mercredi 27 août 2008





J'aurais pu me lever et hurler. Prendre mon verre et le lancer contre un des douze miroirs de la grande salle. Me rouler en boule, fondre dans le tapis orné de cercles optiques.


J'aurais pu.

Et on m'aurait dévisagée, on aurait essayé de me calmer. Parce que les gens qui crient leur vie qui fout le camp dérangent. Perturbent. Et il faut les faire taire, ces gens-là, les convaincre que tout ira bien.

Mais comment aurais-je fait pour leur faire comprendre qu'il y a des idées qui s'immiscent dans la tête, se percutent contre toute barrière déjà érigée et noient les acquis d'une cervelle autrefois saine? Ou l'a-t-elle déjà été? Comment leur cracher aux yeux l'emportement, puis le vide qui suit? Je les aurais tous insultés, si j'avais surpris ne serait-ce qu'une once de mépris dans leur regard. Et je les aurais emmerdés, ceux avec leur pitié.

Je me serais mise à taper aux tables. À scander ton nom, à courir, à tenter de fuir. Quelqu'un m'aurait peut-être prise dans leurs bras. Pour m'aider, ou seulement prétendre. On m'aurait ensuite entraînée à l'extérieur et tout, dans la salle, aurait repris comme avant. Comme avant mon fusible éclaté. Mon plomb sauté.

Prenez l'expression que vous voulez.

J'aurais juste freaké.




lundi 25 août 2008





Pour moi, ce que beaucoup s'efforcent de nommer l'«été», c'est-à-dire beau temps à tout prix, soleil et douce chaleur sans humidité - soit un climat enviable mais peu réaliste étant donné la situation géographique du Québec - se résume à quelques activités, quelques bribes de la saison (qui n'est pas encore terminée, soulignons-le) mises bout à bout. C'est rien qu'il ait plu à tous les jours ou presque. Les percées, j'ai su en tirer profit. Et avec les orages, je me suis bien marrée aussi.

Dernier moment fort en liste: mon voyage en amoureux au Parc Aventures du Cap Jaseux de Saint-Fulgence. Deux nuits sous une tente, sur un site rustique, près d'une plage en plein dans le fjord du Saguenay. Quatre activités en plein air, en forêt ou sur l'eau, avec vue superbe sur les montagnes autour. Mon coup de coeur demeure la Via Ferrata (ce qui veut dire voie ferrée ou de fer, en italien), parcours où l'on pratique autant l'escalade que la simple randonnée, attaché à un fil de fer (d'où le nom) contre une paroi rocheuse. Il s'agit d'un sport de fou, tout simplement. Mais j'ai A-DO-RÉ! L'hébertisme m'a aussi beaucoup plu, sauf peut-être les échafauds qui font juste trop freaker, le kayak on n'en parle pas parce que ça me rappelle la première fois où l'amoureux et moi, nous nous sommes vraiment «pognés» solide, et la voile, un dimanche matin à neuf heures, c'est paisible à souhait.

Il reste quoi, après tout ça? Une fin d'été. Une transition vers l'automne, MA saison forever. Un retour à l'écriture? Boston pour quelques jours? Les grosses nouveautés en grand nombre à la librairie. La poursuite du volet déco de mon espace. Je me suis remise aux croquis. Peut-être bien que mes murs porteront mes oeuvres...

Aujourd'hui, je me suis sentie bien. De faire un peu de ménage, d'aller chercher les trucs essentiels pour peinturer l'appart de l'amoureux, de faire le tri dans certaines babioles, de remplir mon carnet de souvenirs de voyages. De rater mes barres Nanaimo et de les offrir quand même à ma cousine et son copain pour les remercier d'avoir pris soin d'Ignacio durant mon absence. Tant que le goût n'est pas changé, la forme peut bien se foutre de tout. Je lui en donne le droit.

Enfin, pas tant. Cette fin de semaine, j'ai réalisé que je n'en avais pas tant perdu, de ma forme. Et j'en étais bien contente. Avec mon nouveau vélo qui m'attend, elle ne pourra pas se sauver non plus. Puis il y aura la natation bientôt. Et qui veut prendre des cours de baladi avec moi?





lundi 18 août 2008





Mon trip à Saint-Cyrille-de-Wendover, prétexte servant à rencontrer pour la première fois des membres de la famille de mon amoureux, m'a ouvert les yeux sur quelques réalités me concernant. Je les partage ici.

