mercredi 14 septembre 2022

 


Je suis incapable de cultiver un silence épistolaire.  Les échanges qui stagnent m'embêtent.  L'impatience me gagne, prend le dessus.  Mon dévouement envers mes correspondants est presque toujours supérieur au leur.  Feindre l'indifférence, un horaire chargé ou la distraction m'est impossible.  Même si ça consiste en ne rien faire.  

L'attente peut devenir insupportable.  C'est quand je n'en peux plus que je me jure qu'on ne m'y reprendra plus, que je n'initierai plus la conversation, ne relancerai personne, ne donnerai plus signe de vie, ne démontrerai aucun intérêt pour qui et quoi que ce soit.  

Hélas, je me surprends régulièrement à recommencer.  Je rejoue le jeu et cours le risque qu'on m'oublie.  Et pourtant je déteste qu'on m'ignore.

Je déteste qu'on m'ignore.





mardi 6 septembre 2022

 

Bonnes nouvelles du mois d'août 2022 : 

  • Ma plus récente facture d'Hydro-Québec était en fait un crédit parce que ma consommation d'électricité est moins grande que prévue.  J'ai donc économisé l'équivalent d'un mois.  Bon pour mon budget et bon pour l'environnement!
  • En mettant de côté les quelques derniers jours, mes vacances ont été très agréables et les activités bien plaisantes.

Mauvaise nouvelle du mois d'août 2022 : 

  • J'ai encore des épisodes d'anxiété et des crises de larmes.  




mardi 16 août 2022

 


J'ai l'humeur fêlée.

Le coeur gras.

Le cerveau cassé.

Et le dos en pulpe.





dimanche 14 août 2022




Mes vacances sont terminées et je suis triste. Je sais que ce n'est pas la seule raison.  Il y en a d'autres, il y en a toujours d'autres.  Je rentre au boulot demain. Les dernières journées, je n'ai pas pleinement profité de mon temps libre comme j'aurais dû le faire.  Vendredi a été catastrophique.  A failli ruiner samedi.  

J'ai jeté des choses. Reporté des tâches. Il faisait beau, mais j'étais incapable d'aller dehors. Il faisait soleil, mais je ne suis pas allée dehors. J'ai eu mal à la tête.  J'ai pleuré.

D'habitude je réutilise les choses. Je leur donne une nouvelle utilité.  Là je ne l'ai pas fait, ça n'a pas fonctionné.  Ça m'a frustrée.

J'aurais dû aller à l'extérieur.  Savoir que je devrais y aller, que ça me ferait sans doute du bien, mais ne pas pouvoir me botter le cul et sortir, c'est enrageant.  Je me suis traitée de lâche et de paresseuse et d'idiote et de conne.

J'aurais pu appeler quelqu'un ou écrire à un.e ami.e pour proposer une activité.  J'en avais envie mais pas.  J'ai souvent envie de quelque chose mais pas en même temps.  J'ai pleuré.  J'ai appelé ma mère, j'ai pleuré plus fort.  J'ai eu encore plus mal à la tête.

Il existe des outils, des moyens, des solutions, des pistes, des trucs pour contrer les mauvais jours, se distraire de l'anxiété, mieux traverser des moments dépressifs, tasser des pensées toxiques.  Le problème, c'est qu'en plein dedans, on se retrouve souvent trop coincé et incapable de les mettre en pratique.  

En pleine crise, je suis désemparée.  Paralysée.  

Ne me dites pas d'aller jouer au ping pong pour me changer les idées, j'ai les deux poignets cassés.  Oui, je pourrais tenter l'exercice en prenant mes pieds au lieu de mes mains, mais ce serait FUCKING DIFFICILE.  Je finirais peut-être par rire et avoir the time of my life, ça se tranformerait peut-être en anecdote cocasse, mais là là, c'est impossible pour moi.  Trop forçant.  Trop demandant.

Et deux jours après cet épisode, en repensant à combien c'était lourd et désagréable et long de ne rien faire, je me dirai que j'aurais donc dû essayer de jouer au ping pong avec mes pieds.  Que ça aurait été bon pour moi.  

Mais tout de suite après avoir pensé ça, je me rappellerai mon immobilité, ma douleur, ma gorge nouée, mes pleurs, et je saurai pourquoi je n'ai rien tenté.  J'aurais bien voulu jouer, mais avec mes mains COMME TOUT LE MONDE CÂLISSE.

