jeudi 9 mai 2024

 


La semaine a été riche en crises d'anxiété.  C'est éprouvant, fatigant, éreintant, épuisant.

Malgré les bonnes intentions et l'empathie des gens, je me sens souvent incomprise quand j'en fais mention.  C'est dur à expliquer, ce que je ressens, quand je pleure de gros sanglots, que je respire vite et que je fais les cent pas en me tordant les mains et en tremblant.  

Ça, c'est ce que j'ai l'air*.  En dedans, c'est le chaos.  En dedans, c'est une perte de contrôle totale.  Ma mère a dit un mot tantôt que je juge assez approprié pour exprimer ces moments d'angoisse intense :  «démuni».  Je me sens démunie.  

Démunie comme un bébé qu'on laisserait seul dans une pièce trois secondes.

Démunie, sans outils, sans savoir, sans acquis, sans ressources, sans expérience.  

Je ne suis plus une adulte, je ne sais plus rien faire, je n'ai plus d'années derrière moi.  

Tout m'attaque et je ne suis pas préparée.  Je ne peux faire face à rien.

«Les consignes les tâches les responsabilités les horaires les exercices les sorties les crisse de repas les rendez-vous les appels les messages les papiers les engagements la vie.»

«Je suis laide grosse personne m'aime je pogne pas qui voudrait de moi j'aurais pas dû dire ça comme ça parle plus fort parle moins fort souris plus ça ne me tente pas d'y aller je vais devoir y aller mes chats ne m'aiment pas je suis juste une distributrice à minouches pour eux est-ce que ça a bien été vernis tes ongles je n'écris pas assez je n'écris rien de pertinent j'écris seulement sur moi retourne à la fiction mais qu'est-ce que je vais faire de ma vie ce n'est pas une vie ça je n'aime pas la vie.»

D'habitude, après, j'ai mal à la tête d'avoir trop pleuré.  Si je peux, je prends des ibuprofènes et je m'étends.  Ça passe.

Ça passe tout le temps.  

Mais ça revient.



*Notez que ce sont mes réactions physiques.  Ça varie parfois.  Et ça peut différer d'une personne à l'autre.





mardi 30 avril 2024

 


De la poésie.  (3)


*****


Il y a un noeud froissé dans ma poitrine

qui chiffonne 
pèse lourd sous la cage
la cage des os
les os thoraciques

Je sens que le noeud veut sortir
il appuie sur les côtes
se bat contre les parois
pas d'issue
pas de calme

Il 
n'a réussi qu'à descendre
va mourir dans mon ventre
je suis ronde de l'accueillir
porteuse d'un mort-noeud
je ne flatte pas mon ballon

Les souvenirs m'oppressent 
les images m'oppressent 
revoir m'oppresse
ressentir me casse
vider me coule







mardi 23 avril 2024

 


De la poésie.  (2)


*****


Un bijou
un peu tout 

Un phare blessé
Le rivage sens dessus dessous
Bien paraître paraître beau
Les eaux sont allées au chemin

Se promener se dire quoi d'autre si demander si c'est joli qu'est-ce qui est joli qu'est-ce qu'on va dire quand on va rentrer ils nous attendent sûrement ne pas déborder.


Les os sont retournés
Former la charpente
Plus de glisse, plus de blessure
Le phare comme neuf maintenant
Le bijou
n'a servi à rien 







dimanche 21 avril 2024

 


De la poésie.


*****


Je prends du vent.

La palette du plus gros fun ever.


Je prends du vent.  Comme on prend du soleil.


Quand je m'ennuie j'achète.  Aujourd'hui je m'ennuyais.  Aujourd'hui beaucoup de choses me manquaient mais la plupart ne s'achète pas.  Alors j'achète des objets.  De la nourriture.  En ligne, sans me déplacer.


Je n'ai pas envie pas le goût.  

Sauf de liqueur.  

Amenez-moi des boissons gazeuses.



jeudi 11 avril 2024

 


S urprenant

P etit, somme toute

A léatoire

S aisissant

M uscle brusque

E nervant, des fois



 

jeudi 4 avril 2024

 Ma tête est vide, ma tête est pleine.  Je dors beaucoup le temps passe mieux, la nuit je vire d'un bord vire de l'autre je me lève aux deux heures pour uriner.  Je souris des fois juste par politesse, je fais la baboune idéalement lorsque seule ou seulement entourée des gens dont je me sens le plus proche.  Je ris des fois sincèrement, je pleure des gros sanglots tout aussi sincères.  J'ai plein de toutous j'en veux à jamais, mais j'en ai sûrement trop.  Je suis grosse je suis bouffie j'ai un double menton que je n'accepte pas, je mange irrégulièrement et pas tant que ça et pas les bonnes choses.  Je veux ma forme d'avant, je ne vais pas à mes entraînements.  Des fois je m'emmerde, je n'ai pas repris toutes mes activités celles qui me divertissaient.  L'écriture c'est difficile, mon manuscrit je l'ai à peine survolé.  La concentration n'est plus toute là, il y a des idées fixes qui m'obsèdent.  Je veux être seule, je me sens seule.  Je veux voir des gens, je me sens seule après un temps et je veux me cacher.  Je ne suis pas bien très souvent, je ne suis pas bien trop souvent.



lundi 25 mars 2024

 

J'tannée de rêver.  J'veux the real thing.  The real deal.

«Tannée de rêver».  J'dis ça pis j'rêve à peine.  C'est juste que je pense à ça.  Faisait longtemps que j'avais pas pensé à ça.  J'le dirai pas tout haut, en tout cas pas tout de suite.  Ça pourrait faire peur à ceux qui l'entendraient, j'ai l'impression.  Y pourraient se sentir concernés.  Y'en a qui ont ben peur de ça, les sentiments.  Moi j'les effraie pas pire avec les miens.

Des fois j'me doute pourquoi.  D'autres fois j'comprends pas.  Ça arrive juste pas pour moi, on dirait.  Ça peut être lourd, par moments.  Rien provoquer, rien susciter.  Chez personne.  C'est pas que ça me prend absolument quelqu'un, c'est que c'est doux sur l'ego, «pogner», de temps en temps.  

Pis là j'veux du doux, un 'tit peu.