vendredi 26 août 2011







J'emmerde les Christine Michaud et les Pascale Piquet de ce monde avec leurs théories et leurs étapes et leurs démarches. Tous ceux et celles qui avancent que le bonheur est partout et facile et accessible. Que toutes les expériences nous rendent plus fort, meilleur, et qu'on en ressort grandi. Une dépression n'est pas une belle expérience. C'est pourquoi, Christine Dubois, quand je vois votre livre La dépression, le plus beau cadeau de ma vie sur les rayons, je fulmine. J'ai envie de vous envoyer promener. Je trouve ça franchement insultant pour tous les gens qui ont passé des mois, voire des années, à souffrir. Je ne peux et ne serai reconnaissante pour la mienne. Je ne suis pas une personne différente depuis, ni une femme toute puissante simplement parce que j'ai surmonté une épreuve. Et encore là, je n'ai rien vaincu, je suis passée à travers, c'est tout. La menace est toujours là. Il n'y a pas qu'un seul moyen de s'en sortir. Je dois me botter le derrière régulièrement pour ne pas redevenir larve, et de multiples façons. Oui, j'ai appris. Je suis prête à dire que je peux en retirer. Mais c'est le genre de leçon dont on peut se passer et on n'en est pas plus mal.

On va mettre quelque chose au clair : la vie n'est pas belle. Elle peut l'être. Elle l'est des fois. La vie peut être belle ou laide, chiante ou jouissive. Elle peut être plein de trucs, mais pas que belle. Et je vais vous dire, je pense que ce sont des moments, des parcelles, qui peuvent être quelque chose. La vie, c'est le tout. Les gens qui veulent me faire comprendre (donc accepter et glorifier) la beauté d'un tout aussi complexe que l'existence m'horripilent profondément.

Vos réponses ne sont pas les miennes. Ce n'est pas parce que vous avez décidé de renier tout ce que vous avez vécu avant votre grand événement ou illumination quelconque, ou que avez relégué au rang de névroses ou d'erreurs tout ce que vous avez fait qu'il devrait en être de même pour moi. Je refuse d'attribuer des termes sensés expliquer ou analyser les problèmes à mes comportements et relations antérieurs sous prétexte que je détiendrais finalement la clé du bien-être ou la solution absolue. Tout ce qui est venu avant n'était pas nécessairement mauvais. Ce nouvel état que vous semblez vénérer pourrait n'être que temporaire également. On vise toujours mieux. Le progrès. Ça ne veut pas dire que l'on doit piétiner ce qui l'a précédé.

Vos théories peuvent rejoindre certaines personnes. Vous ne ferez pas de moi une adepte. Ce genre de trucs, je me dis qu'on devrait tous en prendre et en laisser. Mais il y a de ces coachs de vie, mentors ou motivateurs qui me donnent envie de tout foutre au bûcher. Alors ne me faites pas chier avec la vie qui est donc bien belle.








4 commentaires:

  1. Dominic Sauvé6/9/11

    Je crois qu'on a besoin de quoi d'heureux à se raccrocher, de quoi de réconfortant, de rassurant, surtout dans une société d'une décrépitude spectaculairement ignorée. Je crois que c'est normal et sain même. Seulement, lorsqu'on cherche le bonheur; la paresse, l'aveuglement volontaire et la pauvreté du discours spirituel nous mène à des torchons qui nous endorme au lieu de nous élever et nous rendre plus forts malgré nos travers qui subsistent. Au lieu de se battre contre nous-même, on achète les habits neufs de l'empereur. L'air du temps avec notre complicité indue, contribuent à nous lobotomiser. On s'en va vers le mur, vitesse grand V, mais avec le sourire!

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  2. C'est une façon d'expliquer la popularité de ce genre de discours, propagé sous n'importe quelle forme (livres, conférences...). Tant mieux si ça rejoint certaines personnes, moi j'avoue que ça ne fait qu'approfondir le vide qui se creuse autour de moi.

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  3. Dominic Sauvé12/9/11

    Le vide se creuse autour de tous les laissés pour compte, tout ceux qui n'expriment pas leur désaccord, tout ceux qui ont compris que tout ce qui monte redescend. Le glas résonnera de la statue de verre du superficiel qui tombera d'elle même lorsque le déséquilibre sera trop grand. Alors ceux qui auront tout perdu dans le fracas cogneront aux portes qui tiennent encore debout. Souhaitons avoir la sagesse de leur accorder notre aide sans les juger. Ils sont faibles malgré eux. Souhaitons rester nous-même, indépendants et forts pour donner l'exemple à ceux qui le cherche encore. La masse actuellement ignorée est le successeur de cet empire à tomber. Appelez-moi prophète, appelez-moi fou, je ne répète que le ka, rien de plus.

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  4. Dominic Sauvé12/9/11

    Je suis désolé si je sonne comme un gourou en puissance. Je ne veux pas polluer ton blogue avec mes inepties. Je ne sais pas pourquoi il fait cet effet là sur moi. J'ai l'impression que tes questionnements sont sous-jacents à cette réalité que j'invente? imagine? ressens?
    Peut-être que c'est l'angle avec lequel tu rapporte ce que toi tu ressens qui me rapporte au mien. En tous cas, j'veux juste dire qu'il faut pas me prendre trop au sérieux, je suis très paisible, et moi qui suis quelqu'un de plutôt réservé, je me sens à l'aise de m'épancher ici. Va savoir pourquoi. Enfin, j'aimerais que tu considère cela plus comme un hommage qu'autre chose. Et que tu n'as pas à répondre quoi que ce soit. Je continue de te lire !!

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