samedi 8 novembre 2008

Quand je dis que je suis mauve, c'est que je me sens mauve. Comme les gens qui ont les bleus. Like those who have the blues...

Je suis mauve, parce que mes médicaments ne me font plus. Parce que j'ai peur d'aller voir le médecin dans quelques jours et de devoir tout lui déballer. Je suis mauve parce que je dois appeler pour subir une évaluation psychologique dans une clinique quelconque afin de transférer mon cas à un professionnel autre que celle qui me voit en ce moment, mais dont je ne peux plus bénéficier des services car je ne suis plus étudiante. Parce que je suis crevée et que je ne peux même plus finir mes journées. Je suis mauve parce que je veux me faire mal, et que je recommence ces temps-ci. Je ne veux pas avoir à m'insulter au miroir encore pendant des heures... Mauve parce que je pense, tout le temps trop fort toujours trop longtemps, et pas aux bonnes affaires.

Mais bon, c'est juste ça: je suis mauve.

J'ai repeint mes ongles, ce soir. Je viens juste en fait. Demain ma mère m'emmène magasiner, question de me remonter le moral, de me faire changer d'air, et question que ça lui tente aussi. Alors je porterai des fringues fuckés et j'aurai le bout des doigts rouge «Big Night Out», la teinte 826 de Rimmel. Je regarderai ce que les autres portent et je jetterai un coup d'oeil aux tendances et je m'imaginerai des ensembles pour les prochains jours. Je sais être superficielle à ce point, oui oui.

Je ne finirai probablement pas ma toile avant de me coucher. Mais je vais la contempler. Me demander si je dois mettre encore un peu de noir. Si je rajoute d'autres coups, voir ce que ça pourrait donner au relief. Et sacrer contre mon rose qui fait dans le trop pastel.

Grâce à l'amoureux, j'ai souri tantôt. Je me suis même mise à rire et à dire des conneries. Quel duo nous faisons, vous devriez nous voir des fois...

Je suis donc maintenant mauve pâle.







lundi 3 novembre 2008






Novembre.

November's mine.

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Cette fille qui vit au-dessus de sa tête, dans les nuages... C'est moi.

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Le fait demeure, mais le souvenir s'efface. Tu ne m'as plus embrassée, il ne s'est rien passé.

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Il m'a manqué, pour la première fois depuis... depuis trop longtemps. Je suis une amoureuse hors-norme.

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Je me peins les doigts. Pour m'inventer une couleur d'esprit. M'imaginer demeurer vivante.

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mardi 28 octobre 2008






Les voitures ont toujours l'air de rouler plus vite, le soir quand il pleut. Leurs phares éclairent la bruine projetée par la friction des pneus et de la chaussée, et je trouve ça beau. Et ça m'effraie.

Des ruisseaux font leur chemin, se collent contre les trottoirs. Dans ces petites mares improvisées filent les reflets orangés des réverbères, et j'aime ça, regarder ça. Ça m'apaise.

Certaines feuilles s'accrochent à l'asphalte, s'y collent, comme mes cheveux mouillés à ma peau, mon visage, mon crâne. Des gouttes glissent dans mes yeux, et je ris de tout ça. Et ça me chatouille.

Ces nuits où le vent s'emporte, où je pourrais m'inventer des tremblements, provoquer des raz de marée, ces nuits-là, j'en prendrais tout l'automne. Ça m'abrite, me fout en l'air, me protège, m'exaspère, me contente, me libère.










dimanche 26 octobre 2008

Faut que tu comprennes,
que tu comprennes que
ç'a été important pour moi,
mais pas tant,
que j'y pense des fois
et que c'était beau dans le temps
juste ça,
mais rien de trop marquant

Je me demande bien pourquoi
je me dis que tu me manques des fois
quand t'es pas là,
avec nous,
je me dis que je rigolerais avec toi
je me demande bien pourquoi

Faut que tu comprennes,
que tu comprennes que pour moi,
pour moi ç'a été tout ça,
tout ça ç'a été
et bien plus
mais un peu moins,
un peu moins que ce que tu crois,
que ce que tu crains
ç'a été juste ça
juste ça pour moi

jeudi 23 octobre 2008








J'ai l'humeur imparfaite. Je m'irrite de tout. Je pars à la recherche de la déesse chimique qui saurait me venir en aide. Je foule des contrées douillettes pour fuir l'angoisse, connaître l'apaisement. Je ne marche pas. Mon corps ne s'imbibe pas assez de ses sources de repos. Je renie mes nerfs, maudis mon impatience. Je m'enveloppe, me fonds, me coule. J'use mes muscles à force d'ignorer les sourires. Je fixe les fonds. Je poursuis ma quête sans début ni fin, je tourne sur moi-même, je repars. Je revis ailleurs. Et ailleurs, tu n'y es pas.













mercredi 22 octobre 2008





Il y a de ces images douloureuses qui me reviennent en tête à l'occasion lorsque je pense à d'anciennes amours. Je ne cherche pas particulièrement à me torturer l'esprit avec ça, mais je n'y peux rien, elles rebondissent quand ça leur tente, même si maintenant j'en suis à un stade où l'amertume liée à ces relations s'est pas mal dissoute. Il ne reste que ces quelques visions, qui pincent un peu, et qui me rappellent que l'amour, c'est bien compliqué et ça fait bien mal. Mais c'est entre autres ce qui fait que c'est si beau.