Pourquoi ça m'est si souvent trop exigeant?  De juste vivre.  De juste exister.  De juste jouer.  

C'est supposé être le fun, jouer.


«Je veux vite et rien.»
- Frédéric Dumont, Chambre minimum, Les Herbes rouges, p. 99



jeudi 11 août 2022

 


Il y a plus d'un an (j'ai commencé ce texte il y a looooongtemps, peu de temps après avoir écrit celui sur les poils), j'ai vu un extrait d'une vidéo sur TikTok.  C'était un genre d'éditorial.  Une jeune femme se demandait pourquoi les sections «tailles plus» pour hommes dans les boutiques de vêtements n'existent pas (ou pratiquement nulle part).  Elle venait de constater également qu'en 28 ans d'existence, c'était la première fois qu'elle se posait la question.  Elle se disait qu'il s'agissait là d'une réalité tellement ancrée dans notre société qu'on ne questionne même pas ce genre de division du corps des femmes réparti en grandeurs, alors que celui des hommes existe dans toutes ses variantes sans qu'on les sépare physiquement à l'intérieur d'un magasin ou en catégories sur un site Internet.  Je tiens à préciser que ça se fait peut-être à certains endroits.  Si oui, je ne suis pas au courant.

Je n'ai jamais été aussi grosse qu'au moment de débuter l'écriture de ce billet.  Je n'avais jamais pesé autant.  À cette époque, il ne me manquait que quelques livres pour franchir la barre des 200.  Il s'agit peut-être d'un simple nombre.  Oui oui, c'est juste un chiffre.  Mais je suis convaincue que si, à l'adolescence et au début de l'âge adulte, j'avais atteint le poids que j'avais à ce moment ou même celui que j'ai en ce moment, je ne l'aurais pas accepté.  Je ne l'aurais pas toléré.  J'aurais utilisé des mesures drastiques pour y remédier, ou je me serais tuée.  Je n'aurais pas pu vivre grosse.  C'est terrible, ce que j'avance.  Et pourtant, je le sais que c'est vrai.

Parce que les corps gros, ronds, les peaux flasques et les bourrelets sont encore synonymes de honte, d'embarras et de gêne dans notre monde.  On les associe presque systématiquement à la paresse, la lâcheté, les mauvaises habitudes alimentaires, le manque d'exercice, l'absence d'une bonne hygiène de vie, alors que c'est faux.  N'importe quel type de corps peut être en santé ou pas.  La grossophobie est présente et cruelle et on ne fait que commencer à en parler.  On est seulement aux premiers balbutiements d'une sensibilisation plus globale de l'acceptation de tous les corps.  Il y a encore beaucoup à faire, parce que la représentation physique variée d'êtres humains dans toutes les sphères (télé, cinéma, mode, publicité...) est loin d'être acquise.  Le poids et l'apparence ne devraient jamais amener à des conclusions hâtives sur l'état d'une personne, surtout pas venant de quidams qui n'ont aucune expertise dans le domaine de la santé.

Mon poids, mon look, ma silhouette, tout ça a toujours empoisonné mon existence.  Ça a souvent été omniprésent dans ma tête, mes réflexions.  Conserver une minceur et une silhouette idéales a longtemps fait partie de mes buts premiers.  

Déjà enfant, je me trouvais grosse.  J'ai rapidement eu le réflexe de me comparer aux autres filles.  Et pourtant, j'étais dans les petites.  Au début de l'adolescence, je me suis mise à me cacher dans des vêtements amples pour ne pas qu'on voit mes formes.  Ce n'était pas tant mes seins que je ne voulais pas montrer, mais plus les courbes ou les bourrelets (quasi-inexistants).  Je me disais que si je camouflais adéquatement, personne ne pourrait penser que j'en avais.  Personne ne pourrait (ou ne voudrait) deviner mon corps.

Durant la première année de mon secondaire, j'ai essayé de manger le moins possible. J'ai mis à la poubelle presque tous les lunchs que ma mère m'a préparés.  Je ne prenais que la pomme (sorry Mom).  Des amies m'avaient d'ailleurs menacée de le lui dire, que je jetais la nourriture à tous les jours.  Ça m'avait refroidie, mettons.  Et puis le moyen était nul, j'avais pas mal toujours très faim une fois l'heure du souper arrivée, alors je mangeais.  Et je ne perdais aucune livre.

