dimanche 28 décembre 2008





Je n'ai jamais aimé compter les moutons. J'ai bien essayé, quelques fois pour dormir, mais en vain. Alors je ne compte pas, je ne compte rien. Si je me trouve dans un endroit à attendre, je ne compte pas les tuiles au plafond, je ne cherche pas à savoir combien de lattes forment le plancher. Le temps ne passe pas plus vite, et je ne m'en trouve pas plus apaisée.

Mon plus récent passe-temps consiste à créer des chorégraphies, à les imaginer dans ma tête. Je danse, ou bien je vois d'autres corps de danseurs. Chaque figure se démène. Parfois je sais quelle musique accompagne les pas, d'autres fois non. Mais je danse. Tout le temps. Sans mouvement. Ça me calme, et le temps passe, sans me le dire, et je n'y vois que du feu.

Je ne vois que du feu, je danse.














mercredi 24 décembre 2008





Il est quatre heures du mat', et je ne dors pas. Le chat non plus, et je lui fais peur quand je lui demande s'il veut retourner se coucher. Ce félin est beaucoup trop nerveux.

J'ai mangé trois clémentines. Bu un peu d'eau. Changé la litière (parce que ça pressait, , faut croire). J'ai regardé dehors, me suis questionnée quant à savoir s'il faisait froid. En face de l'ordi, tout à côté de la fenêtre, c'est pas très chaud en tout cas. Et je me demande pourquoi je ne suis pas couchée sous mes six ou sept couvertures, à flatter M. Gris.

Je suis en état d'appel, on dirait. J'ignore ce que ça veut dire vraiment, mais ça me semble approprié.

Ce sera bientôt l'anniversaire de quelque chose. L'anniversaire de bien des choses, et de gens. Mais les choses y'a que moi qui les fête. Je suis stupide.

Dans quelques heures, je pars pour Thetford Mines, la contrée de l'amoureux. Ce sera une première pour moi. Et demain, Beloeil j'arrive. Qui sait comment le tout se passera. Il ne faut rien que j'oublie.

Mon frère me manque, en ce moment. Je pense à lui et je me dis que je ne sais même pas si je le verrai durant le temps des Fêtes, cette année. J'irais bien m'entraîner avec lui.

Bon, suffit maintenant. Au lit.





mardi 23 décembre 2008






La libération se fait douce. Je ne m'emporte pas, je ne crie pas «Victoire!», parce que je n'ai rien gagné. Et atteint si peu. C'est fou ce que le chemin est long, parfois. Alors que tout ce qu'on veut, c'est se glisser sous sa peau et s'y sentir bien. Au chaud.

Noël me fait peur. Je n'ai pas envie de ce temps de l'année. Je ne veux pas raconter aux oncles et aux tantes que je vais bien et que tout est réglé maintenant. L'hypocrisie m'étouffe un peu, et je ne souhaite pas me diluer derrière la mienne. Je vais donc raconter la vérité: «Être là-bas, ça faisait chier. C'était long et vraiment plate. J'ai lu, j'ai lu beaucoup. On m'a prescrit un nouveau médicament, le lithium, oui oui. Et là, je suis de retour chez moi, et ça m'arrive de me demander où vont aller tous ces efforts, si je vais vivre plus vieille que 32 ans et si je vais aimer ça.» La description des réactions est à venir.

Mais je me connais, je serai peut-être polie. J'aurai cette excuse-là pour essuyer mes mensonges. Remarquez, je suis sincère lorsque je souhaite de Joyeuses Fêtes ou un joyeux Noël à quelqu'un. Cette personne-là y prend sûrement plaisir, et ce n'est pas parce que je ne suis pas toujours capable d'en avoir que je dois le lui gâcher.

Mais bon. Vivre l'instant présent. Et pour le moment, je vais aller m'étendre sur mon divan. Laisser Ignacio venir s'installer sur mon ventre. Puis je vais tenter de finir le livre que je lis en ce moment. L'intrigue n'aboutit pas. Comme quoi ce ne sont pas tous les Suédois qui puissent m'impressionner.





samedi 20 décembre 2008






J'aurai passé décembre à l'intérieur, dans une chambre de la Clinique Roy-Rousseau du Centre hospitalier Robert-Giffard. Les premières rafales de neige, je les ai à peine senties, j'ai à peine tremblé de voir que le monde redevenait blanc, encore une fois. Un mois irréel.

Je ne me rappelle plus si je tremblais le jour où on a décidé de m'amener là. Mais je sais que j'ai eu peur. Des couloirs laids, du silence puis des quelques phrases perçues ici et là, de toutes ces portes blanches aux poignées anciennes, de la femme qui m'a demandé d'enfiler le pyjama de la place, et de sortir de mon sac tout ce avec quoi j'étais susceptible de me faire mal. J'avais froid, sans doute, parce que tout ce qui m'entourait l'était.

Je me suis peut-être habituée à cet environnement aseptisé, je ne sais pas trop. Est-ce qu'on se fait à ça? Je l'ignore. Ce que je sais, c'est que j'ai peu à peu cessé de voir de l'austérité partout, d'être effrayée par les murs beiges, par l'homme à la démarche bourrue qui m'appelle Danika, par la femme aux cheveux courts, aux yeux sévères et qui sonne bête peu importe ce qu'elle dit, par les infirmières et les préposés, et que j'ai troqué ma résignation contre de l'acceptation.

Je me suis fait une amie. Elle me fait rire, et souvent nous allons nous entraîner en même temps. Elle a un garçon de douze ans qui lui donne pas mal de misère, et quand elle pleure je ne sais pas quoi faire. Moi je ne pleure pas, les médicaments m'assèchent on dirait. Je n'ai pleuré que lorsqu'on m'a dit que je devrais passer au moins trois semaines sur cette aile.

Je sens que ça aide, ce séjour. Je veux que ça m'aide. Je ne souhaite pas y retourner... Mon psychiatre m'explique très bien les choses, et il écoute, et il semble comprendre. Je le trouve drôle. Et son équipe est très bien. Je suis bien entourée, ç'aurait pu être bien pire... J'ai tout de même très hâte de franchir la grande porte de l'aile 200-est une bonne fois pour toutes.

Est-ce que ça va mieux? J'en sais rien. Ce n'est pas ma vie, ça. Là. Pour l'instant je me sens engourdie. Comme si je devais réapprendre à rire, à sourire. Je vais me taire et observer. Me dénicher mon mode d'emploi personnel. Celui qui fera mon affaire.








vendredi 28 novembre 2008






Je me détache un peu. Je vois au travers de ce qui n'est pas, alors que je cherche à m'éclipser de visions trop claires. Confondant, à la fin.




Je me détache, un peu
Faut-il que tu le saches, l'aveu





JE-M'-DÉ-TACHE, UN-PEU














jeudi 27 novembre 2008





Paraît que c'est Thanksgiving, aux States. Semblerait que j'avais une voix étrange, au téléphone, tout à l'heure. Et que ça cachait quelque chose, un truc que je ne voulais pas dire. Mais je sais pas. J'en ai tant, de ces monstruosités qui me coupent la gorge. Et en même temps je ne suis pas plus folle qu'un autre. Ou une autre.


Ça y est, un petit vide qui me gagne. Y'a ces creux-là qui l'emportent toujours plus que moi. Sur moi. Je n'aurais pas dû me prêter à des jeux de la sorte. Et commencer à me trouver laide si jeune, et grosse.

Un film, hier soir, m'a rappelé à quel point les chatouillements typiques d'un crush font partie de mes autrefois, de mes jadis à moi. Je ne connaîtrai probablement plus les frissons anciennement dus aux garçons, ni les excitations d'adolescente. Dommage, je me sentais si vivante, dans le temps. C'est ça, vieillir? No wonder que je me sens mourir, alors... Certains sentiments ne devraient pas subir ce genre d'évolution. Nous devrions toujours aimer comme des cons, et naïvement. Ou peut-être pas, dans le fond. Ce n'est pas ça, et je ne sais pas le dire.

Je me rabats sur le collage, à défaut d'être douée pour la peinture. Je roule sur moi-même, à défaut d'être quelqu'un d'autre. Je cherche, et toi tu plies dans tous les sens. Merci de me suivre. Je veux sentir quelque chose. Je veux être amoureuse de toi. Je veux atteindre mes autres âges sans penser que ce serait un exploit. Je veux écrire, bordel. Et t'emprunter à toutes les nuits, pour m'endormir contre toi. Parce que quand t'es pas là, ça craint, de se laisser aller au sommeil.




mercredi 26 novembre 2008

J'ai lu, et j'ai aimé:



«Je suis habité ce soir par des sentiments pour lesquels il n'y a pas de mots, et des faits qu'il faudrait expliquer en termes de poussières plutôt qu'en paroles.
J'ai examiné des petits bouts de mon enfance. Ce sont des morceaux d'une vie lointaine qui n'ont ni forme, ni sens. Des choses qui se sont produites comme des poussières.»



