Claquée calque.
Bonnes nouvelles de novembre 2022 :
Mauvaises nouvelles de novembre 2022 :
Je lis pour vivre autre chose. Par contre, je ne suis plus capable d'écrire pour me dissocier de cette existence de merde, je ne reprends que mes malheurs et les expose de phrase en phrase.
Je collectionne des peluches pour m'entourer de douceur. Je porte des couleurs éclatantes pour m'enrober de vif. Je me gave de cuteness sur Internet pour ranimer mes sourires.
Je suis une illusion. Je fais partie de cette grande farce que nous élaborons tous au fur et à mesure que les années et les catastrophes s'accumulent.
On s'en fait des accroires, et trop souvent on s'y accroche. Qu'est-ce qui est pire : l'ignorance du déclin ou la persévérance malgré l'immense mur qui nous attend tout au bout du chemin?
Hier, je parlais avec une jeune femme créative et talentueuse de solidarité en moments de crise. Ce matin j'ai perdu espoir, sans que rien ne soit venu me prouver l'impossibilité de la chose.
Je ne suis pas optimiste. Des fois j'ai des élans et ça m'élève un certain temps. Un certain temps. Un trop petit temps.
C'est épuisant de rencontrer le sol aussi souvent et de façon aussi raide, puis d'essayer de se remettre debout à chaque fois.
Un secret qui ne l'est pas tant : je n'y arrive pas à chaque fois. Ce qui m'amène à me retrouver au 8e sous-sol, ou même plus creux, et de devoir tenter la remontée à partir de là.
C'est pas facile. C'est pas facile pour personne.
Bonnes nouvelles d'octobre 2022 :
Mauvaises nouvelles d'octobre 2022 :
Je n'ai pas 37 ans, je ne suis pas une adulte, ce sont des MENSONGES.
Overwhelmed.
Je ne vis pas dans un monde où les gens se suicident par fardeau et désespoir et où d'autres s'entretuent par égoïsme et pouvoir.
Overbattered.
Je ne peux pas m'amuser tandis qu'on brûle. Je gèle d'anxiété, j'étouffe de vacuité.
Overprocessed.
Bonnes nouvelles de septembre 2022 :
Je suis incapable de cultiver un silence épistolaire. Les échanges qui stagnent m'embêtent. L'impatience me gagne, prend le dessus. Mon dévouement envers mes correspondants est presque toujours supérieur au leur. Feindre l'indifférence, un horaire chargé ou la distraction m'est impossible. Même si ça consiste en ne rien faire.
L'attente peut devenir insupportable. C'est quand je n'en peux plus que je me jure qu'on ne m'y reprendra plus, que je n'initierai plus la conversation, ne relancerai personne, ne donnerai plus signe de vie, ne démontrerai aucun intérêt pour qui et quoi que ce soit.
Hélas, je me surprends régulièrement à recommencer. Je rejoue le jeu et cours le risque qu'on m'oublie. Et pourtant je déteste qu'on m'ignore.
Je déteste qu'on m'ignore.
Bonnes nouvelles du mois d'août 2022 :
Mauvaise nouvelle du mois d'août 2022 :
Il y a plus d'un an (j'ai commencé ce texte il y a looooongtemps, peu de temps après avoir écrit celui sur les poils), j'ai vu un extrait d'une vidéo sur TikTok. C'était un genre d'éditorial. Une jeune femme se demandait pourquoi les sections «tailles plus» pour hommes dans les boutiques de vêtements n'existent pas (ou pratiquement nulle part). Elle venait de constater également qu'en 28 ans d'existence, c'était la première fois qu'elle se posait la question. Elle se disait qu'il s'agissait là d'une réalité tellement ancrée dans notre société qu'on ne questionne même pas ce genre de division du corps des femmes réparti en grandeurs, alors que celui des hommes existe dans toutes ses variantes sans qu'on les sépare physiquement à l'intérieur d'un magasin ou en catégories sur un site Internet. Je tiens à préciser que ça se fait peut-être à certains endroits. Si oui, je ne suis pas au courant.
