mercredi 23 décembre 2020


L'eau dans le bain ça amplifie tout.
Mes oreilles immergées entendent les battements,
mon coeur?
Ou quelqu'un dans les escaliers, 
le pas lourd. 
Ma tête, sous l'eau.
Les bruits, dans ma poitrine.
L'huile parfumée, les pétales.
Mon corps et l'écho.



jeudi 17 décembre 2020



Cette pandémie génère chez moi de drôles de comportements.

C'est rendu que je compense le manque de sorties et d'activités ponctuelles en profitant à fond de mes rendez-vous hebdomadaires avec ma physiothérapeute.  Ça fait quelques semaines que je la vois pour traiter mon tendon d'Achille droit, qui se tape une tendinite et une bursite simultanément.  Outre le fait que ça m'aide avec la douleur et mes mouvements, ça me fournit aussi une occasion d'enfiler des vêtements que je n'ai pas portés depuis des mois, étant donné que je n'utilise que les morceaux de ma collection «entrepôt» au travail et ceux de la collection «mou» chez moi.  Oui oui, je réfléchis à ce que je vais porter à chaque rencontre un ou deux jours à l'avance, pareil comme si j'avais une grande soirée de prévue.  Je visualise mes ensembles et tout, je les choisis avec soin, presque comme si j'avais une date.  Un peu plus et j'envoie une photo à ma cousine Noémie pour qu'elle approuve mon kit!

En plus, il faut dire que ce suivi avec la physio constitue l'unique possibilité pour moi d'avoir un contact physique quelconque avec un autre être humain.  Quand on a hâte de se faire tapocher par une semi-inconnue, même si c'est parfois inconfortable, voire même pénible, c'est que ça fait très longtemps que ce n'est pas arrivé dans un contexte «normal»!


Je veux qu'un gars me prenne dans ses bras pendant huit ans, bon.







dimanche 6 décembre 2020




Il faut lire Allie Brosh.  Il le faut.  J'ai déjà parlé de son blog Hyperbole and a Half ainsi que du livre qui en a été tiré et paru en 2013.  Sept ans plus tard, elle débarque avec un nouveau livre, Solutions and Other Problems, et ça c'est une des meilleures choses qui soient arrivées en 2020.

Encore une fois, la géniale mais weird Allie traite de et dessine des trucs parfois difficiles (la dépression, la solitude, la mort, le divorce...), mais elle le fait à sa façon et sa façon est unique, drôle, réaliste, touchante et décapante.  Je l'adore.  Ses dessins ont quelque peu évolué, mais sont toujours laids et hilarants.  Elle se présente souvent dans une position recroquevillée avec des minuscules membres qui ressemblent à des pattes de mouche, telle une petite bête piégée, et je trouve que ça traduit bien un sentiment qui semble récurrent chez elle, soit celui de se sentir inadéquate.

Ça a été un BONHEUR PUR de lire son second livre.  Je vous le recommande fois mille.
 

Solutions and Other Problems, Allie Brosh, Simon & Schuster, 2020


Solutions and Other Problems, Allie Brosh, Simon & Schuster, 2020


Solutions and Other Problems, Allie Brosh, Simon & Schuster, 2020


Solutions and Other Problems, Allie Brosh, Simon & Schuster, 2020


Solutions and Other Problems, Allie Brosh, Simon & Schuster, 2020


Solutions and Other Problems, Allie Brosh, Simon & Schuster, 2020


"Yes.  Everybody is a person."
Solutions and Other Problems
, Allie Brosh, Simon & Schuster, 2020









vendredi 27 novembre 2020

 



Au travail, il m'arrive souvent d'avoir des «hallucinations visuelles», si je peux dire.  Rien de grave ou de problématique, ça arrive quand je scanne ou manipule des livres rapidement.  Je lis vite ce qui passe devant mes yeux et je me trompe, des fois de façon assez solide.  Ça donne des titres farfelus, des gros mots et des allusions qui me font bien rire et qui s'éloignent sans doute de l'intention des auteurs ou de l'équipe éditoriale.  Pas d'inquiétude, je relis toujours quand vient le temps de créer la fiche d'un livre.

En voici quelques exemples :


  • la collection de livres Chemins de traverse
    • Lu : Chiens de terrasse

  • le titre ANAN 
    • Lu : ANAL (je m'excuse)

  • le titre Trouble dans le genre
    • Lu : Trouble dans le beurre

  • sur une quatrième de couverture : «... l'office funèbre»
    • Lu : l'orifice funèbre

  • le titre Naissance d'un Goncourt
    • Lu : Naissance d'un Yogourt

  • le titre Drame
    • Lu : Marde

  • le titre Bible des Impressionnistes
    • Lu : Bible des Impressionnantes

  • Val-Caduc
    • Lu : Viaduc

  • la bande dessinée Mortelle Fantasy
    • Lu : Murielle Fantasy

  • potions de plantes
    • Lu : potions dépliantes

  • sur une couverture : Le nouveau Brunetti
    • Lu : Le Nouveau-Brunswick

  • le titre Chère Traudi
    • Lu : Checke Trudi

  • le nom Ken Follett
    • Lu (à chaque fois) : Feu Follet





dimanche 22 novembre 2020

 


Je ne sais plus les rapprochements.
J'ai oublié ce qui précède,
les minutes avant.
Ce qui amène
ce qui engendre
ce que je préfère
ce que j'espère
ce que j'attends.






mercredi 11 novembre 2020

 



La température est sens dessus dessous.  Hier en revenant du travail aux environs de 17h, je me suis crue en plein mois d'août.  J'avais l'impression que c'était la nuit et que je rentrais d'une sortie entre amis.  Il faisait noir et chaud, les gens marchaient lentement, certains étaient en shorts ou en jupe, j'ai eu envie d'enlever ma veste et de rester dehors longtemps.

J'ai pensé à des personnes que j'aimerais voir, à qui j'aimerais parler en vrai, j'aimerais les regarder mais pas à travers un écran.  Prendre un verre avec ce monde-là et rire, rire, rire.

La vie vraiment fait aucun fucking sens, en ce moment plus que jamais.  En général, je peux me débrouiller avec l'absurdité de l'existence, la côtoyer, la laisser faire ses petites affaires sans trop que ça me chicote.  Là, on dirait que j'aborde le quotidien à tâtons, comme quand je me lève la nuit et que je n'allume pas la lumière pour épargner mes yeux d'un contraste trop brutal.  Je me déplace alors tranquillement, les bras devant moi pour repérer les obstacles potentiels, et je fais glisser mes pieds sur le plancher pour éviter de heurter un chat par accident.  J'ai sûrement l'air d'une patineuse qui avance prudemment sur la glace, les yeux bandés, et qui se demande si elle approche bientôt de l'autre bord de la patinoire.  Elle n'espère même pas trouver la sortie, elle veut juste gagner la bande pour pouvoir s'y appuyer un temps.

Bien sûr, je connais mon espace et je sais où se trouvent les meubles à contourner.  Je réussis donc toujours à trouver mon chemin vers la salle de bain ou le frigo.  Et à retourner à mon lit.  À dormir à travailler à manger à lire à regarder des trucs sur Netflix à écrire à recommencer.  Mais comme ce serait bon de feeler quelque chose en groupe.  Sentir la chaleur des autres.  

Comme ce serait bon.