mercredi 11 janvier 2017






Durant la période des Fêtes, je suis allée patiner avec mon parrain, deux de mes cousines, la fille de l'une d'elles et ma soeur.  Nous nous sommes rendus à l'anneau Gaétan-Boucher.  J'ai déjà patiné dans ma vie, mais là ça devait faire trois ou quatre ans que je ne l'avais pas fait, et étant donné le peu de plaisir que j'en avais retiré, j'avais fait don de mes patins.  J'ai donc emprunté ceux de ma marraine qui, si vous suivez un peu vous l'aurez deviné, n'était pas avec nous.

Constat immédiat : je n'aime pas plus ça que la dernière fois.  Je ne peux même pas faire deux coups de patins sans perdre l'équilibre.  Impossible pour moi d'avancer.  Je fige.  Je fais quoi?  Nous avons déjà passé plus de temps à enfiler nos engins de torture à pieds qu'à nous promener sur la glace.  Les autres sont partis loin loin à l'aventure, sauf ma soeur et ma cousine Anne-Marie, qui se sont rendu compte de ma détresse.  Je décide donc de prendre une des espèces d'appui qu'utilisent les enfants qui ne savent pas encore patiner et de voguer en m'y appuyant.  N'ayez crainte, je n'ai pas grand orgueil et je n'ai pas l'humiliation facile pour ce genre de choses.  Ma soeur décide même de m'accompagner en en prenant un elle aussi pour les premiers tours, question de se refaire un peu.  Ce n'est pas tout à fait comme le vélo, le patin.

Je crois avoir eu du plaisir pendant deux tours.  Trois, pour être généreuse.  Au début, c'était cocasse, les deux grandes trentenaires avec leurs marchettes.  Mais aussitôt que j'essayais de ne plus m'appuyer sur le truc, l'équilibre m'abandonnait.  Et je n'arrêtais pas de m'enfarger dans les osties de pointes parce que je ne levais pas assez mes pieds ou parce que je n'avais simplement pas la technique.  Dire qu'au secondaire, quelques-unes de mes amies faisaient du patinage synchronisé et une couple d'autres du patinage artistique, dont un qui a participé aux Jeux Olympiques d'hiver de 2006 à Turin et qui s'est classé 12e, salut Shawn Sawyer!  Comment?  COMMENT FAISAIENT-ILS?

Deuxième constat : je suis nulle.  Et je n'aimerai pas plus ça dans cinq tours.  Je décide donc d'abandonner, sans gêne ni regret, et de m'étendre sur le côté de la patinoire, bien installée dans la neige pour regarder les flocons tomber.  Je n'allais quand même pas demander aux autres de partir et ainsi gâcher leur fun.  Ça ne me dérangeait pas d'attendre.

Je regardais donc le ciel blanc, étendue sur le dos, pieds croisés, toute à mon aise, et je laissais les flocons me chatouiller le visage.  À l'occasion, j'approchais une de mes mains pour observer de plus près les cristaux qui s'étaient déposés sur ma mitaine (une paire que m'a tricotée ma soeur Stéphanie!), j'en étudiais la forme, l'éclat...  J'entendais les rires et des bouts de conversation des patineurs qui passaient devant moi.

Puis j'en ai entendu deux.  Qui se parlaient.  En me regardant, sûrement, parce qu'ils se sont mis à parler de moi, mais pas à moi.

<<<>>>

HOMME - (...) tu fais plus d'exercice en patinant qu'en restant allongé dans'neige!

FEMME - Tant qu'à ça, reste chez vous!

<<<>>>

Chères gens,

Vous n'avez eu accès qu'à environ 15 minutes de ma journée en passant devant moi à quelques reprises, probablement de ma vie si on considère que les chances que l'on se recroise sont minces.  Vous ne m'avez vue qu'à travers une fenêtre de mon existence.  Une fenêtre, que dis-je, un carreau!  Sale.  Parce que vous y voyiez sûrement embrouillé.  Et que ce que vous y avez observé ne représente qu'une infime partie de ce que je suis.  Il m'arrive parfois de me foutre de ce que les gens pensent de moi.  Mais il arrive aussi que l'opinion des autres me gèle, m'empêche d'agir, d'avancer.  Cette journée-là, j'ai eu envie de me lever la tête et de vous faire un beau gros sourire.  D'un côté, jme torchais pas mal de vos propos, mais d'un autre, ça m'a dérangée quand même.  Parce que pour la première fois depuis des semaines, j'étais bien.  J'étais bien, à regarder les flocons tomber.  J'étais bien, effouerrée dans la neige.  Vous ne saviez même pas combien de tours j'avais fait avant, j'aurais pu en avoir fait des centaines (ok, non).  Vous ne saviez pas si j'étais blessée ou non, vous ne saviez pas que j'attendais mon groupe.  Vous ne saviez rien.

