samedi 10 janvier 2009







Men I've slept with are getting married or having kids. I'm taking lithium twice a day.

The dude I wanted so much in high school is growing his hair long, and the one I had a crush on in my Spanish class traded his dreads for curls almost like mine.

My lost love has become serious, and thinking about him so often has become ridiculously pathetic.

I'm gonna buy myself dozens of pairs of Converse shoes, use the colors to pretend to be hip and cool.

I never change or dye my hair, hardly ever get a haircut at all:
I don't mess with what's on top of my head, only with what's inside.

I still have scars, all over my body, from when I dig under it.

I also have one on my right knee, from the time I fell off my bike and some biker chick came to help me clean the wound.

And another one near my right elbow, from the night a friend banged her beer against my drink. Some glass got stuck in my arm.

I need to row my boat. As fast as I can.

I don't get serious with you people. I just get lucky, from time to time.

Plus when I get bored, I can always vanish.

And dance on my two feet with two raspberry-flavored lollipops in my hands.







mardi 6 janvier 2009






Il est l'heure d'énumérer les choses que j'aime et que je n'aime pas! Pour ceux qui ne s'y connaissent pas ici, il s'agit d'un petit rituel de début d'année auquel je suis loyale depuis maintenant trois ans. Alors voilà, dans le désordre, et sans répéter ce qui a déjà été souligné, à moins que les données n'aient changé:



J'aime...
  • les versions originales (anglaises, surtout) au cinéma. Vive le Clap, parce qu'à Québec, c'est de plus en plus rare.
  • mon chat. Durant les trois semaines que j'ai passées à l'hôpital, il m'a davantage manqué que l'amoureux. Mais il faut dire que l'amoureux pouvait me visiter, lui.
  • l'amoureux (puisqu'on en parle...!).
  • choisir du vernis foncé et m'en peindre les ongles.
  • mon espace, mon appart À MOI! Et j'aime ses murs, ses couleurs, ses divisions, j'aime le décorer tranquillement, j'aime y vivre, y lire...
  • le psychiatre qui s'occupe de moi pour le moment. Il a une façon enviable de voir la vie et de la vivre. Ses deux externes m'ont bien plu aussi.
  • m'entraîner. Et pourtant, je ne croyais pas m'amuser autant! Tout le long de mon suivi externe, j'ai accès à la salle prévue à cet effet à l'hôpital, la même que durant mon hospitalisation. Je veux continuer à y aller et après, je compte me débrouiller pour faire l'équivalent chez moi ou ailleurs.
  • les photos. En prendre (merci à mes parents pour le super appareil!), en regarder, décider lesquelles iront dans mes cadres...
  • le chocolat chaud Signature Starbucks aux noisettes.
  • les produits chez Yves Rocher. Et m'y faire faire un facial. Et leurs rabais, et leurs cadeaux, et leurs surprises avec la carte fidélité.
  • Mes parents, mon frère, ma soeur. Ils sont tous venus me voir le mois dernier, malgré la distance, malgré leurs horaires, malgré bien des choses.
  • Pierre-Luc. Ouais, je l'aime lui. Il n'a qu'à être là pour que je me mette à rire ou à dire plein de conneries, ou encore pour que je sois moi-même drôle. Lui l'est tellement. Et il est là, à sa façon. Pis on se comprend.
  • la «douche» folie.
  • les pâtes au pesto.
  • la série Six Feet Under. L'amoureux et moi avons entamé la cinquième et dernière saison, et j'ai envie de pleurer à chaque réplique tellement c'est beau, tellement c'est vrai, tellement c'est méchant.
  • les secrets, sous certaines facettes.
  • les activités en plein-air. Quand j'y repense, j'ai vraiment adoré notre week-end en amoureux passé au Cap Jaseux. Je referais de l'hébertisme et de la Via Ferrata n'importe quand!
  • Martha Wainwright. En spectacle, elle est enlevante. Et si coquine!
  • voyager entre amis. Toronto was so great, we HAVE to do it again soon! NYC I say. Ou Boston.
  • la solitude, quand tout le reste devient trop lourd.


Je n'aime pas...
  • la (le?) tequila.
  • l'hôpital (psychiatrique). Ses corridors, ses règlements, ses horaires...
  • gaspiller.
  • les sacs en plastique. UTILISEZ DES SACS RÉUTILISABLES. Il y en a de toutes les couleurs, de toutes les textures, de tous les tissus, de toutes les grandeurs, des dépliables, des refermables, des chers et des pas chers, certains avec compartiments, d'autres avec des poches... Il n'y a plus d'excuse.
  • Me rendre à mes rendez-vous (psychologiques ou pour mon suivi). Je redoute toujours ces instants passés face à une autre personne, des fois à partir de la veille au soir. Ce qui est énervant, aussi, c'est que des fois, rendue là-bas tout se passe bien, ou à peu près.
  • l'attitude bourgeoise.
  • avoir peur.
  • craindre les gens.
  • être la seule à me souvenir.
  • les suites de suites. The Fast and the Furious 3 ou 4, très peu pour moi.
  • les prises de sang.
  • vomir.
  • manquer d'argent.
  • ma paresse.
  • ma fatigue.
  • mes pores.
  • les marques sur ma peau, gracieuseté de moi-même et de mon auto-mutilation.
  • puer. C'est ma phobie, de sentir pas bon.
  • le temps des Fêtes.
  • perdre le contact. Avec les gens, plus qu'avec la réalité, parce qu'avec la réalité, je trouve souvent que c'est bien mieux dans mes rêves.
  • devoir avoir un plan, devoir choisir une voie.
  • être évaluée. Les examens, les travaux, j'ai assez donné.
  • manquer de clarté. Parfois.
  • oublier des trucs qui pourraient s'ajouter à cette liste mais qui ne me viennent pas à l'esprit au moment de rédiger ladite liste.




