos Based On Clients' Stories)


La chanson : I Adore You de Melpo Mene.




Le désagrément : J'aime beaucoup les chips sel et vinaigre.  Le problème, c'est que je ne peux pas en manger autant que j'aimerais ni aussi souvent que je le voudrais, ça irrite bien trop ma langue.  Remarquez, c'est peut-être une bonne chose.  Pas très nourrissant.


La lecture : Je lis en ce moment Little Big Bang de Benny Barbash, paru aux Éditions Zulma.  C'est comique.  La vie d'une famille est bouleversée lorsqu'un olivier se met à pousser dans l'oreille du père, phénomène sans doute provoqué par le dernier des régimes de celui-ci.  Le plus drôle, c'est les échanges entre les parents du narrateur, un couple marié depuis «trop» longtemps qui a le sens de la rhétorique et de la répartie.



Le meilleur : L'intervention généreuse de mon Père Noël à moi.  Un petit geste qui m'a fait chaud au coeur et m'a rappelé qu'il y a des gens extraordinaires sur cette planète.


La citation : Les mots de Simone Bussières, cette dame :
«Il y a des histoires inventées qui ont l'air vraies et il y a des histoires vraies qui ont l'air inventées.»
- Simone Bussières, Je n'ai pas tout oublié




samedi 31 janvier 2015






Pleurer dans ses lunettes est une activité fort déplaisante.  D'abord, parce qu'on pleure, et que si on pleure, c'est qu'on a mal, et aussi parce qu'il faut nettoyer les verres après.  De plus, les cils humides paraissent un peu plus gros et obscurcissent un tantinet la vue.  Mais ça ne dure pas trop longtemps, à moins de pleurer vraiment longtemps.  À cela il faut ajouter le pathétisme de la situation, soit le fait de pleurer, ce qui peut s'avérer gênant, tout en salissant l'outil même qui permet de voir.  Se dire «Ça y est, je pleure!  Je ne vois plus rien!  Je dois essuyer mes lunettes...» n'arrange rien.  Se le répéter peut d'ailleurs provoquer le jaillissement de nouvelles larmes, ce qui fait que l'on doit s'armer d'un autre mouchoir ou tissu quelconque pour éponger à nouveau ses montures.  Se repasser en tête l'événement à l'origine des premiers pleurs n'engendre que la catastrophe, le déluge.  D'énormes sanglots peuvent s'ensuivre, un filet de morve s'échapper d'une narine...  Plus on tente de respirer, de se calmer, plus l'humiliation devient grande, semble-t-il.  Les risques de hoquets et de ronchonnements s'élèvent.  On pleure d'avoir mal, on pleure de pleurer, on pleure de savoir de quoi on a l'air.  Carrément pathétique.  Et, d'un coup, on se rend compte que les larmes ont séché.  Les lunettes aussi, mais il faut une dernière fois les torcher.










jeudi 29 janvier 2015




Le palmarès louche - Septième édition


Le clip : Sherwin Akbarzadeh a réalisé ce vidéoclip pour la chanson Can't Control My Love du groupe Total Giovanni.  Je ne dirai qu'une chose : le garçon!



La chanson : Coyotes de Modest Mouse, un de mes groupes culte.  Je ne sais pas pourquoi, cette pièce me donne un peu envie de pleurer.  C'est peut-être le refrain.  Ou le clip (inspiré par un réel fait divers, mais l'histoire se termine pourtant bien).




L'artiste : L'auteur et illustrateur (et même plus) Tomi Ungerer.  Ses livres jeunesse correspondent tout à fait à ce que je préfère dans ce genre : des histoires un peu sombres qui, en fait, plaisent souvent davantage aux parents qu'à leur progéniture.  Certains des thèmes abordés et des réflexions partagées sur l'humain peuvent être considérés comme inappropriés ou trop avancés pour les petits.  Néanmoins, on dit de ses livres qu'il en ressort une luminosité particulière et qu'ils savent aussi démontrer le bon côté de l'esprit humain.  Il se décrit lui-même comme étant un conteur et un satiriste.
 
