dimanche 16 novembre 2014




L'automne n'est pas désolé.  Froid, certes, mais pas désolé.  Même quand toutes les feuilles ont quitté leurs branches.  Et que le ciel est gris.  L'automne n'est pas désolé.  Ses paysages non plus.  Une saison qui change autant de décor en si peu de jours ne peut l'être.  Elle ne peut qu'être fière.  De préparer le terrain, d'annoncer le blanc. 

L'automne n'est pas désolé.  Même s'il a deux faces.  La première toute colorée et la seconde plus terne.  L'automne ne s'excuse pas de sa métamorphose.  Il ne se justifie pas.  Même quand les gens oublient les rayons de soleil et l'air frais propres au début de cette saison.  Ou quand ils se plaignent de la pluie.  L'automne n'est pas désolé.

L'automne n'a aucune raison d'être désolé.  Les feuilles doivent tomber pour qu'on puisse sauter dedans.  Qu'on puisse les piétiner, ententre le «crounch crounch» de leur agonie.  L'automne n'est pas monochrome, même rendu à sa fin.  Il étale ses nuances.  L'automne n'est pas triste, il est pensif.  Il ne s'étire pas, ne s'impose pas trop, pas comme l'hiver.

L'automne est fait de vents.  De noirceur précoce.  De nuits froides.  De rituels : cueillir des pommes, ramasser les feuilles, se réchauffer près du foyer, souffler en formant de la buée...  Mais l'automne n'est pas désolé.  Il ne s'excuse pas d'être l'automne, de faire l'automne.  Il se présente tel qu'il est, variant un peu d'une année à l'autre. 

Il me faut un automne.  À chaque cycle.  Un automne confiant.  Palpable.  Qui me fait sentir vivante.





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