- Richard Brautigan, «Poussières», dans La vengeance de la pelouse,
10/18, p. 149.






samedi 22 novembre 2008





À l'instar de Sophie, je fais un peu de pub pour le site Mon beau sapin, qui offre une bd en ligne par jour. Ce site, créé par Pénélope Bagieu (que je ne connais pas tant mais qui semble si fantastique, si je me fie à Sophie et Carole), est appuyé par Orange pour verser en dons à la Croix Rouge l'équivalent en argent du nombre de visiteurs (mais ça sert à rien d'y aller mille fois par jour hen, lisez les précisions et le comment ça marche). Je trouve que c'est une bonne idée, donc je vous en parle. Et en plus on s'y marre.








mercredi 19 novembre 2008

Je devais me faire trop d'attentes pour cette première consultation avec un psychiatre, parce que j'en ressors salement frustrée. Et là je suis en bâtard d'être restée ici deux jours de plus pour quelque chose qui n'en a franchement pas valu la peine. Une chance, entretemps, j'ai pu voir des pets de fruits de mer (voir Mélanie ou Gabrielle pour comprendre).
Je croyais que ledit psychiatre profiterait de ses vas-et-vients entre son bureau et celui de la secrétaire pour m'observer un peu, tandis que j'attendais en branlant du genou dans la salle d'attente. Mais non. Il ne m'a pas offert de sourire, a à peine daigné me regarder. Puis j'ai rêvé d'un divan comme on en voit dans les films et les séries télé, cette perspective m'enchantait, je me disais que je n'aurais pas à lui faire face. Hélas, quand il est venu me chercher et m'a amenée à son bureau, il n'y avait que deux chaises devant son bureau et son propre siège. Deuxième déception.
Il m'a posé un tas de questions, toutes ponctuées d'un air bête. C'est naturel, ou je le dérangeais? Il n'était pas chaleureux et ne semblait pas intéressé, même si je sais qu'il écoutait. Lorsqu'il ne me regardait pas, je roulais des yeux et me demandais vraiment ce que je foutais là. Nous ne sommes jamais allés en profondeur, il s'est contenté de la surface des choses. Il n'avait pas le temps, ou il relègue tout ça à un autre? J'aurais eu envie de lui dire que c'est exactement à cause de gens comme lui et de rendez-vous de la sorte que j'ai le goût de me jeter devant une voiture en mouvement. Il a fini par me prescrire un autre truc, l'Effexor, et me signer un arrêt de travail. J'aurais pu lui demander du Valium et un congé d'un an, je crois qu'il aurait acquiescé à ma demande, le con.
Là j'ai comme une envie de vomir. Désagréable. J'ai les sinus en feu et un ulcère dans la bouche qui ne veut pas guérir. Je veux dormir, mais j'ai bien de la difficulté à faire ça depuis deux nuits. Quel temps de merde, vraiment, et moi qui croyais que novembre était mon mois... Pas cette année, en tout cas.

lundi 17 novembre 2008

Je me terre ici chez mes parents pour attendre jusqu'à mercredi pour voir ce qu'a à dire un psychiatre sur mon cas. Je sais déjà qui je suis, allez donc voir comment je le suis maintenant.
Over.

jeudi 13 novembre 2008





T'sais quand ça te tente pas de t'habiller, ni de trop te peigner, mais que t'as des courses à faire et que t'as le goût de profiter du soleil de la matinée, surtout qu'ils annoncent de la pluie (ou de la neige, tu sais pus trop) en fin de journée, eh ben y'a pas trois mille solutions. J'ai opté pour la simplicité, ce matin: j'ai remonté mes cheveux et les ai pris au piège dans une pince, ai gardé mes lunettes, j'ai enfilé mes pantalons kaki 7/8 par-dessus mon bas de pyjama, ai gardé mes gros bas, mis mes bottes d'hiver, des mitaines, un foulard, mon manteau d'octobre-novembre, pris un sac réutilisable, puis je suis sortie comme ça. Je devais être cu-te! Je me suis promenée d'un pas décidé, suis allée à la banque, acheter du pain et autres babioles comestibles, et ça m'a plu, cette sortie. J'ai ensuite regagné mon espace, ai raté légèrement mes nouilles au fromage et saucisses, et ça n'a pas été trop long que l'espèce de fumée qui m'empêche d'avoir la force de même parler m'a réenveloppée. Bof. Ç'a été un court instant de liberté et de plénitude, mais un instant pareil, un instant juste pour moi, où avoir l'air ridicule m'a drôlement apaisée.











mardi 11 novembre 2008




Le chat vient de grimper tout en haut des armoires de cuisine. Il s'installe pour piquer un roupillon, qui se prolongera sûrement jusque tard en après-midi. Tout probable que j'irai faire de même dans quelques heures, en lui laissant les hauteurs, car je me contenterai fort bien de mon lit.

Une brassée de foncé toute propre m'attend pour que je l'étende. C'est calme d'un coup dans l'appart, Henriette-Lamontagne-la-laveuse a arrêté de se plaindre. Je m'entends me demander à quoi penser...

Tiens, je vais mettre un peu de Gorillaz. Question d'assourdir un peu cette journée de congé gracieuseté de MHV. Je viens de me rappeler que j'ai oublié de prendre mon médicament, ce matin. J'y cours...

L'effet est rarement immédiat, hein. C'est plutôt un estompement. À force d'en avaler, on ne sent PLUS RIEN. On mélange tout. Et on devient fou. Pour vrai.

Ce qui serait thérapeutique? Partir pour la Suède. Ou visiter Prague, puis pouvoir terminer mon roman. Dormir, dormir, durant vingt jours d'affilée. Regarder Ignacio regarder dehors et s'exciter devant un écureuil qui fait le funambule sur la rampe du balcon. Mais ça, je le fais déjà. Je retourne à mes fantasmes: mentir, lui dire qu'il n'est pas le centre de mon univers, rencontrer un diable de Tasmanie, me perdre dans une pyramide en Égypte, faire l'urbaine à New York et/ou Boston. Il doit bien y avoir quelque part un organisme qui commandite des voyages pour dépressives-détraquées-suicidaires-plus-trop-en-rémission? Oui? J'y adhère MAINTENANT.

J'ai envie de rire. Je vais me moquer de tout ça. J'utilise désormais le terme «tout ça» pour désigner ce qui me prend, faute de trouver d'autres mots. Parce que ça ne m'arrive pas, vraiment. Je ne suis pas à plaindre. Il y a pire que moi, et il y a mieux. Ça me prend, tout simplement, et je me trouve prise, justement. Tout ça jusqu'à une prochaine fois.

Vivez, braves gens, tandis que je vous regarderai aller. Je vous rejoins sans plus trop de délais.



samedi 8 novembre 2008

Quand je dis que je suis mauve, c'est que je me sens mauve. Comme les gens qui ont les bleus. Like those who have the blues...

Je suis mauve, parce que mes médicaments ne me font plus. Parce que j'ai peur d'aller voir le médecin dans quelques jours et de devoir tout lui déballer. Je suis mauve parce que je dois appeler pour subir une évaluation psychologique dans une clinique quelconque afin de transférer mon cas à un professionnel autre que celle qui me voit en ce moment, mais dont je ne peux plus bénéficier des services car je ne suis plus étudiante. Parce que je suis crevée et que je ne peux même plus finir mes journées. Je suis mauve parce que je veux me faire mal, et que je recommence ces temps-ci. Je ne veux pas avoir à m'insulter au miroir encore pendant des heures... Mauve parce que je pense, tout le temps trop fort toujours trop longtemps, et pas aux bonnes affaires.

Mais bon, c'est juste ça: je suis mauve.

J'ai repeint mes ongles, ce soir. Je viens juste en fait. Demain ma mère m'emmène magasiner, question de me remonter le moral, de me faire changer d'air, et question que ça lui tente aussi. Alors je porterai des fringues fuckés et j'aurai le bout des doigts rouge «Big Night Out», la teinte 826 de Rimmel. Je regarderai ce que les autres portent et je jetterai un coup d'oeil aux tendances et je m'imaginerai des ensembles pour les prochains jours. Je sais être superficielle à ce point, oui oui.

Je ne finirai probablement pas ma toile avant de me coucher. Mais je vais la contempler. Me demander si je dois mettre encore un peu de noir. Si je rajoute d'autres coups, voir ce que ça pourrait donner au relief. Et sacrer contre mon rose qui fait dans le trop pastel.

Grâce à l'amoureux, j'ai souri tantôt. Je me suis même mise à rire et à dire des conneries. Quel duo nous faisons, vous devriez nous voir des fois...

Je suis donc maintenant mauve pâle.







lundi 3 novembre 2008






Novembre.

November's mine.

***

Cette fille qui vit au-dessus de sa tête, dans les nuages... C'est moi.

***

Le fait demeure, mais le souvenir s'efface. Tu ne m'as plus embrassée, il ne s'est rien passé.

***

Il m'a manqué, pour la première fois depuis... depuis trop longtemps. Je suis une amoureuse hors-norme.

***

Je me peins les doigts. Pour m'inventer une couleur d'esprit. M'imaginer demeurer vivante.

***











mardi 28 octobre 2008






Les voitures ont toujours l'air de rouler plus vite, le soir quand il pleut. Leurs phares éclairent la bruine projetée par la friction des pneus et de la chaussée, et je trouve ça beau. Et ça m'effraie.

Des ruisseaux font leur chemin, se collent contre les trottoirs. Dans ces petites mares improvisées filent les reflets orangés des réverbères, et j'aime ça, regarder ça. Ça m'apaise.

Certaines feuilles s'accrochent à l'asphalte, s'y collent, comme mes cheveux mouillés à ma peau, mon visage, mon crâne. Des gouttes glissent dans mes yeux, et je ris de tout ça. Et ça me chatouille.

Ces nuits où le vent s'emporte, où je pourrais m'inventer des tremblements, provoquer des raz de marée, ces nuits-là, j'en prendrais tout l'automne. Ça m'abrite, me fout en l'air, me protège, m'exaspère, me contente, me libère.










dimanche 26 octobre 2008

Faut que tu comprennes,
que tu comprennes que
ç'a été important pour moi,
mais pas tant,
que j'y pense des fois
et que c'était beau dans le temps
juste ça,
mais rien de trop marquant

Je me demande bien pourquoi
je me dis que tu me manques des fois
quand t'es pas là,
avec nous,
je me dis que je rigolerais avec toi
je me demande bien pourquoi

Faut que tu comprennes,
que tu comprennes que pour moi,
pour moi ç'a été tout ça,
tout ça ç'a été
et bien plus
mais un peu moins,
un peu moins que ce que tu crois,
que ce que tu crains
ç'a été juste ça
juste ça pour moi

jeudi 23 octobre 2008








J'ai l'humeur imparfaite. Je m'irrite de tout. Je pars à la recherche de la déesse chimique qui saurait me venir en aide. Je foule des contrées douillettes pour fuir l'angoisse, connaître l'apaisement. Je ne marche pas. Mon corps ne s'imbibe pas assez de ses sources de repos. Je renie mes nerfs, maudis mon impatience. Je m'enveloppe, me fonds, me coule. J'use mes muscles à force d'ignorer les sourires. Je fixe les fonds. Je poursuis ma quête sans début ni fin, je tourne sur moi-même, je repars. Je revis ailleurs. Et ailleurs, tu n'y es pas.













mercredi 22 octobre 2008





Il y a de ces images douloureuses qui me reviennent en tête à l'occasion lorsque je pense à d'anciennes amours. Je ne cherche pas particulièrement à me torturer l'esprit avec ça, mais je n'y peux rien, elles rebondissent quand ça leur tente, même si maintenant j'en suis à un stade où l'amertume liée à ces relations s'est pas mal dissoute. Il ne reste que ces quelques visions, qui pincent un peu, et qui me rappellent que l'amour, c'est bien compliqué et ça fait bien mal. Mais c'est entre autres ce qui fait que c'est si beau.

