Eh bien, la neige s'est pointée. En grandes pompes, ce qui fait que tout le monde s'emballe. Pourtant, il faisait si doux, ces dernières semaines. Je me plaisais bien dans ce que j'appelais un printemps automnal (ou un automne printanier, c'est selon). L'insouciance provoquée par l'absence de gel tangible me convenait. J'aimais m'envelopper sans avoir à craindre le ciel. Je m'y ferai, à autant de blanc. Comme à chaque fois.
Dans la cuisine, sur la table, il y a une citrouille qui refuse de mourir. Ou qui a oublié de se décomposer. Je la garde avec moi. Elle deviendra la première citrouille de Noël. Je la saupoudrerai d'aiguilles de sapin et lui apprendrai des cantiques. Je ne risque pas de m'en lasser; elle ne peut pas chanter, de toute façon. Peut-être me redonnera-t-elle le goût des Fêtes.
Je fais à nouveau des rêves de grande teneur. Après lesquels je dois récapituler ma vie, départir les images des faits. La nuit on me veut toujours plus que durant le jour. J'aimerais bien qu'on me remarque. Plus. Comme ça.
Je passe beaucoup de temps là-bas. Là où il fait toujours un peu froid parce que souvent les fenêtres sont ouvertes pour laisser s'échapper la fumée de leur tabac. Là où il y a deux autres chats. Où on peut entendre de la musique environ 18 heures par jour, de la cuisine ou du salon, de l'ordi ou d'une guitare grattée par l'un des occupants. Cet endroit où souvent la télé présente l'insipide poste V aux émissions dont la médiocrité me fait bien me marrer. Où je peux rester à coucher, emprunter le divan. Où on peut profiter de l'immense cuisine pour danser sur du Ray Charles. La place où tout le monde se rassemble après un show des gars. La place où je peux seulement m'asseoir et ne pas être seule. Ils ne sauront probablement jamais à quel point cet appartement vaut tout pour moi en ce moment.
mercredi 9 décembre 2009
mercredi 2 décembre 2009
Hier soir, je me suis payé le luxe de retourner voir Matthew Good, mon idole, en spectacle. Cette fois-ci, il était accompagné de musiciens alors que la première fois, il était seul sur scène. C'était à l'occasion de sa tournée acoustique, à l'automne 2007. Cette fois-ci, c'était... c'était bon. Presque comme retrouver quelqu'un qu'on avait pas vu depuis longtemps. Je dis ça, et je nous prête des affinités et une relation qui n'existent pas, à «Mathieu» et moi. Oui, «Mathieu», comme l'a appelé la fan finie d'environ 45 ans qui s'était toute pomponnée pour aller fantasmer sur son chanteur préféré. D'autres ont aussi scandé son nom en français durant le show. Au début, je trouvais ça de très mauvais goût et j'ai eu envie de leur gueuler quelque chose, puis je me suis rappelé que le prénom peut se traduire, comme le faisait ma prof d'espagnol au secondaire pour s'adresser à nous durant la classe, contrairement au nom de famille qui, lui, ne se traduit pas. Mais bref.
Pour revenir à MATTHEW Good, j'ai trouvé qu'il avait vieilli. Et qu'il avait des mimiques de débile en jouant de la guitare électrique. Mais pas trop, et pas souvent, hen. Ça ne lui enlève pas son talent. Je ne peux pas dire qu'il ait beaucoup de charme. Je n'ai pas tout compris ce qu'il disait durant ses interventions, il marmonnait un peu, et n'a pas pu s'empêcher d'émettre des commentaires politiques. Il n'a pas perdu son humour. Il m'a fait rire. M'a encore touchée. On dirait que j'avais envie de le protéger, et de tout lui répéter ce que les gens lui criaient depuis la foule tassée, au cas où il n'aurait pas saisi le propos. J'avais envie de lui pointer la petite dame, encore plus fan finie que l'autre, juste en avant à sa droite, et le pépé qui semblait l'accompagner. J'aurais voulu savoir s'il était aussi surpris par leur présence que moi.