Je n'ai jamais été aussi grosse qu'au moment de débuter l'écriture de ce billet. Je n'avais jamais pesé autant. À cette époque, il ne me manquait que quelques livres pour franchir la barre des 200. Il s'agit peut-être d'un simple nombre. Oui oui, c'est juste un chiffre. Mais je suis convaincue que si, à l'adolescence et au début de l'âge adulte, j'avais atteint le poids que j'avais à ce moment ou même celui que j'ai en ce moment, je ne l'aurais pas accepté. Je ne l'aurais pas toléré. J'aurais utilisé des mesures drastiques pour y remédier, ou je me serais tuée. Je n'aurais pas pu vivre grosse. C'est terrible, ce que j'avance. Et pourtant, je le sais que c'est vrai.
Parce que les corps gros, ronds, les peaux flasques et les bourrelets sont encore synonymes de honte, d'embarras et de gêne dans notre monde. On les associe presque systématiquement à la paresse, la lâcheté, les mauvaises habitudes alimentaires, le manque d'exercice, l'absence d'une bonne hygiène de vie, alors que c'est faux. N'importe quel type de corps peut être en santé ou pas. La grossophobie est présente et cruelle et on ne fait que commencer à en parler. On est seulement aux premiers balbutiements d'une sensibilisation plus globale de l'acceptation de tous les corps. Il y a encore beaucoup à faire, parce que la représentation physique variée d'êtres humains dans toutes les sphères (télé, cinéma, mode, publicité...) est loin d'être acquise. Le poids et l'apparence ne devraient jamais amener à des conclusions hâtives sur l'état d'une personne, surtout pas venant de quidams qui n'ont aucune expertise dans le domaine de la santé.
Mon poids, mon look, ma silhouette, tout ça a toujours empoisonné mon existence. Ça a souvent été omniprésent dans ma tête, mes réflexions. Conserver une minceur et une silhouette idéales a longtemps fait partie de mes buts premiers.
Déjà enfant, je me trouvais grosse. J'ai rapidement eu le réflexe de me comparer aux autres filles. Et pourtant, j'étais dans les petites. Au début de l'adolescence, je me suis mise à me cacher dans des vêtements amples pour ne pas qu'on voit mes formes. Ce n'était pas tant mes seins que je ne voulais pas montrer, mais plus les courbes ou les bourrelets (quasi-inexistants). Je me disais que si je camouflais adéquatement, personne ne pourrait penser que j'en avais. Personne ne pourrait (ou ne voudrait) deviner mon corps.
Durant la première année de mon secondaire, j'ai essayé de manger le moins possible. J'ai mis à la poubelle presque tous les lunchs que ma mère m'a préparés. Je ne prenais que la pomme (sorry Mom). Des amies m'avaient d'ailleurs menacée de le lui dire, que je jetais la nourriture à tous les jours. Ça m'avait refroidie, mettons. Et puis le moyen était nul, j'avais pas mal toujours très faim une fois l'heure du souper arrivée, alors je mangeais. Et je ne perdais aucune livre.
En classe, quand on nous présentait des films sur les troubles alimentaires, je m'en voulais de ne pas être assez forte pour être anorexique comme les personnages montrés dans ces «after school specials» qu'on nous nous faisait regarder (et qui étaient tous plutôt médiocres, disons-le). Dans ma tête, je me tapais dessus de ne pas être assez entêtée et focused pour vraiment arrêter de manger net. Je ne comprenais pas vraiment que c'était une maladie, et non une question de force ou de persévérance. Je trouvais que la boulimie semblait un moins bon moyen de perdre du poids, en plus on l'expliquait dans les films, on peut même prendre du poids comme ça, et je ne voulais pas courir ce risque. J'ai quand même déjà essayé de me faire vomir, dans des moments où je détestais particulièrement mon corps. Je n'ai jamais réussi à l'époque.
Chaque fois que je faisais une remarque sur mon poids, me plaignais de mes courbes ou de ma silhouette, on démentait. On tentait de me raisonner. Je n'étais pas grosse, je n'avais pas de courbes, ma silhouette était parfaite. Mais dans le miroir, je voyais une grosse. Un surpoids. Je n'aimais pas ce que je voyais. Assise, j'essayais de dissimuler mes cuisses qui s'aplatissaient contre mon siège. Debout, je rentrais le ventre. Et toujours, je me comparais aux autres. Sans me priver de nourriture, j'ai commencé à faire tout de même un peu attention à ce que je mangeais.