De lui, il m'est passé sous les yeux hier soir, alors que je me disais que sa fête est le lendemain, soit aujourd'hui (tout le monde en choeur: «bonne fête, lui!»), le moment où il a choisi de m'enlacer devant tous ses amis, alors que nous nous apprêtions à quitter le bar dans lequel nous avions passé la soirée, chacun avec nos groupes d'amis distincts avant de finir par partager la même table lorsque ma gang s'était éclipsée prématurément. Je me souviens l'espèce d'ardeur avec laquelle il s'était littéralement accroché à moi, et je me souviens aussi en avoir ressenti une sorte de frustration. Ça n'allait pas, nous deux, et il tentait de tirer sur quelque chose pour rétablir notre sublime. Ce qui n'a rien arrangé, en fin de compte. La rupture s'est faite deux jours plus tard.

Le plus dur, avec lui, a été d'accepter sa façon de réagir à cette séparation. Aujourd'hui, j'aimerais encore que tout ne se soit pas passé comme ça. Mais je crois que maintenant, nous sommes redevenus amis, ou du moins sommes-nous «civiles». Et ça me va.

Et avec l'autre lui, l'image qui demeure est une des dernières que j'ai eues de lui avant qu'il ne parte pour l'été travailler loin loin. Nous venions de passer une extraordinaire soirée, il avait osé m'embrasser même si tout était foutu (ce que nous savions depuis le début mais avions choisi de mettre de côté le temps de se voir et de profiter du mois qui nous restait), il avait voulu rester tard et là il devait partir. Alors que je marchais un peu devant lui, il a posé sa main sur mon bras pour me retenir, je me suis tournée vers lui et j'ai vu son visage, les sourcils un peu froncés, l'air grave. Ça ne lui plaisait pas de me quitter, même si je sais et que j'ai toujours su qu'il n'a jamais été amoureux de moi. Mais je n'ai jamais douté de son attachement et de son attirance pour moi. Je ne lui en ai pas demandé plus, je l'aurais marié, cet homme, et pour vrai. Il est parti, s'efforçant de me faire sourire, et je me souviens que le matin de son réel départ (il partait deux jours après nos «adieux»), je suis restée au lit sans pouvoir bouger, jusqu'à ce que ma mère me force à me lever. Il me semble que j'ai réussi à accumuler assez de forces pour aller en vélo avec une amie, durant l'après-midi.

Nous nous sommes revus sept mois plus tard. Nous n'avions pas beaucoup changé, et je crois qu'il restait encore un peu de «nous», peu importe le statut que nous n'avons jamais eu. Nous n'avons plus jamais habité la même ville. Il ne me manque plus vraiment, mais je pense à lui. Des fois.

Je vis bien avec ces images, la plupart du temps. C'est lorsque ma raison me perd et les broie, ces images et d'autres, pour m'empoisonner l'esprit, que ça va moins bien. J'avais envie d'écrire sur eux, ce lui et cet autre lui. Je sais qu'ils ne m'en voudront pas! J'assume le fait qu'ils occupent toujours une place en moi. Et le fait que j'en occupe sûrement une moins grande, ou une inexistante, dans leur vie à eux.







lundi 20 octobre 2008





Aujourd'hui, je crée. Un tableau, pour lequel j'avais gribouillé le croquis il y a environ deux mois. J'aime laisser mes illuminations mijoter longtemps. Il y avait si longtemps que je n'avais pas peint! Je crée aussi des barres Nanaimo, pour moi et pour l'amoureux. La recette sera encore une fois un peu ratée, étant donné que je sous-estime toujours la quantité de margarine nécessaire. Il n'y verra que du feu, et moi, je m'en fous pas mal. Je me dis que c'est un peu moins de gras à aller se planter dans mes cuisses.

Aujourd'hui, j'écoute. Björk et ses plus grands succès, tout en appliquant mes deux premières couches de noir sur la toile. Cette femme est tellement prenante, sa voix était tout indiquée pour entamer mon projet. Présentement, j'écoute les quatre chansons disponibles sur le myspace de Coeur de Pirate. Je dois dire que je l'aime bien, la petite, même si elle ne révolutionne rien.

Aujourd'hui, je regarde. Mon chat dormir, roulé sur lui-même comme une chenille se protégeant d'un imposteur. Mon espace, si beau et si propre après le ménage que j'y ai effectué ce matin. Je regarde des émissions de Tout le monde en parle que ma soeur avait enregistrées pour moi. Je m'imagine y passer un jour, répondre aux questions de Guy A. Lepage. C'est fou comme je peux avoir des idées de grandeur, des fois.

Aujourd'hui, je crée. Et je m'en porte bien. Ça me repose des deux dernières semaines. Mon humeur est comme le temps : incertaine, filante... Je suis une première tentative de grenade artisanale : il se peut bien que j'explose, il se peut bien que non...











lundi 13 octobre 2008




Souvent, dans ma tête, je me fais des trames de films. Je l'ai déjà dit. Je vois des images, j'y ajoute de la musique. Et parfois, lorsque je crois vraiment à mon roman, je m'imagine qu'on le trouvera si bon qu'on en fera une adaptation cinématographique. J'ai de ces rêves comme ça. Ça m'arrive, oui.

La chanson du début pourrait être Where Is my Mind?, la version de Yoav, pas celle des Pixies, déjà utilisée dans Fight Club. On verrait Prague, à l'aube. Quand Thomas penserait à Sophie, et qu'il l'imaginerait se trémoussant dans une vitrine, c'est Prime Time Deliverance de Matthew Good Band qui passerait. Pour égaler l'espèce de décadence qui l'a gagné, ce pauvre Thomas, et pour montrer à quel point il peut tordre tous ses démons et gâcher tout ce qui est sensé être beau. Automatic Situation de Joseph Arthur accompagnerait l'intimité de mes deux personnages. Parce qu'il y a quand même quelque chose de sensuel dans leurs échanges et dans leurs nuits passées à dormir dans les bras l'un de l'autre, malgré les angoisses et la maladresse de Thomas, et malgré les blessures de Sophie. Je crois qu'All Is Full of Love, de Björk, viendrait clore le tout. Juste après la rencontre inattendue des protagonistes à Londres. Ils se croiseraient par hasard, discuteraient, se laisseraient. Et la merveilleuse dame islandaise se mettrait à chanter. Oui, ce serait comme ça. Et moi je pleurerais en voyant le résultat, parce que j'ai toujours envie de pleurer quand j'entends cette dernière chanson.

Des fois, j'imagine aussi que c'est moi qu'on voit avec de la musique pour me couvrir. Comme dans un vidéoclip. Ou je visualise des beautés, des filles plus minces que moi, et j'invente des séquences. Dernièrement, j'ai écouté en boucle trois des chansons qui figurent sur l'album Migration de Sambassadeur. J'ai dû faire ça pendant deux semaines, le matin en marchant pour me rendre à la librairie, et le soir en attendant l'autobus. The Park, pendant laquelle des danseurs se démèneraient sur une brillante chorégraphie de mon cru qui allierait danse moderne et claquettes. Subtle Changes, où il ne se passerait pas grand chose, je l'avoue. Celle-là ne m'inspire pas tant. Et pour That Town, on ne verrait que des éclats de rires, et des sourires. De moi, de mes amis. Ce serait beau, et le vidéo, je le passerais en boucle, lui aussi.

Je vis à l'intérieur de mes illusions. Pas ailleurs. Des moments, je veux en créer de toutes pièces. Pour ne pas être déçue. Ou bien me servir d'anciens instants. Pour les remanier. Les «musifiquer». Je veux inventer ma vie.




vendredi 10 octobre 2008

Ça fait deux ans que j'écris ici. L'anniversaire est demain, en fait, mais je m'en rends compte à l'instant. Alors je le note. Le souligne.
À travers mon hermétisme, paraît que j'ai réussi à rejoindre certaines personnes. C'est un pas en soi. Je suis arrivée à me comprendre et à me décomprendre encore plus, en alternance. Moi je n'ai que ça, mes mots écrits, pour réagir à toute chose. Parce qu'autrement, tout s'agglutine et ça rend un produit plus ou moins fini. On pourrait dire que j'aboutis davantage ici qu'ailleurs. Mais là encore, est-ce vraiment le cas... Il y a de mes lancées oratoires qui ont valu la peine, je crois. Ceux qui m'écoutent parler peuvent peut-être corroborer. Au-delà de tout ça, je chéris bien mon petit Exil.
J'ai l'intention de continuer. De poursuivre. Après tout, ici remplace un peu les espèces de journaux que je tenais. Complète, plutôt. Je n'ai pas cessé de traîner des carnets partout où je vais. Je voyage d'un support à l'autre, je m'amuse. Dites-vous alors que vous ne voyez qu'une infime partie de ce qui me passe par la tête... Étant celle qui doit soutenir cette tête, je vous cède le droit de vous considérer chanceux!
Avec le pseudo-survol maintenant possible à faire après ces deux années, certaines révélations s'offrent à moi. J'ai même feuilleté lesdits cahiers dans lesquels j'écrivais avant, et ce qui ressort le plus me laisse un peu éberluée : Je n'aime plus comme j'aimais avant. J'ai acquis une surprenante indépendance.
Bien d'autres vérités m'ont sauté aux yeux. Puis je demeure naïve face à tant de réalités... Ce qui demeure une certitude, malgré tout, c'est qu'il y a des choses que je ne saurai jamais. Vous non plus d'ailleurs.

jeudi 9 octobre 2008






Il y a des jours où je pourrais partir. Et ne pas revenir. Partir avec un autre. Ou pour d'autres.
Des jours où je me demande ce que je fous. Si c'est bien sensé être ça, jusqu'à la fin.
Mais jusqu'à la fin de quoi?
Je me mens au visage. Ne m'écoute que d'une oreille.
Un jour je partirai.
Seule.
Pour les autres.








mardi 30 septembre 2008





Ce matin, je me suis mise à humer le parfum des feuilles, puis à envier celles qui étaient tombées. Comme elles, j'aurais aimé me laisser échouer sur un tapis vert en virevoltant au gré du vent. J'ai aussi eu envie de les retenir, leur dire de prendre leur temps, de ne pas démissionner si vite. D'attendre avant d'annoncer l'hiver.

