jeudi 24 juillet 2014





Un peu d'eau, beaucoup de sucre, des colorants artificiels et des produits chimiques pour ma survivance.  Je n'ai le goût de rien sauf de ce qui n'est pas sain pour moi.  Ce qui n'est pas bon me tente, m'attire.  Et je ne résiste même pas.  Ne me pose pas de questions.

Les grands vides reprennent.  Bien-être, vide; extase, vide; joie, vide; hilarité, vide.  Ils reviennent toujours.  C'est ma stabilité, ce sur quoi je peux m'appuyer.  Je sais qu'ils vont se repointer.  Mais s'appuyer sur quelque chose qui ne nous élève pas, c'est moche et ça désespère.  Peu d'espoir pour la suite.  On en vient à se demander si les moments entre chaque désert en valent la peine.  Et on ne veut pas miser sur une seule source pour espacer les vides.

Je soupire, mes paupières se ferment, tardent à se rouvrir.  Je suis encore crevée.  La nuit toute à moi.  Je souris un peu.  J'ai quand même de belles images en tête.











dimanche 20 juillet 2014





Il y a des choses dans la vie qui ne devraient jamais se terminer.  Je l'ai peut-être (sûrement) déjà dit.  Des trucs qui ne devraient pas finir.  Comme un séjour à l'hôtel, certaines amitiés, certaines amours.  Des soirées en particulier.  Des nuits.  Des journées.  Un moment.

Par contre, ces temps-ci je me surprends souvent à vouloir accélérer le rythme, faire avancer le temps, pour me rendre directement à un instant ou un événement que je juge plus important, ou que j'anticipe tout simplement.  Entre deux de ces occasions privilégiées, un sentiment de vide m'accapare.  L'épuisement m'absorbe, l'ennui est total et je n'ai plus le goût de rien.  Je dors, parce que je m'imagine que ça fera passer le temps plus rapidement.  Seulement, je ne dors pas bien ces dernières semaines.  Les heures sont longues.  Je m'occupe, mais demeure en moi une insatisfaction chronique pour ce qui se présente devant moi dans l'attente, versus un désir disproportionné pour ce qui est inatteignable ou très lent à se concrétiser.

Je me retrouve alors prise, comme abasourdie, ne sachant que faire pour ne pas surestimer le futur prochain et ainsi négliger mes activités présentes, actuelles.  Mais dans l'entre-deux, je ne peux m'empêcher de me demander avec lassitude : «On repart vers quoi, là?».  Tout est à recommencer.  Ça m'embête, ça me décourage.  C'est la poussée qui me manque.  Toute mon énergie est déployée à me lever et après, il ne me reste plus rien pour agir.

C'est sous cette facette que je me considère paresseuse.  Et, comme ma psychothérapeute me le dit, passive.  J'ai déjà été plus fonceuse.  Je pense quand même qu'on a le droit de tomber et de prendre le temps qu'il faut pour se relever.  L'important est de raccourcir la chute, ce que n'ai pas su faire cette fois-ci.  Toutefois, s'il ne me reste que de l'assurance et de l'action à reprendre pour compléter ma guérison, je ne dois pas être si loin.  Mais, il faut se le dire : je n'ai jamais vraiment fait preuve d'assurance à tout casser.  Pas dans ma tête, en tout cas.  Personne ne peut voir à quel point j'hésite à propos de tout.  Alors je ne vois pas pourquoi je me mettrais à m'en tisser, là là, de la confiance en moi.  Oui, je suis pessimiste aussi.





vendredi 18 juillet 2014




Encore des vers d'oreille!  Mais cette fois-ci, je tiens à préciser que quelques titres ne sont pas si déplaisants à avoir en tête.  Pour connaître les autres morceaux qui font partie des trois précédentes listes, c'est ici, ici et .


**AVERTISSEMENT**
Durant l'élaboration de cette liste, bon nombre des chansons qui y figurent me sont restées en tête, certaines pour des durées de temps carrément pénibles.  Seule l'évocation du titre déclenchait le processus.  Il se peut qu'en lisant ce top, vous soyez vous aussi pris avec l'une ou l'autre de ces mélodies.  Je préférais vous en avertir.


