mardi 30 juin 2020





Le reste de juin s'est assombri d'une solitude alourdissante qui a fait équipe avec quelques déceptions pour m'écraser et m'amener aux larmes.  Je réussis à me secouer et me reprendre.  Mais je suis seule encore à nouveau tout le temps.

C'est long longtemps.












mardi 9 juin 2020





Sur le qui-vive d'on ne sait trop quoi.  

On attend tous un peu que ce soit passé, n'est-ce pas?  

Et après, par où aller?  Que faire?  

Quoi dire.  Ou pas.  

Célébrer.  

Se retenir.  

S'avouer.





dimanche 7 juin 2020





Aujourd’hui n’existe que pour dormir, je me dis.  Mais au lieu de retourner faire une autre sieste, j'ai plutôt regardé les trois premiers épisodes de la série Normal People, basée sur le roman du même titre de Sally Rooney (dont j'ai déjà parlé ici).  C'est tellement beau, je veux m'en garder pour plus tard, même si je sais ce qui s'en vient.




J'attends quelque chose mais je ne sais pas vraiment quoi et j'ai l'impression que je vais être déçue.  I want more I want more I want more.  Je veux plus de quelque chose que je ne peux définir.




jeudi 4 juin 2020





Nous sommes en juin j’ai mal au bas du dos ce n’est pas commode pour quelqu’un qui doit entre autres soulever des boîtes de livres au travail je ne suis confortable que lorsque je suis allongée alors je profite et teste à fond mes nouveaux draps et oreillers.
Hier soir chez des amis nous avons bien mangé et discuté autour d’un feu tout en gardant nos distances tel que prescrit et malgré la douche je crois encore sentir la fumée dans mes cheveux j’aime voir des gens j’aime quand on ouvre une bouteille j’aime regarder les flammes s’agiter j’aime empester la boucane.
L’été sera-t-il beau bon chaud doux collant j’espère tout ça bien réparti.








dimanche 31 mai 2020






Depuis un bon bout de temps déjà (une éternité, vraiment), aucune des attirances que j'ai pu ressentir envers quelqu'un ne m'a été retournée.  Rien de réciproque.  Ça draine l'ego, ça.  

Plaire et séduire, c'est un thrill que j'aime.  Qui me manque.  Je me demande ce que j'avais qui faisait que jadis, un gars ait déjà voulu passer du temps avec moi, souhaité me connaître, eu envie de m'embrasser, me toucher, me faire plaisir.  Je me demande ce que j'avais que j'ai vraisemblablement perdu depuis.  

J'ignore ce qui me fait défaut, mais je sais que je suis plus stable qu'avant, plus joyeuse et moins awkward.  C'est quoi d'abord, le problème?  Mon odeur?  Mes trois chats?  Ma shape?  Mes rides?  Mes jambes marquées?

Oui, je chiale et je veux faire pitié, mais nul besoin de sortir les phrases de circonstance du genre «Je comprends pas, t'es formidable pourtant» ou «C'est eux autres les pires».  

Parce que non.  Ce n'est pas eux autres les pires.  C'est moi qui suis toute seule, qui n'aie personne avec qui rigoler et bavarder, c'est moi qui ne baise pas, qui n'embrasse pas assez souvent à mon goût, c'est moi qui ne partage rien à deux.

Je veux être toute nue avec quelqu'un, bon.







 

dimanche 17 mai 2020




Une douce envie de sacrer mon camp.  D'aller voir ailleurs, peut-être justement parce qu'on ne peut pas y aller, ailleurs, en ce moment.  Il y a une parcelle de spontanéité qu'on ne peut pas se permettre, en ces temps de crise.  Des coups de tête auxquels on ne peut obéir.  Des élans qu'on ne peut pas prendre.  

Je veux t'embrasser.