jeudi 11 janvier 2024

 

Du blanc sur ma peau. 
Pour indiquer que je suis allée trop loin,
que je ne me suis pas arrêtée
dans les limites du raisonnable.

Du bleu sur mes ongles.
Pour flasher, pour ne pas voir l'ongle,
pour ne pas disparaître
dans les pièges du trop commun.

Du vert dans mes yeux.
Du rouge dans ma tête.
Un peu d'orangé aussi.
Des points, qui se disputent.
Tournent en rond, reviennent.

Des fois du vide.  Du grand vide.
Des espaces grillés à jamais.
Des noms enfuis de mon cerveau.
Des titres qui se sont échappés.





mardi 9 janvier 2024

 


Mon top 2023 de tout et n'importe quoi : 


  • Trop de Pascale, de Pascale Bérubé, livre inclassable paru chez Triptyque
  • L'angoisse d'être à jeun, de Sara Robinson, autre livre pété publié par Triptyque
  • Lessons, roman d'Ian McEwan, chez Knopf Canada (Penguin)
  • avoir passé une partie de l'été à Saint-Jean-Port-Joli avec mes parents
  •  la série télé Les Simone
  • All the Sex I've Ever Had, performance présentée dans le cadre du Mois Multi 2023
  • le balado Uncover
  • la pièce de théâtre bouleversante N'essuie jamais de larmes sans gants, mise en scène par Alexandre Fecteau, d'après le roman tout aussi poignant de Jonas Gardell
  • la série Heartbreak High, le reboot de 2022
  • jouer aux mots croisés avec ma mère
  • les Squishmallows.  Tant de douceur et de squishitude!
  • la sublime chanson I Won't Complain de Benjamin Clementine.  La trame mélancolique me plaît énormément.  Je suis plus du genre «Merde la vie» mais bon ça me fait réfléchir

  • Sweet Disposition, une chanson de The Temper Trap.  Quelle montée!





Notez que 2023 a été une des pires années de ma vie.  J'y suis embarquée avec encore sur le coeur l'automne infernal de nouveautés et de commandes à gérer au travail dans un minuscule espace autre que l'entrepôt habituel et le suicide d'un ancien collègue (nous n'étions pas proches, mais ça  m'a troublée).  Puis j'ai subi une intervention médicale, suis tombée en arrêt de travail à cause de la dépression et de l'anxiété qui m'avaient regagnée, ai subi un changement de médication, pris du poids, appris le départ d'un autre collègue que j'affectionnais particulièrement, perdu toute énergie donc j'ai dû abandonner mes trois activités physiques hebdomadaires l'une après l'autre, je suis passée à travers une nouvelle série de traitements d'ECT, ai reporté mon retour au travail parce que je n'étais pas prête, ai passé un automne rempli de hauts et de très bas, ai eu la COVID pour une deuxième fois qui m'a pas mal maganée, tout ça dans une solitude grugeante malgré mon entourage, l'aide et le soutien qu'on m'apportait.  Alors mon top n'est pas top, ni très fourni.  Et ma mémoire et les électrochocs ont effacé certaines choses, il se peut donc que j'aie oublié de les ajouter à cette liste.

Je ne fais pas pitié.  Je rushe juste, pis j'ai mal, pis je le dis.  Faut le dire.  On doit normaliser le «ça va pas».  Il faut de l'aide, aller en chercher, en donner, comme on peut.






samedi 6 janvier 2024

 

Depuis le début de l'année, je...