Otto, originalement publié en allemand en 1999.  Il s'agit de l'autobiographie d'un ourson qui souhaite retrouver son propriétaire, un garçon Juif duquel il a été séparé lors de la Seconde Guerre mondiale. 


The Three Robbers, paru en 1961.  C'est l'histoire de trois voleurs qui terrorisent les gens à l'aide d'une hache, de poivre de Cayenne et d'un tromblon, une espèce d'arme à feu.


La découverte : Le travail du sculpteur japonais Yoshitoshi Kanemaki.  WOW.

Kanemaki au travail.


© Yoshitoshi Kanemaki, 2013


Reborn Exodus, © Yoshitoshi Kanemaki, 2009


Le blog : Style Sud-Est, d'Ariane Lasalle, une dame qui vit à Montréal et qui ROCKE!  Accessoires inusités, jupes et chandails funky, bottes et chaussures originales, les goûts de cette femme vont dans le même sens que les miens.  Je VEUX son look éclaté!

© Google+ Ariane Lasalle


© Google+ Ariane Lasalle


© Google+ Ariane Lasalle


La citation :  
"We may be through with the past, but the past is not through with us."

- Bergen Evans, The National History of Nonsense


La réflexion : Engendrée par l'étude d'Arthur Aron et cie., intitulée The Experimental Generation of Interpersonal Closeness : A Procedure and Some Preliminary Findings, et qui consiste à créer un face à face entre un homme et une femme hétérosexuels qui doivent se poser l'un à l'autre 36 questions pré-établies.  Ensuite, ils doivent se regarder les yeux dans les yeux pendant 4 minutes.  Le but de tout ça est de démontrer qu'une intimité peut se développer entre deux individus en une courte période de temps (45 minutes pour la période de questions).  Cette proximité peut alors favoriser des sentiments amoureux.  J'ai toujours cru et dit que l'on ne choisit pas la personne dont on devient amoureux.  J'ajoute souvent que si j'avais pu choisir, je me serais sans doute tournée vers des alternatives plus simples et moins déchirantes.  Mais bon.  Lire à propos de cette étude me fait réfléchir.  Je n'ai jamais eu de blind date, mais je trouve que cette recherche récupère un peu du concept tout en facilitant l'échange et le rapprochement.  Je ne me mettrai pas à croire que les sentiments puissent être contrôlés, mais c'est intéressant et le principe fait un peu rêver.  Et si...?


La lecture : L'orangeraie de Larry Tremblay, paru aux Éditions Alto.  L'auteur, plus connu comme dramaturge et metteur en scène, en est à son deuxième roman avec ce titre qui traite de foi, de valeurs, de trahison et de croyances.  Mais que signifie vraiment se sacrifier pour son peuple?  Quelle est la véritable définition du mot «héros»?  Puissant.



Le pire : Le syndrome prémenstruel.

dimanche 25 janvier 2015





J'ai mis mon CV à jour.  Pour la première fois depuis 2007.  Drôle d'exercice, tout de même.  Ça prouve ma fidélité envers ma job de libraire, mais je constate aussi que je n'ai pas foutu grand-chose d'autre durant ces années.  Professionnellement.  Ou pour l'accomplissement, ce sentiment dont tout le monde semble se préoccuper et souhaite atteindre sauf moi.  Du moins pas à travers les mêmes sphères.  Peut-être aussi que je me fais croire que je n'en ai pas besoin.

