lundi 29 septembre 2014




Un de mes lecteurs, Dominic Sauvé, m'a suggéré de faire une liste de choses auxquelles je crois.  Je vous retransmets sa proposition exacte:

«Salut, j'pensais à ça l'autre fois... Je pense que ça serait intéressant que tu fasses une liste des choses auxquelles tu crois. Croire dans le sens de croyances. Dans le sens de quelque chose de pas prouvé ou prouvable, mais que tu crois quand même. Des croyances qui influencent certaines positions et décisions. En tous cas, moi ça m'intéresse.»

J'y ai pensé.  Et j'ai pu constater encore une fois qu'il est difficile pour moi de formuler des éléments de façon positive.  Tout ce qui me venait en tête était des «Je ne crois pas en...», «Je ne crois pas à...», «Je ne crois pas aux...».  Et j'ai eu beaucoup de misère à trouver des trucs auxquels je crois.  Je me suis trouvée vide et pessimiste.  Mais je me suis forcée.  Je ne sais pas si c'est vraiment ce qui t'intéressait à la base, M. Sauvé, mais j'en suis venue à ça :


Je crois...
  •  à la famille.  Sans la mienne, sans mes parents, je ne serais tout simplement plus là.  Ça sonne sans doute cliché, mais c'est la vérité.
  • à tout ce qu'écrit et dit Catherine Mavrikakis.  Ça me rejoint.  Cette femme, il faut la lire.  Ses souvenirs, son passé, et la façon qu'elle a de les raconter, sont secouantes.  Ses idées, grandioses, inspirantes et à point.  Son attitude est à envier.   Je l'adore.
  • au pouvoir des mots.  Ils peuvent flatter, énerver, blesser, détruire, intriguer, laisser indifférent, mentir, révéler, libérer, clarifier, embrouiller, confondre, amuser, embêter, faire rire, provoquer des éclats, déstabiliser...
  • aux bienfaits de la zoothérapie.  Bon, plusieurs études ont été faites à ce sujet et pas mal toutes s'entendent pour en vanter les bénéfices.  Et j'y crois très fort.
  • que notre époque n'est pas pire qu'une autre.  Chacune a connu ses succès et ses échecs.  Les inventions, le progrès, la bêtise humaine, la corruption, tout y a été et tout y est tout le temps.  Andrew W.K. l'a si bien écrit : «But the truth is, the world has always been and always will be on the brink of destruction».  Il me semble qu'on innove de moins en moins, on améliore plutôt.  Chaque objet, technologie ou phénomène est simplement remplacé par un autre, peut-être plus avancé ou «tendance».  Tout se répète, tout découle de quelque chose qui a déjà existé.  Mais d'un autre côté, je me dis qu'il reste des ajouts complètement nouveaux à appraître. 
  • à l'amour.  Oui oui.  J'en ai été témoin à plusieurs reprises et je l'ai moi-même vécu quelques fois.  Par contre, je ne crois pas à l'amour éternel.  Je sais que l'amour peut mal tourner, ou que l'amour se modifie parfois.  En bout de ligne, c'est Frédéric Beigbeder qui a raison : L'amour dure trois ans (roman paru chez Grasset en 1997; adaptation cinématographique sortie en 2012). 
  • que sexe et amour ne vont pas forcément ensemble.  Le désir exclusif porté vers une seule personne me semble utopique.  Il est possible, selon moi, d'être attiré par quelqu'un dont on n'est pas amoureux.  Je crois qu'il est aussi possible en couple de vouloir une tierce personne sans pour autant cesser d'aimer son/sa partenaire.
  • à l'art.  Sous toutes ses formes.
  • à l'amitié.  Ça supporte, ça fait rigoler.  C'est un partage, des expériences.  Et ça peut durer toute une vie.
  • que les religions devraient se vivre de façon individuelle.  Chacun devrait pouvoir croire en ce qu'il veut tout en respectant les autres.
  • que l'eau potable devrait être gratuite et accessible à tous.  Qu'elle ne devrait pas devenir un produit ou une marchandise.
  • aux avantages du transport en commun.  
  • au concept du covoiturage
  • à la participation des médicaments dans le traitement de la dépression, la bipolarité et bien d'autres troubles mentaux.  Attention, je n'insinue pas que ça règle tout.  Mais ça peut aider.
  • au sucre.  Naturel ou artificiel.  Il en faut dans la vie.