  • pleure à chaque soir en me couchant, des fois à d'autres moments de la journée aussi;
  • bois plus de liqueur, alors que j'avais réussi à réduire ma consommation;
  • crains et anticipe négativement presque tout;
  • ressens beaucoup de culpabilité de ne pas avoir été capable de célébrer et être de bonne humeur durant les Fêtes, surtout à certaines dates;
  • suis irritée et frustrée par presque tout;
  • dépense beaucoup (d'argent que je n'ai pas);
  • dors souvent (mais ce n'est pas nouveau);
  • fais des mots croisés avec ma mère, comme l'été dernier;
  • regarde des films (deux jusqu'à maintenant : May December et Your Place or Mine) et une série documentaire (D.B. Cooper : Where Are You?!);
  • m'ennuie de mes chats;
  • discute en ligne avec un homme rencontré sur Tinder mais ne le feele pas pantoute.

mercredi 6 décembre 2023

 

J'ai souvent l'impression que tout ce que je fais dans une journée, c'est de prendre des médicaments aux 4 heures.  Ce sentiment s'est exacerbé depuis que j'ai eu la Covid pour la seconde fois, la semaine dernière.  Je ne me levais que pour aller aux toilettes, me prendre un truc à manger ou à boire, nourrir mes chats et vider leurs litières, ou prendre des pilules.  Mes régulières et d'autres pour alléger les symptômes du rhume.  Mon niveau d'utilité était alors à 1 sur 10, disons (pour les chats).  

Ces jours-ci, je me fais chouchouter chez mes parents.  Mon côté utile est peut-être rendu à 4.  C'est un peu pour compenser pour l'isolement imposé par le virus, que je suis ici.  Après 8 jours à n'avoir interagi avec personne, sauf pour remercier de loin ma soeur venue me porter des vivres à ma porte, mon moral était complètement bousillé.  Il fallait faire quelque chose pour me remonter un peu.  Ma mère m'a invitée à venir les rejoindre, elle et mon père.  Encore une fois, ce sont eux qui viennent à mon secours.

Ça vous tue une joie de vivre, la solitude ininterrompue.  Pour moi en tout cas.  J'en ai besoin, mais trop est très néfaste pour mon humeur.  Et moi qui n'aie déjà pas tant de réserve de gaieté, il ne faut pas m'enlever mes quelques ressources.  Sans elles, mes idées noires reviennent.  Me reprennent.

La solitude peut être d'une cruauté sans égal.  Elle peut défaire toute fondation et faire en sorte qu'il n'y a plus rien pour nous tenir debout.  C'est d'une tristesse sans nom.  Se sentir seul.e.  Être seul.e.

Je me demande quoi faire et je n'ai le goût de rien.  Rien ne me tente.  Je l'ai déjà dit.  Je me demande surtout si ou quand ça va me revenir, l'envie de quelque chose.  Ce n'est pas pleinement retrouvé, encore.  

Bordel que c'est long.




samedi 2 décembre 2023

 

Les ongles n'arrêtent jamais de pousser.  Quoi d'autre n'arrête jamais?  Ma tête.  Les pensées qui font du tort.  Ou si peu, dans une journée.  Elles arrêtent si peu.  Je choisis de dormir souvent pour les tasser.  Ça marche le temps du somme.  Il n'y a rien de permanent, dans l'apaisement.




mercredi 8 novembre 2023

 

Ces jours-là est-ce qu'on les a connus?
Vendredi a disparu.

La semaine est une affaire de contrôle, d'ordre et de répétition.
Un cycle s'est enclenché,
nous sommes pris dans l'engrenage.
Des dizaines et des dizaines d'années d'horaires établis,
comment briser la «tradition»?

Mettre mon doigt dans le mécanisme.
Stopper le monde.

Ce qui dure depuis très longtemps est souvent respecté.
Comme si de vieilles décisions ne pouvaient être modifiées, améliorées.
Ce qui est plus ancien est forcément meilleur, voyons.

Je remets en question :
  • la semaine de travail de cinq jours
  • le nombre d'heures de travail dans une journée
  • le changement d'heure
  • les modèles universaux
  • les schémas archaïques
J'aimerais détruire certaines bases.
Ramener l'activité de ne rien faire au calendrier.

Vivre uniquement en préparation du futur,
est-ce vraiment vivre?
Le ciel m'a répondu.

On ne peut y toucher.
Je vais le briser.

Il y a des moments qui pendent,
qu'on ne peut plus reprendre.