L'automne m'enchante.










dimanche 28 septembre 2008





J'ai 65 ans. Une petite peau de parachute. Rugueuse et lisse tout à la fois. J'ai des attentes envers les gens, comme tout le monde. Je pétris mes déceptions et me dis qu'encore une fois, j'en demande trop.

J'ai 65 ans, et je suis comme ça. Ronde et recourbée. Je danse encore, quand mes jambes me le permettent. Seule, oui. Je ne sors plus. Il fut un temps où les hommes se bagarraient pour avoir l'honneur de m'inviter à valser. Un temps où c'était moi qui choisissais. Et je prenais plaisir à sourire avec pitié à tous ceux que j'avais rejetés.

J'ai 65 ans et j'ai en horreur toutes les phrases qui débutent par «Il fut un temps». Je n'aime pas m'avouer vieille. J'ai des cheveux de mouton, épais et blanc laid. Tous mes jours sont comme les dimanches de mon enfance : longs, mornes et grisâtres sous l'ombre menaçante du retour à la routine d'une semaine d'école.

J'ai 65 ans. J'aimerais mourir, mais on ne m'en laisse pas le droit. Je ne souhaite pas souffrir, non. Juste dormir, à tout jamais. Je sais que ça se fait, mon amie Corinne a entendu parler de suicide assisté, de gens que l'on fait dormir pour toujours, comme les chiens.

J'ai 65 ans et je ne me suis jamais mariée. Mon fiancé est mort avant nos noces.

J'ai 65 ans. Je suis vierge. À peine l'ai-je embrassé, cet amoureux de ma jeunesse. Avec lui, j'aimais beaucoup danser. Ses mouvements étaient fluides, jamais brusques. Il m'a sûrement aimée. Il a peut-être soufflé mon nom lorsque la mort l'a tiré vers elle. On ne me l'a pas dit. Je me rends compte maintenant que je n'ai jamais voulu savoir.

J'ai 65 ans, et je suis triste de n'avoir jamais appris à conduire. Je pourrais alors peut-être sortir, le soir. Et aller danser. Puis sourire aux hommes auxquels j'aurais refusé d'accompagner. Je pourrais repartir avec celui que j'aurais choisi, et je pourrais le laisser me faire l'amour.

J'ai 65 ans, une peau de parachute et des cheveux de mouton. Je suis triste et lasse, et j'aimerais qu'on me fasse dormir. Comme un chien. À jamais.






jeudi 25 septembre 2008






C'est pas évident. C'est même plutôt dur. Être d'une nullité à toute épreuve. Et pourtant...














mardi 23 septembre 2008





Depuis hier, je redécouvre le goût sublime qu'est celui du Nutella mélangé à du fromage à la crème, le tout supporté par une tranche de pain. La rage de sentir à nouveau cette saveur chatouiller mes sens est apparue et je n'ai pas usé de grand moyen pour la faire disparaître. J'y ai plutôt cédé. Je ne suis pas reconnue comme étant celle qui résiste beaucoup. Ce trait dénote une faiblesse pour certains, moi j'y vois plutôt une très grande connaissance de ma propre personne. À quoi bon rajouter à ma folie en m'interdisant des petits plaisirs inoffensifs comme celui-ci (si on oublie la quantité obscène de calories contenue dans pareil petit déjeuner)? Pour ce qui est des autres plaisirs, je n'embarquerai pas dans ce débat si tôt le matin.

J'ai également renoué avec le vélo, dimanche. Les os de mon postérieur en souffrent, mais j'en mourais depuis deux étés, de me remettre à «guidonner». J'ai maintenant un deux-roues qui me permet de me prêter à cet exercice aussi souvent que j'en ai envie. Ça, et ma volonté. On verra ce que l'automne me proposera en possibilités de rouler.

Peut-être qu'un jour je pourrai aller nager avec l'amoureux à la piscine Wilfrid-Hamel, qui est située à trois pas de chez moi. Les rénovations n'en finissent plus d'être prolongées, retardant ainsi la réouverture dudit complexe aquatique. Il semble que le 26 septembre soit la nouvelle date butoire. Alors peut-être que la semaine prochaine j'irai me tremper.

Je nourris plein de petits projets. Du genre peindre et orner mes murs. Me remettre à écrire de façon plus assidue. Voir plein de films. Me dévouer à ce qui est négligé. Régler des troubles médicamenteux. En les énonçant comme ça, j'espère réellement m'y consacrer, à ces activités. Encore un truc de volonté. Si je ne connais pas trop de distractions, je risque bien d'accomplir beaucoup de choses. Mais je ne suis pas reconnue comme étant celle qui résiste beaucoup.




lundi 15 septembre 2008

Je n'ai rien à écrire.



Rien à dire.



Trop de fatigue, et d'où elle vient, j'aimerais bien le savoir.



Trop de petits bonheurs qui se décapsulent un à un et se font vivre quand ils le veulent bien. Puis trop d'hystérie, de rage, de panique, d'angoisse, de crise, de vide et d'indéfinissable qui explosent sans crier gare et qui tuent ce qui allait si bien trois minutes plus tôt.



Le beau de ces jours-ci: Perdu dans un supermarché, recueil de nouvelles de Svetislav Basara, mon chat Ignacio, mon nouvel imperméable «kiwi», avoir déniché Across the Universe, Sixteen Candles, Lost in Translation et Catch Me if You Can en DVD pour vraiment pas cher, la douceur des jours du presqu'automne, mon amoureux, la discussion que nous avons eue tout à l'heure sur la fidélité, Bloc Party et Metric et le show d'enfer qu'ils ont livré à Envol & Macadam...




L'horreur des derniers temps: une fin de soirée merdique à raconter à un ami qu'on se tuerait bien, puis échouer sur le plancher de chambre de l'amoureux et y ronfler telle une saoulonne bas-de-gamme, l'attente du certificat de naissance de l'état civil, le coût exorbitant des médicaments durant l'attente dudit certificat pour obtenir et assurance-maladie et assurance-médicaments, ma peau, les cheveux de Monique Spaziani dans Le Matou, mes «épisodes» de crise intense, les effets secondaires du Cipralex, ne pas savoir comment l'atteindre, lui...



Rien à dire.



Alors je radote.



Veuillez m'en excuser.





mardi 2 septembre 2008





Je suis crevée. Tout le temps : le matin, je passe près de sauter ma marche quotidienne et de prendre l'autobus pour me rendre au boulot. Mais je résiste, et je marche. Le soir, je ne peux plus lire au lit, mes yeux ne suivent plus après à peine trois pages. Je suis fatiguée d'être aussi fatiguée et de devoir me taper des douze heures de sommeil. Paraît que la vie n'est pas là, et pourtant moi je suis en train de rêver la mienne à fond. Ou de la laisser passer, pendant que j'en imagine d'autres.

Je songe à de drôles de trucs. À des périples inter-provinciaux au moyen de multiples transports avec un détour par Yellowknife. À une aventure inusitée. À des anciennes flammes, qui reviennent avec tout ce qu'il y avait de bon dans le temps, juste assez pour me le faire regretter un peu, ce temps. Puis quand je me réveille je tourne autour de toutes ces images et me traite de folle. À prétendre préférer des moments révolus.

J'ai besoin de davantage d'heures à moi. Me dévouer à deux personnages, peindre, dessiner, colorier. Besoin de me remettre à tout ça. Dans tout ça. Besoin de battre ma vie, de l'entendre gémir.

Parfois, je me promène et c'est comme si je transportais des aiguilles. Comme si je les posais ici, comme si je les perçais là. Panier d'aiguilles, petit panier de pointes. Et d'autres fois je marche dessus, sur les aiguilles, et alors là même toi, je ne te reconnaîtrais pas.




mercredi 27 août 2008





J'aurais pu me lever et hurler. Prendre mon verre et le lancer contre un des douze miroirs de la grande salle. Me rouler en boule, fondre dans le tapis orné de cercles optiques.


J'aurais pu.

Et on m'aurait dévisagée, on aurait essayé de me calmer. Parce que les gens qui crient leur vie qui fout le camp dérangent. Perturbent. Et il faut les faire taire, ces gens-là, les convaincre que tout ira bien.

Mais comment aurais-je fait pour leur faire comprendre qu'il y a des idées qui s'immiscent dans la tête, se percutent contre toute barrière déjà érigée et noient les acquis d'une cervelle autrefois saine? Ou l'a-t-elle déjà été? Comment leur cracher aux yeux l'emportement, puis le vide qui suit? Je les aurais tous insultés, si j'avais surpris ne serait-ce qu'une once de mépris dans leur regard. Et je les aurais emmerdés, ceux avec leur pitié.

Je me serais mise à taper aux tables. À scander ton nom, à courir, à tenter de fuir. Quelqu'un m'aurait peut-être prise dans leurs bras. Pour m'aider, ou seulement prétendre. On m'aurait ensuite entraînée à l'extérieur et tout, dans la salle, aurait repris comme avant. Comme avant mon fusible éclaté. Mon plomb sauté.

Prenez l'expression que vous voulez.

J'aurais juste freaké.




lundi 25 août 2008





Pour moi, ce que beaucoup s'efforcent de nommer l'«été», c'est-à-dire beau temps à tout prix, soleil et douce chaleur sans humidité - soit un climat enviable mais peu réaliste étant donné la situation géographique du Québec - se résume à quelques activités, quelques bribes de la saison (qui n'est pas encore terminée, soulignons-le) mises bout à bout. C'est rien qu'il ait plu à tous les jours ou presque. Les percées, j'ai su en tirer profit. Et avec les orages, je me suis bien marrée aussi.