Top (+ que) 10 des pires (ou pas si pires) tounes à avoir dans'tête vol. 4 
  • American Boy d'Estelle, avec la participation de Kanye West.
  •  Get Down (You're The One For Me) des Backstreet Boys et aussi I'll Never Break Your Heart.
  •  I Wanna B With U, Celebration et Do Wha Diddy de Fun Factory.  Je me rappelle d'un voyage fait à l'été 1997 avec mon amie Mélanie et ses parents.  Nous avons écouté la cassette en boucle aller-retour Edmundston-Moncton et durant tous nos déplacements dans la ville.  Respect à ses parents, sérieux.
  • Alors on danse de Stromae.
  • December, 1963 (Oh, What A Night) des Four Seasons (ou les versions françaises, si vous préférez : Cette année-là de Claude François ou Ces soirées-là de Yannick).
  • Soak Up The Sun de Sheryl Crow, ainsi que Every Day Is A Winding Road.  En fait, il y en a beaucoup de cette artiste qui me reste en tête, mais ce n'est pas forcément négatif dans son cas, comme All I Wanna Do, A Change Would Do You Good et If It Makes You Happy.  Je dois aussi souligner que My Favorite Mistake est une chanson que j'affectionne tout particulièrement.
  • N'importe quoi d'Éric Lapointe.
  • Sous une pluie d'étoiles de Cindy Daniel (durant l'été 2006, je l'entendais MINIMUM DEUX FOIS À TOUS LES JOURS à cause de fucking Rock Détente, station qui nous était imposée à l'endroit où je travaillais à l'époque).
  • I Think Of You de Gregory Charles (même chose que la chanson précédente.  T'sais la variété dans ta programmation de la journée...  Si l'animateur(trice) du matin a fait jouer un morceau, même s'il est bien populaire, l'animateur(trice) de l'après-midi n'est pas obligé(e) de la faire passer aussi...  Parce qu'il y en a qui sont pognés avec cette chaîne de radio toute la journée!).
  • Team de Lorde.
  • Une partie des chansons de Zachary Richard.
  • Pas mal toutes celles de Michael Bublé.
  • Rich Girl, ce duo avec Eve produit par Dr. Dre (qui est en fait une adaptation d'une chanson de Louchie Lou & Michie One, qui est déjà elle-même un cover de If I Were A Rich Man, de la comédie musicale Fiddler On The Roof) et Hollaback Girl de Gwen Stefani.
  • La chanson-thème de l'émission Les cités d'or.
  • Live Is Life d'Opus.
  • Africa de Toto.  Pour vous, à regarder : les gars qui jouent sur une pile de livres!
  • Hawaïenne des Trois Accords.
  • Mon voisin des Frères à ch'val.



jeudi 3 juillet 2014




D'autres vers d'oreille!


**AVERTISSEMENT**
Durant l'élaboration de cette liste, bon nombre des chansons qui y figurent me sont restées en tête, certaines pour des durées de temps carrément pénibles.  Seule l'évocation du titre déclenchait le processus.  Il se peut qu'en lisant ce top, vous soyez vous aussi pris avec l'une ou l'autre de ces mélodies.  Je préférais vous en avertir.
 