En classe, quand on nous présentait des films sur les troubles alimentaires, je m'en voulais de ne pas être assez forte pour être anorexique comme les personnages montrés dans ces «after school specials» qu'on nous nous faisait regarder (et qui étaient tous plutôt médiocres, disons-le).  Dans ma tête, je me tapais dessus de ne pas être assez entêtée et focused pour vraiment arrêter de manger net.  Je ne comprenais pas vraiment que c'était une maladie, et non une question de force ou de persévérance.  Je trouvais que la boulimie semblait un moins bon moyen de perdre du poids, en plus on l'expliquait dans les films, on peut même prendre du poids comme ça, et je ne voulais pas courir ce risque.  J'ai quand même déjà essayé de me faire vomir, dans des moments où je détestais particulièrement mon corps.  Je n'ai jamais réussi à l'époque.

Chaque fois que je faisais une remarque sur mon poids, me plaignais de mes courbes ou de ma silhouette, on démentait.  On tentait de me raisonner.  Je n'étais pas grosse, je n'avais pas de courbes, ma silhouette était parfaite.  Mais dans le miroir, je voyais une grosse.  Un surpoids.  Je n'aimais pas ce que je voyais.  Assise, j'essayais de dissimuler mes cuisses qui s'aplatissaient contre mon siège.  Debout, je rentrais le ventre.  Et toujours, je me comparais aux autres.  Sans me priver de nourriture, j'ai commencé à faire tout de même un peu attention à ce que je mangeais.

À la fin de l'adolescence et au début de l'âge adulte, j'ai commencé à accepter mon corps et le voir tel qu'il était : mince et en forme, un tout petit peu musclé.  Parce qu'au milieu du secondaire à peu près, je m'étais concocté une petite série d'exercices que j'exécutais à chaque matin de la semaine en me levant.  Je n'y délogeais pas.  Je le faisais presque en cachette.  J'ai maintenu cet horaire des années durant, jusqu'à la fin de l'université.

Durant ma vingtaine, j'ai été chanceuse, parce que j'ai complètement arrêté de me restreindre dans mon alimentation.  Je mangeais ce que je voulais et je n'engraissais pas.  On me complimentait assez souvent.  Je trippais intérieurement chaque fois que je revoyais ma mère après quelques semaines et qu'elle me demandait si j'avais encore maigri.  Je niais en riant nerveusement (ce n'était quand même pas vrai à chaque fois, et puis j'avais arrêté de me peser dans ce temps-là).  Je lançais souvent à la blague que mes excès alimentaires allaient me rattraper.  Et ça a été le cas.  Entretemps, je me suis mise à prendre des antidépresseurs et autres médicaments pour mes troubles dépressifs.  La plupart ont pour effet secondaire la prise de poids.  Je n'y ai pas échappé.

Il m'arrive encore d'excuser en quelque sorte mon poids actuel par le fait que je n'ai pas toujours été aussi grosse, que ça ne fait pas si longtemps.  La vérité est que ça fait depuis 2012 que j'ai un surpoids, avec oscillations.  Je me rappelle encore du jour où j'ai dû me rendre à l'évidence en voyant des photos de moi des derniers mois avec mes bras arrondis.  On dirait que j'essaie de me valider parce que j'ai déjà été mince.  C'est n'importe quoi!  Personne n'a plus ou moins de valeur ou n'a plus ou moins le «droit» d'être gros ou petit, peu importe sa taille passée ou actuelle.

J'ai souvent aussi blâmé mes médicaments, mes dépressions, mon hypothyroïdie.  C'est un fait que tous ces facteurs ont contribué à ma prise de poids, mais j'aurais pu aussi ne pas passer plusieurs années sans faire d'exercice physique autre que la marche.  Je pourrais aussi diminuer ma consommation de sucre.

J'ai cessé de garder des vêtements qui ne me faisaient plus «juste au cas» il y a longtemps.  Ça prend de l'espace, ramasse de la poussière, et ne me donne même pas la motivation de faire des efforts pour rentrer dedans.  Peut-être que ça fonctionne pour d'autres, mais pas pour moi.

