dimanche 7 septembre 2014



Dernièrement sur Facebook, il y a une espèce de chaîne qui circule, un peu comme les chaînes de lettres dans le temps sur Hotmail et tout, mais en plus pertinent et intéressant.  Il s'agit de dresser la liste des dix livres qu'on a le plus appréciés et/ou qui nous ont le plus marqué.  Ça amène des suggestions pour les autres, et ça nous rappelle de bons moments de lecture!  En fait, je ne sais pas pourquoi je ne l'ai pas fait avant.  Comme je suis incapable de trancher dans la vie, voici ma liste, sans aucun ordre précis, composée de vingt-quatre titres : 


Mon top de livres :


  • Un long dimanche de fiançailles, Sébastien Japrisot
  • Karoo, Steve Tesich
  • Nadja, André Breton
  • L'Amant de la Chine du Nord, Marguerite Duras
  • Kamouraska, Anne Hébert
  • Pomme S, Éric Plamondon
  • Et au pire, on se mariera, Sophie Bienvenu
  • La nuit sans fin, Thierry Horguelin
  • Anima, Wajdi Mouawad
  • Les sangs, Audrée Wilhelmy
  • L'éternité en accéléré, Catherine Mavrikakis
  • Ceci n'est pas une histoire de dragons, Mathieu Handfield
  • Keith me, Amanda Sthers
  • la série Scott Pilgrim, Bryan Lee O'Malley
  • Il faut qu'on parle de Kevin, Lionel Shriver
  • Le Cercle Violet, Daniel Sernine
  • Microfictions, Régis Jauffret
  • Le monde selon Garp, John Irving
  • J'écris parce que je chante mal, Daniel Rondeau
  • Millénium 1 - Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, Stieg Larsson
  • L'Île des gauchers/Autobiographie d'un amour/Mademoiselle Liberté, Alexandre Jardin 
  • Les Hauts de Hurlevent, Emily Brontë

Si l'envie vous prend, vous pouvez vous aussi partager vos livres fétiches dans les commentaires.  Même si ce n'est qu'un seul titre!





mardi 2 septembre 2014





Je me suis couchée par terre j'ai laissé le chat faire le tour de mon corps il est resté à ma tête j'ai mal à la tête.  
Puis il s'est installé sur mes cuisses je l'ai senti ronronner j'ai regardé le plafond avec mes yeux de myope j'ai à peine distingué les carrés.

J'ai fermé mes paupières.  Bougé mes orteils.  Palpé mes côtes.  Mes membres se sont raidis.  Et relâchés.  Raidis.  Et relâchés.

Je n'ai jamais été certaine de l'efficacité du projet.  Ensuite je me suis rappelé que j'en avais rien à foutre, de l'efficacité de ce projet.

Je me suis levée le chat il m'a suivie s'est étendu quand je me suis assise.
Je n'ai pas pensé je n'ai pas pensé je n'ai pas pensé je n'ai pas voulu y penser.

Je n'ai même pas l'audace de sortir.  Essayer.  Respirer dehors.  J'ai tout annulé aujourd'hui.  J'ai prévu me reprendre demain.





dimanche 31 août 2014





Et si un jour ça ne m'arrive pas, je l'inventerai.  Je me le raconterai.  La fiction m'apaise, la fiction me vivifie.  La fiction me préfère, je préfère la fiction.

J'ai une boule au fond de moi.  Lourde, paralysante.  J'anticipe, je crains quelque chose mais je n'en connais pas la teneur.  Ça m'effraie.

Il pleut.  Avec un angle.  Je regarde par la fenêtre, observe la constance de l'intempérie.  À cet instant précis, j'envie cette régularité.  Je ne peux pas me prononcer sur d'autres heures.

Il ne pleut déjà plus à la diagonale.  Je ne distingue qu'une simple bruine, raide.  Je ne profite pas du temps.  Je ne le remplis pas assez. 