À la fin de l'adolescence et au début de l'âge adulte, j'ai commencé à accepter mon corps et le voir tel qu'il était : mince et en forme, un tout petit peu musclé. Parce qu'au milieu du secondaire à peu près, je m'étais concocté une petite série d'exercices que j'exécutais à chaque matin de la semaine en me levant. Je n'y délogeais pas. Je le faisais presque en cachette. J'ai maintenu cet horaire des années durant, jusqu'à la fin de l'université.
Durant ma vingtaine, j'ai été chanceuse, parce que j'ai complètement arrêté de me restreindre dans mon alimentation. Je mangeais ce que je voulais et je n'engraissais pas. On me complimentait assez souvent. Je trippais intérieurement chaque fois que je revoyais ma mère après quelques semaines et qu'elle me demandait si j'avais encore maigri. Je niais en riant nerveusement (ce n'était quand même pas vrai à chaque fois, et puis j'avais arrêté de me peser dans ce temps-là). Je lançais souvent à la blague que mes excès alimentaires allaient me rattraper. Et ça a été le cas. Entretemps, je me suis mise à prendre des antidépresseurs et autres médicaments pour mes troubles dépressifs. La plupart ont pour effet secondaire la prise de poids. Je n'y ai pas échappé.
Il m'arrive encore d'excuser en quelque sorte mon poids actuel par le fait que je n'ai pas toujours été aussi grosse, que ça ne fait pas si longtemps. La vérité est que ça fait depuis 2012 que j'ai un surpoids, avec oscillations. Je me rappelle encore du jour où j'ai dû me rendre à l'évidence en voyant des photos de moi des derniers mois avec mes bras arrondis. On dirait que j'essaie de me valider parce que j'ai déjà été mince. C'est n'importe quoi! Personne n'a plus ou moins de valeur ou n'a plus ou moins le «droit» d'être gros ou petit, peu importe sa taille passée ou actuelle.
J'ai souvent aussi blâmé mes médicaments, mes dépressions, mon hypothyroïdie. C'est un fait que tous ces facteurs ont contribué à ma prise de poids, mais j'aurais pu aussi ne pas passer plusieurs années sans faire d'exercice physique autre que la marche. Je pourrais aussi diminuer ma consommation de sucre.
J'ai cessé de garder des vêtements qui ne me faisaient plus «juste au cas» il y a longtemps. Ça prend de l'espace, ramasse de la poussière, et ne me donne même pas la motivation de faire des efforts pour rentrer dedans. Peut-être que ça fonctionne pour d'autres, mais pas pour moi.
J'ai parfois espéré vivre de très grandes peines, genre des ruptures amoureuses. Des fois je souhaite avoir le coeur assez brisé pour perdre 20, 30 livres, comme ça m'est déjà arrivé en 2014. Ou bien d'être malade, de m'en sortir assez facilement mais avec des livres en moins au final.
Je m'accepte beaucoup plus qu'avant. Même avec ma shape actuelle. À bien des niveaux (même des physiques), j'aime plus celle que je suis et que je vois dans le miroir que celle que j'étais et que je voyais et qui avait les mensurations tant désirées. Mais ce n'est pas gagné à tous les jours, s'accepter et vivre bien dans sa peau.
Avec ces rondeurs et le passage des années, j'ai constaté des changements dans mon corps. La vieillesse en ajoute! Il me semble que c'était moins désagréable d'avoir chaud avant. C'est pénible, maintenant je sue abondamment au moindre effort. Est-ce que c'était vraiment plus «confortable» avec moins de bourrelets? C'est sûr que j'ai perdu un peu de ma flexibilité et ma souplesse d'antan.
Je m'entraîne régulièrement maintenant. Zumba, workout, tabata, Pound, marche et cet été j'ai essayé le HIIT. À l'automne 2017, quand ma soeur et moi avons commencé à suivre des cours de Zumba, je le faisais surtout pour me tenir en forme, retrouver un meilleur cardio, pas nécessairement pour maigrir. Et aussi pour ma santé mentale. Ça fait du bien à mon moral. Je suis contente d'avoir persévéré et varié les activités physiques pour ne pas m'écoeurer. J'aime beaucoup ça. Et j'aime manger. Mais pas tant cuisiner... Je me tourne souvent vers les restaurants, ce qui n'aide pas vraiment la ligne. Oh, well!
