mercredi 2 décembre 2009



Hier soir, je me suis payé le luxe de retourner voir Matthew Good, mon idole, en spectacle. Cette fois-ci, il était accompagné de musiciens alors que la première fois, il était seul sur scène. C'était à l'occasion de sa tournée acoustique, à l'automne 2007. Cette fois-ci, c'était... c'était bon. Presque comme retrouver quelqu'un qu'on avait pas vu depuis longtemps. Je dis ça, et je nous prête des affinités et une relation qui n'existent pas, à «Mathieu» et moi. Oui, «Mathieu», comme l'a appelé la fan finie d'environ 45 ans qui s'était toute pomponnée pour aller fantasmer sur son chanteur préféré. D'autres ont aussi scandé son nom en français durant le show. Au début, je trouvais ça de très mauvais goût et j'ai eu envie de leur gueuler quelque chose, puis je me suis rappelé que le prénom peut se traduire, comme le faisait ma prof d'espagnol au secondaire pour s'adresser à nous durant la classe, contrairement au nom de famille qui, lui, ne se traduit pas. Mais bref.

Pour revenir à MATTHEW Good, j'ai trouvé qu'il avait vieilli. Et qu'il avait des mimiques de débile en jouant de la guitare électrique. Mais pas trop, et pas souvent, hen. Ça ne lui enlève pas son talent. Je ne peux pas dire qu'il ait beaucoup de charme. Je n'ai pas tout compris ce qu'il disait durant ses interventions, il marmonnait un peu, et n'a pas pu s'empêcher d'émettre des commentaires politiques. Il n'a pas perdu son humour. Il m'a fait rire. M'a encore touchée. On dirait que j'avais envie de le protéger, et de tout lui répéter ce que les gens lui criaient depuis la foule tassée, au cas où il n'aurait pas saisi le propos. J'avais envie de lui pointer la petite dame, encore plus fan finie que l'autre, juste en avant à sa droite, et le pépé qui semblait l'accompagner. J'aurais voulu savoir s'il était aussi surpris par leur présence que moi.

Il portait une petite casquette style vieillot comme l'ami porte souvent. Je m'imaginais le croiser après sa prestation et entamer une conversation digne des meilleurs dialogues des plus beaux romans, un peu à la Marguerite Duras. J'aurais pu lui confier que moi aussi, je m'étais déjà produite sur cette scène, du temps où l'endroit était une galerie d'art. Lui dire que le décor n'était vraiment pas le même. Que la première fois, mon complice et moi avions assassiné deux poissons rouges et avions laissé trois kilos de poudre à bébé sur la rue St-Joseph en nous secouant après coup pour essayer d'enlever le plus gros qui restait collé dans nos cheveux, sur nos vêtements, notre peau. Et j'aurais pu lui dire que j'étais consciente que personne n'avait compris grand-chose à notre performance. Et j'aurais parlé de la deuxième fois, où j'accompagnais le gars que je trouvais le plus drôle au monde et comment j'avais peur de ne pas être à la hauteur. J'aurais pu lui avouer que cette fois-là était la dernière où j'avais fait du semblant de théâtre, et que ça me manque.

Il a joué quelques-unes de mes chansons favorites. Il ne m'a pas regardé, nos regards ne se sont pas croisés, malgré que j'aurais pu lui agripper le genou en tendant la main. Non. M. Good chante les yeux fermés. Ou bien il fixe droit devant. Un point, ou une image dans sa tête. C'est pas grave. Je voulais juste le voir, moi. Et l'entendre. Sa voix, ses mots. Qui me sont si précieux. Je le marierais, cet homme. Même s'il a 38 ans, qu'il est bipolaire (c'est peut-être un plus, dans mon cas...), que je devrai le défendre devant mon père parce qu'il dit «fuck» aux 2 phrases et que je ne comprends pas tout des enjeux dont il parle. Je le marierais, j'irais le rejoindre à Vancouver, m'occuperais de ses chiens, serais gentille avec sa famille.

Je vous laisse avec les paroles de ma chanson préférée sur son dernier cd, Vancouver.


Us Remains Impossible

Come on over, you'll regret it
Drive you nuts if you let it
Breathe in only 'til you get it
The waves go on and on

There's a light up there tonight
That shines a lady all year bright
It's all the same, the you and I
It's over now, I know it's sorry

I know you so you know me
But us remains impossible

Come on over, you'll regret it
Crack you up if you let it
Hang on only 'til you get it
The weight goes on and on

There's a light up there tonight
That shines a lady golden bright
I long to wait for you and I
It's over now, I know it's always

And I know you so you know me
But us remains impossible
And I know you know that I ain't me
So us remains impossible



2 commentaires:

  1. Ouh là, c'est une jolie déclaration envers Mr Good, ça ! En plus, son nom c'est Good. Rien de plus génial !
    Et que dire des poissons ? À chaque fois que j'y vais, je pense à ça ! Mouahah !

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  2. Je sais, c'est sérieux, moi vouloir me marier à un homme... Hahaha!
    Les poissons, comment oublier? Sans doute la chose la plus pétée que j'aie fait au nom de l'art!

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