 
Top (+ que) 10 des pires tounes à avoir dans'tête vol. 3 

  • À ton départ de Nathalie Simard.
  • Tourne la page de René et Nathalie Simard.
  • La Tribu de Dana de Manau.
  • It's Not Right But It's Okay de Whitney Houston.
  • Dégénérations de Mes Aïeux .
  • la chanson-thème de Passe-Partout.
  • Lady Gaga et sa Poker Face.  Et à la limite, Bad Romance aussi.
  • I Kissed A Girl de Katy Perry.
  • la foutue chanson Paquetville d'Édith Butler (malgré le fait que la dame est fort joviale).
  • Coco Jamboo (ou Coco Jumbo, selon vos sources sur Internet) de Mr. President.
  • Sweat (A La La Long) d'Inner Circle.
  • de Culture Club, Karma Chameleon.
  • à peu près toutes les chansons de pas mal toutes les comédies musicales.
  • Red Red Wine de Neil Diamond, mais la version d'UB40.
  • The Final Countdown d'Europe.  Je me souviens que la première fois que je suis allée à Valcartier pour les sports d'hiver, c'est la première chanson qui a sorti des haut-parleurs.  La journée augurait bien, mais je l'ai eue dans'tête pendant une semaine après!
  • pas mal toutes les pièces de Kaïn.
  • Foule sentimentale d'Alain Souchon.
  • l'infâme toune des Club Med, Haut les mains, par Crazy Signs (quel plaisir que de voir cette pub avec Dominique Michel qui passait sur le défunt réseau TQS...).
  • You're Beautiful de James Blunt.
  • Hero et Be With You d'Enrique Iglesias.  Ah pis aussi Rhythm Divine et Don't Turn Off The Lights.  Bref...




mardi 17 juin 2014






On dit souvent que l'herbe est fraîche, que le gazon est doux, mais même tout juste tondue, une pelouse reste pour moi piquante.  Les brins séchés, les mauvaises herbes, ça pique, ça gratte, ça colle aux cuisses, aux mollets, à la plante des pieds.  Le parterre est inégal.  Les fourmis s'y promènent, s'invitent sur notre couverture, nos jambes, nos bras.  Il y a des petites plaques de terre à moitié humide ici et là.  Plusieurs aiguilles de conifères jonchent le sol, le rendant encore plus piquant.  Et l'ensemble n'est jamais tout à fait vert, hen.  Je veux dire, à part les terrains de golf et de baseball, avez-vous souvent vu des cours éclatantes et uniformes?  À moins d'y investir un sacré paquet d'argent ou de concourir pour le meilleur aménagement paysager (et ainsi vous assurer le jugement d'un certain nombre de vos voisins, dont moi), je ne vois pas.



«Est-ce que le skate c'est un sport?»
- Un enfant tout près de nous, Parc Saint-Rodrigue








lundi 9 juin 2014





Il y a des habitudes qui ne se perdent pas.  Ou moins rapidement.  Le lundi, encore des fois j'attends que tu m'appelles ou me textes pour me demander si tu peux venir me rejoindre après ton quiz.  Je pense encore à des films que nous pourrions regarder ensemble.  À la prochaine fois que nous irions aux crêpes.

Il y a des habitudes qu'on ne veut pas mettre de côté.  Pas tout de suite.  On y tient encore trop fort.  Nos matins.  Sur nos divans, je m'asseyais toujours à gauche et toi à droite.  La façon que tu avais de parler à mes chats.  Nos confidences.

Il y a des habitudes qui ne se perdent pas.  Ou pas assez vite.  Parce que j'espère les abollir sous peu, question de demeurer à peu près saine.  Tes pas dans l'escalier.  Nos mésententes.

Il y a des habitudes que je ne partageais qu'avec toi.  Que nous nous étions inventées, que nous avions créées.  Je fais comment maintenant, alors que ça brûle encore?

Il y a des habitudes qui ne se perdent pas.  Et moi je perds tout, toujours, tout le temps.

S'il y avait des nouvelles habitudes à instaurer, je te prendrais dans mes bras pour t'accueillir.  Presque à chaque fois.  Je sourirais plus souvent.  Je m'en ferais moins.  Je ne m'endormirais plus devant un film.  Je serais moins exigeante.  Je t'embrasserais plus souvent.  Je ne te laisserais pas prendre tout l'espace dans mon lit.  Je ne te ferais pas sentir obligé de quoi que ce soit envers moi.