Mais je vous comprends, je le fais moi-même souvent.  Émettre des commentaires sur des personnes que je n'aperçois que quelques secondes.  Que je ne vois passer et que je dis, dans ma tête ou à celui/celle/ceux/celles en ma présence, une niaiserie ou une parole désobligeante.  Dans le fond, je n'ai aucune idée du contexte.  Des fois il y a une explication derrière ce dont je suis témoin (d'autres fois non, certains individus sont juste craqués et il n'y a rien à faire pour les réchapper).  Mais bon, tout le monde s'est déjà amusé aux dépens des autres, inconnus ou pas.  Et nous allons continuer à le faire.

Troisième constat : je ne sais plus vraiment où je m'en vais avec ce texte et je commence à trouver que ça sonne comme une rubrique du genre «Ce n'est pas bien de juger son prochain» alors je vais couper ça là.  Il faut savoir quand s'arrêter, dans la vie.





vendredi 6 janvier 2017





Tu t'es assis sur ta poésie.  Et moi je fougue constamment.

Je vais lire mes rêves.  Je n'ai vu personne se poser nulle part.

Ce n'est pas cette suite que je voyais, mais alors là pas du tout.


On ne prend pas le temps chez nous.  C'est un réflexe de convoi.

D'un seul élan.  Vont et viennent et viennent et meurent.

Les bêtes, les peaux, les sons, les os, le vent.


Peu de joies internes pour une mère, une mer de métal.

Placer les tuiles, me tromper.

Inadmissible.  Impossible.


Je ne mène à rien, n'aspire à rien.

Il y a comme une odeur de sucre brûlé.  Une odeur déplacée, 

C'est d'une passivité incongrue.




mercredi 4 janvier 2017




J'aime...

  • m'endormir avec de la musique.  J'ai recommencé à le faire il y a quelques semaines pour me détendre et tenter de régler mes problèmes d'insomnie et de crispation;
  • la télésérie Feux, écrite par Serge Boucher, ce génial auteur à qui l'on doit aussi Aveux et Apparences.  Des textes et des moments puissants, accompagnés de comédiens d'immenses talents (Alexandre Goyette, où étais-tu avant cet automne?);
  • la soirée du réveillon du Jour de l'An passé chez Hélène et Phil, avec du bon monde, de la bonne bouffe, des bons rires, des bons «cadeaux» et le feu dehors après minuit;
  • que ma petite Peggy Sue se laisse flatter le menton de temps à autre lorsqu'elle est couchée au pied de mon lit.


Je n'aime pas...

  • tout, ou à peu près.


mardi 27 décembre 2016






L'homme se berce, se penche, dépose sa cigarette sur le bord du cendrier posé sur la table à côté de la chaise.  Il cesse de se bercer, se tourne vers la femme et lui demande, d'un seul élan :

- L'avez-vous surprise, la peine que nous sommes devenus?

La dame, qui ne se berce pas, est assise dans le grand fauteuil à l'autre bout de la pièce.  Mais c'est une petite pièce, alors elle n'est pas bien loin.  Elle fixe le téléviseur, puis le regarde, lui.

- Elle était où tout ce temps-là, cette question?

- Dans ma tête.  J'arrivais pas à la composer.

L'homme se réinstalle et se remet à se bercer.  Il soupire, ferme les yeux.

- Mais vous l'avez vue venir, n'est-ce pas?  Vous nous avez laissés devenir lamentables?

Il ouvre les paupières à temps pour la voir rouler des yeux.  Il soupire à nouveau.  Il pose ses mains l'une contre l'autre et sent à quel point elles sont froides, tout d'un coup.  Il reprit :

- Ça me tue.

Elle se penche vers lui, agacée, et bat l'air de sa main droite.

- Marcel, tu mourras à la fin, quand tout sera fini.

- C'est vous qui me faites mourir, madame, parce que tout me creuse vers vous.





lundi 26 décembre 2016





J'aime

  • le tumblr enter the chamber.  Il y a du gros n'importe quoi, du drôle, du cute, de l'irrévérencieux de l'intéressant...;
  • jouer à Rock Band.  Même si j'ai besoin de BEAUCOUP de pratique pour commencer à maîtriser la batterie et sa foutue pédale;
  • le gâteau aux cerises de ma mère;
  • le site de l'Office Nationale du Film.  On peut y regarder plein de films et de documentaires gratuitement.