J'ai des raisons d'être en colère.  Sans doute ne sont-elles pas justifiées.








jeudi 28 août 2014




J'abuse du sucre.  Comme dans vraiment trop abuser.  Je ne fais rien de ce dont mon corps a besoin.  Tant pis pour lui.  Je ne veux pas me surveiller.  Compter.  Me restreindre ou me retenir.

Parfois, souvent, je ne sais pas quoi faire pour me divertir.  Rien ne me tente.  Je ne sors même pas de chez moi si je n'ai pas d'engagement ailleurs.  Je reprends beaucoup de choses, genre encore regarder un film déjà visionné, laver mes vêtements à l'infini, au lieu de me pencher vers de nouvelles expériences.  Cette semaine, ma créativité s'est à peu près limité à rafistoler des bijoux cassés.  Encore là, je n'ai rien fabriqué, j'ai simplement réparé des accessoires abîmés.  Même ce texte ne me semble qu'être une copie d'autres billets publiés ici.

Je me suis remise à creuser mes jambes.  Comme dans disséquer et arracher les poils.  Ça fait mal.  Ça saigne, ça change de couleur.  Je n'avais presque plus de cicatrices, avant l'été.  Belle obession.  Il n'y a pas vraiment de truc pour arrêter ce comportement, pas que je connaisse en tout cas.  À part peut-être le self-control.  Ce que je ne maîtrise pas très bien.  Ou les pilules contre l'angoisse.  Ça peut sûrement aider.

J'aimerais plus de tout.  




   

mardi 29 juillet 2014






Je ne comprends pas pourquoi, quand on nous apprend quoi faire avant de traverser la rue, on nous dit de regarder à gauche, puis à droite, une autre fois à gauche, et ensuite d'y aller.  Et si un véhicule arrivait de la droite tandis que nous regardions à nouveau à gauche?  Si on suit cette logique, par contre, s'ensuivrait alors une interminable série de coups d'oeil dans les deux directions.

Je ne saisis pas tout à fait comment on peut en être rendu là avec les ITS (infections transmises sexuellement).  C'est moi ou avant il y en avait moins de «sortes»?  Ou bien c'est simplement qu'on ne les avait pas encore «trouvées»?  Aussi, il me semble que ça devient de plus en plus compliqué de se protéger correctement.  Il n'y a pas que la pénétration qui peut être risquée; un seul contact des muqueuses peut causer une infection.  Mes profs ne nous ont jamais parlé de ça dans nos cours de sexualité et de FPS (formation personnelle et sociale).  De nos jours, on enlève ce genre d'éducation au cursus académique des jeunes.  Moi je dis qu'on devrait montrer des photos de lésions et de tout autre symptôme apparent des différentes maladies à tous ceux qui sont sur le point d'avoir une vie sexuelle, et même à ceux déjà actifs sexuellement (la syphilis et l'herpès suffiront, je crois), tout en leur rappelant que certains symptômes ne sont pas apparents, mais qu'un individu peut tout de même être contaminé et passer le tout à son ou ses partenaire(s).  Ça ferait peut-être baisser les statistiques.  Et je me dis que je ne dois pas être la seule qui aimerait bien s'amuser sans inquiétudes.

Je ne me rappelle jamais vraiment ce qui a provoqué le conflit qui déchire les Israéliens et les Palestiniens.  J'ai bien lu quelques résumés et tenté d'analyser certains arguments, je perds toute connaissance acquise sur le sujet à chaque fois qu'il en est question à nouveau.  Je ne pourrais pas détailler la chronologie des événements.  Une chose dont je suis certaine est que cette guerre a coûté la vie à trop d'innocents.

Je ne m'explique pas la politique, les élections, les lois, le fonctionnement de tout ça.  Je suis mieux renseignée qu'avant, remarquez.  Mais en gros, dans ces domaines, je suis ignorante.

Je ne tolère pas la violence, l'intimidation, la culture du viol, la cruauté envers les animaux, l'injustice, mais devant la plupart de ces situations, je ne sais pas comment agir concrètement pour contribuer à faire disparaître ces réalités.

Je me demande parfois ce qui serait différent si je n'étais pas malade.