De lui, il m'est passé sous les yeux hier soir, alors que je me disais que sa fête est le lendemain, soit aujourd'hui (tout le monde en choeur: «bonne fête, lui!»), le moment où il a choisi de m'enlacer devant tous ses amis, alors que nous nous apprêtions à quitter le bar dans lequel nous avions passé la soirée, chacun avec nos groupes d'amis distincts avant de finir par partager la même table lorsque ma gang s'était éclipsée prématurément. Je me souviens l'espèce d'ardeur avec laquelle il s'était littéralement accroché à moi, et je me souviens aussi en avoir ressenti une sorte de frustration. Ça n'allait pas, nous deux, et il tentait de tirer sur quelque chose pour rétablir notre sublime. Ce qui n'a rien arrangé, en fin de compte. La rupture s'est faite deux jours plus tard.

Le plus dur, avec lui, a été d'accepter sa façon de réagir à cette séparation. Aujourd'hui, j'aimerais encore que tout ne se soit pas passé comme ça. Mais je crois que maintenant, nous sommes redevenus amis, ou du moins sommes-nous «civiles». Et ça me va.

Et avec l'autre lui, l'image qui demeure est une des dernières que j'ai eues de lui avant qu'il ne parte pour l'été travailler loin loin. Nous venions de passer une extraordinaire soirée, il avait osé m'embrasser même si tout était foutu (ce que nous savions depuis le début mais avions choisi de mettre de côté le temps de se voir et de profiter du mois qui nous restait), il avait voulu rester tard et là il devait partir. Alors que je marchais un peu devant lui, il a posé sa main sur mon bras pour me retenir, je me suis tournée vers lui et j'ai vu son visage, les sourcils un peu froncés, l'air grave. Ça ne lui plaisait pas de me quitter, même si je sais et que j'ai toujours su qu'il n'a jamais été amoureux de moi. Mais je n'ai jamais douté de son attachement et de son attirance pour moi. Je ne lui en ai pas demandé plus, je l'aurais marié, cet homme, et pour vrai. Il est parti, s'efforçant de me faire sourire, et je me souviens que le matin de son réel départ (il partait deux jours après nos «adieux»), je suis restée au lit sans pouvoir bouger, jusqu'à ce que ma mère me force à me lever. Il me semble que j'ai réussi à accumuler assez de forces pour aller en vélo avec une amie, durant l'après-midi.

Nous nous sommes revus sept mois plus tard. Nous n'avions pas beaucoup changé, et je crois qu'il restait encore un peu de «nous», peu importe le statut que nous n'avons jamais eu. Nous n'avons plus jamais habité la même ville. Il ne me manque plus vraiment, mais je pense à lui. Des fois.

Je vis bien avec ces images, la plupart du temps. C'est lorsque ma raison me perd et les broie, ces images et d'autres, pour m'empoisonner l'esprit, que ça va moins bien. J'avais envie d'écrire sur eux, ce lui et cet autre lui. Je sais qu'ils ne m'en voudront pas! J'assume le fait qu'ils occupent toujours une place en moi. Et le fait que j'en occupe sûrement une moins grande, ou une inexistante, dans leur vie à eux.







lundi 20 octobre 2008





Aujourd'hui, je crée. Un tableau, pour lequel j'avais gribouillé le croquis il y a environ deux mois. J'aime laisser mes illuminations mijoter longtemps. Il y avait si longtemps que je n'avais pas peint! Je crée aussi des barres Nanaimo, pour moi et pour l'amoureux. La recette sera encore une fois un peu ratée, étant donné que je sous-estime toujours la quantité de margarine nécessaire. Il n'y verra que du feu, et moi, je m'en fous pas mal. Je me dis que c'est un peu moins de gras à aller se planter dans mes cuisses.

Aujourd'hui, j'écoute. Björk et ses plus grands succès, tout en appliquant mes deux premières couches de noir sur la toile. Cette femme est tellement prenante, sa voix était tout indiquée pour entamer mon projet. Présentement, j'écoute les quatre chansons disponibles sur le myspace de Coeur de Pirate. Je dois dire que je l'aime bien, la petite, même si elle ne révolutionne rien.

Aujourd'hui, je regarde. Mon chat dormir, roulé sur lui-même comme une chenille se protégeant d'un imposteur. Mon espace, si beau et si propre après le ménage que j'y ai effectué ce matin. Je regarde des émissions de Tout le monde en parle que ma soeur avait enregistrées pour moi. Je m'imagine y passer un jour, répondre aux questions de Guy A. Lepage. C'est fou comme je peux avoir des idées de grandeur, des fois.

Aujourd'hui, je crée. Et je m'en porte bien. Ça me repose des deux dernières semaines. Mon humeur est comme le temps : incertaine, filante... Je suis une première tentative de grenade artisanale : il se peut bien que j'explose, il se peut bien que non...