vendredi 2 janvier 2009






Quand j'étais petite, je rêvassais des heures durant à propos de l'amour, de la parfaite princesse et des princes charmants, laissant de côté leurs armure et les munissant de tout ce qu'il y a de plus humain. C'était décidé: mon chevalier à moi n'en serait pas vraiment un, il serait imparfait et vrai.

Toujours lorsque j'étais petite, je me surprenais à envier mes cousins et cousines plus âgés qui amenaient leurs amoureux(euses) chez ma grand-mère le soir du 31 décembre. Je les surestimais, eux qui avaient quelqu'un à embrasser sur le coup de minuit. Je les trouvais teeeeeeeellement chanceux, et je souhaitais un jour trouver ce genre de complicité qui pousse deux personnes à se regarder dans les yeux, à se sourire et à se dire qu'il n'y pas d'autre façon d'être mieux.

J'ai été déçue, un soir où j'avais amené mon compagnon de l'époque qui ignorait tout de mes fantaisies de petite fille. Ma haine du temps des Fêtes s'est sans doute mise à grandir en ce début d'année 2006. Quand je me suis retrouvée seule, j'ai gardé pour moi mon romantisme quétaine et j'ai fait un voeu muet de non-attachement pour un temps. Et pour cause de gastro et d'humeur malade, j'ai eu la «chance» de me retrouver seule dans mon lit, soit entre deux états ou endormie, durant les deux réveillons suivants. Je n'ai pas vu 2007 ni 2008 arriver et c'était très bien comme ça.

Pour la présente période des Fêtes, j'avais à mes côtés l'amoureux idéal. Il m'a traînée à Thetford Mines et à Beloeil pour me présenter à sa famille. Il m'a suivie ici à Québec pour festoyer avec la mienne. Et même si je n'étais pas dans l'esprit des Fêtes, il m'a supportée et il ne s'est même pas sauvé. Mais voilà, il y a un hic. Je me suis empoisonnée, sûrement. Je ne vois plus rien à deux, et j'en suis venue à craindre le décompte du 31 et cette seconde qui suit le coup de minuit et où tout le monde embrasse son plus proche voisin. Les voix étaient trop fortes, je ne voulais pas y mêler la mienne. Je ne savais plus compter, ni regarder dans les yeux, je savais juste pleurer et marmonner «J'aime pas ça» comme une enfant. L'amoureux m'a pourtant embrassée, il m'a serrée. A pris mon visage de ses deux mains, m'a embrassée encore. Moi qui avais mon prince à mes pieds, je rêvais d'un igloo et de solitude.

Cette année, je veux VRAIMENT ma cabane en bois rond pour Noël. J'y tiens.






dimanche 28 décembre 2008





Je n'ai jamais aimé compter les moutons. J'ai bien essayé, quelques fois pour dormir, mais en vain. Alors je ne compte pas, je ne compte rien. Si je me trouve dans un endroit à attendre, je ne compte pas les tuiles au plafond, je ne cherche pas à savoir combien de lattes forment le plancher. Le temps ne passe pas plus vite, et je ne m'en trouve pas plus apaisée.

Mon plus récent passe-temps consiste à créer des chorégraphies, à les imaginer dans ma tête. Je danse, ou bien je vois d'autres corps de danseurs. Chaque figure se démène. Parfois je sais quelle musique accompagne les pas, d'autres fois non. Mais je danse. Tout le temps. Sans mouvement. Ça me calme, et le temps passe, sans me le dire, et je n'y vois que du feu.

Je ne vois que du feu, je danse.














mercredi 24 décembre 2008





Il est quatre heures du mat', et je ne dors pas. Le chat non plus, et je lui fais peur quand je lui demande s'il veut retourner se coucher. Ce félin est beaucoup trop nerveux.

J'ai mangé trois clémentines. Bu un peu d'eau. Changé la litière (parce que ça pressait, , faut croire). J'ai regardé dehors, me suis questionnée quant à savoir s'il faisait froid. En face de l'ordi, tout à côté de la fenêtre, c'est pas très chaud en tout cas. Et je me demande pourquoi je ne suis pas couchée sous mes six ou sept couvertures, à flatter M. Gris.