Dernier moment fort en liste: mon voyage en amoureux au Parc Aventures du Cap Jaseux de Saint-Fulgence. Deux nuits sous une tente, sur un site rustique, près d'une plage en plein dans le fjord du Saguenay. Quatre activités en plein air, en forêt ou sur l'eau, avec vue superbe sur les montagnes autour. Mon coup de coeur demeure la Via Ferrata (ce qui veut dire voie ferrée ou de fer, en italien), parcours où l'on pratique autant l'escalade que la simple randonnée, attaché à un fil de fer (d'où le nom) contre une paroi rocheuse. Il s'agit d'un sport de fou, tout simplement. Mais j'ai A-DO-RÉ! L'hébertisme m'a aussi beaucoup plu, sauf peut-être les échafauds qui font juste trop freaker, le kayak on n'en parle pas parce que ça me rappelle la première fois où l'amoureux et moi, nous nous sommes vraiment «pognés» solide, et la voile, un dimanche matin à neuf heures, c'est paisible à souhait.

Il reste quoi, après tout ça? Une fin d'été. Une transition vers l'automne, MA saison forever. Un retour à l'écriture? Boston pour quelques jours? Les grosses nouveautés en grand nombre à la librairie. La poursuite du volet déco de mon espace. Je me suis remise aux croquis. Peut-être bien que mes murs porteront mes oeuvres...

Aujourd'hui, je me suis sentie bien. De faire un peu de ménage, d'aller chercher les trucs essentiels pour peinturer l'appart de l'amoureux, de faire le tri dans certaines babioles, de remplir mon carnet de souvenirs de voyages. De rater mes barres Nanaimo et de les offrir quand même à ma cousine et son copain pour les remercier d'avoir pris soin d'Ignacio durant mon absence. Tant que le goût n'est pas changé, la forme peut bien se foutre de tout. Je lui en donne le droit.

Enfin, pas tant. Cette fin de semaine, j'ai réalisé que je n'en avais pas tant perdu, de ma forme. Et j'en étais bien contente. Avec mon nouveau vélo qui m'attend, elle ne pourra pas se sauver non plus. Puis il y aura la natation bientôt. Et qui veut prendre des cours de baladi avec moi?





lundi 18 août 2008





Mon trip à Saint-Cyrille-de-Wendover, prétexte servant à rencontrer pour la première fois des membres de la famille de mon amoureux, m'a ouvert les yeux sur quelques réalités me concernant. Je les partage ici.

Je suis une citadine. La campagne et la forêt ne m'enchantent qu'un ou deux jours à la fois. Je n'y passerais pas de longues périodes, à condition d'avoir de bons livres et de quoi écrire. Et peut-être que ces endroits pourraient justement m'offrir le coup de pied au derrière dont j'ai besoin pour le faire plus souvent. Mais je doute qu'un acte de violence dirigé de la sorte contre moi m'inspire vraiment.

Le silence m'est cher. Le mien, tout particulièrement. Je n'ai rien à dire, la plupart du temps, et ma capacité de communiquer à l'oral laisse à désirer. C'est fou ce que je peux m'empêtrer dans mes mots, en parlant. C'est pour des gens comme moi que l'écriture est restée.

J'aime dormir. Et avec le Cipralex de bâtard, je le fais beaucoup trop. J'ignore quelle impression j'ai laissé à la belle-famille, en me couchant autour de 22h et me réveillant un peu après 8h30. Je m'en moque, mais quand même, j'ai déjà été plus oiseau de nuit que ça. Et elle me manque, la nuit.

L'eau est un endroit où je suis bien. Dans ses bras à lui aussi.

Il y a des fois où je ne sais pas, et d'autres où je ne veux absolument pas le lui dire, que je l'aime. Puis après que ma bulle soit passée, j'ai peur qu'il foute le camp et qu'il ne supporte plus que je lui avoue ce genre de trucs (parce que je la lui ai adressée, cette phrase, oui oui). Le fait que je sache maintenant qui sont ses proches, que je puisse associer un visage, une voix à chacun d'eux, me pèse. Je sens une pression, quelque chose de lourd sur mes épaules, comme si là, maintenant, je ne pouvais plus l'abandonner. C'est qu'ils ont vu comme nous sommes bien ensemble. Et si tout ça s'en allait? Un message laissé par un de ses collègues sur mon répondeur ce matin me fait comprendre qu'il ne s'est pas pointé au boulot. Un noeud s'est creusé en moi. Où est-il?

Ce n'est pas parce qu'un athlète est le plus motivé, le plus talentueux, le plus fort, le plus discipliné, qu'il a le meilleur entraîneur à ses côtés, des parents, une famille et des amis ultra-supporters, des commanditaires à la tonne, un équipement d'enfer et qu'il a déjà remporté l'or au Championnat du Monde, qu'il gagnera aux jeux Olympiques. Ce n'est pas parce que tout ça, qu'il aura le moral quand il le faut, la concentration en concentré au bon moment. Toutes les conditions ont beau se réunir, des fois le reste ne suit pas.

À travers cette métaphore boiteuse, j'essaie de dire que malgré le fait que je sois une fille très chanceuse dans la vie, eh bien cette existence, je l'emmerde. Ce n'est pas parce que je suis née dans la bonne famille, que j'ai eu une enfance plutôt choyée, des études prometteuses (qui se traduisent aujourd'hui en un «vulgaire» certificat et un bacc inachevé, ce qui me laisse indifférente), que je n'ai pas vécu de drame ou de catastrophe reconnu comme étant traumatisant et que je n'ai manqué de rien, que je suis quelqu'un de foncièrement heureuse. Je ne le suis tout simplement pas. Il y a quelque chose qui ne s'est pas fait en cours de route. De ma naissance à maintenant. Des mots qui m'ont écorchée. Des pensées qui se sont ancrées. Des teintes de noir, de mauve et de bleu pas clair qui m'ont taché le cerveau. Et maintenant j'ai mal. Par intermittences.

Je ne m'en sortirai pas, je vais juste continuer. À avancer comme ça. Il n'y a rien qui m'en empêche, plutôt tout qui me ralentit. Mais on a déjà vu pire. J'ai déjà connu pire. Et je m'y attends aussi.




vendredi 8 août 2008

Je me dis qu'il pleut trop, que c'est une journée pour rester en dedans. Pour se traîner du lit au divan, puis du divan à la chaise d'ordi, et encore au divan, pour finir au lit. Le tout avec une couverture sur les épaules, les cheveux pas très bien retenus par une pince. Les lunettes au lieu des verres de contact. Un t-shirt délavé arborant le logo d'un garage fictif, des pantalons amples, sans dessous en dessous.
Je me dis que c'est la journée idéale pour se taper tous les épisodes de la première saison de Full House. D'aller voir aux heures s'il se passe quelque chose sur Facebook. Et de manger beaucoup de légumes, du fromage, des jujubes. C'est une journée pour se taire, pour écouter. Pour entendre la pluie trop forte.
Puis je me rappelle que je ne suis pas en congé aujourd'hui et que je ferais mieux de me mettre au travail.
(Soupir, un seul.)

lundi 4 août 2008





Ouh la la. Je me surprends toujours à ambitionner sur le party lors du dernier spectacle de la Foire Brayonne. Bon, «toujours», on se rassure, peut-être pas tant. Mais hier a confirmé une tradition d'au moins les deux dernières éditions auxquelles j'ai participé. Note à moi-même: le whisky peut faire oublier. Mais vraiment oublier. Du genre le black-out du siècle.


(I Feel It All de Feist est la meilleure chanson au MONDE)

Au moins, cette année, je ne me suis pas saoulée à n'en plus entendre la musique. Et je n'ai pas rebattu les oreilles d'un ami à propos de la fidélité et de mes déboires. Non, cette année, j'ai déambulé à travers la foule avec une amie qui m'est très chère, j'ai croisé plein de brayons, jasé avec plusieurs, fait connaissance avec des anciens collègues de classe de mon frère, venus des quatre coins des provinces Maritimes pour swinger sur du 1755 et du Grand Dérangement (le dude de la Nouvelle-Écosse ne savait même pas que ce dernier groupe est lui aussi originaire de cette province...). J'ai même, paraît-il, été partager leur lunch nocturne. Je ne me souviens pas d'avoir mangé des nachos. C'est peut-être ça qui était de trop dans mon estomac ce matin.

(Mon chat est le plus cute)

Finalement, si j'en fais le bilan, de ce périple néo-brunswickois, je me suis amusée. Mais je n'arrive pas à mettre le doigt sur ce qui, à chaque fois, me fait me promettre de repousser le plus possible ma prochaine visite. Je n'y arrive tout simplement pas. J'ai égaré mes lunettes quelque part là-bas. Semblerait-il que je les aurais traînées avec moi en allant visiter les boys, cette nuit. Étrange. Je ne sais vraiment pas ce que j'avais en tête à ce moment-là (de l'alcool, plein le cerveau).

(Le piano, vraiment, c'est le meilleur bout)

Je crois que je vais mieux qu'il y a deux ans. Mais je ne peux rien signer à ce propos. Je pense que c'est des anxiolytiques, que ça me prendrait. Pour gérer mes crises. Comme ça il n'aura pas à les subir, lui non plus, ni ma mère. Ma peau en souffrirait moins, aussi.

(L'amoureux, j'ai hâte de le voir. Même s'il ne m'a pas réellement manqué. C'est peut-être ça, l'indépendance qui me manquait)

Je suis de retour dans ma ville. Mon espace. Je vais remplir mon frigo, pour la première fois depuis qu'il est à mon service, ce Charles. Défaire mes bagages. Retourner à la librairie, demain. Suivre Ignacio partout, l'observer.

(Le téléphone sonne. C'était lui, il arrive bientôt)

J'ai découvert que je pèse maintenant 130 livres. Mort à mon cul et mes grosses cuisses. Je vais aller faire une sieste, dormir là-dessus.









samedi 2 août 2008

Ok, c'est nul. Je m'excuse à tous ceux que ça pourrait offenser. Parce que la température, la pluie y est pour beaucoup. La Foire, cette année, j'aurais pu m'en passer. Bon, il y a eu de belles retrouvailles. D'autres plus froides. C'est dommage, parfois, que le temps efface des liens. D'autre fois faut pas trop s'en faire, et même carrément s'en foutre, comme d'autres.
Oh, et puis je ne sais pas à quoi je m'attendais. En fait, si. Je croyais que tu serais là. Mais bon, ça je m'y fais bien, que tu n'y sois pas, jamais. Et que l'amoureux ait été de la partie, ça aussi ç'aurait été bien.
Il y a quand même eu de bons moments. Revoir de vieilles amies, les plus anciennes. Surtout une, que j'ai pu observée tandis qu'elle s'enivrait, et rire un peu d'elle, gentiment. Lui parler, l'écouter. Marcher en gang sous la pluie avec une protection quasi-inutile pour nous rendre à la soirée, y arriver trempés, ne pas rester bien longtemps, nous en retourner sous le torrent. Puis manger des fruits en compagnie d'un ami dans la cuisine de mes parents à une heure passée du matin.
Il reste deux jours. Peut-être bien qu'alors tout se produira.

mercredi 30 juillet 2008




Je me dirige vers Edmundston bientôt. Je prendrai part aux festivités de la Foire Brayonne, après un an de «recul» face à cet événement. Espérons qu'il fera beau (la météo me promet le contraire). Et chaud (encore là, pas tant...). Et que les gens seront en pleine forme. Et que je m'éclaterai, me bidonnerai. Pour revenir toute pimpante à la librairie, où je me faisais un peu paresseuse ces derniers temps... Pour revenir profiter à souhait de mon espace et de mon balcon, les deux étant bien aménagés maintenant. Pour retrouver l'amoureux et le chat, qui seront ici à m'attendre entre hommes.







samedi 26 juillet 2008

Velours (cordé)/Crazy Velvet n'est plus.
Je vais m'ennuyer de ce lapin puant mais si attachant.

mardi 22 juillet 2008

Nouveau crush célébrité de l'été: Christian Bale. Je veux aller revoir The Dark Knight vingt fois. Non, je crois pas que l'amoureux soit jaloux. Il a bien sa Pascale Picard, lui.
Cousine Anne-Marie et moi sommes allées voir le Moulin à images moins les dix premières minutes. Je devrai y retourner, question de revoir ces impressionnantes projections ainsi que celles que je n'ai pas vues.
Je serai à Edmundston du mercredi 30 juillet au lundi 4 août. Pour la Foire. Pouvez-vous le croire? Moi non.
Maître félin ne donne pas sa place, s'amuse avec la terre de mes plantes lorsqu'il considère que je ne lui porte pas suffisamment attention, vit en hauteur, se cache sous les couvertures, demeure fasciné devant un bain de mousse, entretient une obsession vive pour l'extérieur, mange comme un goinfre, a un pelage si doux, me suit partout et marche dans mes jambes, semble bien m'aimer, tout compte fait.
Un tour au Village Valcartier s'impose. Mais quand?
Je terminerai d'apposer mes couleurs la semaine prochaine. Oui! Et d'ici là, j'aurai peut-être toutes les clés dont j'ai besoin pour les jumeler aux serrures que je loue depuis presque un mois déjà.
Christian Bale n'est pas toujours beau. C'est ce qui le rend si sexy. Et Juan Ignacio Gris n'est pas toujours gentil. Son côté crapule ajoute à son charme. Et puis l'amoureux et moi ne nous comprenons pas toujours clairement. C'est ce qui fait que nous sommes si drôles, et que je nous aime. Je suis amoureuse de notre couple.

samedi 19 juillet 2008

Mais moi j'y pense. J'essuie tous tes visages, ceux qui me grugent la mémoire, et j'embarque dans ce qu'on appelle le quotidien.

Je n'aurai pas le temps. De te dire que c'est lui... Qu'il faut bien...

Fous le camp. Et reviens tout le temps. J'aime me balancer entre toi et les autres.

Il arrive qu'un cruel détachement me gagne, que la distanciation me connaisse.

Petit

à

petit.

I don't care about you all that much.

dimanche 13 juillet 2008





Je joue de drôles d'images dans ma tête, la nuit. Mon écran de rêves me laisse perplexe, m'amuse, me touche. Il y a une petite couleur qui me chatouille, qui m'emporte et me frotte à d'innombrables conflits avec la foi que je ne possède pas.

Une certaine netteté m'empêche de poursuivre, d'avancer. Comme si un vide éclatant, une nouveauté époustouflante, m'avait amortie. Une grande envie de contempler, et de ne faire rien d'autre, me prend.

J'invente des trames pour des films qui n'existent pas. J'ambitionne pour me nourrir de gouttes d'illusions, des plans se matérialisent pour me fournir la possibilité de faire semblant. Semblant d'avoir bien des raisons de vivre. Alors que, vraiment, pourquoi, et après?

Je ne saisis pas que ce présent puisse être autre chose qu'un poids. Pour quelle façade est-ce que je me démène? Des jours, ce n'est pas ce que je me dis. Et d'autres, je sais que ça ne changerait rien.

L'anxiété d'une perfection relative, de surface, me démange. Peut-être qu'une autre chimie me permettrait d'en venir à bout. J'en ai assez de ces fils noirs, du superflu de mon obsession.

Il ne se trouve aucune part d'égoïsme dans un tel processus. Il s'agit de cécité.



mardi 8 juillet 2008





Bon. Il y a des adaptations qui se font plus lentement que d'autres, par exemple celle de mon chat, qui doit s'habituer à un nouvel environnement après avoir passé la première année de sa vie chez une charmante dame dévouée et passionnée qui tient un refuge pour chats errants sur l'Île d'Orléans.

Il y a des moments où je m'en veux presque de l'avoir arraché à sa demeure, comme quand ça fait plus de deux heures qu'il miaule sans arrêt et qu'il est 3h36 du matin et que je travaille dans de moins en moins longtemps...

Je crois qu'il cherche ses potes. Ou qu'il s'ennuie de la chère femme qui en a pris soin, ou de son mari, avec qui il avait l'air d'avoir tissé une belle complicité. Il semblait affamé, mais le soulagement de l'entendre engloutir une partie de sa bouffe n'a pas duré, il s'est remis à chialer.

Je vais faire comme il serait sensé faire, et je vais regarder par la fenêtre. Scruter ma rue, me demander ce que font là tous ces véhicules, qui ils ont emporté en ces lieux. Ce que fait la poubelle retournée sur elle-même, qui l'a mise comme ça. Pourquoi il y a de la lumière en face, et s'ils ont eux aussi un chat nostalgique.

Je ne peux pas le blâmer, le pauvre. Je sais ce que c'est, avoir mal d'avant.




vendredi 4 juillet 2008








Je n'ai pas fait l'amoureuse souvent cette semaine. Ça me manque. Le comble, c'est qu'il ait été le premier à s'excuser d'une absence dont je croyais avoir la charge. Le pardon fut donc naturel et réciproque. Demain ne perd rien pour attendre, et nous non plus d'ailleurs.









jeudi 3 juillet 2008




Je crois que je suis nulle en déménagements. Nulle, poche, pourrie, lente. Remarquez, j'espère ne pas avoir l'occasion dans le futur de me pratiquer assez souvent pour me faire la main et acquérir une vitesse record, je n'y tiens pas tant... Je dis ça, et pourtant, mon premier 1er juillet s'est très bien passé. C'est maintenant, au soir du troisième jour, que je m'essouffle. Que nous nous essoufflons tous, en fait. Mon père aussi en a ras le bol.

Tout a été déplacé, charrié d'un espace à l'autre. Trois couleurs sur cinq ont été apposées sur les murs. L'Internet et le téléphone ont été branchés. Les électros, la table et les chaises ont été livrés, en plusieurs morceaux mais faciles à assembler. Ne reste plus qu'à placer le flafla. Les stores, les rideaux. Les meubles au bon endroit. Mais voilà: je ne sais pas comment aménager mon coin salon/cuisine! C'est plus petit que dans mon souvenir (mais pas trop au point d'en être déçue). Et il y a trop de fils dans cet espace. Mais je viendrai à bout de ce dilemme.

Il y avait longtemps que j'avais envie/besoin de mon chez-moi à moi. Et je l'ai enfin! Mon découragement à la vue des pots de peinture et du fouillis total ne viendra pas déloger mon contentement et ma joie de vivre enfin seule (et ce, même si je n'ai pu vraiment profiter de cette situation encore), oh non!