Je suis une citadine. La campagne et la forêt ne m'enchantent qu'un ou deux jours à la fois. Je n'y passerais pas de longues périodes, à condition d'avoir de bons livres et de quoi écrire. Et peut-être que ces endroits pourraient justement m'offrir le coup de pied au derrière dont j'ai besoin pour le faire plus souvent. Mais je doute qu'un acte de violence dirigé de la sorte contre moi m'inspire vraiment.

Le silence m'est cher. Le mien, tout particulièrement. Je n'ai rien à dire, la plupart du temps, et ma capacité de communiquer à l'oral laisse à désirer. C'est fou ce que je peux m'empêtrer dans mes mots, en parlant. C'est pour des gens comme moi que l'écriture est restée.

J'aime dormir. Et avec le Cipralex de bâtard, je le fais beaucoup trop. J'ignore quelle impression j'ai laissé à la belle-famille, en me couchant autour de 22h et me réveillant un peu après 8h30. Je m'en moque, mais quand même, j'ai déjà été plus oiseau de nuit que ça. Et elle me manque, la nuit.

L'eau est un endroit où je suis bien. Dans ses bras à lui aussi.

Il y a des fois où je ne sais pas, et d'autres où je ne veux absolument pas le lui dire, que je l'aime. Puis après que ma bulle soit passée, j'ai peur qu'il foute le camp et qu'il ne supporte plus que je lui avoue ce genre de trucs (parce que je la lui ai adressée, cette phrase, oui oui). Le fait que je sache maintenant qui sont ses proches, que je puisse associer un visage, une voix à chacun d'eux, me pèse. Je sens une pression, quelque chose de lourd sur mes épaules, comme si là, maintenant, je ne pouvais plus l'abandonner. C'est qu'ils ont vu comme nous sommes bien ensemble. Et si tout ça s'en allait? Un message laissé par un de ses collègues sur mon répondeur ce matin me fait comprendre qu'il ne s'est pas pointé au boulot. Un noeud s'est creusé en moi. Où est-il?

Ce n'est pas parce qu'un athlète est le plus motivé, le plus talentueux, le plus fort, le plus discipliné, qu'il a le meilleur entraîneur à ses côtés, des parents, une famille et des amis ultra-supporters, des commanditaires à la tonne, un équipement d'enfer et qu'il a déjà remporté l'or au Championnat du Monde, qu'il gagnera aux jeux Olympiques. Ce n'est pas parce que tout ça, qu'il aura le moral quand il le faut, la concentration en concentré au bon moment. Toutes les conditions ont beau se réunir, des fois le reste ne suit pas.

À travers cette métaphore boiteuse, j'essaie de dire que malgré le fait que je sois une fille très chanceuse dans la vie, eh bien cette existence, je l'emmerde. Ce n'est pas parce que je suis née dans la bonne famille, que j'ai eu une enfance plutôt choyée, des études prometteuses (qui se traduisent aujourd'hui en un «vulgaire» certificat et un bacc inachevé, ce qui me laisse indifférente), que je n'ai pas vécu de drame ou de catastrophe reconnu comme étant traumatisant et que je n'ai manqué de rien, que je suis quelqu'un de foncièrement heureuse. Je ne le suis tout simplement pas. Il y a quelque chose qui ne s'est pas fait en cours de route. De ma naissance à maintenant. Des mots qui m'ont écorchée. Des pensées qui se sont ancrées. Des teintes de noir, de mauve et de bleu pas clair qui m'ont taché le cerveau. Et maintenant j'ai mal. Par intermittences.

Je ne m'en sortirai pas, je vais juste continuer. À avancer comme ça. Il n'y a rien qui m'en empêche, plutôt tout qui me ralentit. Mais on a déjà vu pire. J'ai déjà connu pire. Et je m'y attends aussi.




vendredi 8 août 2008

Je me dis qu'il pleut trop, que c'est une journée pour rester en dedans. Pour se traîner du lit au divan, puis du divan à la chaise d'ordi, et encore au divan, pour finir au lit. Le tout avec une couverture sur les épaules, les cheveux pas très bien retenus par une pince. Les lunettes au lieu des verres de contact. Un t-shirt délavé arborant le logo d'un garage fictif, des pantalons amples, sans dessous en dessous.
Je me dis que c'est la journée idéale pour se taper tous les épisodes de la première saison de Full House. D'aller voir aux heures s'il se passe quelque chose sur Facebook. Et de manger beaucoup de légumes, du fromage, des jujubes. C'est une journée pour se taire, pour écouter. Pour entendre la pluie trop forte.
Puis je me rappelle que je ne suis pas en congé aujourd'hui et que je ferais mieux de me mettre au travail.
(Soupir, un seul.)

lundi 4 août 2008





Ouh la la. Je me surprends toujours à ambitionner sur le party lors du dernier spectacle de la Foire Brayonne. Bon, «toujours», on se rassure, peut-être pas tant. Mais hier a confirmé une tradition d'au moins les deux dernières éditions auxquelles j'ai participé. Note à moi-même: le whisky peut faire oublier. Mais vraiment oublier. Du genre le black-out du siècle.