dimanche 7 septembre 2014



Dernièrement sur Facebook, il y a une espèce de chaîne qui circule, un peu comme les chaînes de lettres dans le temps sur Hotmail et tout, mais en plus pertinent et intéressant.  Il s'agit de dresser la liste des dix livres qu'on a le plus appréciés et/ou qui nous ont le plus marqué.  Ça amène des suggestions pour les autres, et ça nous rappelle de bons moments de lecture!  En fait, je ne sais pas pourquoi je ne l'ai pas fait avant.  Comme je suis incapable de trancher dans la vie, voici ma liste, sans aucun ordre précis, composée de vingt-quatre titres : 


Mon top de livres :


  • Un long dimanche de fiançailles, Sébastien Japrisot
  • Karoo, Steve Tesich
  • Nadja, André Breton
  • L'Amant de la Chine du Nord, Marguerite Duras
  • Kamouraska, Anne Hébert
  • Pomme S, Éric Plamondon
  • Et au pire, on se mariera, Sophie Bienvenu
  • La nuit sans fin, Thierry Horguelin
  • Anima, Wajdi Mouawad
  • Les sangs, Audrée Wilhelmy
  • L'éternité en accéléré, Catherine Mavrikakis
  • Ceci n'est pas une histoire de dragons, Mathieu Handfield
  • Keith me, Amanda Sthers
  • la série Scott Pilgrim, Bryan Lee O'Malley
  • Il faut qu'on parle de Kevin, Lionel Shriver
  • Le Cercle Violet, Daniel Sernine
  • Microfictions, Régis Jauffret
  • Le monde selon Garp, John Irving
  • J'écris parce que je chante mal, Daniel Rondeau
  • Millénium 1 - Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, Stieg Larsson
  • L'Île des gauchers/Autobiographie d'un amour/Mademoiselle Liberté, Alexandre Jardin 
  • Les Hauts de Hurlevent, Emily Brontë

Si l'envie vous prend, vous pouvez vous aussi partager vos livres fétiches dans les commentaires.  Même si ce n'est qu'un seul titre!





mardi 2 septembre 2014





Je me suis couchée par terre j'ai laissé le chat faire le tour de mon corps il est resté à ma tête j'ai mal à la tête.  
Puis il s'est installé sur mes cuisses je l'ai senti ronronner j'ai regardé le plafond avec mes yeux de myope j'ai à peine distingué les carrés.

J'ai fermé mes paupières.  Bougé mes orteils.  Palpé mes côtes.  Mes membres se sont raidis.  Et relâchés.  Raidis.  Et relâchés.

Je n'ai jamais été certaine de l'efficacité du projet.  Ensuite je me suis rappelé que j'en avais rien à foutre, de l'efficacité de ce projet.

Je me suis levée le chat il m'a suivie s'est étendu quand je me suis assise.
Je n'ai pas pensé je n'ai pas pensé je n'ai pas pensé je n'ai pas voulu y penser.

Je n'ai même pas l'audace de sortir.  Essayer.  Respirer dehors.  J'ai tout annulé aujourd'hui.  J'ai prévu me reprendre demain.





dimanche 31 août 2014





Et si un jour ça ne m'arrive pas, je l'inventerai.  Je me le raconterai.  La fiction m'apaise, la fiction me vivifie.  La fiction me préfère, je préfère la fiction.

J'ai une boule au fond de moi.  Lourde, paralysante.  J'anticipe, je crains quelque chose mais je n'en connais pas la teneur.  Ça m'effraie.

Il pleut.  Avec un angle.  Je regarde par la fenêtre, observe la constance de l'intempérie.  À cet instant précis, j'envie cette régularité.  Je ne peux pas me prononcer sur d'autres heures.

Il ne pleut déjà plus à la diagonale.  Je ne distingue qu'une simple bruine, raide.  Je ne profite pas du temps.  Je ne le remplis pas assez.

J'ai des raisons d'être en colère.  Sans doute ne sont-elles pas «valables».








jeudi 28 août 2014




J'abuse du sucre.  Comme dans vraiment trop abuser.  Je ne fais rien de ce dont mon corps a besoin.  Tant pis pour lui.  Je ne veux pas me surveiller.  Compter.  Me restreindre ou me retenir.

Parfois, souvent, je ne sais pas quoi faire pour me divertir.  Rien ne me tente.  Je ne sors même pas de chez moi si je n'ai pas d'engagement ailleurs.  Je reprends beaucoup de choses, genre encore regarder un film déjà visionné, laver mes vêtements à l'infini, au lieu de me pencher vers de nouvelles expériences.  Cette semaine, ma créativité s'est à peu près limité à rafistoler des bijoux cassés.  Encore là, je n'ai rien fabriqué, j'ai simplement réparé des accessoires abîmés.  Même ce texte ne me semble qu'être une copie d'autres billets publiés ici.

