mercredi 26 novembre 2008

J'ai lu, et j'ai aimé:



«Je suis habité ce soir par des sentiments pour lesquels il n'y a pas de mots, et des faits qu'il faudrait expliquer en termes de poussières plutôt qu'en paroles.
J'ai examiné des petits bouts de mon enfance. Ce sont des morceaux d'une vie lointaine qui n'ont ni forme, ni sens. Des choses qui se sont produites comme des poussières.»



- Richard Brautigan, «Poussières», dans La vengeance de la pelouse,
10/18, p. 149.






samedi 22 novembre 2008





À l'instar de Sophie, je fais un peu de pub pour le site Mon beau sapin, qui offre une bd en ligne par jour. Ce site, créé par Pénélope Bagieu (que je ne connais pas tant mais qui semble si fantastique, si je me fie à Sophie et Carole), est appuyé par Orange pour verser en dons à la Croix Rouge l'équivalent en argent du nombre de visiteurs (mais ça sert à rien d'y aller mille fois par jour hen, lisez les précisions et le comment ça marche). Je trouve que c'est une bonne idée, donc je vous en parle. Et en plus on s'y marre.








mercredi 19 novembre 2008

Je devais me faire trop d'attentes pour cette première consultation avec un psychiatre, parce que j'en ressors salement frustrée. Et là je suis en bâtard d'être restée ici deux jours de plus pour quelque chose qui n'en a franchement pas valu la peine. Une chance, entretemps, j'ai pu voir des pets de fruits de mer (voir Mélanie ou Gabrielle pour comprendre).
Je croyais que ledit psychiatre profiterait de ses vas-et-vients entre son bureau et celui de la secrétaire pour m'observer un peu, tandis que j'attendais en branlant du genou dans la salle d'attente. Mais non. Il ne m'a pas offert de sourire, a à peine daigné me regarder. Puis j'ai rêvé d'un divan comme on en voit dans les films et les séries télé, cette perspective m'enchantait, je me disais que je n'aurais pas à lui faire face. Hélas, quand il est venu me chercher et m'a amenée à son bureau, il n'y avait que deux chaises devant son bureau et son propre siège. Deuxième déception.
Il m'a posé un tas de questions, toutes ponctuées d'un air bête. C'est naturel, ou je le dérangeais? Il n'était pas chaleureux et ne semblait pas intéressé, même si je sais qu'il écoutait. Lorsqu'il ne me regardait pas, je roulais des yeux et me demandais vraiment ce que je foutais là. Nous ne sommes jamais allés en profondeur, il s'est contenté de la surface des choses. Il n'avait pas le temps, ou il relègue tout ça à un autre? J'aurais eu envie de lui dire que c'est exactement à cause de gens comme lui et de rendez-vous de la sorte que j'ai le goût de me jeter devant une voiture en mouvement. Il a fini par me prescrire un autre truc, l'Effexor, et me signer un arrêt de travail. J'aurais pu lui demander du Valium et un congé d'un an, je crois qu'il aurait acquiescé à ma demande, le con.
Là j'ai comme une envie de vomir. Désagréable. J'ai les sinus en feu et un ulcère dans la bouche qui ne veut pas guérir. Je veux dormir, mais j'ai bien de la difficulté à faire ça depuis deux nuits. Quel temps de merde, vraiment, et moi qui croyais que novembre était mon mois... Pas cette année, en tout cas.

lundi 17 novembre 2008








Je me terre ici chez mes parents pour attendre jusqu'à mercredi pour voir ce qu'a à dire un psychiatre sur mon cas. Je sais déjà qui je suis, allez donc voir comment je le suis maintenant.
Over.







jeudi 13 novembre 2008





T'sais quand ça te tente pas de t'habiller, ni de trop te peigner, mais que t'as des courses à faire et que t'as le goût de profiter du soleil de la matinée, surtout qu'ils annoncent de la pluie (ou de la neige, tu sais pus trop) en fin de journée, eh ben y'a pas trois mille solutions. J'ai opté pour la simplicité, ce matin: j'ai remonté mes cheveux et les ai pris au piège dans une pince, ai gardé mes lunettes, j'ai enfilé mes pantalons kaki 7/8 par-dessus mon bas de pyjama, ai gardé mes gros bas, mis mes bottes d'hiver, des mitaines, un foulard, mon manteau d'octobre-novembre, pris un sac réutilisable, puis je suis sortie comme ça. Je devais être cu-te! Je me suis promenée d'un pas décidé, suis allée à la banque, acheter du pain et autres babioles comestibles, et ça m'a plu, cette sortie. J'ai ensuite regagné mon espace, ai raté légèrement mes nouilles au fromage et saucisses, et ça n'a pas été trop long que l'espèce de fumée qui m'empêche d'avoir la force de même parler m'a réenveloppée. Bof. Ç'a été un court instant de liberté et de plénitude, mais un instant pareil, un instant juste pour moi, où avoir l'air ridicule m'a drôlement apaisée.











mardi 11 novembre 2008




Le chat vient de grimper tout en haut des armoires de cuisine. Il s'installe pour piquer un roupillon, qui se prolongera sûrement jusque tard en après-midi. Tout probable que j'irai faire de même dans quelques heures, en lui laissant les hauteurs, car je me contenterai fort bien de mon lit.

Une brassée de foncé toute propre m'attend pour que je l'étende. C'est calme d'un coup dans l'appart, Henriette-Lamontagne-la-laveuse a arrêté de se plaindre. Je m'entends me demander à quoi penser...

Tiens, je vais mettre un peu de Gorillaz. Question d'assourdir un peu cette journée de congé gracieuseté de MHV. Je viens de me rappeler que j'ai oublié de prendre mon médicament, ce matin. J'y cours...

L'effet est rarement immédiat, hein. C'est plutôt un estompement. À force d'en avaler, on ne sent PLUS RIEN. On mélange tout. Et on devient fou. Pour vrai.

Ce qui serait thérapeutique? Partir pour la Suède. Ou visiter Prague, puis pouvoir terminer mon roman. Dormir, dormir, durant vingt jours d'affilée. Regarder Ignacio regarder dehors et s'exciter devant un écureuil qui fait le funambule sur la rampe du balcon. Mais ça, je le fais déjà. Je retourne à mes fantasmes: mentir, lui dire qu'il n'est pas le centre de mon univers, rencontrer un diable de Tasmanie, me perdre dans une pyramide en Égypte, faire l'urbaine à New York et/ou Boston. Il doit bien y avoir quelque part un organisme qui commandite des voyages pour dépressives-détraquées-suicidaires-plus-trop-en-rémission? Oui? J'y adhère MAINTENANT.

J'ai envie de rire. Je vais me moquer de tout ça. J'utilise désormais le terme «tout ça» pour désigner ce qui me prend, faute de trouver d'autres mots. Parce que ça ne m'arrive pas, vraiment. Je ne suis pas à plaindre. Il y a pire que moi, et il y a mieux. Ça me prend, tout simplement, et je me trouve prise, justement. Tout ça jusqu'à une prochaine fois.

Vivez, braves gens, tandis que je vous regarderai aller. Je vous rejoins sans plus trop de délais.