J'ai moi-même déjà pensé que des personnes avec certains types de corps plus ronds ne «devaient» pas porter des vêtements moulants ou des tenues qui montraient trop de peau. Quelle bêtise ingrate de ma part! Une réflexion si (trop) commune influencée par le monde extérieur et la société obsédée par l'apparence. Aujourd'hui, je me dis que n'importe qui peut porter ce qu'il ou elle veut, pourvu qu'il ou elle soit bien. Si les morceaux choisis boostent leur confiance en soi et leur estime personnelle, si porter un tel ensemble les font se sentir sexy, audacieux.euse.s, confortables, intègres ou authentiques, c'est parfait! Les courbes, c'est beau. Les traits anguleux, c'est beau. Si les autres ne partagent pas cette opinion ou même trouvent ça dégoûtant, ils n'ont qu'à regarder ailleurs. Un monde dans lequel tous les corps de toutes les formes et grandeurs possibles seraient acceptés, valorisés et respectés de tous serait un beau modèle de bienveillance et d'inclusion.
Et puis fuck le concept de «beach body». Every body is a beach body. Promène-toi en bikini ou en wetsuit, I don't fucking care and nobody should.
© Les folies passagères |
© Les folies passagères |
Bonnes nouvelles de juillet 2022 :
Mauvaise nouvelle de juillet 2022 :
Mauvaises nouvelles de juin 2022 :
Bonnes nouvelles de juin 2022 :
La pluie s'est mise à tomber au moment où je suis sortie de la librairie. J'ai choisi d'accueillir l'intempérie avec le sourire. Je l'ai traversée en prenant mon temps pour rentrer, je n'ai pas couru. J'ai décliné l'invitation d'un jeune homme à m'abriter avec lui sous la devanture d'un commerce. Je voulais marcher, je voulais me tremper. Le vent frais m'a fait du bien, les grosses gouttes m'ont rafraîchie.
J'aime à l'occasion regarder les éléments se brasser, déranger tout autour. Recevoir leur énergie. Ça me change de quand c'est en moi que ça s'agite, et que je ne sais pas quoi faire avec mes tiraillements.
On pourrait dire que l'orage m'apaise. Certains en tout cas.
Voici venu le temps de partager avec vous une deuxième compilation de mes fameuses «hallucinations visuelles» au travail! Je ne les note pas toutes, mais ça m'amuse encore et m'inspire des (parfois) drôles de réflexions.
Allons-y donc pour un second échantillon!
Bonnes nouvelles de mai 2022 :
Mauvaises nouvelles de mai 2022 :
Hier, j'ai choké une amie et notre programme de la soirée (souper et lectures de poésie) après que l'anxiété m'ait écrasé la poitrine en après-midi. J'en ai fait le plus que j'ai pu au travail et je suis rentrée chez moi, j'ai dormi.
Avant-hier, j'ai passé mon tour pour le quiz de musique hebdomadaire. Après une sieste je me suis demandé à répétition si je n'aurais pas mieux fait d'y aller. Je ne le saurai pas.
Mercredi soir, j'ai supprimé le profil Tinder que je m'étais créé à peine 24 heures plus tôt. Ça m'a écoeurée à quel point ça revient toujours au même : du fake et des silences.
Mardi, je me remettais encore de ma dernière séance de thérapie de groupe sur la personnalité et ses composantes qui avait eu lieu la veille. Ça ne s'était pas bien passé.
Lundi, j'ai pleuré à ladite rencontre. Ça m'a maganée. En soirée j'ai participé à mon autre quiz hebdomadaire et ça m'a changé les idées mais je suis rentrée juste après et j'étais seule.
Dimanche je commençais déjà à stresser à propos de l'ultime séance de groupe du lendemain, comme je l'ai fait les quatre dernières semaines. Je me sentais seule.
Je me sens toujours si seule.
L'autre matin, un samedi, alors que j'émergeais tranquillement, je me suis tout d'un coup sentie honteuse et préoccupée. Où est-ce que j'allais me réveiller? J'essayais de réfléchir et me rassurer en même temps. La veille, que s'était-il passé la veille?
Rien. Il ne s'était rien passé. Je suis rentrée du travail et je me suis couchée tôt. Dans mon propre lit. Seule.