Je me suis remise à creuser mes jambes.  Comme dans disséquer et arracher les poils.  Ça fait mal.  Ça saigne, ça change de couleur.  Je n'avais presque plus de cicatrices, avant l'été.  Belle obession.  Il n'y a pas vraiment de truc pour arrêter ce comportement, pas que je connaisse en tout cas.  À part peut-être le self-control.  Ce que je ne maîtrise pas très bien.  Ou les pilules contre l'angoisse.  Ça peut sûrement aider.

J'aimerais plus de tout.  




   

mardi 29 juillet 2014






Je ne comprends pas pourquoi, quand on nous apprend quoi faire avant de traverser la rue, on nous dit de regarder à gauche, puis à droite, une autre fois à gauche, et ensuite d'y aller.  Et si un véhicule arrivait de la droite tandis que nous regardions à nouveau à gauche?  Si on suit cette logique, par contre, s'ensuivrait alors une interminable série de coups d'oeil dans les deux directions.

Je ne saisis pas tout à fait comment on peut en être rendu là avec les ITS (infections transmises sexuellement).  C'est moi ou avant il y en avait moins de «sortes»?  Ou bien c'est simplement qu'on ne les avait pas encore «trouvées»?  Aussi, il me semble que ça devient de plus en plus compliqué de se protéger correctement.  Il n'y a pas que la pénétration qui peut être risquée; un seul contact des muqueuses peut causer une infection.  Mes profs ne nous ont jamais parlé de ça dans nos cours de sexualité et de FPS (formation personnelle et sociale).  De nos jours, on enlève ce genre d'éducation au cursus académique des jeunes.  Moi je dis qu'on devrait montrer des photos de lésions et de tout autre symptôme apparent des différentes maladies à tous ceux qui sont sur le point d'avoir une vie sexuelle, et même à ceux déjà actifs sexuellement (la syphilis et l'herpès suffiront, je crois), tout en leur rappelant que certains symptômes ne sont pas apparents, mais qu'un individu peut tout de même être contaminé et passer le tout à son ou ses partenaire(s).  Ça ferait peut-être baisser les statistiques.  Et je me dis que je ne dois pas être la seule qui aimerait bien s'amuser sans inquiétudes.

Je ne me rappelle jamais vraiment ce qui a provoqué le conflit qui déchire les Israéliens et les Palestiniens.  J'ai bien lu quelques résumés et tenté d'analyser certains arguments, je perds toute connaissance acquise sur le sujet à chaque fois qu'il en est question à nouveau.  Je ne pourrais pas détailler la chronologie des événements.  Une chose dont je suis certaine est que cette guerre a coûté la vie à trop d'innocents.

Je ne m'explique pas la politique, les élections, les lois, le fonctionnement de tout ça.  Je suis mieux renseignée qu'avant, remarquez.  Mais en gros, dans ces domaines, je suis ignorante.

Je ne tolère pas la violence, l'intimidation, la culture du viol, la cruauté envers les animaux, l'injustice, mais devant la plupart de ces situations, je ne sais pas comment agir concrètement pour contribuer à faire disparaître ces réalités.

Je me demande parfois ce qui serait différent si je n'étais pas malade.

J'ignore ce qui s'est passé entre le moment où tu m'as dit que tu m'adorais et ces heures-ci.

J'aimerais connaître le nombre de personnes qui se font arnaquer avec les concours bidons et les croisières dites gratuites dont on nous fait part par téléphone.

Qui a décidé que les bébés n'aimaient pas la couleur noir?  On leur en fait porter rarement.

J'apprendrai.  Je trouverai, je maîtriserai.  Pas tout, mais des bribes.  Ou j'arrêterai de me poser trop de questions.  Je ne sais pas.  Je verrai.  J'en reviendrai.






jeudi 24 juillet 2014





Un peu d'eau, beaucoup de sucre, des colorants artificiels et des produits chimiques pour ma survie.  Je n'ai le goût de rien sauf de ce qui n'est pas sain pour moi.  Ce qui n'est pas bon me tente, m'attire.  Et je ne résiste même pas.  Ne me pose pas de questions.

Les grands vides reprennent.  Bien-être, vide; extase, vide; joie, vide; hilarité, vide.  Ils reviennent toujours.  C'est ma stabilité, ce sur quoi je peux m'appuyer.  Je sais qu'ils vont se repointer.  Mais s'appuyer sur quelque chose qui ne nous élève pas, c'est moche et ça désespère.  Peu d'espoir pour la suite.  On en vient à se demander si les moments entre chaque désert en valent la peine.  Et on ne veut pas miser sur une seule source pour espacer les vides.

Je soupire, mes paupières se ferment, tardent à se rouvrir.  Je suis encore crevée.  La nuit toute à moi.  Je souris un peu.  J'ai quand même de belles images en tête.