J'ignore ce qui s'est passé entre le moment où tu m'as dit que tu m'adorais et ces heures-ci.

J'aimerais connaître le nombre de personnes qui se font arnaquer avec les concours bidons et les croisières dites gratuites dont on nous fait part par téléphone.

Qui a décidé que les bébés n'aimaient pas le noir?

J'apprendrai.  Je trouverai, je maîtriserai.  Pas tout, mais des bribes.  Ou j'arrêterai de me poser trop de questions.  Je ne sais pas.  Je verrai.  J'en reviendrai.






jeudi 24 juillet 2014





Un peu d'eau, beaucoup de sucre, des colorants artificiels et des produits chimiques pour ma survivance.  Je n'ai le goût de rien sauf de ce qui n'est pas sain pour moi.  Ce qui n'est pas bon me tente, m'attire.  Et je ne résiste même pas.  Ne me pose pas de questions.

Les grands vides reprennent.  Bien-être, vide; extase, vide; joie, vide; hilarité, vide.  Ils reviennent toujours.  C'est ma stabilité, ce sur quoi je peux m'appuyer.  Je sais qu'ils vont se repointer.  Mais s'appuyer sur quelque chose qui ne nous élève pas, c'est moche et ça désespère.  Peu d'espoir pour la suite.  On en vient à se demander si les moments entre chaque désert en valent la peine.  Et on ne veut pas miser sur une seule source pour espacer les vides.

Je soupire, mes paupières se ferment, tardent à se rouvrir.  Je suis encore crevée.  La nuit toute à moi.  Je souris un peu.  J'ai quand même de belles images en tête.











dimanche 20 juillet 2014





Il y a des choses dans la vie qui ne devraient jamais se terminer.  Je l'ai peut-être (sûrement) déjà dit.  Des trucs qui ne devraient pas finir.  Comme un séjour à l'hôtel, certaines amitiés, certaines amours.  Des soirées en particulier.  Des nuits.  Des journées.  Un moment.

Par contre, ces temps-ci je me surprends souvent à vouloir accélérer le rythme, faire avancer le temps, pour me rendre directement à un instant ou un événement que je juge plus important, ou que j'anticipe tout simplement.  Entre deux de ces occasions privilégiées, un sentiment de vide m'accapare.  L'épuisement m'absorbe, l'ennui est total et je n'ai plus le goût de rien.  Je dors, parce que je m'imagine que ça fera passer le temps plus rapidement.  Seulement, je ne dors pas bien ces dernières semaines.  Les heures sont longues.  Je m'occupe, mais demeure en moi une insatisfaction chronique pour ce qui se présente devant moi dans l'attente, versus un désir disproportionné pour ce qui est inatteignable ou très lent à se concrétiser.

Je me retrouve alors prise, comme abasourdie, ne sachant que faire pour ne pas surestimer le futur prochain et ainsi négliger mes activités présentes, actuelles.  Mais dans l'entre-deux, je ne peux m'empêcher de me demander avec lassitude : «On repart vers quoi, là?».  Tout est à recommencer.  Ça m'embête, ça me décourage.  C'est la poussée qui me manque.  Toute mon énergie est déployée à me lever et après, il ne me reste plus rien pour agir.

C'est sous cette facette que je me considère paresseuse.  Et, comme ma psychothérapeute me le dit, passive.  J'ai déjà été plus fonceuse.  Je pense quand même qu'on a le droit de tomber et de prendre le temps qu'il faut pour se relever.  L'important est de raccourcir la chute, ce que n'ai pas su faire cette fois-ci.  Toutefois, s'il ne me reste que de l'assurance et de l'action à reprendre pour compléter ma guérison, je ne dois pas être si loin.  Mais, il faut se le dire : je n'ai jamais vraiment fait preuve d'assurance à tout casser.  Pas dans ma tête, en tout cas.  Personne ne peut voir à quel point j'hésite à propos de tout.  Alors je ne vois pas pourquoi je me mettrais à m'en tisser, là là, de la confiance en moi.  Oui, je suis pessimiste aussi.