Il portait une petite casquette style vieillot comme l'ami porte souvent. Je m'imaginais le croiser après sa prestation et entamer une conversation digne des meilleurs dialogues des plus beaux romans, un peu à la Marguerite Duras. J'aurais pu lui confier que moi aussi, je m'étais déjà produite sur cette scène, du temps où l'endroit était une galerie d'art. Lui dire que le décor n'était vraiment pas le même. Que la première fois, mon complice et moi avions assassiné deux poissons rouges et avions laissé trois kilos de poudre à bébé sur la rue St-Joseph en nous secouant après coup pour essayer d'enlever le plus gros qui restait collé dans nos cheveux, sur nos vêtements, notre peau. Et j'aurais pu lui dire que j'étais consciente que personne n'avait compris grand-chose à notre performance. Et j'aurais parlé de la deuxième fois, où j'accompagnais le gars que je trouvais le plus drôle au monde et comment j'avais peur de ne pas être à la hauteur. J'aurais pu lui avouer que cette fois-là était la dernière où j'avais fait du semblant de théâtre, et que ça me manque.
Il a joué quelques-unes de mes chansons favorites. Il ne m'a pas regardé, nos regards ne se sont pas croisés, malgré que j'aurais pu lui agripper le genou en tendant la main. Non. M. Good chante les yeux fermés. Ou bien il fixe droit devant. Un point, ou une image dans sa tête. C'est pas grave. Je voulais juste le voir, moi. Et l'entendre. Sa voix, ses mots. Qui me sont si précieux. Je le marierais, cet homme. Même s'il a 38 ans, qu'il est bipolaire (c'est peut-être un plus, dans mon cas...), que je devrai le défendre devant mon père parce qu'il dit «fuck» aux 2 phrases et que je ne comprends pas tout des enjeux dont il parle. Je le marierais, j'irais le rejoindre à Vancouver, m'occuperais de ses chiens, serais gentille avec sa famille.
Je vous laisse avec les paroles de ma chanson préférée sur son dernier cd, Vancouver.
Us Remains ImpossibleCome on over, you'll regret it
Drive you nuts if you let it
Breathe in only 'til you get it
The waves go on and on
There's a light up there tonight
That shines a lady all year bright
It's all the same, the you and I
It's over now, I know it's sorry
I know you so you know me
But us remains impossible
Come on over, you'll regret it
Crack you up if you let it
Hang on only 'til you get it
The weight goes on and on
There's a light up there tonight
That shines a lady golden bright
I long to wait for you and I
It's over now, I know it's always
And I know you so you know me
But us remains impossible
And I know you know that I ain't me
So us remains impossible
jeudi 26 novembre 2009
Top 3 des trucs moches (et surutilisés) à dire pour consoler quelqu'un :
- C'est la vie.
- Le temps arrange bien les choses.
- Rien n'arrive pour rien.
Top 3 des pensées automatiques perçues dans le cerveau des gens après avoir reçu l'une ou l'autre (ou les 3 en même temps) de ces phrases frustrantes :
- Ah oui, c'est la vie, ça? Elle est nulle, la vie, alors. Fait chier, cette vie.
- Temps de PUTE. Il n'a aucune pitié, et prend bien son temps, le temps. (Personnellement, je la dis souvent, celle-là.)
- Dans le vif du chagrin, comme ça, là, c'est dur de trouver une raison à tant de souffrance, et d'y croire, et de l'accepter. (Et même après, parfois, on n'en trouve aucune.)
Étant moi-même une de ces filles que l'on doit souvent réconforter, je dois avouer ne pas avoir trouvé la formule magique à réciter aux coeurs blessés. Mais il existe une alternative miracle : l'écoute. Et si l'âme froissée n'a rien à dire, il y a aussi la 2e meilleure solution : la présence. Être là, juste ça. Tout près, ou au bout du fil, ou devant l'écran d'ordi.
mardi 24 novembre 2009
Mes chats ont une mauvaise influence sur moi. Je dors tellement. Le dimanche, jour mortel et ennuyant s'il en est un, je réussis à égaler leurs seize heures quotidiennes réglementaires. Pas étonnant que ma vie ait aucun ou si peu d'éclat.
