dimanche 1 août 2021

 


Je fais de l'hypothyroïdie depuis environ sept ans.  Je prends donc du Synthroid pour réguler tout ça depuis ce temps-là.  Cette année, en mars, j'ai dû appeler au bureau de mon médecin de famille pour lui demander de renouveler ma prescription auprès de ma pharmacie, ce qu'il avait déjà fait par le passé.  J'ai laissé deux messages à deux différentes adjointes parce que je n'avais pas eu de rappel à ce propos et que ma prescription n'avait toujours pas été renouvelée après une semaine.  La deuxième fois, on m'a plutôt bêtement fait comprendre que si on m'avait dit que ce serait fait et que le docteur me rappellerait, c'est que ça allait être fait, tout en me soulignant que le docteur était très occupé.  Ce dont je ne doute point, madame.  Merci madame.

N'étant pas trop certaine de ce que je devais faire par la suite, j'ai laissé aller.  J'ai pris la voie facile.  Je me suis naïvement dit que ma thyroïde n'avait peut-être plus besoin de boost (ce qui est impossible, m'a-t-on appris).  

Au début, ça allait, pas de changement.  Puis la fatigue s'est fait sentir.  Après un mois sans Synthroid, pratiquement tous les symptômes d'un fonctionnement lacunaire de la glande concernée sont apparus.  Après deux mois, m'étant plaint à ma mère à quelques reprises de mes maux, puis lui racontant l'incident avec mon médecin, elle a fait le lien et m'a fortement suggéré de me rendre à la pharmacie et de demander à ce qu'on me dépanne jusqu'à ce que ledit médecin réponde présent.  Ce que j'ai fait, parce qu'une mère a toujours de bons conseils et a toujours raison, surtout une mère qui a été infirmière.

Mon pharmacien m'a gentiment grondée de ne pas être allée le voir plus tôt et m'a dépannée sans problème.  J'ai entretemps pris ce que je croyais être un vrai rendez-vous téléphonique avec mon médecin.  J'ai passé trois soirées consécutives à attendre en vain son appel.  Je n'ai qu'une ligne fixe, moi.  Pas de cellulaire.  Je suis donc restée chez moi à espérer avoir de ses nouvelles telle une jeune ado de 16 ans qui attend l'appel du garçon qui lui avait dit qu'il appellerait.  Je me suis bien sûr occupée à autre chose durant mes veilles mais quand même, c'est frustrant, fâchant et insultant.

Chaque lendemain, je rappelais pour dire que je n'avais pas été contactée.  On me disait que j'étais sur la liste.  Comme depuis cet hiver je me sentais tranquillement tomber émotionnellement et moralement, j'ai craqué après  une fin de semaine de stress et de questions sans réponses et d'indifférence médicale.  J'ai appelé mon psychiatre, comme il me conseille toujours de le faire en cas d'urgence.  J'ai pu alors parler à une infirmière de liaison à qui j'ai dit que j'étais en train de péter ma coche.  Là-bas, les messages se font et mon psychiatre agit.  Il m'a prescrit un arrêt de travail et des médicaments supplémentaires pour m'aider dans cette période plus difficile.  Je suis suivie par l'infirmière de liaison à raison d'un rendez-vous téléphonique par semaine.

J'ai finalement réussi à parler à mon médecin juste avant qu'il parte en vacances.  Il a renouvelé mon foutu Synthroid pour une période d'un an.  Il n'a pas jugé bon de vérifier ma TSH avec une prise de sang, me disant que ça pouvait attendre en septembre puisque mon rendez-vous annuel est dû ce mois-là de toute façon.  Ah bon.  

Physiquement, ça revient tranquillement mais le Synthroid n'est pas efficace immédiatement.  Psychologiquement, j'en arrache.  Mais je suis bien entourée.  L'infirmière et mon psy me disent de m'activer.  C'est que je n'ai plus d'énergie, encore moins après avoir couru après des ressources pourtant dites accessibles.  

J'ai envie de vivre exclusivement dans mon lit avec mes chats et qu'on me foute la paix, mais aussi qu'on me prenne en charge en même temps.  

C'est super.


Symptômes de l'hypothyroïdie ressentis durant les derniers mois* :

  • Fatigue chronique
  • Maux de tête
  • Constipation (oui oui)
  • Difficulté de concentration
  • Sommeil affecté
  • Prise de poids
  • Dépression

Symptômes dépressifs ressentis durant les derniers mois* :
  • Désillusion
  • Moral à terre (et parfois sous terre)
  • Difficulté de concentration
  • Manque (ou absence) de motivation
  • Irritation
  • Sentiment de solitude malgré l'entourage
  • Insatisfaction par rapport à tout
  • Stress
  • Anxiété
  • Crises de larmes
  • Sentiment d'impuissance
  • Langueur
  • Aucune aspiration 
  • Perte d'intérêt
  • Sentiment de vide
  • Tristesse
  • Agitation



*Il en existe d'autres, je ne parle que de mon cas



2 commentaires: