dimanche 19 mai 2019





Ma grand-mère maternelle est décédée à pareille date il y a maintenant quatre ans.  Je me souviens vaguement du coup de fil reçu m'annonçant qu'elle était de nouveau rendue à l'hôpital.  Et que cette fois-là elle n'en sortirait pas vivante.

Je me rappelle alors m'être demandé, tandis que je me préparais pour aller rejoindre ma famille et être à ses côtés : «Qu'est-ce qu'on fait quand on apprend que sa grand-mère est à l'hôpital et qu'on nous dit qu'elle ne passera probablement pas la nuit?  Comment vivre cette attente et supporter qu'on ne puisse rien changer au dénouement?  Peut-on vraiment se divertir et vaquer à d'autres occupations?  Dormir?  Penser à autre chose, rire?  Doit-on pleurer durant tout ce temps?  Quoi faire, vraiment?  Se remémorer sa Granny, s'imaginer et refaire sa vie, revoir nos moments avec elle?  Ces heures à attendre doivent-elles devenir un hommage?  Un recensement de ses grandes actions?  Doit-on devenir grave et mettre de côté tout le reste?»  Puis je me suis demandé si j'avais le droit de me poser ces questions-là, ou si la réaction appropriée devait être plus naturelle, spontanée.  Si je devais regretter de ne pas l'avoir appelée comme je me jurais de le faire plus souvent.  Je réfléchissais et je me disais : «Sommes-nous tous vraiment en train d'attendre sa mort, bêtement et platement?  Tout en souhaitant repousser cet instant?  Est-ce qu'on devrait simplement l'accepter et se dire que c'est peut-être mieux ainsi, mieux pour elle?  Se dire que le temps est venu, de façon tout aussi bête et tout aussi plate?  Qu'est-ce qu'on peut se dire?  Qu'est-ce qu'on peut penser, dans ces moments-là?»

J'ai passé les jours suivants à l'hôpital.  Ceux qui ont pu et qui l'ont voulu sont venus la voir.  Tous ces rassemblements provoqués par sa mort prochaine ont été, pour moi du moins, affreusement beaux et douloureusement réconfortants.  Nous avons rigolé.  Granny a gardé son sens de l'humour jusqu'au bout.  Je la revois encore jeter un oeil désapprobateur mais taquin à ma mère lorsque celle-ci s'est accrochée dans un des fils la reliant à une quelconque machine.  Je revois encore ses sourires faibles mais toujours aussi chaleureux lorsque des nouveaux arrivants débarquaient dans sa chambre.  Je l'entends encore me glisser quelques mots, puis insister pour qu'on ne chuchote pas devant elle parce qu'elle voulait suivre toutes nos conversations.  Et j'entends mes oncles et mes tantes lui chanter ses chansons préférées, tous agglutinés autour de son lit.

J'ai eu la chance de lui dire adieu et de la remercier pour la famille qu'elle m'a donnée.  J'ai eu l'occasion de jaser, potiner, rire et pleurer en sa compagnie juste avant qu'elle parte.  Et j'ai aussi eu le plaisir de côtoyer cette grande femme si spéciale pendant 30 ans.  Ma Granny, c'était la meilleure.

Hello, dear.  Wherever you are.



J'aime TELLEMENT cette photo, prise lors d'un des derniers soupers en sa présence, en mars 2015.  On a l'air un brin tatas.
(© Jean-Yves Blanchette)

  

vendredi 17 mai 2019





J'aime...

  • les oeufs fondants Laura Secord;
  • le roman Roux clair naturel de Fanie Demeule (Hamac), une consoeur d'édition.  Dans ce deuxième roman, l'auteure nous fait tremper dans une histoire de mensonge.  C'est fou tous les moyens dont se sert la narratrice pour entretenir l'illusion parfaite d'une chevelure rousse naturelle vis-à-vis son amoureux, tous les efforts déployés et les détours qu'elle prend pour bien couver la vérité.  Cette obsession de légitimer sa rousseur devient rapidement violente et malsaine.  Comment avouer avoir berné pendant si longtemps quelqu'un qu'on prétend aimer?
  • quand les gens sont libres d'être ce qu'ils sont.  C'est la Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie.  Aimez-vous donc tous pis laissez les autres tranquilles;
  • A fawn at dawn, projet musical de mon ami Dimitri et son pote David.  C'est tout en douceur, tout en nostalgie, écoutez ça! 



Je n'aime pas...

  • les espadrilles blanches qui font un retour en force depuis déjà un peu trop longtemps, autant pour les hommes que pour les femmes;
  • le logiciel Excel.  Plusieurs doivent s'extasier devant cet univers de possibilités dans le domaine des tableaux et des graphiques, mais moi ça me donne envie de pleurer.  C'est beaucoup trop complexe pour ma petite tête;
  • les lois anti-avortement;
  • avoir appris la mort de Grumpy Cat ce matin.  R.I.P. Tardar Sauce.

Mes hommages.







mercredi 8 mai 2019







Constats post-transcription :

  • Les gens jasent.  Beaucoup.
  • Je suis lente.
  • Les gens se répètent tellement.
  • J'ai une capacité de concentration de très courte durée.
  • Les gens parlent en même temps et se coupent la parole régulièrement.
  • Développer une discipline de travail m'est très difficile.
  • Les gens utilisent des mots ou des expressions qu'ils insèrent dans chacune de leurs phrases, et je ne parle pas que des adolescents («t'sais», «comme», «je veux dire», «genre», «là», parfois tout ça dans une même suite).
  • Beaucoup ne terminent pas leurs phrases, partent sur une autre idée et des fois ne reviennent même pas sur la proposition de base.
  • Faire mon propre horaire et le respecter est une épreuve pour moi.
  • Plusieurs personnes (plus que je croyais) prononcent «gensses».
  • Il y a des accents qui ne sont pas évidents à déchiffrer.
  • J'aime transcrire.









mardi 7 mai 2019





J'aime...

  • Woody Belfort.  Quel homme drôle, persévérant, allumé, optimiste, fort, intelligent et à l'enthousiasme et la motivation contagieux!
  • faire du lavage.  Étendre le linge pour le faire sécher, le plier et le replacer dans mon garde-robe ou mes tiroirs me détend.  Je n'ai pas besoin d'en faire si souvent été donné que j'habite seule, alors on dirait que ça m'excite un brin de retrouver une pièce de vêtement portée il y a de cela jadis et d'anticiper le moment où je vais la remettre (on s'énarve avec les choses qu'on peut, hen);
  • quand la technologie fonctionne de manière fluide et efficace;
  • l'album Broken Politics de Neneh Cherry.  Merci l'ami et ex-collègue David-Maxime d'avoir partagé sur Facebook!



Je n'aime pas...

  • le PFK.  J'ai jamais aimé ça.  Je trouve ça dégueulasse.  Et puis quelle sorte de vert fluo-hypnotisant-psychédélique-mortel que c'est ça, la salade de chou?!  Ça me rappelle la marre maléfique dans Les Zigotos.  Toute leur bouffe a une consistance et une texture douteuses.  La salade de macaroni.  La sauce.  Cette sauce.  Qu'est-c'est ça?!
  • ne pas être choisie dans les concours d'écriture ou pour les résidences d'auteur(e)/autrice/comme vous voulez;
  • l'obsolescence programmée;
  • Okoumé.  La musique, les paroles, tout.










jeudi 2 mai 2019





C'est une journée où rien ne tient plus que quelques minutes d'affilée.  Ma concentration.  Mon intérêt.  Mes envies de bouffe.  Mes poses.  Je saute d'une idée à l'autre, du divan au fauteuil à mon lit, d'un chat à l'autre, d'une page à l'autre.  Je tape les lettres dans le désordre.  Je suis une ennuyée distincte.  D'un ennui commun.










mardi 23 avril 2019







🎵 🎶 Lu-ette, caca-huète 🎶 🎵


*****


Colère vapeur
Colère moteur
Colère lueur


*****


Absences répétées
Nonchalance étudiée
Indépendance exagérée



*****


T'en vouloir à jamais

M'en vouloir pour vrai



*****






🎵 🎶 Lu-ette, caca-huète 🎶 🎵




*****











mercredi 17 avril 2019






We're not gonna do this

This?
The part where you say that you miss me
But in months haven't done a thing to reclaim me

We're not gonna do this

This?
The part where you say that you're sorry
So very very sorry, can't believe how sorry
But get back to your tricks right after, no waiting no fee

We're not gonna do this

This?
The reconciliation part asking me and only me
To forgive and forget, or forget and forgive, blindly
And tell myself that you can and will change almost happily

We're not gonna do this

I'm not gonna do this