J'ignore pourquoi j'ai eu cet instant de panique ensommeillée. À ce moment-là, les occasions de débauche étaient encore plutôt rares.
Je reprends les sorties peu à peu. Ne me reste plus qu'à trouver quelqu'un à côté de qui me réveiller.
Bonne nouvelle d'avril 2022 :
Mauvaises nouvelles d'avril 2022 :
Je n'aime pas les rues le printemps avec le sable salissant qui les envahit et la petite rocaille qui s'accumule depuis que la neige a fondu. Les dernières personnes qui portent encore des bottes se traînent les pieds et le bruit de raclage me dérange. Toute cette poussière, ce brun et ce gris m'écoeurent.
Les rues durant le printemps ont des airs de misère. De crasse et de désespoir. Le début de cette saison peut s'avérer très laid. Terne. Comme maudit. Le printemps fait des villages fantômes de tous les décors. Au moins jusqu'à ce que plus de vert se pointe.
Le plancher de la cuisine n'a plus de tuiles, il y a de la poussière partout, je déteste les rénovations.
La céramique est enlevée mais le bois franc ne sera posé que le 7 mai alors je reste en chantier d'ici là.
Je n'aime pas que mon espace reflète l'intérieur de ma tête : à vif, chaotique et poussiéreux.
L'apparence ordonnée, l'environnement rangé, ça me calme. Un fouillis extérieur m'agresse, me provoque. Exacerbe mes nerfs.
Ce n'est pas beau, un sous-plancher. Des outils non plus.
Bonnes nouvelles de mars 2022 :
Mauvaises nouvelles de mars 2022 :
Il aimait bien se cacher dans sa p'tite tente (et la déchiqueter). 31 décembre 2020. |
Je viens de passer une semaine seule chez moi en isolement pour cause de Covid-19. C'était «mon tour», il faut croire. J'avais espoir que ce serait très bénin, comme virus, après tout j'ai eu mes trois doses de vaccin. Je me suis dit que j'allais écrire, clancher des séries, reprendre un peu le bricolage, lire.
Finalement, ça a été plus raide que prévu. Les premiers jours, je ne tenais pas longtemps assise et ma concentration était de courte durée. J'ai donc dormi beaucoup, continué de regarder des épisodes de Superstore et commencé la première saison du balado Serial, qui perd tranquillement mon intérêt.
Quand j'ai eu un peu plus d'énergie, je me suis remise à lire Tacky : Love Letters to the Worst Culture We Have to Offer, un recueil d'essais de Rax King (Vintage), qui me plaît énormément et me rejoint à bien des niveaux. J'ai regardé la série documentaire The Andy Warhol Diaries, que j'ai beaucoup aimée. Une fois que je me suis sentie mieux (c'est-à-dire hier), j'ai pu laver la vaisselle, puis mettre à la laveuse draps, couvertures et vêtements pour m'assurer d'enlever toute trace de la maladie.
Je connaissais un peu Andy Warhol et son oeuvre, mais je ne savais pas qu'il avait tenu un journal, ou plutôt dicté un journal à son amie et collaboratrice Pat Hackett, ni que ça avait été publié après sa mort. Son «écriture» m'a touchée. L'effet est peut-être dû aussi à la narration présente dans la série, qui utilise la voix clonée de Warhol grâce à une technologie quelconque. Ses propos sont assez minimalistes et directs, la plupart des entrées sont concises. Il parle de ses journées, de ce qu'il a fait, avec qui, mais aussi de ses émotions par-ci par-là. Et de la mort. Et de son sentiment de solitude. Il se pose aussi des questions sur la vie, sa signification, ses buts et s'il y en a vraiment.
Ces moments plus introspectifs ont réveillé une lassitude en moi, lassitude qui ne se tient jamais bien loin, parce que ce sont des réflexions qui m'habitent régulièrement. J'ai découvert d'autres artistes que je ne connaissais qu'en surface (Keith Haring, Jean-Michel Basquiat). J'ai apprécié aussi l'espèce de survol du climat social et des enjeux de l'époque (les années 80, le racisme, le sida qui fait de plus en plus de victimes, l'homophobie), globalement mais à New York en particulier, qu'on retrouve dans chaque épisode.
