samedi 16 décembre 2006

Peu importe ce que tous disaient à son sujet, et qu'on la traitait de faible. Pour elle, c'était la fin du monde.

C'était la fin d'un monde. Le bris d'une ère.

Elle savait qu'elle ne marcherait plus comme auparavant. Qu'elle ne danserait plus avec autant d'insouciance. Qu'elle rirait peut-être à nouveau, un jour, mais sans l'éclat qu'on lui connaissait. Et que son sourire servirait d'agréable souvenir pour tous ceux qui l'avaient aimée.

Elle avait planifié une échappatoire. Pour n'avoir à expliquer à personne tout ce qu'elle voyait s'écrouler autour d'elle. Pour fuire, pour s'éloigner de ses propres paniques. Peu de gens semblaient comprendre ces visions qui la torturaient, ni saisir ce qui en découlait réellement. Alors elle avait perdu le goût de se justifier.

Elle se surprenait parfois à souhaiter que ses moments de crise se transforment en véritables psychoses. Question qu'on ne la harcèle plus, et qu'on l'enferme au plus vite. Pour qu'elle puisse se vautrer dans une sacrée institution. Entre des murs où les comportements chimiques dominent. Et où les aiguilles assurent une accalmie envoûtante.

Elle voulait être reconnue folle. Prouver que des chimères lui grugeaient les os. Et qu'elle ne s'en sortirait pas. Pas toute seule. Pas sans...

Et elle criait, la nuit. Pleurait, le jour. Ne dormait plus. Mangeait trop, quand il lui prenait l'idée d'éclater. Ou pas assez, lorsqu'elle désirait se dissoudre dans l'air.

Elle aurait voulu que rien ne finisse, pour commencer. Aurait préféré que tout demeure pareil.

Aurait tant aimé que son monde ne s'affaisse pas. Juste ça.

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