Je n'aime pas

  • le bouton gauche de ma souris d'ordi.  Il est beaucoup trop sensible, ce qui fait que ça dérange un peu mon cheminement sur Internet (je veux aller à la page précédente, pas à l'avant-avant-précédente);
  • l'horaire de télé tout chamboulé durant la période des Fêtes.  Je veux savoir ce qu'il va se passer, et vite!
  • le Boxing Day;
  • mon apathie (je dois faire preuve d'efforts assez immenses pour trouver des items dans mes listes, question de tenir ce blog en vie).








mardi 13 décembre 2016





J'aime...

  • les Lucky Charms.  Et aussi quelques autres sortes de céréales beaucoup trop sucrées, mais celles-ci demeurent en tête;
  • les produits de la Fromagerie Bergeron.  En ce moment, je déguste à nouveau Le Calumet, un de mes favoris;
  • pas grand-chose, en fait, ces jours-ci;
  • Étincelle, roman d'autofiction de Michèle Plomer publié chez  Marchand de feuilles dans lequel celle-ci raconte le long combat de sa meilleure amie qui s'est retrouvée gravement brûlée après un accident.  L'auteure partage aussi son propre cheminement alors qu'elle demeure aux côtés de Song : la culpabilité de ne pas avoir été là le soir de l'incendie, sa peine, son impuissance, son monde qui s'écroule autour.  Reste encore l'amour de Michèle Plomer pour la Chine, merveilleusement décrite.



Je n'aime pas...

  • les spoilers.  Autant dans les bande-annonces de films, les annonces à la télé ou les foutus magazines QUI NE PORTENT QUE SUR LES INTRIGUES DES SÉRIES, TÉLÉROMANS ET FEUILLETONS.  Leur contenu est exclusivement dédié à ça.  TV 7 Jours!  TV Hebdo!  Et ça traîne sur les rayons dans les files à l'épicerie, ces choses-là!  Comment ne pas voir les titres en grosses lettres?  Comment ne pas savoir avant l'heure que Marguerite est enceinte de Jean alors qu'elle est mariée à Ursule?
  • les cagoules style passe-montagne pour l'hiver.  À la base, c'est pas joli joli.  Et ça a beau bien protéger du froid, quand on respire dedans avec la condensation et tout, c'est dégueulasse.  Ça fait ça un peu aussi avec les foulards si on les met trop près de la bouche.  Ça m'écoeure;
  • le ketchup aux fruits;
  • mes tremblements qui m'empêchent de prendre des bonnes photos, bordel.  Pas que je sois une bonne photographe, mais une photo pas floue de temps en temps, ce serait bien.




lundi 12 décembre 2016





Mes jours sont d'une platitude sans nom.  Ils sont longs, ils sont froids, ils sont mornes, ils sont vides.  «Mais force-toi un peu, me direz-vous, lève-toi, bouge-toi le cul, essaie, trouve-toi pas d'excuses, va travailler - SURTOUT va travailler, bordel!».  Eh bien je ne peux pas.

Mes jours sont répétitifs.  L'absence d'activités, d'action, de vie est répétitive.  Parce que ce n'est pas la première fois que ça m'arrive.  Je me plains de ne rien faire parce que je VEUX rien faire.  Vouloir rien faire, puis vouloir se scier en huit.  Se scier parce que la honte, se scier parce que la culpabilité, se scier parce que mon pas-d'allure.

Mes jours sont solitaires.  Le nombre de personnes avec lesquelles j'aime(rais) passer du temps est assez minus.  Puis les occasions et les lieux où il y a trop de gens, trop de bruit, m'étourdissent un peu.  Me déplacer est un calvaire.  Je le fais le moins souvent possible, et quand et si c'est nécessaire.  Parce que ça ne me tente pas de marcher.  Ça ne me dit rien de prendre l'air.

Mes jours sont partagés avec mes trois chats.  Même les divertir eux, je trouve ça lourd.  Ils doivent me trouver dull à mort, surtout Ignacio, qui lui s'éclate et court partout depuis que la neige tombe.  J'emprunte les chiens d'amis quand je les vois pour leur soutirer un peu de chaleur et de caresses.  Ça fonctionne.

Mes jours sont de la marde.  Ce n'est pas qu'on me laisse seule ou qu'on ne m'offre pas de support ou qu'on ne me propose pas de sortir.  Je suis juste comme une fracturée clouée à son lit d'hôpital.  Sauf que moi je sais pas trop où elle est située, la cassure.  Mais bon, il y a des heures qui sont agrémentées de sourires.  De rires aussi.  Il y a des patients de divers degrés.  Parfois il me prend l'envie de faire quelque chose, puis le moment venu, je panique.  Certaines choses me font angoisser.  Le travail.  C'est trop compliqué, c'est trop difficile, je ne suis pas capable, je pense trop, il va arriver ça, il va arriver ci...  Alors je préfère rester en dedans.  C'est plus simple.  Moins demandant.  Et c'est là que je me dis que je suis vraiment nulle.