J'ai toujours adoré voir des images d'archives, des albums photos, des vidéos inédits de gens célèbres (ou pas). Les documentaires qui en sont remplis m'accrochent rapidement et me fascinent. Ça me donne envie de faire partie des souvenirs de quelqu'un de connu (ou pas), de faire partie d'un documentaire, ou même d'en être le sujet principal (un jour, peut-être, hen... ou pas). J'aimerais bien mon 15 minutes de gloire. Cette série sur Warhol m'a bien gâtée. Le montage et la réalisation sont impeccables.
Je retourne travailler demain. Physiquement, j'ai bien récupéré je crois. Mes symptômes ont tassé mes autres tracas et angoisses pendant les derniers jours, ce qui m'a amenée à penser qu'en guérissant du coronavirus, j'allais peut-être me débarrasser de ma dépression en même temps. Une idée comme ça qui a jailli dans ma tête la semaine dernière, mais qui n'est pas restée longtemps parce que je me suis ressaisie (ça fera la magie). Mais hier soir, alors que le vide me reprenait, mon vain espoir m'est revenu à l'esprit et le constat de l'échec m'a mise encore plus à terre. Même si je savais déjà.
Oh, silly and naive little me.
Andy Warhol, Self-portrait in Drag, 1981 |
Bonnes nouvelles de février 2022 :
Mauvaises nouvelles de février 2022 :
Ce matin, la neige avait l'aspect du sucre. J'avais l'impression de me promener sur des sentiers faits du doux ingrédient. Et lorsque je devais enjamber les remblais brunâtres, il me semblait enfoncer mes bottes dans une cargaison de cassonade.
Je me suis bien gardée d'y goûter. Je savais que ces cristaux n'avaient de sucré que leur apparence. Jolie illusion, plus plaisante que d'autres.
J'ai beau avoir passé une excellente soirée en compagnie d'un ami hier soir, le «tuseul» s'est réinstallé assez vite en fin de journée. J'ai ressenti le pincement de solitude, celui qui est devenu si familier mais qui continue à me déranger. Et qui se transforme en un bourdonnement sourd qui se promène de ma poitrine à mon ventre. Comme le poids du «moi sans personne».
Il pèse très lourd, ce poids.
Bonnes nouvelles de janvier 2022 :
Lucy le flamant bleu, 14 janvier 2022. (C'est la dernière photo que j'ai prise d'elle) |
Ma soeur Stéphanie avec sa Lucy en train de jouer à Match Madness, 31 décembre 2020. Stéphanie essaie de jouer à la cachette avec Lucy, mais cette dernière ne fait que répéter «Encore!», 23 décembre 2021 |
Il y a le vide et le trop-plein. Moi j'ai le néant aléatoire. Et la surabondance hasardeuse.
L'accalmie ne reste pas. Je suis exténuée.
Mes meilleurs de 2021 :
Le temps des Fêtes m'a brisée à plusieurs reprises mais reposée pas mal. M'a irritée par moments et divertie à d'autres. Certains instants m'ont été insupportables et d'autres plus doux.
Le 31 décembre au soir, j'ai encore craqué. Les larmes, le souffle coupé, la culpabilité, le vide, tout. Personne ne m'a demandé de me ressaisir ou de sortir mon sourire. Ma mère m'a proposé de me faire couler un bain chaud. L'idée m'a plu, ça me tentait. J'ai accepté. Avant que je m'y glisse, mon père m'a dit une parole de réconfort, m'a dit qu'ils étaient tous avec moi, et m'a serrée dans ses bras.
Je suis entrée dans la baignoire et m'y suis détendue pendant une heure, une heure et demie, peut-être moins. Je ne sais plus. J'étais contente de savoir que de l'autre côté de la porte, il y avait mon père pas loin et ma mère et ma soeur en train de faire un casse-tête. Les savoir tout près et respectueux de mon besoin de me retirer pour ne pas avoir à faker de la joie m'a fait chaud au coeur. Lorsque je suis sortie de ma vapeur, je suis allée aider au casse-tête puis nous nous sommes souhaité la bonne année. J'ai pu ensuite rejoindre des amis virtuellement et jaser un peu avant de me coucher.
Il y a tellement de raisons de se réjouir. Beaucoup aussi de ne pas y parvenir. Soyons compréhensifs et n'exigeons rien de plus des personnes qui déjà donnent tout ce dont ils sont capables pour simplement être là, fonctionner ou survivre.