(I Feel It All de Feist est la meilleure chanson au MONDE)

Au moins, cette année, je ne me suis pas saoulée à n'en plus entendre la musique. Et je n'ai pas rebattu les oreilles d'un ami à propos de la fidélité et de mes déboires. Non, cette année, j'ai déambulé à travers la foule avec une amie qui m'est très chère, j'ai croisé plein de brayons, jasé avec plusieurs, fait connaissance avec des anciens collègues de classe de mon frère, venus des quatre coins des provinces Maritimes pour swinger sur du 1755 et du Grand Dérangement (le dude de la Nouvelle-Écosse ne savait même pas que ce dernier groupe est lui aussi originaire de cette province...). J'ai même, paraît-il, été partager leur lunch nocturne. Je ne me souviens pas d'avoir mangé des nachos. C'est peut-être ça qui était de trop dans mon estomac ce matin.

(Mon chat est le plus cute)

Finalement, si j'en fais le bilan, de ce périple néo-brunswickois, je me suis amusée. Mais je n'arrive pas à mettre le doigt sur ce qui, à chaque fois, me fait me promettre de repousser le plus possible ma prochaine visite. Je n'y arrive tout simplement pas. J'ai égaré mes lunettes quelque part là-bas. Semblerait-il que je les aurais traînées avec moi en allant visiter les boys, cette nuit. Étrange. Je ne sais vraiment pas ce que j'avais en tête à ce moment-là (de l'alcool, plein le cerveau).

(Le piano, vraiment, c'est le meilleur bout)

Je crois que je vais mieux qu'il y a deux ans. Mais je ne peux rien signer à ce propos. Je pense que c'est des anxiolytiques, que ça me prendrait. Pour gérer mes crises. Comme ça il n'aura pas à les subir, lui non plus, ni ma mère. Ma peau en souffrirait moins, aussi.

(L'amoureux, j'ai hâte de le voir. Même s'il ne m'a pas réellement manqué. C'est peut-être ça, l'indépendance qui me manquait)

Je suis de retour dans ma ville. Mon espace. Je vais remplir mon frigo, pour la première fois depuis qu'il est à mon service, ce Charles. Défaire mes bagages. Retourner à la librairie, demain. Suivre Ignacio partout, l'observer.

(Le téléphone sonne. C'était lui, il arrive bientôt)

J'ai découvert que je pèse maintenant 130 livres. Mort à mon cul et mes grosses cuisses. Je vais aller faire une sieste, dormir là-dessus.









samedi 2 août 2008

Ok, c'est nul. Je m'excuse à tous ceux que ça pourrait offenser. Parce que la température, la pluie y est pour beaucoup. La Foire, cette année, j'aurais pu m'en passer. Bon, il y a eu de belles retrouvailles. D'autres plus froides. C'est dommage, parfois, que le temps efface des liens. D'autre fois faut pas trop s'en faire, et même carrément s'en foutre, comme d'autres.
Oh, et puis je ne sais pas à quoi je m'attendais. En fait, si. Je croyais que tu serais là. Mais bon, ça je m'y fais bien, que tu n'y sois pas, jamais. Et que l'amoureux ait été de la partie, ça aussi ç'aurait été bien.
Il y a quand même eu de bons moments. Revoir de vieilles amies, les plus anciennes. Surtout une, que j'ai pu observée tandis qu'elle s'enivrait, et rire un peu d'elle, gentiment. Lui parler, l'écouter. Marcher en gang sous la pluie avec une protection quasi-inutile pour nous rendre à la soirée, y arriver trempés, ne pas rester bien longtemps, nous en retourner sous le torrent. Puis manger des fruits en compagnie d'un ami dans la cuisine de mes parents à une heure passée du matin.
Il reste deux jours. Peut-être bien qu'alors tout se produira.