Je suis en état d'appel, on dirait. J'ignore ce que ça veut dire vraiment, mais ça me semble approprié.

Ce sera bientôt l'anniversaire de quelque chose. L'anniversaire de bien des choses, et de gens. Mais les choses y'a que moi qui les fête. Je suis stupide.

Dans quelques heures, je pars pour Thetford Mines, la contrée de l'amoureux. Ce sera une première pour moi. Et demain, Beloeil j'arrive. Qui sait comment le tout se passera. Il ne faut rien que j'oublie.

Mon frère me manque, en ce moment. Je pense à lui et je me dis que je ne sais même pas si je le verrai durant le temps des Fêtes, cette année. J'irais bien m'entraîner avec lui.

Bon, suffit maintenant. Au lit.





mardi 23 décembre 2008






La libération se fait douce. Je ne m'emporte pas, je ne crie pas «Victoire!», parce que je n'ai rien gagné. Et atteint si peu. C'est fou ce que le chemin est long, parfois. Alors que tout ce qu'on veut, c'est se glisser sous sa peau et s'y sentir bien. Au chaud.

Noël me fait peur. Je n'ai pas envie de ce temps de l'année. Je ne veux pas raconter aux oncles et aux tantes que je vais bien et que tout est réglé maintenant. L'hypocrisie m'étouffe un peu, et je ne souhaite pas me diluer derrière la mienne. Je vais donc raconter la vérité: «Être là-bas, ça faisait chier. C'était long et vraiment plate. J'ai lu, j'ai lu beaucoup. On m'a prescrit un nouveau médicament, le lithium, oui oui. Et là, je suis de retour chez moi, et ça m'arrive de me demander où vont aller tous ces efforts, si je vais vivre plus vieille que 32 ans et si je vais aimer ça.» La description des réactions est à venir.

Mais je me connais, je serai peut-être polie. J'aurai cette excuse-là pour essuyer mes mensonges. Remarquez, je suis sincère lorsque je souhaite de Joyeuses Fêtes ou un joyeux Noël à quelqu'un. Cette personne-là y prend sûrement plaisir, et ce n'est pas parce que je ne suis pas toujours capable d'en avoir que je dois le lui gâcher.

Mais bon. Vivre l'instant présent. Et pour le moment, je vais aller m'étendre sur mon divan. Laisser Ignacio venir s'installer sur mon ventre. Puis je vais tenter de finir le livre que je lis en ce moment. L'intrigue n'aboutit pas. Comme quoi ce ne sont pas tous les Suédois qui puissent m'impressionner.





samedi 20 décembre 2008






J'aurai passé décembre à l'intérieur, dans une chambre de la Clinique Roy-Rousseau du Centre hospitalier Robert-Giffard. Les premières rafales de neige, je les ai à peine senties, j'ai à peine tremblé de voir que le monde redevenait blanc, encore une fois. Un mois irréel.

Je ne me rappelle plus si je tremblais le jour où on a décidé de m'amener là. Mais je sais que j'ai eu peur. Des couloirs laids, du silence puis des quelques phrases perçues ici et là, de toutes ces portes blanches aux poignées anciennes, de la femme qui m'a demandé d'enfiler le pyjama de la place, et de sortir de mon sac tout ce avec quoi j'étais susceptible de me faire mal. J'avais froid, sans doute, parce que tout ce qui m'entourait l'était.

Je me suis peut-être habituée à cet environnement aseptisé, je ne sais pas trop. Est-ce qu'on se fait à ça? Je l'ignore. Ce que je sais, c'est que j'ai peu à peu cessé de voir de l'austérité partout, d'être effrayée par les murs beiges, par l'homme à la démarche bourrue qui m'appelle Danika, par la femme aux cheveux courts, aux yeux sévères et qui sonne bête peu importe ce qu'elle dit, par les infirmières et les préposés, et que j'ai troqué ma résignation contre de l'acceptation.

Je me suis fait une amie. Elle me fait rire, et souvent nous allons nous entraîner en même temps. Elle a un garçon de douze ans qui lui donne pas mal de misère, et quand elle pleure je ne sais pas quoi faire. Moi je ne pleure pas, les médicaments m'assèchent on dirait. Je n'ai pleuré que lorsqu'on m'a dit que je devrais passer au moins trois semaines sur cette aile.

Je sens que ça aide, ce séjour. Je veux que ça m'aide. Je ne souhaite pas y retourner... Mon psychiatre m'explique très bien les choses, et il écoute, et il semble comprendre. Je le trouve drôle. Et son équipe est très bien. Je suis bien entourée, ç'aurait pu être bien pire... J'ai tout de même très hâte de franchir la grande porte de l'aile 200-est une bonne fois pour toutes.

Est-ce que ça va mieux? J'en sais rien. Ce n'est pas ma vie, ça. Là. Pour l'instant je me sens engourdie. Comme si je devais réapprendre à rire, à sourire. Je vais me taire et observer. Me dénicher mon mode d'emploi personnel. Celui qui fera mon affaire.