Non, tout ce temps-là, j'ai couru après ou fui des hommes.  J'ai adopté des chats.  J'ai été malade, ma tête n'a pas fonctionné pendant longtemps.  Je suis déménagée trois fois.  Je n'ai rien compris à plusieurs choses, me suis questionnée à propos de certaines, demeurée indifférente à d'autres.  Je me suis imaginé que j'avais raison, je me suis imaginé que j'avais tort.  Je n'ai pas cru en moi, je me suis mutilée.  J'ai ri.  J'ai été soucieuse puis irresponsable.  J'ai blessé des gens.  Je n'ai pas su comment agir, parfois.  J'ai marqué des points, en ai perdu.  Je me suis empiffrée de poutines.  J'ai changé d'avis, j'ai été têtue.  J'ai marché, mais je n'ai pas assez voyagé.  Je me suis saoulée, j'ai regretté à quelques reprises.  J'ai lu, j'ai cessé de croire en mon manuscrit.  En la pertinence de sa publication.  J'ai eu mal.  Très mal.  J'ai été bien.  Même plus que bien.  J'ai touché, j'ai vu, j'ai senti, j'ai entendu, j'ai goûté.  J'ai voulu trop et pas assez.  Je n'ai pas fait ce qu'il fallait.  Bravé des interdits.  J'en ai souvent été fière.  J'ai été impressionnée, blasée aussi.  Pessimiste, des fois optimiste.  Souvent, j'ai pleuré et je n'ai pas été gentille.  Je n'ai pas utilisé mon plein potentiel, j'ai gaspillé.  Il y a eu un bout où j'étais dépendante de la présence d'autres, puis un bout où je me suis isolée.  J'ai été petite, j'ai été grande, j'ai été importante et j'ai été insignifiante.  J'ai été moi-même, je me suis écartée, je suis revenue.

Mais tout ça, ça ne s'écrit pas dans un CV.  Et pourtant, tout ça m'a formée, me forme encore.  J'aurais pu faire sans.  Je n'aurais jamais su ce que j'avais manqué ou subi.  On n'a pas besoin de certaines expériences.  Elles nous construisent, mais une différente peut nous forger aussi.  Certaines ne devraient pas être vécues.  Rien n'arrive pour rien?  C'est la plus mauvaise blague qui soit, selon moi.  La pire insulte.  Je ne peux pas et je ne vois pas comment je pourrais être reconnaissante envers mes dépressions.  Ou en voir l'utilité ou les avantages.  Être contente que ça m'amène à ci ou à ça.  Je ne dis pas que la vie devrait être belle et douce, parce que la vie n'est pas toujours belle ni douce et encore moins juste.  Mais elle pourrait l'être un peu plus.  Et ne me startez pas avec les arguments du genre «il faut s'aider soi-même», «il faut y mettre du sien», «ça n'arrive pas tout seul» ou «il faut faire des efforts».  Oui.  Reste qu'il y en a qui font tout mais n'ont rien. 






jeudi 22 janvier 2015




Le palmarès louche - Sixième édition


Le film : Innocence (2004), avec Marion Cotillard et réalisé et scénarisé par Lucile Hadzihalilovic, d'après le (la?) novella de Frank Wedekind, Mine-Haha, or On the Bodily Education of Young Girls (Mine-Haha oder Über die körperliche Erziehung der jungen Mädchen, pour la version originale allemande).  On se retrouve en plein coeur d'un pensionnat pour jeunes filles retiré de la civilisation et bordé de hauts murs.  Les pensionnaires y apprennent la biologie et la danse.  Des règles très strictes doivent être suivies à la lettre : interdiction de tenter de s'échapper, suivre l'horaire comme il se doit, la plus vieille de chaque groupe doit prendre soin de la plus jeune...  On veille à ce que toutes les filles reçoivent une éducation parfaite pour qu'elles puissent devenir des femmes aux bons critères de beauté, de grâce et d'intelligence.  L'ambiance y est particulière et plusieurs secrets planent concernant l'école et son histoire, ce qui attise notre curiosité autant que celle des plus jeunes.  Le jeu des comédiennes est très réussi.  Beaucoup de plans nous présentent les visages des jeunes filles prises dans leurs pensées ou fixant au loin, visages sur lesquelles on voit plein d'émotions se succéder.

Des filles accueillent la nouvelle venue dans leur groupe.  Chaque pensionnaire arrive dans un cercueil.  Ne sachant pas comment entrer sur le terrain de l'école, essayer d'en sortir par soi-même s'avère une aventure risquée et passible de réprimandes graves.


La chanson : Do You Love Me Now, de The Breeders.  Merci à Série Noire de me l'avoir fait entendre.




Le clip : Une des pièces incontournables du groupe Interpol est Evil.  Le vidéoclip qui accompagne la chanson a été réalisé par Charlie White.  C'est l'amie Suzanne qui m'a rappelé l'existence de Norman la marionnette.




La citation : Sortie du roman My Ántonia de Willa Cather :

"Some memories are realities, and are better than anything that can ever happen to one again."


La lecture : Ça va aller, un des premiers romans d'une auteure chérie à moi, Catherine Mavrikakis.  Je n'ai pas autant apprécié ce livre que Le ciel de Bay City, Les derniers jours de Smokey Nelson ou L'éternité en accéléré.  Les «cela» au lieu de «ça» m'ont agacée.  Ils détonnent du reste du langage emprunté par la narratrice, Sappho-Didon Apostasias, qui est haineuse et envoie chier tout le monde.  Elle fait dans le très théâtral, le dramatique.  Son identité est trouble, elle passe souvent de l'amour à l'exécration, ou l'inverse, pour les gens, particulièrement sa mère, et critique beaucoup le Québec, ce pays qui n'a pas réussi mais qui fait tout de même partie d'elle.  Il y a d'excellents passages, Mavrikakis semble toujours avoir bien écrit, et puis l'histoire à la base a de quoi plaire, mais j'ai décroché lors de certains revirements de situation.  Et, je le dis : la fin est pénible.  Lisez les autres titres susmentionnés.


L'âge : J'ai eu 30 ans le samedi 17 janvier dernier.


L'album : Arrows Of Desire (2013), de Matthew Good.  Cet homme est un de mes chanteurs favoris depuis que j'ai entendu la chanson Indestructible, du temps de Matthew Good Band, un soir alors que j'étais couchée dans une chambre au sous-sol chez ma grand-mère.  Je me suis procurée tous les disques du band et je n'ai pu qu'aimer davantage les textes et leur musique.  M. Good, que je considère aussi comme un très grand poète, fait carrière solo depuis 2003 avec la sortie d'Avalanche, qui a été une grande révélation pour moi et demeure un de mes albums préférés à vie.  Depuis, j'avoue qu'il n'a pas réussi à m'impressionner autant avec ses efforts suivants.  Peut-être que la barre est trop haute dans mon esprit, mais ses chansons post-Avalanche, bien que très écoutables, me semblent un peu fade.  Bref, Arrows Of Desire est, selon moi, beaucoup plus développé et plus agressif.  Les mélodies sont plus variées, plus recherchées, et la guitare prend la place qui lui revient.  Bon, je ne suis pas critique de musique et ça paraît, mais comprenez que j'aime cet album et que je suis très contente d'entendre Matthew Good sous cette forme-là.

Pochette de l'album Arrows Of Desire de Matthew Good, photo courtoisie de Rob Harson


vendredi 16 janvier 2015





Le palmarès louche - Cinquième édition


La constatation : Je ne peux plus sauter sur mon lit.  Je suis trop grande, je me pèterais la tête.  Remarquez, c'est peut-être mon plafond qui est trop bas, je ne vis pas dans une cathédrale, moi.  Mais en fait, je crois que le seul lit sur lequel j'ai pu sauter est celui des parents de mes amies Marie-Claude et Jolène.  Nous étions plus petites alors, et le plafond plus haut. 


La photographe : Aisha Zeijpveld, une photographe indépendante qui travaille à Amsterdam.  J'adore ses sujets et les manipulations qu'elle exécute (silhouettes de carton, comme dans les exemples ci-dessous, la superposition de couches d'images, l'utilisation de différentes textures...).  Il en ressort des oeuvres d'une clarté un peu absurde, surréelle.

Deux photographies de la série What Remains (2012) © Aisha Zeijpveld, inspirée par des sketchs de l'artiste Egon Schiele



Le site : A Softer World, qui figure dans les liens de ce blog depuis pas mal sa création, je dirais (du blog, pas du site).  Le concept est simple : une photo en triptyque d'Emily Horne soutenue par un très court texte de Joey Comeau.  Le message peut être drôle, cynique, triste, des fois même un peu effrayant...  Je dois dire que j'ai un penchant pour les mots souvent durs mais si lucides de Comeau. 


Le film : J'ai finalement vu The Godfather, que j'ai beaucoup aimé.  Merci à mon ami Mike de m'avoir permis de rayer ce titre de ma liste de films à voir.  Je suis prête pour The Godfather : Part II.


La chanson : Une de The Naked And Famous, groupe entendu durant le Pub Quiz de cette semaine.  J'avais oublié que je les connaissais déjà.  Écoutez aussi Young Blood, j'ai longuement hésité à savoir laquelle des deux je partagerais.




La citation : Guillaume Chauvin et Rémi Hubert ont remporté en 2009 le concours Grand Prix Paris Match du photoreportage étudiant avec leur série intitulée Mention rien, des diplômés option précarité.  Lors de la remise du prix à la Sorbonne, les deux jeunes hommes, élèves de l'École Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg à l'époque, ont avoué avoir fabriqué leur reportage en créant des mises en scène basées sur des histoires vraies.  Le prix, d'une valeur de 5000 euros, a été annulé et plutôt remis à l'établissement que fréquentaient Chauvin et Hubert.  Dans leur discours prononcé lors de la cérémonie, ils ont clairement exprimé leur but, soit celui de souligner la manipulation de la réalité faite à travers différents médias.  Je trouve leur démarche inspirante et la pertinence de leur «supercherie» fort à propos.  Voici un extrait dudit discours :

«Nous proposons donc ici une interprétation de la réalité, construite, maîtrisée, au même titre que la photographie et l'information interprètent des réalités.
C'est bien là que sont nos sincères motivations : nous tenons à souligner que le faux ne s'oppose pas au vrai, mais qu'il permet de faire émerger les mécanismes du discours. Notre démarche, en tant que faiseurs d'images, est une tentative de remise en question : celle des rouages d'un discours médiatique qui a pour ingrédients la complaisance et le voyeurisme dans la représentation de la détresse. Grâce au Grand Prix Paris Match, nous souhaitons donc éveiller les consciences sur la fragilité, la force et l'ambiguïté des images d'information.»

- Guillaume Chauvin et Rémi Hubert



La série : J'ai commencé à regarder Série noire et j'aime.  Les deux personnages principaux sont vraiment tatas et beaucoup trop dévoués à leur projet de scénarisation de la deuxième saison de leur émission écrasée par les critiques.  Leur «démarche» et leurs niaiseries les mettent dans'marde...  C'est fou ce que ça peut faire faire, l'écriture!  En fait, pas mal tout le monde dans cette série est disjoncté!


L'artiste : La mystérieuse sculptrice de livres.  J'avais déjà vu quelques-unes de ses oeuvres, mais le lien qu'Antoine Tanguay d'Alto a partagé sur Facebook m'a permis d'en apprendre plus sur cette personne, son travail et ses objectifs.  La dame crée ses oeuvres à partir de pages de livres et les dépose un peu partout dans la ville d'Edinburgh (devant des bibliothèques, surtout).  Je suis très impressionnée par la minutie de ses créations.  En plus, ce geste supporte le livre et les gens qui s'efforcent d'y accorder sa place méritée dans la société.

Lost in a good book..., © Mystery book sculptor