Paraît que je dois faire des efforts, provoquer des nouvelles rencontres... Je fais tout ça, pourtant. Je ne m'enferme pas chez moi. Ce n'est pas de ma faute si je renonce parce que tout me demande trop d'efforts et que le nouveau monde ne m'accorde pas d'intérêt significatif (En fait, si, je suis à blâmer pour le premier énoncé et j'exagère et/ou suppose bien des choses dans le second). Mais j'imagine que quand même écrire ne me dit plus grand chose, je ne dois pas avoir une tronche bien invitante.
J'ai l'humeur dépressive, qu'il dit. Grande révélation. Vous avez raison de me fuir, alors. Partez tous avant que mon mal ne vous rattrape. J'ai connu des maladies avec lesquelles on s'accommode davantage. La mononucléose, par exemple. M'enfin.
C'est fou ce que je suis d'aucun intérêt, vraiment.
vendredi 13 novembre 2009
mercredi 11 novembre 2009
Faut comprendre. Cet endroit, je l'exècre. Je veux le renier, ne prendre que ce qui me convient et oublier le reste. Je garde donc quelques personnes, une maison (ou deux ou trois, parce que celles-là m'ont vue grandir aussi), un parc, un pub, un appartement, un café étudiant et des locaux d'une asso étudiante dans une petite petite université, certains chiens et chats, moins de cinq restos, une boutique ou deux pas plus, une piste cyclable, un trajet de marche en pleine ville.
Mais je suis bien obligée d'y retourner et de croiser le reste. Parce qu'il y a des événements et des gens, encore. Seulement, ça fait mal d'y remettre les pieds. Physiquement mal. Et mal en dedans. Y'a un recul automatique qui se fait dans mon corps quand je débarque de l'autobus ou de la voiture. Mes pas ne veulent pas autant que ma tête. Le problème c'est que quand j'y suis, j'ai si peur du reste que je préfère m'enfermer dans la maison. Ne pas dépasser le terrain. Je n'accepte de déchirer ma bulle que pour les éléments énumérés ci-haut, et même encore, à certaines occasions je m'empêche de franchir mon mur transparent.
Parce que ce n'est plus pareil. Et ce ne sera plus jamais la même chose. Et ça me déçoit trop. Toi t'es plus là. Et lui non plus. Elle vit en appart avec un chat qui ne m'aime pas. Et elle, elle a sa petite maison, son fiancé, leur chien, leurs chats et l'enfant qui s'en vient. Et l'autre est repartie, puis le trajet de marche est nul sans elle. Je n'ai plus de repères, quand j'y retourne, et moi je perds tout ce qui se passe autour de moi. Je tourne le dos à ce qui prétend être ce qui a déjà été, et j'en suis consciente. Je n'y peux rien, c'est comme ça. Comme la vie qui va. Foutue vie qui ne nous demande pas notre avis.
Y'a que la maison qui ne change pas, pas vraiment. J'y retrouve ses principaux occupants à chaque fois, et à d'autres y'a quelques membres qui s'ajoutent, parfois à tour de rôle. Ça me va. On n'a pas trop déplacé les trucs laissés dans mon ancienne chambre. Elle me semble inanimée, maintenant. Un peu normal, faut croire. La télé du den est maintenant beaucoup trop grande pour la grosseur de la pièce, selon moi, mais je ne l'écoute pas assez pour m'en plaindre vraiment. Et la terrasse me plaira toujours, sûrement.
En fait, ce qui revient tout le temps quand je vais là-bas, c'est mon mal. Ma nostalgie qui déborde. Je peux pas croire qu'on s'est tous éparpillé comme ça. Fuck les promesses, hen. Parce qu'elles ne se tiennent pas.
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