J'ai parfois espéré vivre de très grandes peines, genre des ruptures amoureuses.  Des fois je souhaite avoir le coeur assez brisé pour perdre 20, 30 livres, comme ça m'est déjà arrivé en 2014.  Ou bien d'être malade, de m'en sortir assez facilement mais avec des livres en moins au final.

Je m'accepte beaucoup plus qu'avant.  Même avec ma shape actuelle.  À bien des niveaux (même des physiques), j'aime plus celle que je suis et que je vois dans le miroir que celle que j'étais et que je voyais et qui avait les mensurations tant désirées.  Mais ce n'est pas gagné à tous les jours, s'accepter et vivre bien dans sa peau.  

Avec ces rondeurs et le passage des années, j'ai constaté des changements dans mon corps.  La vieillesse en ajoute!  Il me semble que c'était moins désagréable d'avoir chaud avant.  C'est pénible, maintenant je sue abondamment au moindre effort.  Est-ce que c'était vraiment plus «confortable» avec moins de bourrelets?  C'est sûr que j'ai perdu un peu de ma flexibilité et ma souplesse d'antan.  

Je m'entraîne régulièrement maintenant.  Zumba, workout, tabata, Pound, marche et cet été j'ai essayé le HIIT.  À l'automne 2017, quand ma soeur et moi avons commencé à suivre des cours de Zumba, je le faisais surtout pour me tenir en forme, retrouver un meilleur cardio, pas nécessairement pour maigrir.  Et aussi pour ma santé mentale.  Ça fait du bien à mon moral.  Je suis contente d'avoir persévéré et varié les activités physiques pour ne pas m'écoeurer.  J'aime beaucoup ça.  Et j'aime manger.  Mais pas tant cuisiner...  Je me tourne souvent vers les restaurants, ce qui n'aide pas vraiment la ligne.  Oh, well!

J'ai moi-même déjà pensé que des personnes avec certains types de corps plus ronds ne «devaient» pas porter des vêtements moulants ou des tenues qui montraient trop de peau.  Quelle bêtise ingrate de ma part!  Une réflexion si (trop) commune influencée par le monde extérieur et la société obsédée par l'apparence.  Aujourd'hui, je me dis que n'importe qui peut porter ce qu'il ou elle veut, pourvu qu'il ou elle soit bien.  Si les morceaux choisis boostent leur confiance en soi et leur estime personnelle, si porter un tel ensemble les font se sentir sexy, audacieux.euse.s, confortables, intègres ou authentiques, c'est parfait!  Les courbes, c'est beau.  Les traits anguleux, c'est beau.  Si les autres ne partagent pas cette opinion ou même trouvent ça dégoûtant, ils n'ont qu'à regarder ailleurs.  Un monde dans lequel tous les corps de toutes les formes et grandeurs possibles seraient acceptés, valorisés et respectés de tous serait un beau modèle de bienveillance et d'inclusion.  

Et puis fuck le concept de «beach body».  Every body is a beach body.  Promène-toi en bikini ou en wetsuit, I don't fucking care and nobody should.


© Les folies passagères



© Les folies passagères




dimanche 7 août 2022

 


Bonnes nouvelles de juillet 2022 :

  • J'ai eu un suivi chez le dentiste post-extraction et post-greffe de gencive et ça a bien été.  Il était très satisfait de l'état de la plaie au palais.  Il m'a même demandé si je cicatrisais bien dans la vie!  Je n'ai pas su quoi lui répondre.
  • En date du mardi 2 août 2022, je n'avais pas encore bu de Sloche Couche-Tard cet été, ce qui était une bonne amélioration par rapport aux autres étés.  Je consomme beaucoup trop de sucre.  Mais quand j'ai avoué ça à ma soeur, elle m'a tout de suite amenée en déguster une et je ne regrette RIEN!


Mauvaise nouvelle de juillet 2022 : 

  • La moisissure s'est pointée au sous-sol où je travaille.  Direct à côté de mon bureau.  Puis ça s'est propagé sur un mur complet.  Et peut-être bien ailleurs.  Ça a occasionné des changements et demandé beaucoup d'adaptation pour déménager les effectifs de mes collègues de l'entrepôt et moi-même.  Sans compter les effets secondaires provoqués par la fréquentation de champignons et de spores.  Je déteste cette situation et le fait que ça a trop tardé avant d'être pris en charge.  Puis là je suis écoeurée d'en parler pis de chialer.