lundi 30 octobre 2006

Je rage contre les fluctuations du taux de sérotonine dans mon organisme qui font que je dois patienter dans la salle d'attente d'une clinique médicale un lundi après-midi.

Et maintenant j'emmerde l'impatience. Je braille en songeant aux discussions qui brûlent mes oreilles et empestent l'air de ces endroits remplis de chaises occupées par des derrières de patients furieux contre leur système de santé. Je hurle contre ces mesquines pensées qui s'infiltrent dans la tête des gens et leur font croire que les étrangers venus s'installer au Canada sont tous en train de leur piquer leurs jobs, leurs loyers et leurs maisons puisqu'après tout, c'est «chez eux, ici!». Je déteste la petite phrase prononcée avant que soit lancée une vacherie, «Je veux pas être méchant, mais...». Ben ferme ta gueule d'abord, parce que tu vas sans doute l'être!

Je hais aussi les paroles et le ton sans retour empruntés par des gens qui veulent garder leurs distances. J'enrage en pensant aux coupures, aux déchirures, aux séparations. Je crie contre les habitudes qui tentent de s'imposer. Contre l'automne qui veut s'en aller.

2 commentaires:

  1. Hier, dans les Appalaches, il y avait une jolie tempête de neige. La route 112 a même été fermée entre Weedon et Dudswell en raison de la neige, de la poudrerie et d'un accident grave. Mais, n'empêche, voir ces sommets enneigés, les branches de sapin ployer sous le poids de cette lourde première neige, voir les foins secs émergent de la mousse qui recouvrait les champs, voir du vert, du jaune et du brun à travers le blanc immaculé, ça m'a enlevé cette petite pointe de rage que j'avais moi aussi contre l'automne qui s'en va. L'automne que l'on a jamais assez le temps de goûter, qui cède sa place trop facilement comme il ne s'annonce pas assez. L'automne, il est comme ces gens qui entrent dans vos vies, qui la changent définitivement et qui s'en vont sans plus jamais donner de nouvelles. Il faut croire qu'ils ont été dans nos vies pour que le changement s'opère, mais que leur rôle se limite à cela.
    Dommage, n'est-ce pas ? Mais il semble aussi que l'on a pas de contrôle sur les autres. Encore moins sur l'automne.
    Et c'est peut-être tant mieux. Une si farouche alliée ne doit pas être contrôlée par personne. Sa force solitaire et sa fureur ne cesseront donc jamais de m'impressionner.

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  2. Je t'adore, Pierre-Luc. :)

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