vendredi 27 juin 2008

C'est fou comme il y a des jours où l'on aime avoir des responsabilités. Payer son loyer, régler ses factures, prévoir son déménagement, avoir 23 ans, ne plus dépendre de ses parents... Aujourd'hui, j'ai accompli tout ça. Et même plus. J'ai appelé pour réserver un weekend de plein-air en amoureux au mois d'août. Je n'ai jamais vécu de weekend en amoureux en dehors de la ville, ni de voyage en couple. À bien y penser, ai-je déjà vécu un weekend en amoureux à Québec, je parle vraiment de deux jours à deux sans dérangement, sans routine et sans autre occupation que celle de s'éclater? Je crois pas. Foutue dévergondée des relations amoureuses que je suis, je saurai vivre l'expérience à fond et prendre tout ça du bon côté! Je me suis déjà laissée emporter dans toute cette planification avec lui. Eh oui, je me suis surprise à faire des plans avec un homme! C'est qu'il m'a déjà très bien eue, le coquin. J'ai très hâte de nous voir monter la tente (que nous n'avons pas encore)...
Maintenant que MHV et Madame Vaugeois me l'ont proposé, j'envisage (et je dis bien J'ENVISAGE) de prendre la dernière semaine du mois de juillet pour PEUT-ÊTRE assister à la Foire Brayonne. Mon idée était pourtant bien faite: cette année c'était clair que je n'y serais pas... Mais bon, tout peut changer, dans ma cervelle. C'est le changement d'adresse imminent qui doit m'être monté à la tête...
Dans une semaine ou deux, j'irai chercher Ignacio. Il ne doit même plus se rappeler de moi, le p'tit. Qu'importe, j'ai de quoi l'accueillir en grand! Tiens, j'ai déjà un argument pour m'empêcher d'aller à Edmundston: je ne peux pas le laisser avec une gardienne si peu de temps après l'avoir adopté, il va se mettre à la préférer! L'amener avec moi au NB? Et mon père qui est allergique, et mon chien qui va l'avaler (ou s'en sauver après avoir grogné comme un con pour se donner l'illustion qu'il est brave...)? Paraît que cette crêpe a maintenant peur du téléphone: il se dirigerait vers le sous-sol et se cacherait sous le bureau de mon père sitôt que ce dernier ou ma mère décrocherait le combiné... Toby ou l'imbécilité...
Je ne retournerai plus au Couche-Tard, sauf pour me faire des chocolats chauds l'hiver. C'est trop cher, et en plus, pour rentrer dans mon argent, je dois acheter deux pots de Pringles (à deux pour 4$) et un contenant de jus Oasis de 960 ml à 2,09$, parce que le format individuel est le même prix et que ce serait ridicule de payer ce montant pour une plus petite quantité. Moi qui ne voulais que grignoter en attendant un repas plus convenable en rentrant à l'appart... Rassurez-vous, j'ai jeté un coup d'oeil au tableau de la valeur nutritive, et je n'ai pas ingéré de gras trans! Ma collation (environ une trentaine de chips) contenait plutôt 300 calories, 20 g de lipides, 6 g de gras saturés, 440 mg de sodium, 28 g de glucides, 2 g de fibres, 2 g de sucres, 2 g de protéines et des poussières de vitamine C. C'est quand même intense.
Fin de cette chronique remplie d'anecdotes insignifiantes. Je sais, j'ai été très captivante, ce soir.

dimanche 22 juin 2008



Et je tombe. Je rêve à des souvenirs et je mélange mes caresses. Les donne à des corps que je ne côtoie plus.

Troublant, un froid. Où il n'y en a pas. Je n'ai froid qu'à l'humidité.

Que tu ne me vois pas comme ça fait mal. Un peu. J'aimerais des fois qu'il n'y ait jamais eu de temps entre nous. Jamais de temps mort.

Lui le sait. Je crois qu'il comprend parfois. Et à d'autres moments je ne peux pas lui blâmer sa confusion.

Tu vois que je ne saisis pas tout? Il y a des pourquois qui me tordent. Et m'aident à dormir tout à la fois.

Je ne comprends pas comment fonctionne le soleil. Surtout quand il n'y en a pas. Surtout quand il n'est pas là.






dimanche 15 juin 2008





Aujourd'hui, je suis allée faire des courses avec ma soeur. Je me suis dénichée plein de trucs. J'ai trouvé un chandelier sur pieds à six têtes (quelle physionomie pour une tour décorative semblable) à mettre dans un coin de mon futur salon. Ça fera joli et ça sentira BON la mandarine et je-sais-plus-quoi. J'ai une phobie des odeurs inintéressantes. J'en ai si peur qu'il me prend une envie de l'installer à l'instant, mon affaire à chandelles, et de le mettre dans mon salon actuel, tout près du coffre qui soutient l'engin télévisé que mes parents m'ont refilé. Ça ferait déjà joli, même ici, mais madite soeur m'a suggéré d'attendre, puisque de toute façon il ne reste plus que deux semaines avant que je déménage.

IL NE RESTE PLUS QUE DEUX SEMAINES AVANT QUE JE DÉMÉNAGE. Ou à peu près.

J'ai aussi acheté une doudou pour mon futur chat. Il aura une couverture bleu foncé que j'insèrerai dans sa cage de transport, son propre «Pet Taxi», pour suivre l'exemple de la cage du lapin bossu et édenté de ma frangine (il est plus beau que ce que la description que je viens d'en faire le suggère). Mon futur chat qui ne s'appelle pour l'instant que Merlin et qui portera plus tard les noms de Juan Ignacio Gris, en l'honneur du peintre Juan Gris et de la suggestion de mon dévoué ami la Mule-de-ma-vie. Pour les plus conventionnels, vous pourrez utiliser Merlin (ce que je ne recommande pas, puisque seuls son vétérinaire et le dossier médical le concernant se serviront de cette appellation), ou vous restreindre à Juan ou à Ignacio, ou même au surnom de ce deuxième prénom espagnol, soit Nacho. Vous voyez qu'on peut toujours s'arranger, avec moi.

Un panier à linge rond en rattana s'est foutu devant moi alors que je faisais la queue pour payer le bout de tissu qui appartiendra à mon félin. Je n'ai pas eu d'autre choix que de l'ajouter à mes achats. Ce sera plus beau, dans ma future «salle de lavage», je n'aime pas tant les sacs de linge sale...

J'ai commencé à équiper l'existence de cedit futur compagnon. Litière, peigne, pelle à tas, plat à bouffe et eau, check. Je me suis extasiée devant un lapin tête-de-lion (voilà bien le seul animal arborant cette coupe, autre que celui qui porte autant le nom de la coiffure que celle-ci, que je trouve cute, par là j'entends qu'un chien ou un chat qui subit cette torture fait, à mes yeux, atrocement pitié) , mais je l'ai laissé là. Il y a des limites, quand même, et comme ma soeur m'a fait remarquer, je déteste l'odeur de ces créatures (mais Velours, je t'aime quand même).

Et je n'aurais pas pu quitter le centre commercial sans visiter La Bonbonnière. Jujuuuuuuubes, pour une couple de semaines à venir. Ou seulement une. Ou peut-être même quelques jours. Je tâcherai de me rationner.

Alors, j'ai hâte. Et j'attends. J'aimerais décorer tout de suite, peinturer avant, tout placer par la suite. Tout envahir ici, enlever avant de partir puis tout remettre là-bas, dans mon futur chez-moi. M'infiltrer dans les pièces, les murs, les meubles. Pourquoi attendre? J'ai envie de visser le chandelier, de le mettre sur pieds et d'embaumer l'appartement, y habiter quand même, deux semaines avant de le quitter.

Je n'ai pas envie d'attendre. Partons pour St-Fulgence maintenant. Mettons à la porte la présente locataire de mon futur appart. Voyons mille shows. Allons voir Boston, visitons la Suède, l'Égypte. Maintenant. Ou demain, mais je n'attendrai pas longtemps.












mardi 10 juin 2008




Je croyais que la passion amenait la certitude. Au moins une. Une certitude, celle de s'y fixer, à cette passion, et de ne plus lâcher.

Mais là, j'sais pas.

C'est d'être bien naïve que de ne plus savoir que cette chose-là peut être éphémère, certes. Mais je m'emballe, il faut croire, et ça me coûte.

Je réfléchis. En me disant parfois que je ne devrais pas avoir à le faire. Pas à ce propos. Mais je suis comme ça, moi, et qui suis-je pour me changer.

«Qui suis-je pour me changer». Ouais, c'est bien dit, ça. Et qui êtes-vous pour me troubler?

La nuit c'est plus simple. On dirait. Moins de questions volontaires. Qu'une inconscience (ou un inconscient? Quel genre donne-t-on à ça, en ces circonstances?) qui a le dos bien large.

lundi 2 juin 2008




Elle n'en mourra pas, de la pluie. Elle n'en sera même pas meurtrie. Mais elle avait eu raison de s'en faire pour sa peau. Car des claques, des griffes, de la poudre, des cris, de l'acide, des insultes, du feu, il lui en balança au visage. Alors qu'elle était plus vieille, et qu'elle avait oublié, ou du moins tassé, ses craintes d'enfant. Ses peurs de nuit, ses cauchemars superficiels.

Il lui jeta aux yeux l'ordure qu'il ne pouvait plus supporter. Il lui fit payer sa beauté. Ses larmes n'éteignirent rien. Et les couches qu'on utilisa plus tard pour remplacer son épiderme brûlée ne lui firent que plus mal encore.

L'eau avait attisé ses démons, nourrit ses chimères. Elle avait fui la pluie comme on se cache d'un bourreau. Et maintenant elle s'épongeait le front, les joues et les paupières d'eau fraîche pour effacer les marques de celui qui lui avait dérobé son visage.









dimanche 25 mai 2008




Et le vent. Il y avait les bourrasques, qui l'effrayaient tout autant.

















mercredi 21 mai 2008




Elle avait un joli visage, et avait peur qu'on le lui abîme. N'était pas capricieuse, n'avait rien d'une princesse. Avait seulement peur, peur, peur. Son père devait le lui avoir dit, avant de partir, avant de l'abandonner, de protéger son joli visage, de couvrir sa petite tête. De ne jamais prendre froid, de ne jamais perdre son sourire. C'est peut-être pour ça qu'elle craignait qu'on la lui mouille, sa face.







mardi 20 mai 2008



Il y eut une petite fille qui avait peur de la pluie. Mais vraiment peur. Qui croyait que les gouttes pouvaient la brûler. Elle ne savait rien des probabilités ou des précipitations, se disait juste que l'eau, ça pouvait tuer.











lundi 5 mai 2008

Sylvianne...

devrait être en train d'écrire pour son projet de roman. Mais elle ne sait plus quoi, elle ne sait plus qui, alors...

Sylvianne...

sait maintenant combien de temps ça prend pour qu'il commence à lui manquer: deux jours. Voilà ce que ça prend. En calculant la moyenne, c'est ce qu'elle obtient. Mais demain est un autre jour, et dans deux jours, justement, elle aura réappris à respirer toute seule, n'ayez crainte, et il ne lui manquera presque plus.

Sylvianne...

a beaucoup aimé son dîner au Panache avec les gens de chez Leméac/Actes Sud et ose dire qu'elle aimerait bien être publiée par eux, un jour.

Sylvianne...

n'est vraiment pas beaucoup informée sur certaines choses, des fois. Par contre, des trucs inutiles, elle en connaît des tas.

Sylvianne...

n'aime pas les maladies, surtout pas la fibrose kystique ou la sclérose en plaques ou le cancer.

Sylvianne...

a envie de bouger.

Sylvianne...

explore le concept de pendre la crémaillère à l'envers. Invitations à venir.

Sylvianne...

rêve de décoration, de peinture, d'aménagement, de meubles...

Sylvianne...

déteste les deadlines.

Sylvianne...

soupçonne Pierre-Luc de ne plus la lire.

Sylvianne...

prend davantage goût à l'écoute lorsqu'elle rencontre des gens pour la première fois.

Sylvianne...

ne lit pas les critiques littéraires. Ne lit pas les critiques, point. Ne veut rien savoir de ce qu'un étranger peut avoir à dire sur telle ou telle oeuvre, peu importe s'il est calé dans un quelconque domaine ou non. Elle préfère savoir ce que ses amis en pensent.

Sylvianne...

veut voir de nouveaux endroits.

Sylvianne...

voit le temps filer et n'a pas plus d'idées pour Thomas et Sophie.

Sylvianne...

a presque réussi à dealer avec lui l'acquisition d'un chien danois, d'un teckel, d'un shar peï et de deux chats. Le mot «presque» est à souligner.

Sylvianne...

A HÂTE DE DÉMÉNAGER.

Sylvianne...

se remettra à porter des gougounes sous peu.

Sylvianne...

ne peut nier l'influence qu'a Facebook dans ses journées en publiant un billet semblable. Shame on her.

Sylvianne...

retourne à son semblant d'écriture maintenant.





jeudi 24 avril 2008

Je croyais pas, qu'à moi, ça pouvait arriver. D'habitude, ils partent, peu importe leurs raisons, et ne reviennent pas sur leur décision. Mais toi tu y as repensé, et t'as regretté m'avoir dit que tu devais filer, que t'en avais besoin, sans t'arrêter sur tout ce que tu m'arrachais.

Je t'aime.

Merci d'avoir rappelé. Merci d'avoir mis fin à ces toutes petites vingt-quatre heures de merde. Merci de ne pas avoir dormi, d'en avoir parlé et de t'être fait traiter de con par tes interlocuteurs. Parce que moi aussi je te trouvais cave de m'aimer mais de partir.

Je veux qu'on s'aime et qu'on se fasse chier ensemble. Parce que me faire chier toute seule, je n'y tiens plus.


mercredi 23 avril 2008

Drôle. Comme on peut vivre côte à côte avec quelqu'un, aimer ça, adorer ça, devenir insouciant, tandis que tout ce temps-là, ce quelqu'un ne pense qu'à foutre son camp.

Drôle. Très drôle.

Mais voilà. Je ne ris pas. T'as pas le droit.

En fait, si, t'as tous les droits. Ne me tasse juste pas, ne m'enlève pas tout, je t'en prie.










mardi 22 avril 2008

Let's just say I'm the bitch who slept with your husband for two years and then ran off with him. Let's just say that. That he and I got away, since he wanted to and I wanted him, and that we lived our asses off, robbing banks, moving to the Bahamas and running around naked on our private beach, drinking fancy beer and eating fish that was cooked for us. Let's pretend that I've been making him more happy than you ever could. Let's pretend, shall we? You know how to do that, right?

'Cause during your entire marriage you sure knew how to. Sure knew how to tell and convince yourself that your so-called perfect life was all that you could wish for. And now I'm sitting here and laughing my head off thinking how fucking wrong you were.

Let's say he never told you how much he hated the way you kissed him. Let's start with that. He never liked your dry lips. Oh, sure, he used to find your little pecks on the cheek amusing, but came to the conclusion that it just made you more and more like his own mother. Yeah, his own mother. So don't even bother to try to guess how he pictured you while you two were in bed together. And the way you asked about his day. As if you were already prepared for what he was going to tell you, as if you expected no more surprises from the man you supposedly loved. That used to drive him crazy. Not being able to challenge you anymore. Since you stopped to surprise him a long time ago, he thought he could at least save one face of your couple. Pathetic, ain't it?

Oh, and let's just cut it here, huh? 'Cause I could go on and on about the things he bitched about, but the truth is, he's just as shitty as you are. He didn't have the guts to confront you, he didn't have the balls to tell you about the affair he was having with me, and if it weren't for me, he wouldn't have had the courage to just drop you and leave.

And let's just say that when I realised just how lame he was, I freaked. But I mean really fuckin' freaked. And I started thinking how that made me an idiot, since I fell for him and all. So I shot him. In the back of the head. And then I watched his blood splash all over the entire room and slide on his shoulders. Don't ask where I got the gun, I swear things have been slipping out of my mind lately. It's like I blacked out. You know, like I really, totally blacked out. For a day. And then I came back home for the night, a gun in my hands, and I shot him.

So let's just say I'm the bitch who slept with your husband, stole him from you, lived with him for some time and fucked his brains out every morning and every night, and then shot him. Let's just say. But that doesn't mean we can't be friends, right?


dimanche 20 avril 2008

Un après-midi. Ou des milliers. Pendant lesquels on rigole. Où le temps s'effiloche, et qu'on ne prend garde à rien. Quand il ne fait pas soleil mais pas très gris, quand on ne tient pas à dehors mais qu'on ne veut pas être en dedans. C'est là.

Quand on a froid d'avoir eu trop chaud. Et qu'on se questionne pour la suite. C'est là.

On se rappelle des amis, des amants. C'est là qu'on se traite de déluré, qu'on se rend compte qu'on est seul et que le reste n'est que du temps passé.

Une soirée. Même plusieurs. Passée entre âmes, entre fous rires, entre musiques, entre alcools. Et c'est là qu'on se surprend à faire toutes sortes de conneries, c'est là.

Je préfère les nuits. Du moins j'aime mieux me le faire croire. Des nuits où il y a une chance que je n'accroche rien. Mais ce n'est pas vrai, car c'est là.

Il y a quelque chose de trop stupide dans les dernières fois. Dans l'ignorance du fait qu'il s'agisse de la dernière fois. Mais c'est là qu'il importe de tout mettre de côté.

Et c'est là que je me dis que je pense beaucoup. À si peu.

Parce que c'est toujours là, en fait.




vendredi 4 avril 2008



Je suis toute blanche. Ou j'ai la peau rose cochon. Et encore, rouge vin, des fois. Peau d'indécisions. De désœuvrement, d'imperfections.

Je coule sous le printemps et je ne sais pas que le temps est passé. Que l'heure a filé, que tes pas sont partis, qu'ils ont pris d'autres rondes. D'autres jambes, d'autres cours.

Je ne sais pas. Pourquoi tout ça. Je sens un parfum de vie, dans une allée morte, un corridor d'autrefois. Te voilà.

Faudrait pas penser que l'éclat m'est acquis. Croire que c'est terminé, anéanti, sans conclusion aucune. Je douche mes rêves et je sèche mes jours.

S'en faire avec le farfelu. Piocher les couches de trop. Mourir parce qu'on en a envie. Détruire les petits bouts de maladresse, brûler un charme.

Vivre parce que la vie. Je t'aidais encore, l'autre jour. À te rappeler, à te souvenir. La merde infinie, les vases alignés dans le vent, tes tourments, ma tête qui sanglote.

On tourne, on valse. On n'aime pas. On dévore. L'embarras des autres. J'ai gardé trois tentations pour trois tranchants. Comme on garde des pansements pour se protéger. De la saleté, des vers. Comme on s'enveloppe de tissus pour se réchauffer.

On stagne, on cesse. On aime. On embrasse. Les mots des autres. J'ai gardé ton visage comme un miroir. Comme on regarde des images pour se convaincre. De la vérité, des vérités. Comme on s'entiche de blasphèmes pour se détromper.


jeudi 3 avril 2008

Je vais...

  • marcher ma vie, tous les jours ou presque;
  • cesser d'oublier le premier cd de Stars. Je dois l'écouter, celui-là aussi;
  • écrire plus souvent;
  • continuer de prendre mes médicaments à tous les jours;
  • perdre 25 livres;
  • déménager BIENTÔT;
  • pleurer, si tu meurs;
  • me remettre à colorier;
  • trouver un violon, réapprendre à en jouer;
  • dévaliser les boutiques déco;
  • lire tous les services de presse que j'ai récoltés;
  • arrêter de penser à eux;
  • ne pas laisser mes souvenirs et ma nostalgie pathologique gâcher mon prochain séjour à Edmundston;
  • présenter mon amoureux à mes plus vieilles amies;
  • avoir deux chats;
  • vivre dans du vert «Mer Tyrrhénienne» ou du bleu-vert «Parc aquatique»;
  • danser où il ne faut pas;
  • ignorer et bouder le spectacle de Céline pour le 400e;
  • poursuivre avec mes fantasmes sur l'Égypte et la Suède;
  • économiser;
  • partir loin, toutes les secondes, dans ma tête, rêver, puis te revenir;
  • moins laisser filer le temps;
  • garder contact;
  • être publiée un jour;
  • m'envoler, certainement;
  • dire des insanités, tout le temps;
  • me moquer de l'amour;
  • me faire chier avec l'amour;
  • être trop heureuse d'être en amour;
  • te surprendre;
  • me dire chaque fois qu'il y a des gens que j'aimerais bien avoir à mes côtés, tout près;
  • rire, plus souvent encore;
  • faire d'autres trucs;
  • négliger de faire une certaine portion de ce qui a été énuméré ci-dessus.

mercredi 26 mars 2008



Il y a des situations que j'aime beaucoup, beaucoup plus que d'autres. Des occasions tordues, des histoires malsaines. C'est vrai. Des mots généreux. Prononcés tout bas, alors qu'on ne devrait pas. Et qui font frémir, font sourire et rougir, qui font trembler et nous demander pourquoi ce qu'il ne faut pas goûte si bon.

Ce qui m'est dû me fait rire. Je n'y crois pas. Je crains de suffoquer. De m'empêtrer de quelqu'un. Dans autrui. Je ne veux pas faire subir mes pétales à qui que ce soit. J'ai foi en les grands élans des instants. Je laisse l'éternité aux autres. Parle-moi. Souris-moi comme ça. J'aurai tout oublié.




«Vous m'avez regardée comme si vous m'aimiez. Cela vous arrivait parfois.»

- Marguerite Duras, Emily L., Mdouble, p. 13

Et moi je vous aime, Mme Duras.