S'il y avait des nouvelles habitudes, ce serait presque parfait.  Pas tout à fait, mais presque.










dimanche 8 juin 2014






J'ai finalement lu (en une seule soirée!) Les heures souterraines, roman de Delphine de Vigan qui  m'a été plusieurs fois chaudement recommandé par mes collègues et même par plusieurs clients.  Si je l'ai lu aussi rapidement, avec autant d'attention et de compassion pour les deux personnages principaux, c'est que c'est effectivement très bon.  Excellent, même.  L'écriture, l'histoire de Mathilde puis celle de Thibault, tout est touchant.  

Mathilde, elle, subit depuis plusieurs mois le comportement inacceptable de son patron envers elle.  Leur relation d'affaires a changé d'un coup et depuis il lui fait subir des misères (et je dis bien des misères)!  On parle de harcèlement moral et psychologique au travail ici, un thème très peu abordé.  Elle tient fort, elle tient longtemps, mais son patron la gruge petit à petit et rend son travail et sa vie insupportables.

Je me suis beaucoup reconnue en Thibault.  D'abord parce qu'il vit une liaison avec une femme qui ne l'aime pas, ou qui à tout le moins n'arrive pas à s'ouvrir à lui.  Chaque passage le concernant me ramenait à un souvenir précis de mon histoire à moi.  Les mots sont si bien choisis que j'aurais aimé y avoir pensé moi-même.  Je vous partage quelques extraits qui sont significatifs pour moi.

«Il n'a pas cherché à lutter, même pas au début, il s'est laissé glisser.  Il se souvient de tout et tout concorde, va dans le même sens, s'il y réfléchit le comportement de Lila indique mieux que toutes les paroles son absence d'élan, sa manière d'être là sans y être, sa position de figurante, sauf peut-être une fois ou deux où il a cru, le temps d'une nuit, que quelque chose était possible, au-delà de ce besoin obscur qu'elle avait de lui.»

- Delphine de Vigan, Les heures souterraines, JC Lattès,  p. 21


«Il a suffisamment vécu pour savoir que cela ne se renverse pas.  Lila n'est pas programmée pour tomber amoureuse de lui.  Ces choses-là sont inscrites dans la mémoire morte d'un ordinateur.  Lila ne le reconnaît pas au sens informatique du terme, exactement comme certains ordinateurs ne peuvent lire un document ou ouvrir certains disques.  Il ne rentre pas dans ses paramètres.  Dans sa configuration.»

Delphine de Vigan, Les heures souterraines, JC Lattès, p. 22


«Il avait oublié à quel point il était vulnérable.  Est-ce que c'était ça, être amoureux, ce sentiment de fragilité?  Cette peur de tout perdre, à chaque instant, pour un faux pas, une mauvaise réplique, un mot malencontrueux?  Est-ce que c'était ça, cette incertitude de soi, à quarante ans comme à vingt?  Et dans ce cas, qu'existait-il de plus pitoyable, de plus vain?

Delphine de Vigan, Les heures souterraines, JC Lattès, p.60


«Il espère lui manquer, comme ça, d'un seul coup.  Un vide vertigineux qu'elle ne pourrait ignorer.  Il espère qu'au fil des heures elle soit gagnée par le doute, qu'elle prenne peu à peu la mesure de son absence.  Il voudrait qu'elle se rende compte que jamais personne ne l'aimera comme il l'aime, par-delà les limites qu'elle impose, cette solitude fondamentale qu'elle oppose à ceux qui l'entourent mais n'évoque qu'à demi-mot.»

Delphine de Vigan, Les heures souterraines, JC Lattès, p.63


«La relation amoureuse peut-être se réduisait à ce déséquilibre : dès lors qu'on voulait quelque chose, dès lors qu'on attendait, on avait perdu.»
 
Delphine de Vigan, Les heures souterraines, JC Lattès, p.  152


«L'échec amoureux n'est ni plus ni moins qu'un calcul coincé dans les reins.  De la taille d'un grain de sable, d'un petit pois, d'une bille ou d'une balle de golf, une cristallisation de substances chimiques susceptible de provoquer une douleur forte, voire insoutenable.  Qui fnit toujours par s'éteindre.»

Delphine de Vigan, Les heures souterraines, JC Lattès, p.153-154


 Merci, Madame de Vigan.