jeudi 12 mars 2020





L'ami Dimitri m'a fait écouter ce morceau de Freedom Fry.  Plutôt bon.  En écoutant les paroles, j'ai  réfléchi et constaté des trucs.




Je n'ai plus la prétention de vouloir ou de pouvoir tout faire par amour.  La volonté d'être tout ce dont l'autre a besoin ou d'être tout ce qu'il désire.  Je n'ai plus le don de soi aveugle, la patience infinie ni le dévouement extrême. 

J'ignore si le fait d'avoir trop donné aux mauvaises personnes m'a rendue plus mature ou juste bien blasée. 

Et je ne sais pas si ça peut revenir, ces tendances à tout miser sur quelqu'un. 

Donc je médite des affaires mais elles ne s'appliqueront peut-être pas. 

Je pense ça, je pense rien.








dimanche 8 mars 2020






En cette Journée internationale des droits de la femme, je dois dire que je me sens privilégiée de n'avoir jamais vraiment souffert d'être née fille.  Je suis une des rares.  L'injustice, le mépris, la violence et quoi d'autre encore sont à ce point le quotidien de trop de femmes que je me sens choyée de ne pas avoir à me battre parce que je suis de sexe féminin.  Oui, certains hommes se sont sentis supérieurs à moi et me l'ont fait comprendre.  On m'a parfois manqué de respect ou dévalorisée à cause de ma «condition».  Mais ce que j'ai subi n'est rien à comparer à ce que d'autres femmes ont enduré ou endurent encore.  Je n'ai pas été abusée, ni agressée, ni battue, ni lynchée, ni torturée pour une faute qui n'en est pas une et qui n'est pas de mon ressort.  Je n'ai pas choisi d'être une femme mais je suis bien heureuse d'avoir le luxe de pouvoir le vivre librement.  L'existence de personne ne devrait être lourde, encore moins juste parce qu'on a un vagin.

Je pense à ça et je me trouve aussi chanceuse parce que honnêtement, à voir toutes les petites et grandes horreurs faites aux dames, je ne crois pas que j'aurais ce qu'il faut pour me défendre.  Pour rester debout.  Je me connais, je laisserais probablement tomber.  Maintenant que c'est dit, je dois me rappeler que rien n'est acquis et que j'aurai peut-être un jour à affronter l'une ou l'autre des conséquences de la misogynie.  Vais-je être de taille devant l'épreuve?

Merci aux fortes de l'être pour elles-mêmes et pour les autres aussi.  Merci aux fortes qui ne croient pas l'être mais qui font tout de même leur part.  Merci aux fortes qui doutent de leur impact mais qui font toute une différence.  Merci aux femmes d'être là, merci aux femmes d'être.






mardi 25 février 2020





En ce moment, je suis beaucoup trop consciente de mes sinus pour être reconnaissante d'en avoir.  Paraît qu'ils sont bien pratiques et tout, mais quand ils me font souffrir, ça craint.


°-_°


J'ai lu Normal People de Sally Rooney (Faber & Faber) la fin de semaine dernière et je dois dire que, bien que ça m'ait beaucoup plu, ça ne m'a pas réconcilié avec l'idée qu'une communication franche, authentique et transparente entre deux individus soit possible.  Bon, ça demeure de la fiction, mais les situations me ramenaient sans cesse à mon vécu.  On est vraiment foutus, hen.


°-_°


Malgré ce pessimisme, j'ai une grande envie de tomber amoureuse.  Suffit de trouver de qui.


°-_°


J'ai faim mais j'ai peur pour mon estomac.  Tout est chamboulé en moi.  Je blâme mes sinus.


°-_°







samedi 22 février 2020





Luxes que je m'offrirais si j'en avais les moyens : 

  • Un massage complet donné par un ou une professionnel(le) une fois par mois minimum (hell, c'est ma liste : une fois par semaine!)
  • Un facial par mois
  • L'épilation définitive sur certaines parties de mon corps
  • Un ordinateur portable fonctionnel et rapide
  • Un cuisinier traiteur à mon service pour manger bon pis varié pis toute
  • Des abonnements au théâtre et au cinéma Le Clap
  • Des billets pour tous les shows de musique qui m'intéressent
  • Un voyage par année, durée et destination de mon choix et accompagnée (ou non) par les gens que je veux (qui eux n'auraient pas d'autre option que de s'y plier)








jeudi 13 février 2020




"What we have is not special,
what we have is weird.  Fucked up weird.
And I will hate you for it one day."

- Moi, le 14 février 2011



J'avais raison.  Mais d'avoir eu raison ne m'apporte maintenant aucune satisfaction, nul réconfort.

Je le savais.  Je le savais, et j'ai continué quand même.

Ce qu'on fait quand on veut trop.
Ce qu'on fait quand on flanche.
Ce qu'on fait quand on aime.

C'est fou.  Juste fou.



«C'est un vice chez moi assez étrange, d'aimer toujours ceux que j'ai aimés, même s'ils ne ressemblent plus jamais à l'idée que je m'en fais ni à ce qu'ils étaient.»

- Sophia de Séguin, La séparation, Le Tripode, p. 91




dimanche 9 février 2020





Le suicide étant un sujet qui me touche personnellement, je me suis demandé si c'était pertinent que j'écrive un billet à l'occasion de la Semaine de prévention du suicide.  Selon moi, il ne faut pas attendre ce moment de l'année pour en parler.  J'aimerais beaucoup que ce ne soit plus tabou, même si je comprends que l'évoquer puisse rendre des gens mal à l'aise.  Il faut peut-être accepter le malaise et pousser un peu plus loin?  Je ne sais pas.  Mais bon, cette semaine existe, aussi bien en profiter.

Bien que ça fasse un certain temps que je n'aie plus de pensées suicidaires, j'ai lutté avec celles-ci on and off depuis mes douze ans environ.  Pas plus tard que l'été dernier, je me suis répété à quelques reprises que ce serait tellement plus simple si je n'étais plus là.  Plus de tracas financiers.  Plus de désespoir face à mon manque d'ambition.  Je ne serais plus un poids pour mes parents.  Je sentais que j'en étais un, même s'ils m'affirmaient le contraire.  C'était loin d'être dans mes pires moments, mais je me sentais tomber.  Mon nouvel emploi est vraiment arrivé à point.  Si j'étais croyante, je remercierais Dieu, mais je préfère donner une bine au hasard.

Il y a un brouillon qui traîne dans mes archives de blog depuis presque trois ans et j'ai pensé le partager, simplement pour souligner à quel point la solitude peut être écrasante (et ce même si j'ai toujours été bien entourée).  Je ne sais pas vraiment pourquoi à l'époque je ne l'avais pas publié, probablement parce que j'étais trop sonnée.  Ça date de cette période.


«Je me sens atrocement seule, ces jours-ci.  Je ne sais pas m'occuper.  Je ne veux pas m'occuper.  Je gaspille, je gaspille les heures les moments les instants.  Ma vie m'est de trop.  Je voudrais partager.  Je suis prête à en donner un peu.»

- Moi, le 10 mars 2017


En fait, je me trouve bien maladroite et j'ignore où je veux en venir avec ce billet.  Parlez, criez, pleurez, écrivez, consultez, chantez, si vous n'allez pas bien.  Je n'ai pas la prétention d'être un modèle, mais je l'ai fait.  Écoutez, posez des questions, appelez, textez, soyez juste là, si vous pensez que quelqu'un en a besoin.  On l'a fait pour moi.  On a sauvé ma vie.  Et je suis bien heureuse de ça.